Estudis

Ouverture du séminaire

par Monsieur le Recteur Christian Nique, Chancelier des Universités.

J'ai souhaité que ce séminaire sur l'enseignement des langues régionales soit organisé et j'ai tenu à être présent avec vous dès l'ouverture parce que j'ai engagé un plan de développement de cet enseignement et que ce séminaire y contribuera.

Je tiens à vous remercier pour votre action au service des langues régionales présentes dans notre académie et pour leur enseignement. Je sais que votre engagement dans ce domaine est considérable. En ouvrant ce séminaire, je vous apporte mes encouragements et je vous dis que le Recteur est avec vous dans votre volonté d'amplifier ce qui existe. Je comprends et partage d'autant plus cette volonté que, originaire de Picardie, je l'ai également rencontrée et partagée dans ma région d'origine, où se parle une autre langue et où se vit une autre culture, mais où les objectifs dans ce domaine sont les mêmes.

Je suis donc venu vous confirmer que l'Académie vous accompagne dans votre action pour le développement des langues régionales et pour l'approche des cultures et du patrimoine d'ici. Il y a actuellement, dans l'Académie, 30 000 élèves qui ont accès à un enseignement d'occitan ou de catalan. C'est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup parce que cela, vu le nombre, nécessite de dégager des moyens conséquents (j'y consacre actuellement plus de dix millions d'euros !). Peu, parce que, au regard du nombre total d'élèves dans l'Académie (environ 500 000), le pourcentage de ceux qui ont accès à nos réalités linguistiques spécifiques n'est pas très élevé. Je souhaite que l'on reconnaisse l'importance de l'effort qui est réalisé, et je souhaite que l'on s'emploie à progresser encore. Soyons réalistes et ambitieux tout à la fois.

Pour cela, je demande que l'on vise deux objectifs complémentaires. Le premier consiste à poursuivre sensiblement l'augmentation du nombre des élèves qui bénéficient d'un enseignement (ordinaire ou bilingue) des langues régionales. Et le second consiste à offrir une approche, une sensibilisation, un éveil aux langues régionales à la totalité des jeunes de notre région.

C'est sur la base de cette double volonté que j'ai construit et arrêté, le 14 mars dernier, le "plan académique de développement de l'enseignement des langues régionales" pour l'Académie de Montpellier.

Ce plan prévoit une augmentation des moyens d'enseignement, un "cylindrage" des filières (du début jusqu'à la fin, de façon à éviter les déperditions d'effectifs), un meilleur recrutement et une meilleure affectation des professeurs des écoles, des outils d'animation pédagogiques et des actions de formation pour les maîtres. Tout ceci doit permettre de progresser, quantitativement et qualitativement.

J'ai, par ailleurs, mis en chantier la réalisation de deux ouvrages qui devront aider à la généralisation d'un éveil au patrimoine linguistique régional : un Précis d'occitan et de catalan et une Petite anthologie des littératures occitane et catalane. J'ai pour cela réuni les plus grands experts de ces domaines et nous avons pu ainsi offrir aux enseignants des informations, des points de repère, des éléments de base pour qu'ils mettent en oeuvre un éveil pédagogique avec de solides références. Ces deux ouvrages ont été diffusés gratuitement, à plusieurs exemplaires, dans toutes les écoles, tous les collèges et tous les lycées.

Je mets actuellement la dernière main à la préparation d'une circulaire académique qui fera le bilan des dispositifs existants en matière d'enseignement des langues régionales et fixera des objectifs opérationnels précis pour la mise en oeuvre des deux objectifs généraux (enseignement proprement dit et éveil au patrimoine linguistique) que j'ai évoqués précédemment.

Je remercie tout particulièrement M. Fieu, Mme Sanchiz, Mme Torreilles, qui ont préparé, avec le CRDP, sous l'autorité de M. l'Inspecteur général Salles-Loustau, que je salue, le séminaire qui nous réunit aujourd'hui. Ce séminaire doit être un moment fort du plan académique de développement.

On n'est pas vraiment cultivé quand on ne sait pas d'où l'on vient, quand on n'a pas réfléchi à ses racines, quand on ne sait pas d'où viennent les valeurs dont on est porteur aujourd'hui, pour quelles raisons elles sont apparues, comment et pourquoi elles nous sont parvenues, quand on n'a pas cette capacité de distance et de compréhension de l'action quotidienne que donne la connaissance du patrimoine et des messages que nous ont légués ceux qui nous ont précédés. C'est à cela, aussi, et fondamentalement, que sert l'enseignement des langues et cultures des régions, avec la langue de France qui est notre bien commun.

Je serai attentif à vos réflexions et à vos conclusions. Elles nourriront mon action.

Merci à vous tous.

Lenga e país d'òc, n°47, page 7 (12/2007)
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