Dossier : Le Français Langue Étrangère au lycée professionnel

Un élève allophone, une classe d'accueil et un parcours de formation

May Eid, professeur de FLE, lycée André Argouges (Grenoble, 38)

La présence d'un élève en grande fragilité linguistique en lycée professionnel déstabilise souvent les enseignants dans des classes où une particularité forte vient souvent se superposer à des particularités moindres mais multiples. La construction du langage étant indissociable de celle des connaissances, comment aider un élève allophone confronté tôt à des exigences de contenus disciplinaires élevés à réussir son intégration linguistique ? Une expérimentation menée dans le cadre d'un dispositif d'accueil dans un lycée polyvalent témoigne d'un parcours de formation proposé à ce public.

Le contexte institutionnel du dispositif d'accompagnement

C'est à la rentrée 2011 que le dispositif d'accueil des lycéens primo-arrivants de l'agglomération grenobloise a vu le jour au lycée André Argouges. Lorsque j'ai pris en charge ce dispositif, il m'a fallu répondre à un double besoin : l'apprentissage de la langue française à des débutants ainsi que l'acquisition des méthodes de travail spécifiques et nécessaires au lycée.

M'étaient confiés des élèves dont la tranche d'âge variait entre 15 et 19 ans, débutants complets ou ayant une assez bonne maîtrise de la langue à l'oral mais n'écrivant pas, ayant terminé une classe de 3e, de seconde, de première voire de terminale, toutes filières confondues dans le pays d'origine. Tous très impatients de mieux maîtriser la langue et de s'intégrer dans les classes au lycée.

La première année a constitué une sorte de test et a permis de distinguer ce qui fonctionnait ou non, ce qui convenait pédagogiquement, ce qui était en dehors des besoins des élèves...

Les modalités d'intégration en classe

L'élève est affecté sur le dispositif suite à un entretien bilan effectué dans un CIO : deux tests de positionnement mesurant d'une part, le niveau de maîtrise de la langue maternelle en compréhension et en expression écrites et d'autre part, un test mesurant les acquis en mathématiques. Les résultats de ces tests sont consultés à titre indicatif pour une première approche du profil de l'élève.

Le groupe se constitue tout au long de l'année au fil des affectations. À son arrivée sur le dispositif, une phase d'évaluation diagnostique, réalisée d'après les descripteurs du Cadre européen commun de référence pour les langues permet de vérifier le niveau de l'élève et de déterminer le soutien à mettre en place. Le parti a été pris de réunir tous les élèves jusqu'à la fin du deuxième trimestre sans considération de niveau afin de leur apporter le maximum d'aide et de différencier les apprentissages à l'intérieur même du groupe. La séparation en groupes de niveau intervenait au troisième trimestre suite au décalage qui séparait les derniers arrivés sur le dispositif des "anciens".

Le bloc d'heures hebdomadaires alloué au dispositif est organisé comme suit : 14 heures de français langue étrangère, 3 heures de mathématiques, 2 heures de sciences physiques, 2 heures d'histoire-géographie et 2 heures d'anglais. Les enseignants du dispositif sont des collègues qui interviennent dans les classes "ordinaires" en lycée général, technologique et/ou en lycée professionnel. Leur intervention se fait sur la base du volontariat, la prise en charge des élèves EANA nécessitant une disponibilité et un travail de préparation spécifique. Ils sont appelés à mettre l'accent dans un premier temps sur l'acquisition du vocabulaire notionnel spécifique à leurs disciplines avant d'aborder les connaissances à transmettre.

Suite à la phase d'évaluation, un certain nombre d'élèves quitte partiellement le dispositif pour intégrer dans un premier temps, les cours de mathématiques et de physique-chimie dans les classes ordinaires. Le parti a été pris d'intégrer l'élève en classe de seconde générale, l'entrée en première ou en terminale n'étant possible qu'à la suite d'un test de positionnement dans les deux principales disciplines de la filière demandée par l'élève. Deux élèves sur cinq ont été admis directement en classe de première suite à ces tests, l'échéance des épreuves anticipées ayant constitué le principal frein pour les autres.

Un nombre restreint d'élèves quittent le dispositif au cours de l'année, ayant atteint un niveau suffisant pour intégrer leurs classes à plein temps. D'autres restent toute l'année dans le dispositif, passant relativement vite d'un niveau de langue à un autre dans l'attente de leur orientation en fin d'année ; il s'agit essentiellement d' élèves qui seront orientés en lycée professionnel en raison de l'impossibilité d'une intégration partielle en classe de seconde générale (acquis fragiles) ou professionnelle pendant l'année en cours.

À noter que l'intégration en lycée professionnel est beaucoup plus délicate étant donné que le nombre de places est souvent limité. L'intégration partielle ne peut se faire que sous forme d'immersion dans les différents cours et ce dans les filières existantes dans l'établissement et disposant de places vacantes. Rares ont été les élèves qui ont choisi de rester dans les filières d'intégration proposées. La majorité des élèves après un tel passage choisissent d'autres orientations1.

La communication entre le dispositif et la classe ordinaire

Un système de tuilage relie le dispositif à la classe ordinaire. Ce sont les enseignants des différentes disciplines du dispositif qui proposent l'intégration de l'élève en lycée général ou professionnel. Malheureusement, seuls les élèves dont les acquis scolaires ne sont pas solides optent pour l'enseignement professionnel.

Les difficultés rencontrées par l'élève en classe remontent à l'enseignant de FLE et par son biais à l'enseignant de la discipline en classe d'accueil. L'élève bénéficiera d'une aide sur le travail précis donné par les professeurs afin d'accompagner son retour en classe. À titre d'exemple, en cours de mathématiques, l'enseignant de FLE travaille le lexique de la notion et le vocabulaire spécifique des consignes en s'appuyant sur les manuels de mise à niveau2 ; ce travail sera complété en cours de maths au niveau des acquis disciplinaires. On incrimine souvent le faible niveau en langue pour justifier les mauvais résultats de l'élève dans les disciplines scientifiques. L'expérience révèle a contrario qu'un bon niveau scolaire facilite l'apprentissage de la langue de discipline. Un élève ayant beaucoup de lacunes au niveau conceptuel est complètement perdu dans la langue de discipline en dépit de son niveau de maîtrise du français langue de communication.

Les préconisations de la circulaire3 conçue par le CASNAV concernant l'évaluation de l'élève allophone constituent le document de référence pour la notation chiffrée. Les collègues dans les différentes disciplines sont vivement invités à s'en inspirer.

Le suivi de l'élève EANA

Lorsque l'élève quitte le dispositif, deux heures de cours de français langue seconde, le mercredi après-midi lui sont proposées sur la base du volontariat pour une aide aux devoirs. Malheureusement, aucun élève ex-EANA intégré en LP ne choisit d'y participer (EDT, besoin de repos, pas de difficultés rencontrées). Ce module d'aide est essentiellement composé d'élèves issus du LGT. Cette année, ils sont une quinzaine, scolarisés dans l'établissement d'implantation de la classe d'accueil ainsi que dans d'autres établissements de l'agglomération grenobloise (niveau 2nde GT et/ou 1re G/T). Les attentes de ces élèves sont précises : une aide aux devoirs et à la préparation de l'épreuve anticipée de français.

À noter que les collègues du LP nous sollicitent souvent pour savoir si une demande de tiers temps pourrait être accordée à l'élève allophone. Il est évident qu'un élève EANA a besoin d'un temps plus long pour traiter l'information en langue étrangère, la décision du tiers temps reste néanmoins du ressort des inspecteurs.

La trame d'une année scolaire en FLE/FLSCO

L'objectif de cet exposé est de permettre -autant que faire se peut- aux collègues confrontés à l'accueil d'élèves non francophones dans un établissement disposant d'une structure d'accompagnement ainsi qu'à ceux qui doivent souvent composer avec la difficulté de faire progresser un élève en classe banale, de proposer des pistes d'action et de suggérer des outils spécifiques facilitant l'apprentissage de la langue.

Les objectifs à atteindre

L'élève allophone qui arrive au lycée doit faire face, à plus ou moins brève échéance (un à deux ans), aux exigences du baccalauréat (général ou professionnel) dont les épreuves accordent une importance primordiale à la production d'écrits et à la compréhension de documents complexes dans toutes les matières. La spécificité de cette situation, amène l'enseignant de FLE à mettre l'accent sur l'écrit tout en travaillant le français selon plusieurs optiques4.

  • Une optique de communication : l'intégration sociale et scolaire de l'élève passe nécessairement par la bonne maîtrise des codes de communication et la capacité à produire des actes de parole appropriés aux situations.
  • Une optique de structuration : l'élève EANA est en immersion, de cela découle une imprégnation "naturelle" de la langue qui lui permet d'utiliser certaines structures glanées au fil de ses besoins dans ses conversations avec des locuteurs natifs. Cependant, ce ressort d'apprentissage ne suffit pas. Il est nécessaire de structurer le savoir sur la langue pour permettre à l'élève de dégager les invariants des structures acquises. Ce faisant, l'élève sera capable de multiplier les énoncés produits et élargira ses capacités linguistiques.
  • Une optique de scolarisation : l'élève apprend le français pour pouvoir passer un examen en français. Cela requiert un travail sur la méthodologie scolaire : identifier les types de documents et les attentes des diverses matières enseignées, s'approprier un métalangage complexe, mettre en place des stratégies en vue de l'examen...

C'est pourquoi, la programmation annuelle des séquences en FLE/FLSCO s'efforce de prendre en compte, outre les compétences propres à l'étude d'une langue étrangère (PO, CO, PE, CE), les exigences énoncées ci-dessus en termes d'objectifs d'apprentissage. Ceux-ci seront déclinés pour chaque séance :

  • français de communication4 : quels actes de paroles pour quelles situations ?
  • français de structuration : quelles structures et quel lexique permettent la production de ces actes de paroles ?
  • français de scolarisation : quels savoirs et quelles méthodes abordés dans la séance sont transposables à d'autres aspects de la vie scolaire de l'élève ?

Choix des thèmes et progression annuelle

Les séquences abordent des thèmes précis en lien le plus souvent avec des problématiques liées à la scolarisation en lycée. Les objets d'étude des programmes du LGT et LP constituent les points de repère pour le choix des thématiques et la détermination des objectifs didactiques.

Les séquences sont construites à l'identique et présentent toutes des phases de travail orales, des phases de structuration et d'acquisition de l'écrit différenciées par niveau et des phases en grand groupe.

Les paliers proposés par le CECRL5 guident la progression des activités à l'oral. Les besoins de communication dans le cadre scolaire sont privilégiés et abordés dans un premier temps.

Pour illustrer le propos, la première séquence ("J'étudie en France") aura pour objectif de rendre l'élève capable de se présenter, de parler des cours et du lycée ; de dire ce qu'il faut faire, de demander des informations. Le français de structuration ciblera les outils linguistiques qui sont mis en oeuvre pour accomplir ces tâches (présent de "être" et "avoir", le présentatif "c'est", les genres, les adjectifs de nationalité, les classes de mots). Le français de scolarisation présentera le lexique du matériel et des activités scolaires (travail sur les consignes). L'élève devra identifier le bon interlocuteur dans l'établissement et décrire cette personne. En français de structuration, le vocabulaire des professions, les pronoms interrogatifs les plus courants, la différence entre le "tu" et le "vous" seront abordés. L'objectif final étant d'aider l'élève à comprendre l'organisation d'un lycée et d'une scolarité.

Afin de répondre aux besoins de formation hétérogènes, le choix a été fait de proposer en compréhension écrite des fiches de travail à réaliser en semi-autonomie. La thématique est déclinée par niveau : la facture des textes correspond à la capacité de traitement atteinte par l'élève. La compréhension du texte se décompose en exercice de compréhension du vocabulaire (QCM, repérage des termes correspondants à la définition, relevé des mots d'un même champ lexical), de compréhension globale puis détaillée du texte (présentation du texte, choix du résumé, vrai/faux avec justification, réponses à rédiger, etc.) et se termine par une activité de production écrite correspondant aux types de texte que l'élève sera amené à produire en classe. Ainsi, la compréhension et l'expression écrite sont des phases de travail différenciées alors qu'à l'oral, on constate rapidement une fusion des niveaux.

Pour les niveaux A1 et A2, les textes sont essentiellement des extraits de la littérature de jeunesse (notamment l'école des loisirs, niveau 3e). Pour le niveau A2-B1, la presse sera abordée dans un premier temps (Okapi, Phosphore, Sciences et vie junior, Causette, La Hulotte) avant de passer au texte littéraire.

La lecture cursive peut débuter très tôt. Les collections "Lire en français facile" proposent des oeuvres qui sont au programme en seconde (Cinq contes, Bel ami, L'oncle Jules de Maupassant, Madame Bovary de Flaubert, L'avare de Molière, etc.). Le CD qui accompagne ces versions est une aide précieuse pour l'élève surtout pour ceux qui ont un rapport problématique avec l'écrit. De nombreux contes existent aussi en version didactisée. Ceux-ci sont un support intéressant pour enrichir le bagage culturel de l'élève d'une manière ludique.

D'ailleurs, l'apport culturel6 permet à l'élève de décoder l'implicite et de mieux saisir les particularités de son nouvel environnement de vie. L'approche interculturelle dans tous les domaines (les versions des contes, la musique, la symbolique des couleurs dans la peinture, les codes comportementaux) favorise la perception des points de convergence entre les nations et sécurise l'élève.

La description d'un tableau de peinture, le repérage de sa structure, le décodage des symboles ont constitué un support fécond pour la recherche du contexte historique, un aiguillon pour apprendre de nouveaux mots permettant d'exprimer ses réactions. De même, les photos de presse7 surtout celles qui illustrent des événements dans le pays d'origine sont un puissant déclencheur de paroles et d'écrits.

L'analyse des paroles d'une chanson du patrimoine français8 enrichie par l'apport disciplinaire du professeur d'histoire-géographie et le travail de la BD correspondante diversifient l'approche de la langue tout en favorisant son apprentissage et font réagir les élèves non scolaires.

Les projets menés dans le cadre de l'établissement - cette année le projet Comenius à l'occasion du festival du cinéma italien, en classe de 2nde GT - sont une occasion pour amener les élèves EANA à rencontrer les natifs. Deux films9 sur le thème de l'immigration ont été visionnés et les deux classes ont pu travailler en groupes (2 à 3 élèves allophones par groupe) pour rédiger la critique de ces deux films à l'intention des autres élèves du lycée. En amont, en cours de français langue seconde, ce travail en commun a été l'occasion pour initier les élèves aux mots du cinéma et aux genres de films. Un travail en CE, en PE et en PO a été mené : le découpage en séquences et l'analyse des séquences qui ont été plébiscitées par les élèves.

Un mot sur l'apprentissage de la grammaire et du vocabulaire

L'apprentissage du français langue seconde se faisant dans un contexte d'immersion, la progression grammaticale ne peut se découper en unités claires. En effet, l'élève s'imprègne des structures grammaticales qu'il entend et imite lors de ses échanges oraux et des jeux de rôle qu'il sera amené à faire en cours de langue. Il convient donc de structurer cet apprentissage intuitif tout en restant souple. Chaque moment du cours de français langue seconde peut donner lieu à un point de structuration ponctuel de la langue afin de répondre aux demandes des élèves quand elles surviennent.

Parallèlement à ces points de langue, de véritables séances de grammaire sont nécessaires pour fixer les règles de fonctionnement du français. Le choix du fait de langue à aborder dans une séance spécifique dépend des choix pédagogiques de l'enseignant.

Par ailleurs, l'approche comparative s'est avérée très féconde. L'expérience a démontré que la comparaison des langues permet de rendre conscient le fonctionnement de la langue maternelle de l'élève. Ce faisant, l'apprentissage de la seconde langue sera plus raisonné. Ainsi, dans le domaine de la conjugaison, les élèves allophones ont été amenés à répertorier les déclinaisons de conjugaison, les marques de la personne, du genre, du nombre, du temps dans les différentes langues de leurs camarades de classe.

Pour aider l'élève à gagner en autonomie, on lui demandera de tenir une sorte de mémento grammatical dans lequel il consignera les nouvelles règles ou observations qu'il a pu induire ou déduire à l'issue des séances de grammaire. Ce mémento sera enrichi par les apports de la correction des productions écrites et les exercices de langue des fiches différenciées.

Pour l'élève demandeur d'exercices d'entraînement, il existe des manuels de grammaire10 de qualité qui permettent de fixer les apprentissages.

Quant à l'apprentissage du vocabulaire, des séances ateliers en début d'année initient les élèves aux règles de formation des mots. Les notions de racine, préfixe, suffixe sont une aide précieuse pour permettre à l'élève d'induire le sens des mots (changement de catégorie et effet de sens) et d'enrichir son vocabulaire.

Les suffixes et préfixes latins et grecs très utilisés dans le domaine scientifique peuvent faire l'objet d'un atelier pendant lequel l'élève sera amené à former le plus de mots possibles à partir des étiquettes (racines, préfixes et suffixes) qui lui ont été données.

Ne perdant pas de vue le fait de rendre l'élève autonome, le parti a été pris de ne pas fournir des listes de vocabulaire mais plutôt d'inviter l'élève à tenir un tableau regroupant les jours de la semaine dans lequel il consignera quotidiennement les nouveaux mots qui lui semblent essentiels à retenir. Il veillera à noter la construction du verbe (les prépositions qui l'accompagnent), et quelques éléments de sa conjugaison (la 1re personne du pluriel du présent qui sera un indice pour la formation de l'imparfait ainsi que le participe passé). Un test à l'oral en début de séance réactive le lexique à retenir.

Pour sensibiliser l'élève à la polysémie des mots et aux notions de dénotation et de connotation, il existe des manuels11 bien conçus qui proposent des exercices pertinents répondant à ces besoins.

L'apport méthodologique

La perspective des examens requiert de l'enseignant de français langue seconde un travail sur la méthodologie scolaire. La progression annuelle aborde en spirale les différents types de textes (du mode de fabrication d'un panneau à la description d'une expérience en physique-chimie, au repérage des caractéristiques des différents types de définition en SVT, à la remise en ordre des étapes d'une démonstration en mathématiques en s'aidant uniquement des connecteurs logiques, à la description d'un tableau de peinture). L'élève sera amené à maîtriser les différentes grilles de lecture et affinera ses stratégies en fonction de la tâche demandée.

L'analyse des différentes manières de présenter une même information (passage d'un texte à un graphique et vice versa) aidera l'élève à se repérer dans les manuels scolaires.

Le professeur en classe ordinaire en LP gagnera à inciter l'élève allophone à présenter les épreuves du DELF. Lors de la préparation de ces épreuves, l'élève sera confronté à 4 compétences : la CO, CE, PE et PO (jeux de rôle, exposé argumenté d'un point de vue). Un entraînement méthodologique est nécessaire pour réussir ce type d'épreuve. L'élève affinera sa stratégie d'écoute des différentes situations de communication (conversation, interview, exposé, etc.). Il apprendra à rapporter l'essentiel d'un discours oral.

La compréhension écrite (2 types de texte en B1 : informatif et argumentatif) est l'occasion d'analyser la structure d'un paragraphe, de découvrir les règles de cohésion (les connecteurs marquant les différentes opérations logiques) et de cohérence du discours. Il sera initié à la lecture diagonale, au repérage des mots clés et surtout s'entraînera à reformuler les idées principales d'un texte.

La production écrite attendue au niveau B1 ou B2 (lettre, essai, article) constitue un levier pour apprendre : à lire un sujet, à être attentif aussi bien au fond qu'à la forme de l'écrit mais surtout à s'initier aux différentes méthodes de recherche d'idées et aux différents types de plans.

L'élève de profil professionnel n'a souvent pas un très bon rapport à l'écrit. Il est en manque d'idées. La proposition d'une bonne copie authentique et son analyse en commun est souvent un élément déclencheur d'inspiration. En conciliant exigence et rapidité (les tâches sont chronométrées), ces épreuves pourraient constituées un moyen efficace pour entraîner l'élève allophone aux épreuves écrites du baccalauréat.

Reste à souhaiter que cet aperçu de l'expérimentation menée aide les professeurs à élaborer des scénarios d'apprentissage qui conviennent à leurs situations respectives.

Tableau récapitulatif des orientations 2012-2013 (total 23 élèves)

Lycée générale et technologique
Intégrations 2nde GTOrientations
complètepartielleRedoublementPassage première
2842GT3
2
S
STL
Lycée professionnel
Intégrations 2nde ProOrientations
complètepartielleRéorientationsPassage première
301
1
1
4
1
1
Accom.Soins.Pers.
Acc.Relation.Client
Opt.Lunetterie
PCEPC
Vente
GA
2
1
GA
Hyg.Sécurité

*2 maintiens en classe d'accueil en raison de l'arrivée tardive.

Tableau récapitulatif des orientations 2013-2014 (total 27 élèves)

Lycée générale et technologique
Intégrations 2nde GT/1reOrientations
complètepartielleRedoublementPassage première/TL
014
1
2nde GT
1re STG
22GT1
1
5
1
TL STG
S
STG
STL
Lycée professionnel
Intégrations 2nde Pro/1re CAPOrientations
complètepartielleVoeux de réorientation demandésPassage première Passerelle
02
2
PCEPC
DOSC
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
2
Hyg.Sécurité
Accomp.Soins
GA
Petite enfance
Mécanique
Conduc.Routier
DOSC
Vente
Opt.Lunetterie
PCEPC
Commerce
Plastiques et co
1
1
SEN
Commerce

*2 maintiens en classe d'accueil en raison de l'arrivée tardive.


(1) Cf. à titre indicatif, en fin d'article, le tableau récapitulatif des orientations.

(2) À titre d'exemple : O. Charmaty, A. Choquer-Raoult, Maths : mise à niveau ; enseignement professionnel, Hachette éducation, 2003.

(3) Circulaire du 02 avril 2014, Évaluation des EANA en vue de la préparation de l'orientation et de l'affectation, http://www.ac-grenoble.fr/casnav/Espace_enseignant/file/premiers-temps-observation-suivi-2nd-degre.doc

(4) G. Forest, P. Jallerat et A. Miry, Apprendre le français en classe d'accueil de lycée professionnel. Un enjeu pour tous, CRDP de l'académie de Créteil, 2005.

(5) Un cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer, Division des politiques linguistiques, Strasbourg, Éditions Didier, 2005.

(6) Civilisation progressive du français, niveau débutant/intermédiaire, CLE international, 2009.

(7) 20 photographies pour les 20 ans de Reporters sans frontières, exposition du Sénat sur les grilles du Luxembourg, catalogue édité par Reporters sans Frontières, 2005.

(8) Y. Tohme, Edith Piaf et Charles Trenet : la France des années 40 en chansons, Éditions Maison des langues, 2011.

(9) Ali a les yeux bleus et Terraferma d'Emanuele Crialese.

(10) L'exercisier, manuel d'expression française, PUG, 2009. 500 exercices de grammaire, niveau B1, Hachette, 2010.

(11) Exercices de vocabulaire en contexte, niveau débutant/intermédiaire, Hachette, 2009.

Lire au lycée professionnel, n°74 (06/2014)

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