Dossier : Le langage comme outil de création

Slam rend poète

Lionel Delaval, professeur-documentaliste

Naissance du projet

Travailler la poésie avec des élèves de lycée professionnel n'est pas chose aisée. Encore moins dans un établissement constitué presque exclusivement de garçons. Lors de mon arrivée au lycée des métiers Salvador Allende, j'avais tenté, en vain, de faire participer les élèves au concours "Poésie en Liberté" sur le créneau horaire de l'accompagnement personnalisé. Lors d'une séance consacrée à la présentation de ce concours, de nombreux problèmes m'étaient apparus, rendant de fait très délicate la participation à cette activité par nos élèves : difficultés de compréhension, manque de vocabulaire, refus de l'écriture, peur d'exprimer son ressenti, peur du regard de l'autre au moment de coucher ses sentiments sur le papier... Bien conscient de ne pas faire l'unanimité au sein de la classe avec mon projet, j'avais occulté volontairement le mot "poésie" de la séance. Pour susciter l'envie de poésie, je lisais à voix haute dans un premier temps les textes lauréats des années précédentes aux élèves. J'avais orienté mon choix vers des textes plus personnels, plus intimistes, et proches des élèves auxquels je m'adressais. Ceux-ci m'écoutaient, semblaient intéressés, mais refusaient systématiquement de partager leur point de vue en fin de lecture. La présentation du concours en fin d'heure - notamment la mention du terme "concours de poésie" - sonna le glas de la séance. J'en étais quitte pour un refus global, total et massif d'écrire de la poésie. Devant ce refus en bloc, partiellement désarmé, le concours prit fin... avant même d'avoir commencé.

L'idée d'un concours, d'un challenge, ne motivait pas les élèves. Il me fallait trouver une autre approche. L'écoute répétée et souvent effectuée à tue-tête de rap aux abords du lycée allait me mettre la puce à l'oreille. Si poésie il y avait au lycée, celle-ci passerait par la musique. Je pris donc contact avec la compagnie À Feu DouX1 pour mettre en place un atelier slam au lycée dès la prochaine rentrée. Un "coup de pouce" régional allait permettre de financer le projet.

Déroulement

J'ai choisi pour participer à l'activité des élèves de première Bac pro OBM (ouvrages du bâtiment-métallerie). Je connaissais ces élèves pour les avoir souvent reçus au CDI l'année précédente. Il s'agissait d'élèves assez peu scolaires, souvent imprévisibles de par leur comportement, mais avec qui le contact passait bien. J'avais travaillé avec cette classe à plusieurs reprises, je leur faisais confiance pour s'impliquer dans un projet à long terme. J'associai à cette classe des élèves de première Bac pro TU (techniciens d'usinage) afin de former un groupe de 16 élèves. La collègue de lettres de la classe fut très vite séduite par le projet d'ensemble. Un autre collègue, professeur d'anglais, se greffa également au projet.

L'organisation retenue était la suivante : sept séances d'initiation au slam, à raison d'une séance de deux heures par semaine. Pour présenter le projet, j'optais pour le support vidéo et de nombreuses écoutes de textes. Contrairement à ma séance ratée sur la poésie, il m'a été possible d'accorder une importance très forte au ressenti : qu'importe le fait que les élèves n'aient pas saisi le sens de chaque mot, ils étaient néanmoins à même de ressentir les choses, de s'en faire un avis. Accompagnés ou non de musique, les textes sonnaient, et résonnaient dans la tête de chacun. Avec la première classe, ces deux heures introductives défilèrent à toute vitesse, aussi bien pour les élèves que pour l'équipe enseignante. Le slam ne plaisait néanmoins pas forcément aux élèves, et de nombreuses remarques quant aux vidéos visionnées nous rappelaient que le projet était loin d'être gagné. Pour les élèves, le slam traitait des thématiques convenues et limitées, ils n'y trouvaient à vrai dire qu'un faible intérêt.

J'achevai cette séance introductive avec une vidéo présentant Karim Feddal, l'intervenant qui prendrait en charge l'initiation slam au lycée. L'effet fut bénéfique : les élèves, sous le charme, étaient curieux de voir à quoi ressembleraient les séances à venir. L'évocation d'un concert final, point d'orgue du projet, freina tout de même quelques ardeurs, mais, contrairement à ma séance sur la poésie de l'année précédente, les élèves étaient majoritairement motivés.

La magie n'opéra pas de la même façon avec l'autre classe. Faute de temps, je n'ai pas pu assurer pour eux une séance introductive identique à celle proposée aux autres élèves. L'évocation du projet les laissa de marbre. Le slam ne les intéressait pas, pour une raison que je compris peu après. En effet, ils avaient été informés du projet par le premier groupe, connaissaient les tenants et les aboutissants, et il était hors de question pour eux de monter sur scène et de participer au concert final. Je retrouvais cette fois les mêmes problématiques que lorsque ma séance sur le concours de poésie avait flanchée. Au lycée, les élèves se cherchent, sont parfois mal dans leur peau, peu à l'aise en public, et accordent une grande importance au regard de l'autre. L'écriture poétique, et davantage encore le partage poétique, repoussent les élèves, au sens où ils constituent pour eux une entrée dans leur intimité. Hors de question pour cette classe de se faire violence, tous m'annonçaient qu'ils refusaient de s'impliquer dans le projet. J'argumentais sur la nécessité d'essayer, sur la chance pour ce groupe de participer à une telle expérience. Rien n'y fit.

Première séance avec l'intervenant

La première séance avec Karim Feddal a eu lieu début octobre. Informé du refus catégorique essuyé avec la seconde classe, il insistait malgré tout pour que les deux classes soient présentes lors de sa venue. L'entrée en poésie fut immédiate. Le premier morceau qu'il interpréta séduit les élèves : grâce à un harmonica et à un beat-box maitrisé, il balaya les préjugés de quelques élèves, pour lesquels le slam était "démodé", "ringard", et "ennuyeux à écouter". En même temps, il parvenait à faire ce que je n'avais pas réussi à faire, professeur-documentaliste que je suis : il partageait ses textes, transmettait sa passion, et donnait un coup de fraîcheur inouï sur le monde de la poésie. Durant plus d'une heure, les élèves écoutèrent la prestation, impressionnés par tant de maîtrise.

En fin de séance, Karim invita les élèves et les enseignants présents à se mettre en scène à leur tour. Chacun de nous se vit attribuer une phrase, que nous décomposions ensuite pour la mettre en voix collectivement. Karim enregistrait chaque prise de parole. Déboussolés dans un premier temps par la perte du sens initial, les élèves convinrent néanmoins à l'écoute de leur travail que le résultat était intéressant et qu'il produisait un effet : l'entrée en poésie était réussie.

Mise en voix et écriture

Les séances ultérieures ont consisté, selon une progression établie par notre intervenant, à s'approprier des mots, des textes, et à procéder à leur mise en voix. Sollicités pour la sélection d'un poème "support", les élèves ont choisi le texte Liberté de Paul Éluard. À la manière de ce qui s'était fait lors de la première séance, le texte a été découpé pour que chaque élève devienne l'acteur d'un fragment de poésie. Pour préserver l'intérêt des élèves intact, Karim Feddal n'a pas analysé le poème a priori. Les élèves n'ont pas été confrontés, comme ils peuvent l'être parfois, à la difficulté d'un texte, aux incompréhensions de langage. Seul le contexte d'écriture a été expliqué. Cette fois encore, ce sont les ressentis qui ont été privilégiés. L'objectif était clair : s'approprier le texte de Paul Éluard, et le donner à entendre comme on le souhaitait, le restituer devant tout le monde comme on l'entendait, ou comme on voulait l'entendre.

L'activité s'est corsée dès lors qu'il a été demandé d'incarner physiquement le texte. Lire de la poésie, scander des vers, c'était devenu faisable. Hors de question pour autant de se mettre en scène pour chuchoter, murmurer, chanter ou hurler le texte. Aucun élève n'a accepté de réaliser l'exercice. Afin de ne pas heurter les élèves et pour continuer à profiter de l'élan suscité par le slam, Karim Feddal a fait le choix de ne pas poursuivre le travail scénique, et a invité les élèves, maintenant qu'ils avaient des éléments de mise en voix, à ouvrir un temps d'écriture plus personnel.

Pour provoquer les idées et mettre en place des conditions rassurantes pour les élèves, Karim a donné au groupe un répertoire, des "déclencheurs" comme il les appelle, permettant de donner l'impulsion pour commencer l'écriture des textes. La phase d'écriture a été délicate. Chez de nombreux élèves, la poésie est perçue comme une entité purement scolaire, ils ne souhaitaient donc pas se retrouver devant le cahier, un stylo à la main, pour écrire à leur tour. Tous ou presque ont eu le sentiment d'écrire des banalités, des phrases sans aucun intérêt. Le slam oui. La poésie non. Et ils se sentaient bien incapables d'écrire quoi que ce soit qui sonne un peu. C'était sans compter sur le talent et l'expérience de Karim Feddal, qui leur a bien vite montré comment, d'une phrase basique et issue du quotidien, on peut basculer vers la poésie. Mieux encore, il suffisait d'associer et de mélanger plusieurs de ces phrases pour créer un sens nouveau... et pour que l'auditeur entre à son tour en poésie. Qu'ont voulu dire les élèves qui viennent de parler ? Y a-t-il un sens caché ? Est-ce volontaire ?

Quand la poésie donne des ailes...

Les séances se sont poursuivies, avec parfois le sentiment de ne plus progresser. Certains élèves ne venaient plus à l'atelier. Indubitablement, l'atelier faisait peur. Peur de ne pas savoir quoi dire, peur d'être ridicule. À partir de la troisième séance, les élèves de première TU ne sont plus venus, mais n'ont jamais su expliquer les raisons de ce retrait soudain. Personnellement, je suis convaincu que c'est l'anxiété d'un concert collectif qui les a effrayés. Venir à l'atelier, c'était se confier, partager des émotions, prendre des risques. Finalement, les élèves ont demandé à ce que, pour eux, l'atelier ne soit plus obligatoire. Ils ont préféré revenir à des heures de cours en classe dans un format classique et retrouver leur sécurité d'élève, protégés derrière les tables des salles de classe. Seuls deux élèves ont fait le choix de poursuivre l'atelier slam. De dix-huit élèves initialement, nous sommes passés à un groupe restreint, composé de onze élèves seulement. Quelques élèves restants trouvaient que le temps d'écriture était trop long, que l'écriture était pénible, qu'il fallait trop s'impliquer, trop peser chaque mot... Nous touchions là les limites du projet. Investis nous-mêmes par ce que nous faisions, nous oubliions parfois à qui nous nous adressions.

Un lycéen a alors présenté spontanément à Karim un texte qu'il avait composé seul durant la semaine. Pendant l'atelier, le texte a été modifié, travaillé, modelé. Puis, en fin d'heure, l'élève a présenté sa création. La magie a opéré instantanément et de manière poignante : à force de mots, il ramenait ses camarades dans le projet. Cet élève avait ressenti le besoin de se confier, avait compris qu'il disposait avec le slam des outils qu'il lui fallait, et il a su profiter de la présence d'un intervenant slameur pour s'exprimer à travers la poésie. Son texte, très personnel et touchant, a eu un effet retentissant pour la suite de l'activité. Sans le savoir, il a redonné du sens à l'activité, là où nous autres, enseignants, ne parvenions plus à le faire. Il a montré aux autres élèves ce qui pouvait être fait, leur a prouvé qu'ils pouvaient pleinement s'accaparer l'activité. D'autres élèves ont par la suite rédigé un texte personnel, qu'ils n'ont pas eu peur de présenter durant l'atelier.

Pour ces élèves de lycée professionnel, voilà donc ce qu'est la poésie. C'est un bout de soi-même, une tranche de vie que l'on met en mots et que l'on partage avec tous. Les élèves n'ont jamais été si précis dans le choix des mots utilisés que lorsqu'il s'agissait de parler de leur propre vie. Partis de textes de poètes célèbres, les élèves avaient besoin de s'approprier la matière, de faire en sorte que la poésie devienne leur poésie. L'écriture poétique s'est alors libérée, et chacun d'eux est parvenu à donner naissance à des textes personnalisés et d'une incroyable justesse.

Le concert final

La trame du concert s'est dessinée au fil des sept séances. À chaque atelier, les textes étaient compilés et nous sommes parvenus à mettre en place un programme complet, composé de poésies célèbres et de créations d'élèves.

Le concert a eu lieu dans une salle de spectacle prêtée gracieusement par la Ville. Le choix de ce lieu s'expliquait par une volonté forte de valoriser le travail des élèves. Ils se sont donc retrouvés sur scène, avec des moyens alloués aux professionnels, pour réaliser leur prestation. Durant l'après-midi consacré aux répétitions, nous avons procédé à l'enregistrement des voix des élèves. Un CD audio a été réalisé. La presse locale était présente pour relayer l'événement.

Guidés par Karim Feddal en "passeur de mots" et accompagnés au piano par Pierre Nguyen, les élèves se sont produits sur scène pendant près d'une heure. Sans complexe, et même plutôt à l'aise, nos lycéens ont récité de la poésie devant un public conquis. Bien sûr, et c'est ce qui a fait la différence, il ne s'agissait pas d'une récitation statique. La musique apportait un réel bénéfice à l'ensemble, la scansion était fluide grâce aux séances effectuées pendant les ateliers du lycée. Et jamais les élèves n'ont eu le sentiment de pratiquer la poésie. Ce qu'ils firent pourtant.

Retombées

L'expérience a été très enrichissante. Certains élèves m'ont confié par la suite qu'ils comptaient désormais écrire régulièrement des textes et pourquoi pas se produire lors de slam sessions pour les présenter sur scène devant un public. Nous avons également conscience d'avoir redonné confiance à quelques jeunes, et d'avoir changé un tant soit peu l'image qu'ils peuvent avoir d'eux-mêmes.

Cela dit, il reste difficile de parler avec ces lycéens du "travail sur la poésie" que nous avons effectué. Pour beaucoup, nous avons juste donné un concert de slam. Ils ne l'associent pas forcément à de la poésie. Pourtant, c'en était : ils ont écrit des textes poétiques, les ont interprétés, se sont réappropriés de grands textes.

Une suite sera sûrement donné à ce projet d'écriture poétique, mais dans le cadre strict des cours cette fois... et peut-être par le biais du concours "Poésie en Liberté". Le contact est également maintenu avec la compagnie À feu DouX, dont nous sommes évidemment très satisfaits. Un nouveau projet pourrait voir le jour avec une autre classe dès l'année prochaine, pour un partage poétique intergénérationnel.

Un exemple de réécriture collaborative

Voici un texte écrit par une élève quelques semaines seulement avant la tenue du concert. La version composée par l'élève est très courte et présente quelques maladresses ou erreurs de formulation. Il s'agit d'un texte qui a été composé spontanément par l'élève, alors même qu'elle peinait à composer des phrases simples durant les heures d'atelier. Elle manquait en effet de confiance en elle et doutait des phrases qu'elle composait, les trouvant d'une trop grande banalité.

Le passé d'une jeune fille (version brute composée par l'élève)

Elle arrive en octobre 2011, dans une classe complètement inconnue.
Elle pensait avoir sa place aussi dans sa classe de seconde.
Mais un jour cette jeune fille a bien compris qu'elle n'aura jamais sa place dans cette classe minable.
Cette fille gardait tout pour elle, ne disait jamais rien, peur que les choses s'aggravent, peur pour elle, pour qu'ils s'en prennent à elle.
Du coup avec tout ce qu'elle a pu garder en elle, la santé s'est aggravée.
Mais elle a tout fait pour tenir le coup.
Cette jeune fille décide d'arrêter les cours et d'attendre la rentrée pour voir ce quelle peut faire.
Elle décide donc de reprendre les cours en décembre, et elle reprend, mais avec une autre classe de seconde car elle a décidé de redoubler.
Ce qui lui permettra de repartir sur de bonnes bases.
Ce qui fut une bonne initiative, car elle se plait dans sa nouvelle classe, avec ses nouveaux camarades de classe qui eux l'acceptent comme elle est.

Avant l'envoi à Karim Feddal, j'ai relu et reformulé légèrement le texte avec l'élève, qui a validé les modifications proposées. Pour esquiver le problème de concordances des temps, l'ensemble du texte a été transposé au présent.

Le passé d'une jeune fille (version envoyée à l'intervenant)

Elle débarque en octobre, dans une classe complètement inconnue
Elle pense avoir sa place dans sa classe de seconde.
Mais un jour, cette jeune fille comprend qu'elle n'aura jamais sa place.
Dans cette classe minable
Cette fille garde tout pour elle, garde tout en elle, ne dit jamais rien.

Peur que les choses s'aggravent,
Peur pour elle,
Peur qu'ils s'en prennent à elle.
Avec tout ce qu'elle peut garder en elle, la santé se dégrade.
Mais elle fait tout pour tenir le coup.

Puis cette jeune fille décide d'arrêter les cours
D'attendre la rentrée pour voir ce qu'elle peut faire.
Elle reprend les cours en décembre, mais avec une autre classe car elle a choisi de redoubler.
Ça lui permet de repartir sur de bonnes bases.

Ce changement a du bon.
Elle se plaît dans sa nouvelle classe,
Avec de nouveaux camarades de classe
Qui, eux, l'acceptent comme elle est.

Karim Feddal a apporté son expérience au texte et l'a fait devenir un véritable texte de slam, en proposant des ajouts à partir d'un répertoire basé sur le champ lexical de la peur. Il a encouragé Laura à l'écriture et l'a encouragé à poursuivre et améliorer sa production. Pour ce faire, il lui a proposé un répertoire lexical, qu'elle pouvait intégrer comme elle le souhaitait dans le texte.

Le passé d'une jeune fille (version finale)

Gagné par la peur, La peur de l'inconnu débarque en octobre,
Dans une classe complètement inconnue

La peur qui s'atténue pense avoir sa place dans sa classe de seconde.
Mais un jour, la peur d'entreprendre comprend qu'elle n'aura jamais sa place.
Dans cette classe minable, la peur au ventre garde tout pour elle et ne dit jamais rien.

La peur panique, les choses s'aggravent,
La Peur grandit pour elle, elle qui voudrait exorciser la peur en elle.
La Peur l'accable...
Par peur qu'ils s'en prennent à elle. Par peur des représailles.
La peur s'installe...

Se souvenirs des peurs d'enfance, avec tout ce qu'elle peut garder en elle,
Elle a les traits bouleversés par la peur, la santé se dégrade.

La peur voudrait Cacher sa peur, elle fait tout pour tenir le coup.

Gagnée par la peur, elle décide d'arrêter les cours
D'attendre la rentrée pour voir ce qu'elle peut faire.
Elle décide de Se libérer d'une peur, Elle reprend les cours en décembre,
Mais avec une autre classe car elle a choisi de redoubler.
Ne plus Claquer des dents de peur, lui permet de repartir sur de bonnes bases.

Ne plus Trembler de peur, peur du changement.
Ce changement a du bon.
Chevalier sans peur et sans reproche.
Elle se plaît dans sa nouvelle classe,
N'avoir pas peur des mots.
Avec de nouveaux camarades de classe
Ne plus entretenir une peur
Avec de nouveaux camarades de classe
Qui, eux, l'acceptent comme elle est.


(1) La compagnie À Feu DouX, installée à Roubaix depuis 1999, met en place des créations, spectacles, actions pédagogiques et culturelles, autour du travail et de l'investissement d'un musicien-compositeur. Dans une démarche de démocratisation culturelle, d'élargissement des publics et d'échanges artistiques, les projets de la compagnie mettent l'accent sur le développement d'une mixité des publics et sur la pluralité des disciplines.

Lire au lycée professionnel, n°73 (03/2014)

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