Actualité du livre

Notes de lecture

VIII
Harriet M. Castor.
Hachette, 2013, 412 pages

Hal est un enfant éveillé, avenant, joyeux et plutôt doué mais aussi le Duc d'York, second fils du roi d'Angleterre, Henry VII, premier souverain de la dynastie des Tudors. Étant le cadet, Hal n'est pas appelé à régner, aussi son père ne lui montre aucune tendresse ou intérêt.

La Reine, Elizabeth d'York, se trouve dans une situation ambiguë car un Prétendant affirme être le véritable Duc d'York, frère de la Reine, et revendique le trône. Elle est donc à l'affut de toute information et prophétie.

"Ô souverain béni, tu es l'élu de Dieu et toute résistance cédera sur ton passage...
...Tu pourras déployer tes ailes majestueuses, car ta gloire te survivra à jamais.
York sera roi".

Pour Hal, qui entend cette prophétie en espionnant sa mère, cela ne fait aucun doute : York, c'est lui. Il est appelé à régner un jour et il sera l'élu de Dieu, le plus grand monarque que l'Angleterre aura jamais eu !

VIII est écrit à la première personne, racontant principalement les ressentis et la vie presque quotidienne de Hal. Les questions diplomatiques, le jeu des alliances qui se font et de défont, servent l'intrigue, dans la mesure où c'est ce qui permettra à Henri VIII de mener à bien ses projets et d'accéder au trône. VIII se range ainsi parmi les romans historiques malgré le fait qu'aucune date permettant de situer l'époque dans laquelle se passe l'action ne soit mentionnée, et que le contexte historique ne soit pas la priorité de ce roman, entièrement centré sur la personnalité de Henry VIII.

Découpé en 5 parties puis en chapitres assez courts, le roman, sans être encombré d'informations historiques complexes ou nécessitant des prérequis, offre une lecture simple et rythmé de la vie d'un homme rongé par les rêves de gloire et de puissance, thématique intemporelle. Voilà un roman qui pourrait ouvrir des envies de lectures complémentaires sur le personnage ou l'époque, en particulier grâce à l'interview de l'écrivain à la fin de l'ouvrage.

Farah Guillot.

Après la vague
Oriane Charpentier.
Gallimard, 2013, 162 pages

Maxime passe des vacances en famille, à l'étranger, au bord de la mer. Ce matin-là, il préfère paresser au soleil dans l'espoir de revoir les américaines d'hier, alors que ses parents et son frère aîné visitent un temple local. Jade, sa soeur jumelle, décide de rester avec lui. Jusqu'alors très proches, ils se sont éloignés l'un de l'autre, Maxime étant un "beau gosse" alors que Jade vit mal cette période de l'adolescence où son corps change en se réfugiant dans le contact humain.

Mais ce matin-là, c'est aussi une vague immense qui balaye tout sur son passage. Maxime et Jade tente de s'enfuir mais la vague les sépare... à jamais. De retour en France, le sentiment de culpabilité est immense : Maxime sait que Jade lui a sauvé la vie. Tandis que ses parents et son frère s'investissent dans une association d'aide aux victimes, Maxime s'enfonce. Il lui faudra 10 ans et des rencontres improbables pour qu'il puisse retourner sur les lieux du drame et tourner la page.

Même si le texte n'est pas daté, ce récit fait référence au tsunami qui eut lieu en 2004. Sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse, on retrouve ici les thèmes du deuil, de la famille. Comment se reconstruire quand on est rongé par la culpabilité ? Et s'il ne lui avait pas lâché la main ? Maxime devra accepter l'idée que Jade a choisi de mourir pour qu'il vive, et accepter de ne pas gâcher cette vie en lui rendant hommage.

C'est un très beau texte, écrit sans pathos. Les sentiments sont justes et les chapitres courts en font une lecture aisée, rythmée. Nous avons là un texte épuré, poétique, à la construction narrative simple mais naturelle et poignante. Une très belle lecture qui montre que "chacun a sa vague".

Farah Guillot.

Et puis, Paulette...
Barbara Constantine.
Le Livre de Poche Jeunesse, 2013

Ferdinand, agriculteur à la retraite, vit seul dans son immense ferme depuis le départ de son fils et de ses petits-enfants. Aussi, quand un orage détruit le toit de sa voisine qu'il connaît à peine, il n'hésite pas à lui proposer de l'héberger le temps qu'elle puisse réaliser les travaux nécessaires. Petit à petit, de rencontres en rencontres, d'autres personnes viennent habiter la ferme et l'animer.

Ce livre met l'entraide intergénérationnelle au coeur de son histoire. À notre époque relativement individualiste, elle a le mérite de mettre en avant l'altruisme, la solidarité et la force du groupe. Un assortiment de gens différents et de tous les âges vont ainsi vivre sous le même toit, se rendre des services et partager de bons moments. Un sentiment de joie de vivre se dégage de l'ensemble. La morale reste un peu simpliste : il faut partager et voir le verre à moitié plein, mais cela donne une fable moderne qui met un peu de baume au coeur. Le style est assez familier mais la lecture reste très fluide. Le livre se divise en de très courts chapitres qui rythment bien l'ensemble.

Catherine Arnaud.

Haïti, soleil noir
Nick Lake.
Gallimard Jeunesse, 2013, 360 pages

2010, un tremblement de terre ravage l'île. Des milliers de gens se retrouvent ensevelis sous les décombres, dont le narrateur. Comme enfermé vivant dans un cercueil, il ne peut pas sortir, il a faim et soif, il n'est "plus qu'une voix dans l'obscurité". Il nous raconte, sa naissance, sa vie dans la Cité Soleil, le meurtre de son père, l'enlèvement de sa soeur jumelle, Marguerite, tellement merveilleuse, "tellement pleine de trous que l'univers pouvait s'y engouffrer". Il nous raconte cette terrible vie dans le bidonville où chaque jour est une lutte pour survivre car "il n'y a pas d'enfants à Cité Soleil, juste des gens plus petits et tout aussi affamés, ou des gens plus petits et morts". Ces souvenirs, ces bribes de vie surgissant sans vraiment d'ordre permettent au narrateur de tenir, sous les gravats. Il nous les livre, brutalement, sans pudeur, et c'est magnifique.

En parallèle du récit est retracée l'histoire d'Haïti et de son libérateur, Toussaint Louverture : la révolte, le sang, la liberté... Un livre magistral, une écriture poignante, des pages d'une poésie tragique extraordinaire, le lecteur est tout simplement saisi.

Recommandé aux enfants de plus de 15 ans car certaines évocations et scènes pourraient choquer.

Catherine Bergeron.

Hantés
Anne Fakhouri.
Rageot, 2013, 214 pages

Le récit commence par une bagarre. On découvre le héros, Samuel, qui roue de coups un autre élève de son lycée, Idriss. Très vite, le lecteur comprend la raison de cet acte de violence : Idriss accuse le beau-père de Samuel, un flic qui vient de se faire tuer dans une ruelle, d'être en fait un dealer donc un ripou... Pour Samuel, ce n'est pas possible. Son beau-père, Tug, qu'il a toujours admiré, n'a pas pu tremper dans de sales histoires...

Depuis longtemps, Samuel Kleber, jeune garçon de 16 ans, a des hallucinations et entend des voix qui viennent soudainement envahir son cerveau. Le jour de la rentrée, ces voix sont tellement fortes qu'il se sent mal... Il doit sortir de cours et se fait accompagner par Darius. Ils font rapidement connaissance, se rendant compte qu'ils souffrent du même mal et que leurs hallucinations surgissent en même temps. Ils vont alors chercher à en comprendre le sens... et remonter la piste des assassins de Tug.

Ce récit, mêlant policier et fantastique, rassemble tous les ingrédients nécessaires à créer une bonne histoire : suspense, amitié, amour, relation familiale. L'auteur aborde également le génocide du Rwanda qui a marqué les années 90. L'intrigue policière complexe rend le roman un peu confus, mais le récit devrait intéresser les adolescents.

Catherine Bergeron.

Keleana, l'assassineuse
Sarah J. Maas.
La Martinière, 2013, 544 pages

Keleana est la plus célèbre assassineuse du royaume d'Adarlan. Condamnée aux travaux forcés dans les mines de sel d'Endovier, elle survit à la captivité quand le prince lui-même vient lui proposer un marché : devenir l'assassineuse en titre du roi pendant quatre ans, en échange de sa liberté. Mais le roi s'amuse en fait en organisant un tournoi à mort entre 23 concurrents, dont le dernier en lice sera nommé champion de la couronne.

Keleana s'éveille petit à petit à la vie de la cour grâce au prince Dorian tandis que Chaol, le capitaine de la garde, s'occupe de sa condition physique et de son entrainement. Mais Keleana va devoir affronter des forces obscures et les jalousies des courtisanes du prince... Le plus grand danger n'est peut-être pas là où on le pense...

Nous voilà face à un premier tome d'une série de fantasy plus que prometteuse. Tous les ingrédients sont là : de l'aventure, du mystère, de l'amour, de la rébellion.

Le récit est construit à plusieurs niveaux. Il y a tout d'abord la mise en place d'un monde, d'intrigues de royaume avec des personnages plus profonds qu'ils ne peuvent paraître au premier abord, des complots au plus haut niveau de l'administration. Ainsi, Keleana n'est pas seulement une assassineuse, une voleuse et une meurtrière mais aussi une très grande lectrice et une excellente joueuse de piano. Le prince Dorian, lui, aspire à autre chose que la frivolité et l'hypocrisie de la cour. Quant à Chaol, le capitaine de la garde, malgré ses airs rustres et protocolaires, il tombe sous le charme de Keleana et s'avère être un précieux allié lors du combat final.

Il y a ensuite ces meurtres sanglants et violents qui surviennent de plus en plus souvent, toujours accompagnés de la présence d'une créature surnaturelle et de symboles cabalistiques très anciens... Keleana se retrouve ainsi au milieu d'un combat entre le bien et le mal, entre puissances qui la dépassent mais pour qui elle se trouve être un élément majeur. Des légendes mêlées à de l'aventure, de la bravoure et de la chance, tout ce qu'il faut pour en faire une lecture tout public.

Farah Guillot.

Lueur de feu
Sophie Jordan.
Gallimard Jeunesse, 2013

Jacinda est une adolescente "draki", c'est-à-dire qu'elle fait partie d'un peuple qui a le pouvoir de se transformer en dragon. Suite à une indélicatesse de sa part, elle est obligée de fuir son clan avec sa mère et sa soeur jumelle et de se cacher parmi les humains. Dans son nouveau lycée, elle se sent différente et mal à l'aise. Sauf quand elle est en présence de Will, un garçon mystérieux qui pourtant représente un vrai danger pour la jeune fille. Arrivera-t-elle à conserver son secret ?

Premier tome d'une trilogie, Lueur de feu nous fait découvrir le monde des "draki", descendants des dragons, pourchassés par des humains pour leur peau, leurs organes et, surtout, leur faculté à trouver des pierres précieuses. Leur société est régentée par des règles précises et immuables qui enferment chacun dans un rôle qu'il n'a pas toujours souhaité. Jacinda, très populaire au sein de son clan, passe complètement inaperçue quand elle arrive au lycée et doit lutter pour que son draki ne meurt pas dans ce nouvel environnement hostile. Si l'histoire d'amour avec Will n'est pas très originale, d'autres thèmes plus profonds sont abordés : la rivalité entre soeurs, la différence, le sacrifice que l'on peut faire pour les siens. Une petite touche de morale écologiste traverse aussi le roman puisque les draki ne s'épanouissent vraiment que dans un environnement de forêt et de terre fertile.

La suite vient de paraître dans la même collection sous le titre Lueur de Feu - t. 2, Soeurs rivales.

Mots-clés : fantastique, dragon, différence, amour

Catherine Arnaud.

Mémoire pour un avocat
Mirbeau.
Flammarion, Étonnantiss!mes, 2012

Un jeune marié perd rapidement ses illusions sur la félicité conjugale quand il réalise que sa femme se démarque de lui de plus en plus jusqu'à le tyranniser. Un couple adultère loue une maison en bord de mer pour y vivre librement sa passion mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu. Un homme est confronté à l'entêtement de sa femme qui lui certifie avoir vu un pont qui, en fait, n'existe pas. Une veuve éplorée reçoit le soutien inattendu du meilleur ami de son défunt mari.

À travers quatre nouvelles, Mirbeau nous propose une vision peu réjouissante de la vie de couple et du mariage. Les femmes y sont méchantes et mesquines, les hommes faibles et soumis. Le bonheur conjugal peut voler en éclat sur un simple malentendu sans même qu'on s'en rende compte. Les récits se lisent très rapidement et la mauvaise foi de certains personnages devraient faire sourire - ou grincer des dents - les élèves. La répartition des rôles au sein des couples pourra paraître datée mais elle témoigne également d'une autre époque, où les femmes de la bourgeoisie ne travaillaient pas et dépendaient donc financièrement de leur maris.

Catherine Arnaud

Petits meurtres en petite France
Geneviève Senger.
Oskar Éditeur, 2013, 178 pages

Jules est en terminale dans un lycée de Strasbourg et il apprend le chinois auprès d'une amie, Lan. Quand cette dernière est assassinée, il se jette à corps perdu dans la recherche de la vérité. Mais ces certitudes vont vite voler en éclat et le jeune homme devra faire des choix décisifs. Pendant ce temps, un tueur rôde et s'en prend aux adolescentes de la communauté asiatique de l'union européenne.

Sous couvert d'une intrigue policière un peu classique, nous sommes face au désarroi d'un adolescent qui vient de perdre une amie dans des conditions dramatiques. Jules est confronté à des situations qui vont mettre son intégrité et son sens moral à rude épreuve. Des thèmes difficiles sont abordés comme la justice, la présomption d'innocence, le suicide, la rédemption. Le style est fluide et l'action ne se relâche pas, ce qui en fait une lecture rapide. L'obstination de Jules concernant deux coupables potentiels permet à l'auteur d'amener un rebondissement final. La ville de Strasbourg offre de plus un cadre original à l'histoire car plusieurs lieux sont cités.

Mots-clés : roman policier, adolescence, justice, communauté chinoise

Catherine Arnaud.

Une planète dans la tête
Sally Gardner.
Gallimard, 2013

Standish Tredwell, 15 ans, ne sait ni lire ni écrire à cause d'une forte dyslexie qui en fait le souffre-douleur de son école. Depuis que ses parents ont mystérieusement disparu, Standish vit seul avec son grand-père, "papou", dans la zone 7, la zone des impurs, des parias, dans laquelle règne la misère, la faim, la surveillance constante. Sa vie Standish s'améliore le jour où de nouveaux voisins s'installent et qu'Hector, l'enfant de la famille, devient son ami. Pour échapper à leur quotidien misérable, les deux jeunes s'inventent des histoires et rêvent d'aller vivre sur "Juniper", une planète où la vie serait plus belle.

Mais, un beau jour, Hector et ses parents disparaissent à leur tour et le désespoir s'empare de nouveau de Standish, ne se sentant pas concerné par l'événement national dont la propagande de la Patrie parle sans cesse à la télévision : le premier homme va se poser sur la Lune ! Cependant, il comprend très vite qu'il s'agit d'une supercherie et il décide de mettre au point un plan pour démasquer et dénoncer, aux yeux du monde, la Patrie, cet État totalitaire qui traque et fait disparaître ceux qui pensent et rêvent...

Une planète dans la tête est un roman vraiment étonnant, original. Tout d'abord, en ce qui concerne sa forme : écrit à la première personne, en courts chapitres (parfois d'une page ou deux), il nous livre les pensées de Standish, personnage tellement attachant, parce qu'atypique, altruiste, généreux, courageux.

La thématique du roman est également abordée de manière originale : comment un jeune adolescent va se dresser contre la barbarie et le totalitarisme en allant au bout de ses rêves. Du haut de ses 15 ans, Standish se révolte contre les "hommes en manteau de cuir", qui claquent les talons au cri de "Gloire à la Patrie !"...

L'écriture de Sally Gardner, elle-même dyslexique, est simple, fluide et percutante. On dévore les courts chapitres tout en retenant son souffle ; on s'attache bien évidemment à Standish en espérant que ses rêves se réaliseront ; et on sort de ce roman bouleversé, ému. Véritable coup de coeur !

Virginie Chavant.

Scoop à écolo-village
Sylvie de Mathuisieulx.
Oskar Éditeur, 2013, 112 pages

C'est la rentrée à écolo-village !! Cette rentrée n'est pas comme les autres... tout est nouveau : l'école, la maitresse et même les maisons des élèves, car tous habitent désormais dans un village écolo "pour vivre une existence absolument écologique, complètement développement durable et tout à fait biodégradable".

Nos deux jeunes héros, Nils et Colombe, qui se connaissent depuis la maternelle, vont alors vivre une aventure qui sera la "version moderne de la petite maison dans le prairie", et la presse, représentée par une journaliste avide de scoop, va débarquer et troubler la tranquillité de ces "amis de Mère Nature et de la planète", tandis que Gérald, un camarade de classe très agaçant et profitant de cette occasion, a décidé de monter "un coup d'état" afin de défendre la cause "des opprimés de moins de 12 ans". Mais le scoop révélé par la journaliste va avoir une toute autre teneur...

Bien que la révélation n''est rien à voir avec l'histoire écologique initiale, le lecteur est happé, dès la première page, par le style léger et drôle de l'auteur. Le récit est ponctué en plus par "les grains de sel" des enfants, interventions humoristiques qui font sourire le lecteur.

Catherine Bergeron.

Seuls au monde
Emmy Laybourne.
Hachette, 2013

Comme tous les matins, Dean prend son bus pour se rendre au lycée, son frère Alex, en prenant un différent pour aller au collège. Lors du trajet, une pluie diluvienne s'abat sur la ville, avec d'énormes grêlons. C'est le chaos : les vitres explosent, les jeunes hurlent ; le bus, se retrouve couché sur le parking d'un supermarché. La conductrice du bus met les lycéens rescapés à l'abri dans le supermarché, avant de partir chercher de l'aide à l'extérieur. Une douzaine d'élèves, âgés de 5 à 17 ans, ont ainsi échappé à la catastrophe mais se retrouvent livrés à eux-mêmes...

Ils vont tenter de survivre et de s'organiser, les grands prenant en charge les petits, pour ramener un semblant de normalité dans le chaos environnant. Car, à l'extérieur, les catastrophes s'enchaînent et il n'est plus question de sortir. Une micro-société se crée donc dans ce centre commercial, avec ses espaces de vie, chacun devant s'acquitter de tâches quotidiennes pour le bon fonctionnement du groupe. Mais bien sûr des tensions apparaissent, sans oublier l'angoisse et la terreur qui habitent chacun...

Emmy Laybourne nous propose un livre au rythme haletant, sans temps mort : dès le premier chapitre on bascule dans l'angoisse suscitée par la catastrophe, puis nous voilà installés dans un huis-clos oppressant. L'intérêt de ce roman réside aussi dans le fait que les héros sont des enfants : le sportif "beau gosse", le scout, le timide, la brute, le petit génie, la jeune fille protectrice... Mais l'expérience traumatisante qu'ils vivent va les transformer au fil des pages et s'ils veulent s'en sortir, la solidarité devra l'emporter.

L'écriture est fluide, simple et ne posera aucune difficulté pour nos élèves de lycée professionnel, et chacun pourra s'identifier à un des personnages (fille ou garçon). En conclusion : un récit plaisant, qui nous tient en haleine et qui ne peut que plaire à nos adolescents.

Virginie Chavant.

La Vérité crue
Patrice Favaro.
Thierry Magnier, 2012

Dyspraxique, Raphaël, qui a choisi de se faire appeler Jésus, est un adolescent sensible et végétarien. Cet été-là, ses parents partent en croisière et le confient à sa grand-mère, au mas des Rabastous. Il devient le souffre-douleur de son cousin qui se moque de son refus de manger des animaux et de son handicap. Il se sent de plus en plus seul jusqu'à ce qu'il rencontre Angélina, une voisine de son âge un peu perdue et qui le comprend. Ensemble, ils décident de s'enfuir et délivrent les lapins de la famille puis se rendent dans un élevage de visons pour y délivrer les animaux. Ils y rencontrent Elie, un adulte au coeur brisé par la mort de son fils, et qui va les prendre sous sa protection, le temps de réfléchir. Il les conduira dans un refuge en montagne. C'est là que se révèleront les blessures cachées des uns et des autres.

Dans ce roman original autour de la différence et de la sensibilité, Patrice Favaro nous fait découvrir la difficulté de vivre avec un handicap souvent méconnu et met en scène des personnages en quête de vérité et de sincérité.

Mots-clés : roman adolescent, handicap, végétarisme
À conseiller dès 13 ans

Morgan Barberon.

Nous avons également reçu

2 filles sur le toit
Alice Kuipers
Le Livre de Poche, 2013
256 pages

3 femmes et un fantôme
Roddy Doyle
"Tribal", Flammarion, 2013
224 pages

L'Arabesque
Erik Poulet-Reney
"La vie", Oskar éditeur
160 pages

Brûler de l'intérieur
Ahmed Kalouaz et Alain Cornu
"Photo roman", Thierry Magnier, 2012
88 pages

Coeurs brisés, têtes coupées
Robyn Schneider
Gallimard Jeunesse, 2013
304 pages

Le coup passa si près que le félidé fit un écart
Louis Rennison
"Pôle fiction", Gallimard Jeunesse, 2013
320 pages

Dans le coeur d'Alice
Luc Blanvillain
"Bloom", Hachette, 2013
352 pages

Dans l'oeil de Lynx
Laurent Queyssi
"Thriller", Rageot, 2013
256 pages

Les Droits de l'homme. Un combat d'aujourd'hui
Isabelle Bournier, illustrations Florent Silloray
Casterman, 2013
80 pages

L'Enfant
Jules Vallès
"Classiques abrégés", L'École des loisirs, 2013
238 pages

Les Fourmis
Bernard Werber
Le Livre de Poche, 2013
320 pages

Icônes
Margaret Stohl
"Black Moon", Hachette, 2013
408 pages

Mes débuts dans l'art
Chris Donner
"Médium", L'École des loisirs, 2013
176 pages

Les Nouvelles Aventures de Tallulah Casey
Louise Rennison
Gallimard Jeunesse, 2013
320 pages

Penelope Green - t. 1, La Chanson des enfants perdus
Béatrice Bottet
Casterman, 2013
418 pages

Peter Pan
James Matthew Barrie
"Classiques", L'Écoles des loisirs, 2013
238 pages

Un amour interdit
Roselyne Bertin
"La vie", Oskar éditeur, 2013
168 pages

Une autre que moi
Sophie Rigal-Goulard
"La vie", Oskar éditeur, 2013
104 pages

La vie est belle
Christophe Léon
"Encrage", La Joie de lire, 2013
160 pages

Lire au lycée professionnel, n°73 (03/2014)

Lire au lycée professionnel - Notes de lecture