Dossier : Mythes et figures mythiques dans les arts et la littérature au XXe siècle

Lire les "Métamorphoses" au lycée professionnel : brûlante actualité des mythes et des figures mythiques

Marie-José Fourtanier, agrégée de lettres classiques, professeur d'université en langue et littératures françaises (Université Toulouse 2)

J'insisterai tout d'abord sur l'intérêt contemporain de la lecture des récits mythiques en classe et à tous les niveaux de l'enseignement, collège, lycée, lycée professionnel, en particulier sur l'intérêt de la lecture des nombreux mythes à l'oeuvre dans les Métamorphoses d'Ovide. Inquiétantes légendes sur la création ou la destruction du monde, comme le mythe du déluge ou l'histoire de Phaéton, mythes de la connaissance de soi (Narcisse) et de ses capacités (Dédale et Icare), histoires de gloire et d'amour (Daphné, Persée, Pygmalion), histoires de famille émouvantes (Céyx et Alcyone devenus alcyons et réunis pour toujours) ou cruelles (Myrrha, Philomèle et Progné), ces récits issus des temps immémoriaux conservent, même traduits, même condensés et adaptés, une brûlante actualité : vus comme des mises en scène des rapports de l'homme au monde, ils comportent une dimension éthique, pratique et esthétique, qui induit un point de rencontre entre des éléments fondamentaux de l'existence humaine et la lecture subjective d'un sujet. C'est dans la mesure où les récits mythiques véhiculent des scénarios, des figures et des mécanismes archétypaux étroitement liés aux questions posées par la condition humaine qu'ils sont de forts vecteurs de symbolisation. En fait, les lecteurs de tous âges se trouvent en présence d'un mode d'expression sociale de l'imaginaire et d'une mise en mouvement des "structures anthropologiques de l'imaginaire"1. Aux angoisses de l'être humain portant sur ses origines, son destin personnel et collectif, le mythe apporte des réponses d'ordre symbolique. Autrement dit, il représente un vecteur de médiatisation et de figuration allégorique des désirs et des passions, des peurs et des inquiétudes profondément ressentis aujourd'hui comme autrefois par la collectivité des hommes ; il favorise divers processus d'identification de ses lecteurs, d'autant plus que les valeurs éthiques et esthétiques dont il est porteur lui confèrent une réelle fonction pédagogique. Sans doute aussi le plaisir et l'efficacité de la lecture viennent-ils de la reconnaissance dans les textes d'archétypes fondateurs et de leur accord avec les lecteurs2. Plus précisément, dans le cadre conceptuel général de la lecture subjective, les récits mythiques apparaissent comme une sorte de pointe extrême de la plasticité des oeuvres littéraires : venus du fond des âges et de nulle part, évanescents et labiles par nature, asservis à tous les usages, ils apparaissent aussi comme des lieux ouverts qu'un lecteur même novice, même en difficulté, peut investir. Travailler en classe avec les Métamorphoses d'Ovide permet d'identifier les activités des lecteurs sur le plan langagier, esthétique, culturel mais aussi axiologique, voire fantasmatique et, à terme, de faire réfléchir les enseignants et les élèves à leurs propres stratégies de lecture et d'apprentissage.

Des théories pour étudier les récits mythiques

Les mythes peuvent être étudiés à des niveaux de signification et selon des modes d'approche divers. Encore faut-il définir précisément la notion de mythe qui a été largement traitée dans de nombreux ouvrages et de nombreux articles, mais qui ne se laisse pas aisément circonscrire. L'étude des mythes se situe en effet au confluent de plusieurs domaines de recherche et de champs disciplinaires très différents, qui l'ont pris à la fois comme objet d'étude spécifique et comme modèle de compréhension des mentalités passées ou présentes. À l'époque moderne, la notion s'est constituée dans un domaine précis, celui de l'histoire des religions avec, en particulier, les travaux de Mircea Eliade qui définissent la nature et la fonction du mythe lié à la religion et au rituel. Ainsi, par exemple, pour amener les élèves à réfléchir avec distance au fait religieux, peut-il être intéressant d'attirer leur attention sur les rites étranges et les sacrifices d'animaux décrits par Ovide dans l'histoire de Pygmalion : "Le jour de la fête de Vénus fastueusement célébrée dans toute l'île de Chypre était venu. Des génisses aux cornes enduites d'or étaient tombées, frappées sur leur cou de neige, et l'encens fumait."3. Les recherches de Claude Lévi-Strauss et de ses émules en ethnologie et en anthropologie structurale, mais aussi les ouvrages de psychologie historique comme Mythe et pensée chez les Grecs ou L'Univers, les Dieux, les Hommes de Jean-Pierre Vernant, constituent des bases scientifiques pour une réflexion sur la mythologie. De même, le réinvestissement des mythes antiques dans et par la psychanalyse à partir des textes fondateurs de Sigmund Freud, mais également les travaux de sociologie prenant les mythes comme références pour analyser le monde moderne, comme par exemple Le Dédale. Pour en finir avec le XXe siècle de Georges Balandier, indiquent la double importance de l'étude des mythes à la fois sur le plan personnel et sur le plan collectif. Du côté de la littérature, l'étude des textes littéraires par une méthode critique, précisément appelée la mythocritique4, permet de repérer dans les oeuvres la présence récurrente, explicite ou implicite, d'un mythe. Un nom de héros ou d'héroïne mythique suffit souvent à évoquer un récit complet, Thésée appelant le Labyrinthe et le Minotaure, Jason et Médée, la Toison d'or et l'infanticide. Quant aux phénomènes d'intertextualité, décrits et étudiés par Gérard Genette dans Palimpsestes, ils peuvent aider l'enseignant à développer chez les élèves une pensée critique sur l'usage du mythe en constante évolution, le jeune Icare dont Ovide déplore la désobéissance aux conseils de son père, leçon de juste mesure reprise par Brueghel l'Ancien dans son tableau, La Chute d'Icare, mais qui, sous la plume des poètes de la Renaissance devient l'exemple même du courage de l'homme5 ou, au XIXe siècle, sous celle de Baudelaire, un avatar du poète "brûlé par l'amour du beau"6. Il paraît donc intéressant d'utiliser ce qui, dans les recherches en anthropologie ou en psychologie historique, dans les lectures psychanalytiques des récits mythiques ou dans la réécriture incessante des mythes par la littérature et les arts, permet de nous représenter quelques grands mythes fondateurs afin d'élaborer un matériel didactique facilitant leur exploitation en classe. Or dans l'ensemble de l'univers mythique, les Métamorphoses d'Ovide que l'on peut considérer comme un véritable bilan de la mythologie antique, de ses légendes et de ses personnages, dieux et héros, constituent un inépuisable réservoir de figures et de scénarios mythiques qui ont été au cours des âges sans cesse réactivés.

Le mythe : d'abord, le plaisir du récit

"Phémios, tu connais bien d'autres moyens d'enchanter les mortels en contant les travaux des hommes et des dieux, ceux que célèbrent les aèdes", c'est ainsi qu'au chant I de l'Odyssée, Pénélope s'adresse à l'aède de la cour d'Ithaque lors du festin des Prétendants7. Cette injonction de l'épouse d'Ulysse introduit une caractéristique du mythe : dès l'origine, le mythe est une histoire racontée par des aèdes, des conteurs mettant en scène les travaux, c'est-à-dire les aventures et les exploits des dieux et des héros. Les mythes se présentent donc comme des récits d'un type particulier dont il s'agit de repérer et d'analyser les structures narratives spécifiques. Observons dans un premier temps ce que suggère l'étymologie : le mot muthos en grec a le sens premier (attesté chez Homère) de parole exprimée, de discours, de récit. Déjà présente dans l'apostrophe de Pénélope, l'oralité apparaît comme une dimension fondamentale du mythe. "Tout commença, nous dit Italo Calvino dans La Machine Littérature, avec le premier conteur de la tribu [...]. Le conteur se mit à proférer des mots, non point pour que les autres lui répondent par d'autres mots prévisibles, mais pour expérimenter jusqu'à quel point les mots pouvaient se combiner l'un l'autre ; pour déduire une explication du monde à partir de n'importe quel récit-discours possible [...]"8. Cette dimension de l'oralité première des mythes induit d'abord le plaisir de raconter des histoires, le bonheur du récit. Du point de vue pédagogique, l'oralité constitutive des mythes doit attirer l'attention de l'enseignant sur l'intérêt de raconter en classe à partir des Métamorphoses des histoires mythiques aux élèves, ou de leur en faire raconter eux-mêmes dans des ateliers de lecture ou de récit. Dans le domaine des mythes, il est important de s'attarder avec les élèves, et cela, quel que soit leur âge et leur niveau, sur la matière narrative, sur le fond des histoires racontées, avant d'en venir à l'explication et au commentaire. C'est souligner avec force le caractère foncièrement narratif des mythes et les possibilités d'implication personnelle qu'ils contiennent. Ovide ne dit pas autre chose quand il annonce son projet au début des Métamorphoses : "J'ai l'intention de raconter la mutation des formes en de nouveaux corps ; dieux, favorisez mon entreprise, car c'est vous-même qui avez opéré ces mutations et, depuis la plus lointaine origine du monde, conduisez mon poème sans l'interrompre, jusqu'à mon époque."9. Didactiquement, les histoires racontées par Ovide fournissent à l'enseignant un modèle de narration créative : il s'agit de travailler sur les structures narratives des différentes légendes, ainsi que sur leur enchaînement et les procédés de reformulation à base de périphrases, utilisés par le poète, comme dans la phrase énigmatique situant le royaume du géant Atlas, au livre IV : "l'extrémité de la Terre était soumise à ce roi, ainsi que la mer qui ouvre ses flots aux chevaux haletants du Soleil et qui accueille son char fatigué"10. On peut demander aux élèves de situer des lieux sur une carte, mais aussi d'imaginer d'autres fins ou d'autres possibles narratifs, par exemple, au livre III des Métamorphoses, pour l'histoire de Narcisse et Echo, ou celle de Diane et d'Actéon déchiré par ses chiens, ou bien encore d'imaginer qu'Orphée retourne aux Enfers et tienne un autre discours aux souverains infernaux pour se faire pardonner son erreur11. Un autre élément constitutif du récit mythique est l'unité du cadre spatio-temporel qui présente un espace circonscrit, à valeur symbolique. En effet, le paysage mythique peut être paradisiaque, comme les campagnes intactes et la terre généreuse dans le mythe de l'Âge d'or raconté par Ovide au livre I, ou comme le cadre idyllique de la "source limpide, aux eaux brillant de reflets argentés" où vient se reposer Narcisse. L'espace mythique peut à l'inverse représenter le domaine du mal, ou du moins du danger à affronter, comme le Labyrinthe où Thésée vainc le Minotaure, ou comme les Enfers, "lieux pleins de crainte, immense Chaos", d'où Orphée tente vainement de ramener Eurydice au livre X. Comme l'écrit Montaigne dans les Essais, "le premier goût que j'eus aux livres, il me vint des fables de la Métamorphose d'Ovide"12. Et avant tout autre projet pédagogique, c'est ce plaisir qu'il est important de faire partager aux élèves qui trouveront dans ces récits, du merveilleux, des aventures exaltantes et de touchantes ou cruelles histoires d'amour et de désir.

Étudier les Métamorphoses d'Ovide au lycée professionnel, une gageure ?

Rédigée entre 2 et 8 après J.-C., cette oeuvre du poète latin, Ovide, l'un des poèmes les plus longs de l'Antiquité, quinze livres, plus de douze mille vers, environ deux cent trente récits, a traversé le temps et continue à l'heure actuelle d'inspirer écrivains et artistes dans le monde entier13. Évidemment, travailler en classe une oeuvre d'une telle ampleur oblige à opérer des choix en sélectionnant quelques mythes représentatifs. Pour faciliter et rendre ludique cette étude, une modalité possible consiste à utiliser des exemples de transposition de ces récits en littérature de jeunesse. En effet, les maisons d'édition ne sont pas avares en matière de classiques adaptés pour la jeunesse. Ces ouvrages ont souvent pour but de séduire les jeunes lecteurs en leur proposant en textes et en images des récits susceptibles de marquer leur imagination, mais aussi de développer leur culture patrimoniale. En ce qui concerne les Métamorphoses, la plupart des adaptations proposent une anthologie des récits les plus célèbres d'Ovide, le plus généralement extraits des premiers livres traitant de la création du monde, des débuts de l'humanité et des temps légendaires. Les autres parties c'est-à-dire les temps homériques avec la guerre de Troie, les origines de Rome et enfin, l'époque contemporaine du poète (du meurtre de Jules César au règne d'Auguste) sont le plus souvent laissées de côté. Il est possible de recenser trois types d'adaptation des Métamorphoses en littérature de jeunesse. La réécriture simplifiée et adaptée aux jeunes lecteurs est le type d'adaptation le plus répandu, vient ensuite la traduction savante illustrée et, enfin, une troisième modalité consiste en une mise en abîme en texte et en image : un récit de mythe est pris en charge par un conteur, lui-même inscrit dans un récit premier.

La réécriture simplifiée et adaptée au jeune lecteur

Contes et légendes. Les Métamorphoses d'Ovide, Laurence Gillot, Nathan, 1999 ; 16 métamorphoses d'Ovide, Françoise Rachmuhl, Castor Poche, 2003.

L'intérêt est de faciliter l'abord de l'oeuvre, la faire découvrir, la faire apprécier, pour en permettre peut-être un jour la lecture sinon complète, du moins plus approfondie. Comme l'écrit F. Rachmuhl dans l'introduction de son travail : "Il s'agit d'une adaptation, non d'une traduction, l'expérience montrant qu'un texte trop fidèle, hérissés de mots compliqués, bardé de références mythologiques, semble incompréhensible aux jeunes lecteurs et les lasse vite [...]"14. Dans les deux exemples d'adaptation choisis, ont été sélectionnés des légendes et des héros significatifs suffisamment variés pour donner aux jeunes lecteurs un aperçu général de l'oeuvre dans son ensemble, aussi bien narratif que stylistique. Mais le texte d'Ovide est ici non seulement adapté, mais parfois tronqué, simplifié, différents épisodes ont été condensés. Malgré ces coupures et ces transformations, F. Rachmuhl souligne que son recueil des récits d'Ovide "voudrait donner à ceux qui le liront une idée juste d'un grand auteur latin, de la richesse de son oeuvre, de la beauté de son écriture et leur permettre de pénétrer, le temps de la lecture, dans le monde d'Ovide, à la fois réaliste et merveilleux."15. Ces intentions sont louables et il est vrai que l'oeuvre d'Ovide est très complexe, surtout pour de jeunes élèves et des lecteurs adolescents. Cependant, à trop simplifier, voire à édulcorer, ou à trop expliquer par des systèmes de notes, les textes risquent de perdre parfois de leur charme "exotique" et de leur intérêt.

La traduction illustrée : un exemple d'album

Les Métamorphoses d'Ovide, illustration Sara, traduction Georges Lafaye, Circonflexe, 2007.

Certains auteurs font le choix d'isoler un ou plusieurs épisodes de l'oeuvre d'Ovide et de les illustrer. En effet, ils reprennent une traduction savante du texte latin, ici dans l'exemple choisi, celle de Georges Lafaye dans l'édition des Belles Lettres16, et la mettent en images : la relation texte/image aide alors à la compréhension d'un texte difficile. Le texte reste ainsi au plus près de la version authentique et garde donc tout son intérêt littéraire. L'auteure Sara a fait ce choix : elle a extrait de l'oeuvre complète traduite quatre métamorphoses. Les récits étant ainsi isolés, le lecteur même non expert n'est pas perdu dans l'oeuvre immense d'Ovide et peut mieux en apprécier les qualités : "Ce livre propose au lecteur des images de métamorphoses. Écoutons les plaintes d'Actéon, d'Io, de Callisto et de Daphné. Observons les évolutions que subissent leurs corps"17, telle est l'injonction de la dessinatrice à ses lecteurs. On le voit, ce type d'adaptation fondé sur le dynamisme des images est particulièrement pertinent pour des métamorphoses physiques, métamorphoses plastiquement plus faciles à illustrer que les métamorphoses psychologiques. Même si ce type d'adaptation est conseillé par les éditeurs dès le plus jeune âge, présenter et faire travailler des élèves plus âgés sur cet album peut se révéler très fructueux.

La retranscription oralisée du mythe par un personnage contemporain du lecteur

Yvan Pommaux, Thésée. Comment naissent les légendes, L'École des loisirs, 2007 ; Orphée et la morsure du serpent, L'École des loisirs, 2009 ; Oedipe, l'enfant trouvé, L'École des loisirs, 2010.

Ancré dans le présent de l'auteur, donc plus ou moins contemporain du lecteur, un personnage raconte un mythe à un autre personnage. C'est donc un conte oralisé : à la manière d'un aède, le personnage conteur transmet le mythe à d'autres personnages et le transmet ainsi au lecteur. Ainsi s'effectue une mise en abîme du récit, l'histoire antique s'inscrivant dans une histoire contemporaine. Yvan Pommaux, auteur de littérature de jeunesse et de bandes dessinées, apparaît avec ses albums comme un spécialiste de ce type d'adaptation en récits enchâssés, respectant paradoxalement l'écriture d'Ovide et la structure des Métamorphoses. En effet, Ovide était avant tout un remarquable conteur, capable de prendre tous les tons, passant de l'épique au lyrique, d'interrompre un récit pour en conter un autre, d'établir des liens d'un conte à l'autre, grâce au rappel d'un épisode précédent ou à la présence d'un personnage déjà connu. Ainsi au livre X, c'est Orphée, avatar d'Ovide, qui prend en charge les histoires de Ganymède, d'Hyacinthe, de Pygmalion, de Myrrha, en ces termes : "Aujourd'hui il me faut une lyre plus légère pour chanter les jeunes garçons que les dieux ont aimés, et les jeunes filles, rendues folles par une passion interdite [...]"18. Dans Comment naissent les légendes, Yvan Pommaux s'interroge sur la légitimité des réécritures des récits mythiques qu'il propose, mais c'est pour mieux s'inscrire dans une lignée de conteurs : "Donner une nouvelle mais énième version de celui dont on parle ici, se justifiait-il ? Je crois que oui... dans le plus grand respect de l'original, bien sûr : ne pas ajouter de fioritures, ne pas improviser, restituer les passages souvent édulcorés, se comporter, au fond, comme un aède, humble transmetteur, chaînon d'une très longue chaîne"19. Ces albums d'Yvan Pommaux peuvent au demeurant s'avérer complexes, précisément à cause de la structure en abîme, mais c'est cette dimension qui fait leur richesse et leur intérêt. En effet, l'élève lecteur peut se projeter et s'impliquer plus facilement dans le récit en passant de la vie réelle à la vie imaginaire par la médiation d'une narration mise en scène. Il peut ainsi s'habituer à ce type de lecture à travers un seul récit mythique et ensuite être capable de mieux lire d'autres extraits des Métamorphoses, plus développés qu'un récit isolé du contexte qui l'entoure.

Au-delà du plaisir, des raisons pédagogiques d'étudier les Métamorphoses

L'étude des Métamorphoses d'Ovide à travers ces actualisations particulières (adaptation, illustration et transcription orale) est susceptible d'amener les élèves à acquérir un vocabulaire précis, à développer leur culture dans plusieurs directions, littéraire, artistique, mais aussi historique et géographique, et donc à travailler l'interdisciplinarité, à accroître leur capacité d'imagination, à faire des liens entre différents textes d'hier et d'aujourd'hui, enfin à se construire en réfléchissant sur le monde, sur les autres et sur soi. La culture humaniste ainsi dispensée les aide à cultiver une attitude de curiosité et à développer la conscience que les expériences humaines ont une dimension universelle. En effet, l'oeuvre d'Ovide permet de manière exemplaire d'acquérir des références culturelles communes qui facilitent la compréhension et l'échange entre des sujets lecteurs. Mais il est important, pour ce faire, de mettre en place des dispositifs didactiques innovants.

L'acquisition du lexique, le développement du langage

Parmi les difficultés souvent soulignées dans l'étude des Métamorphoses, les plus vivement avancées sont la distance culturelle et le lexique. Pourtant, ce sont précisément les intérêts didactiques majeurs d'une telle oeuvre. En effet, être fréquemment et tout au long de la scolarité confrontés à des textes complexes, utilisant parfois un vocabulaire difficile, permet aux élèves d'apprendre à surmonter les obstacles, à utiliser des stratégies de lecture-compréhension efficaces. Il est important qu'ils sachent saisir le sens d'un mot en contexte pour éviter une lecture faite d'arrêts et de blocages dus à la présence d'un terme difficile ou inconnu. Comme le souligne Catherine Tauveron dans Lire la littérature à l'école, ouvrage certes consacré aux apprentissages dans le premier cycle mais qui apporte des éléments de réflexion pour les autres niveaux d'enseignement :

"Les pratiques habituelles ont pour volonté de simplifier la situation d'apprentissage, par exemple en sélectionnant des supports simples, en élucidant le vocabulaire difficile, en recourant à des questionnaires [...]. Notre démarche, à l'inverse, postule qu'il est possible et nécessaire d'apprendre à comprendre et qu'on ne peut apprendre à comprendre que sur des textes qui posent des problèmes de compréhension ou d'interprétation. Elle met donc au centre la difficulté avec pour seul objectif d'apprendre à la surmonter."20

Dans cette perspective, les échanges oraux et les débats interprétatifs fournissent un dispositif pédagogique innovant. C'est par ce type de dispositif et par le choix d'oeuvre comme les Métamorphoses que le langage se développe et se diversifie. Les élèves acquièrent un vocabulaire de plus en plus riche en étant régulièrement et de manière récurrente confrontés à des mots nouveaux et même étranges, représentatifs de situations culturelles nouvelles. Lire plusieurs fois un même texte, organiser sur ces lectures singulières des échanges oraux en classe traitant différents points de compréhension et d'interprétation, faire alterner recherche personnelle et mise en commun, de telles activités permettent à l'élève de s'approprier progressivement la langue du double point de vue du lexique et de la syntaxe (même si ces éléments passent au filtre d'une traduction). Remarquons qu'une telle démarche peut allier apprentissage lexical et plaisir de la lecture : par exemple, le texte relatant la métamorphose de la statue sculptée par Pygmalion en jeune fille vivante, outre qu'il met l'accent par le biais de l'antonomase, sur le sens du nom commun "un pygmalion", est émaillé de termes à consonance grecque, quelque peu précieux, les Héliades évoquant la sécrétion de l'ambre, Sidon la teinture pourpre des étoffes, la cire de l'Hymette, la colline de l'Attique riche en abeilles, etc. qui, par leur aura poétique et exotique, peuvent susciter la rêverie21.

Mais c'est le travail que le professeur peut organiser autour de l'album, Les Métamorphosesd'Ovide de Sara, qui apparaît comme une piste pédagogique particulièrement intéressante : il s'agit de mettre en relief la notion même de métamorphose comme passage d'un état à un autre et comme résultat de la transformation à travers les histoires de Daphné transformée en laurier, d'Io en vache, de Callisto en ourse et d'Actéon en cerf. Afin de permettre la réflexion sur les mutations physiques, il est pertinent de construire des séquences dans lesquelles le mime et la mise en scène corporelle, en parallèle à l'étude de l'album, prennent une place importante. En effet, pour comprendre ce processus complexe, les élèves ont besoin de vivre la métamorphose avec leur propre corps : comment rendre, par exemple dans la métamorphose de Daphné, le passage quasi instantané du mouvement de la course de la jeune fille à l'immobilité de l'arbre ? Cette démarche pédagogique permet en outre une compréhension plus fine de la trame de l'histoire, au moins dans sa globalité, alors que les tournures de phrases sont peu habituelles, la traduction cherchant à rendre compte du tissage lexical dans le texte latin entre la forme gracile et dynamique de la jeune fille et l'inertie du laurier :

"À peine sa prière achevée, une lourde torpeur envahit ses membres ; sa tendre poitrine est entourée d'une mince écorce ; ses cheveux poussent et deviennent feuillage, ses bras, des rameaux ; ses pieds tantôt si rapides se figent en racines inertes ; sa tête porte une cime d'arbre ; son éclat seul lui reste."22

Développement de la "concrétisation imageante" et histoire des arts

Dans ce contexte de perception physique permettant de faciliter la compréhension de textes complexes à la fois sur le fond et sur la forme, l'activité de lecture quant à elle apparaît fortement liée à ce que le philosophe Paul Ricoeur appelle la "concrétisation imageante" et qu'il définit comme les images produites par le lecteur en complément de l'oeuvre (paysage, traits physiques et psychologiques des personnages, topographie des lieux, couleurs dominantes, etc.). Paul Ricoeur s'interroge ainsi sur l'aspect inachevé de tout texte littéraire :

"[...] inachevé une première fois en ce sens qu'il offre différentes vues schématiques que le lecteur est appelé à concrétiser ; par ce terme, il faut entendre l'activité imageante par laquelle le lecteur s'emploie à se figurer les personnages et les événements rapportés par le texte ; c'est par rapport à cette concrétisation imageante que l'oeuvre présente des lacunes, des lieux d'indétermination."23

La concrétisation imageante permet donc d'identifier les espaces d'initiative du lecteur laissés par l'oeuvre, de percevoir des modalités de stimulation de son imagerie mentale, les catalyseurs de son imaginaire. Cette capacité à créer des images à partir de mots est une dimension essentielle de la lecture : elle met de fait l'imagination au service de la compréhension du texte, mais également au service des apprentissages. La lecture à voix haute de textes mythologiques et les échanges autour de cette lecture amènent à travailler cette capacité de fabrication des images. Les Métamorphoses sont une oeuvre particulièrement intéressante à étudier dans cette perspective. En effet, la notion même de métamorphose, qu'elle soit physique ou psychologique, est propice au développement de l'imaginaire et de la concrétisation imageante, d'autant plus évidemment lorsque l'oeuvre d'Ovide est adaptée de façon pertinente dans les albums et la littérature de jeunesse : grâce au choix des textes, mais aussi aux illustrations qui gardent leur aura de mystère, les élèves peuvent plus facilement mettre en route leur propre capacité imageante. Ainsi en faisant analyser Les Métamorphoses d'Ovide de Sara, le professeur peut amener les élèves à se demander quels choix l'illustratrice a opérés pour représenter les personnages. Pour la métamorphose de Daphné, comme dans le texte source, elle a en fait choisi de ne pas le faire à la manière d'un portrait : elle a d'une part retranscrit la puissance du dieu Phébus par une taille disproportionnée, ce qui lui a aussi permis d'éviter de représenter son visage ; d'autre part, elle a représenté Daphné de la façon la plus épurée possible, en blanc avec des contours noirs et donc sans autres couleurs distinctives, afin de mettre plus en relief le processus de la métamorphose que le personnage lui-même. Dans l'histoire de Callisto, les interrogations portant sur la présence énigmatique d'un pied et d'une main rouges surdimensionnés, emblématiques de la puissance et de la passion de Jupiter, loin d'affecter la capacité imageante des élèves, semblent bien au contraire la développer. Car l'intérêt de l'album est aussi que les illustrations représentent l'imaginaire d'un lecteur auteur. Les élèves peuvent dès lors comprendre qu'existent plusieurs représentations possibles d'un même personnage, que l'illustratrice fait un choix de lecteur et que dans cette histoire, le plus important est bien la métamorphose. Pour approfondir ce point, il serait intéressant d'introduire l'étude de la célèbre sculpture du Bernin, Apollon et Daphné, que l'on peut voir à la Villa Borghèse à Rome, cette statue posant le problème déjà évoqué de la représentation d'un processus dynamique comme celui de la métamorphose. Il serait fructueux d'étudier comment la statue formée de deux corps forcément immobiles, mais sculptés dans des volutes dynamiques, peut s'analyser comme l'abrégé et l'emblème d'un récit mythique particulièrement mouvementé. Enfin, l'illustratrice Sara suggère elle-même d'accompagner la lecture de son album de l'écoute d'Actéon, l'opéra de Marc-Antoine Charpentier (1684), voire d'en lire le livret et de regarder des extraits d'un concert enregistré dirigé par William Christie (http://universdesara.org).

La construction de soi à travers une réflexion sur le monde

Les Métamorphoses, en tant que réservoir de mythes inquiétants, prennent en compte nos peurs et nos inquiétudes. En effet, cette oeuvre traite d'événements qui correspondent à nos questionnements à la fois les plus intimes et les plus généraux (recherche des origines, devenir et aspirations de l'homme, interprétation de faits naturels, amour et mort, éphémère de l'existence). Comme l'écrit F. Rachmuhl, "Ovide connaît aussi le coeur humain dans toute sa complexité. Ses héros sont en proie au doute, au regret, à la passion, à la folie. L'écrivain nous livre leurs monologues intérieurs, nous les montre pesant le pour et le contre avant d'agir et nous fait partager ainsi leurs émotions et leurs sentiments."24. Ainsi, ces légendes permettent aux élèves (comme d'ailleurs aux enseignants) de s'interroger, peut-être de répondre à des questions existentielles sur le sens de la vie. Plus particulièrement, les enfants et les adolescents peuvent donc se construire à travers des récits qui les aident à prendre conscience de leurs inquiétudes et à les formuler : on a souvent noté que "comme les contes de fées, les mythes abordent nos mystères comportementaux, relationnels, fouillent nos inconscients, nos zones les plus troubles. À la différence des contes, ils ne finissent pas toujours bien, mais leur résonance avec le monde actuel est plus forte."25. Je prendrai comme exemple la lecture suivie de l'album d'Yvan Pommaux, Orphée et la morsure du serpent. Il est primordial, à travers des questionnaires bien construits, des discussions et des débats interprétatifs bien menés, de permettre aux élèves de prendre la mesure de ce mythe (les personnages, leur rôle, la trame de l'histoire, éventuellement sa postérité), mais aussi d'accéder à une compréhension de plus en plus fine et d'oser des interprétations en passant le texte au filtre de sa subjectivité. La lecture de cet album peut être abordée après un travail sur la mythologie ou bien constituer la première étape d'une lecture en réseau thématique des Métamorphoses d'Ovide, Orphée y tenant un rôle fondamental comme représentant du "pouvoir insigne", selon l'expression d'Apollinaire, de la création poétique26. L'album présente les personnages clés du mythe et rend explicites dans une mise en situation contemporaine les épisodes représentatifs, le mariage heureux interrompu par la morsure du serpent, la mortelle passion d'Aristée pour Eurydice, la descente aux Enfers, l'échec et la mort d'Orphée, enfin la dérive de sa tête jusqu'à l'île de Lesbos. Cette reprise précise d'un récit antique en texte et en images peut donner l'envie aux élèves de faire des recherches sur les diverses références et de lire d'autres histoires sur la thématique de l'amour et de la mort transcendée par l'art. En outre, la structure en abîme de ces récits est une caractéristique stylistique de l'oeuvre d'Ovide que reprend Yvan Pommaux, un récit en appelant un autre dans un continuum narratif. À la suite et/ou en parallèle de ce travail sur la compréhension et l'interprétation du mythe d'Orphée vu par le conteur illustrateur, le professeur peut mener un projet de mise en voix et de mise en scène du texte d'Ovide : écrire des dialogues, prévoir une voix off/un aède, travailler l'intonation possible des différents personnages avec support écrit, puis imaginer un décor, des costumes, les déplacements des personnages sur la scène, éventuellement la musique, autant d'activités qui rendent la lecture productive et capable de susciter l'intérêt des élèves. Yvan Pommaux suggère d'ailleurs dans son album une comparaison entre la gloire d'Orphée et celle des pop stars modernes. Selon le niveau de classe, on peut aussi comparer différentes versions du mythe d'Orphée (celle de Virgile en particulier, au chant IV des Géorgiques). De nombreux liens interdisciplinaires sont là encore possibles, en histoire des arts avec l'étude de différentes oeuvres artistiques reprenant le mythe d'Orphée27.

Pour conclure, métamorphose et écologie

Au-delà des réflexions personnelles et des apprentissages collectifs que l'on peut faire à partir des histoires et des personnages mythiques présents dans l'oeuvre d'Ovide, le thème même de la métamorphose ouvre les perspectives d'une vision du monde particulièrement riche et originale, en phase avec des préoccupations contemporaines. Que disent en effet les Métamorphoses, sinon que nous vivons dans un monde instable, soumis aux variations et aux changements ? Ces récits qui pouvaient n'apparaître que comme d'aimables contes sont en passe de devenir, avec les expériences d'animaux clonés et surtout la manipulation de l'ADN humain, des réalités. Cependant, malgré les angoisses sur l'avenir que peut susciter le génie génétique, la métamorphose chez Ovide repose paradoxalement sur un principe de conservation, elle ne relève pas de l'arbitraire, mais plutôt de l'analogie physique ou morale : ainsi au livre VI, Arachné, l'imprudente fileuse, devient-elle ce à quoi son nom la destinait, une araignée tissant sa toile (en grec, arachné est un nom commun), et les paysans lyciens refusant l'accès à l'eau de Latone et ses enfants nouveau-nés, Apollon et Diane, se voient transformés en grenouilles28, la métamorphose révélant ainsi leur inhumaine cruauté. En fait, le principe même de la métamorphose - qu'elle soit atroce comme celle d'Arachné ou bénéfique comme celle de Philémon et Baucis, couple de vieillards remarquables par leur hospitalité devenus pour l'éternité "chêne tout proche d'un tilleul"29 - met en valeur ce qu'Italo Calvino appelle "la contiguïté universelle"30, l'idée écologique, très contemporaine, d'une solidarité intégrale dans la nature, entre les hommes et les éléments, terre, mer, ciel, entre les hommes et les animaux.


(1) C'est le titre de l'ouvrage de G. Durand, publié chez Dunod en 1969.

(2) Sur ces points, voir M.-J. Fourtanier, Les Mythes dans l'enseignement du français, "parcours didactiques", Bertrand-Lacoste, 1999.

(3) Ovide, Métamorphoses, X, traduction M.-J. Fourtanier, "Classiques BL", Bertrand-Lacoste, 1997, p. 27.

(4) Voir P. Brunel, Le Mythe de la métamorphose, Armand Colin, 1974 (reéd. "Les Massicotés", José Corti, 2004).

(5) Voici, par exemple, le premier quatrain d'un sonnet de P. Desportes (1546-1606) :
"Icare est chu ici, le jeune audacieux,
Qui pour voler au Ciel eut assez de courage :
Ici tomba son corps degarni de plumage,
Laissant tous braves coeurs de sa chute envieux".

(6) Baudelaire, "Les plaintes d'un Icare", dans Les Fleurs de Mal, CLXVII, 3e édition, 1868.

(7) Odyssée, I, v. 337-338 (traduction M.-J. Fourtanier) :
Φήμιε, πολλὰ γὰρ ἄλλα βροτῶν θελκτήρια οἶδας
ἔργ’ ἀνδρῶν τε θεῶν τε, τά τε κλείουσιν ἀοιδοί.

(8) Dans l'essai intitulé "Cybernétique et fantasmes ou de la littérature comme processus combinatoire", p. 11.

(9) Traduction M.-J. Fourtanier.

(10) Ibid.

(11) Voir Ovide, Métamorphoses, traduction et commentaire des livres X, XI, XII, M.-J. Fourtanier, Petits classiques Larousse, 2005, p. 98-103.

(12) Montaigne, Essais, I, 26, "Bibliothèque de la Pléiade", Gallimard, 2007, p. 211.

(13) On peut citer entre maints exemples Orphée du poète hongrois Sandor Weöres (1955), Opium pour Ovide d'Yoko Tawada (Verdier, 2002), ou encore, Orfeu da conceição, la "tragédie carioca" de Vinicius de Moraes (1956).

(14) F. Rachmuhl, 16 métamorphoses d'Ovide, Castor Poche, 2003, introduction.

(15) Ovide, Les Métamorphoses, texte établi et traduit par Georges Lafaye, 3 tomes, "Universités de France", Les Belles Lettres, 1925-1930.

(16) Ibid.

(17) Les Métamorphoses d'Ovide, illustration Sara, traduction Georges Lafaye, Circonflexe, 2007, introduction.

(18) Ovide, Métamorphoses, traduction M.-J. Fourtanier, op. cit., p. 110.

(19) Y. Pommaux, Thésée. Comment naissent les légendes, L'École des loisirs, 2007, introduction.

(20) C. Tauveron, Lire la littérature à l'école. Pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique ?, Hatier, 2002.

(21) Pour une étude plus précise du mythe de Pygmalion, voir M.-J. Fourtanier, Ovide. Métamorphoses, extraits, "Parcours langues anciennes", Bertrand-Lacoste, 1995, p. 96-107.

(22) Traduction M.-J. Fourtanier.

(23) P. Ricoeur, Temps et récit, 3. Le temps raconté, "Points essais", Seuil, 1985, p. 305.

(24) F. Rachmuhl, 16 métamorphoses d'Ovide, op. cit., introduction.

(25) Y. Pommaux, Thésée. Comment naissent les légendes, op. cit., introduction.

(26) Guillaume Apollinaire, "Orphée", dans Le Bestiaire ou cortège d'Orphée, "Poésie", Gallimard, 1920, p. 145.

(27) On peut utiliser pour ce faire des ouvrages didactiques tels que Les Textes fondateurs par les images de Daniel Salles (Bordas, 2001), Les Mythes racontés par les peintres de Marie Bertherat (Bayard Jeunesse, 2000).

(28) Louis XIV, le Roi-soleil qui se comparait volontiers à Apollon-Phébus, fils de Latone et de Jupiter, fit construire, juste à l'entrée des jardins de Versailles, le bassin de Latone. Il s'agit d'une grande fontaine sculptée qui représente le moment précis où les Lyciens se transforment en grenouilles : on peut ainsi voir les diverses étapes de la mutation de l'être humain en animal.

(29) Traduction M.-J. Fourtanier.

(30) I. Calvino, "La contiguïté universelle", dans La Machine Littérature, Seuil, 1999, p. 124.

Lire au lycée professionnel, n°68 (06/2012)

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