Dossier : Récits de filiation et récits de vie

Les enfants écrivains : un concept éditorial ou une voix qui s'impose ?

Nasim Vahabi-Fatemi, Université du Maine (Le Mans, 72)

À la suite des expériences scientifiques et sociales, des nouvelles méthodes d'éducation, et des développements en psychologie de l'enfant basés sur l'idée qu'il faut dire et faire dire les expériences traumatisantes (comme celles de la guerre), le XXe siècle porte un regard nouveau sur l'enfant.

Par ailleurs, comme les guerres affectent aussi bien les adultes que les enfants, le besoin de témoigner et de raconter son vécu se manifeste autant chez les uns que chez les autres. Pour qui a vécu une expérience aussi difficile que la guerre, l'écriture, comme l'affirme Michel Foucault, "pallie les dangers de la solitude" et "joue le rôle d'un compagnon"1. Cela explique le fait qu'il existe aussi des témoignages écrits par des enfants sur l'enfance qu'ils sont en train de vivre. C'est peut-être pour cette raison que la première génération des récits écrits par les enfants2 (et publiés pendant que leur auteur est toujours un enfant ou un adolescent), consiste aux témoignages des enfants qui ont vécu une guerre.

Première génération des enfants écrivains

Le Journal d'Anne Frank est le premier ouvrage de cette première génération des enfants écrivains, publié en 1946, dont l'immense succès qu'ont rencontré les quelques 55 traductions publiées à ce jour ne saurait occulter les débuts difficiles. Sa traduction française, publiée plusieurs fois, et vendue en version poche, dépasse à elle seule les 3 millions d'exemplaires en France. Quant au Journal de Zlata, le journal d'une jeune fille bosniaque écrit pendant la guerre dans son pays et publié en France en 1994, près de 80 000 exemplaires ont été vendus en moins de deux ans. Dans le cas de ce dernier ouvrage, les circonstances extérieures au texte, et particulièrement la guerre en Bosnie qui se déroulait en parallèle et qui avait rempli les pages d'actualité des médias internationaux, ont contribué à accroître l'intérêt pour ce livre. De plus, ce journal a souvent été comparé à celui d'Anne Frank. Son premier éditeur, Bernard Fixot, note dans sa préface du Journal de Zlata, qu'Anne Frank était le "modèle" de la jeune fille dans l'écriture de son "récit quotidien". Mais l'importance du Journal de Zlata n'est pas uniquement liée à sa ressemblance avec le récit d'Anne Frank. Le fait que ce soit une enfant d'aujourd'hui qui raconte, en pleine guerre, son enfance qui bascule, et que la guerre en question se soit poursuivie même après la publication du livre rend cet ouvrage remarquable ; surtout que l'auteur a été reconnu et sauvé grâce à son journal. La fin heureuse de l'histoire de Zlata met l'accent sur l'importance de la complicité entre l'enfant qui écrit et l'adulte qui le publie. De ce point de vue, le Journal de Zlata marque l'histoire de la publication des écrits d'enfants. Car l'écriture, la publication et la réception se succèdent selon une cadence harmonieuse : le journal de Zlata Filipovic jouit, dès sa publication en 1993 en France, d'une réception flatteuse, puis est traduit en plusieurs langues.

La nouvelle génération et les nouvelles expériences

La fin du XXe siècle est marquée par une voie qui se cherche dans différents pays et qui veut rendre à l'enfant sa parole perdue en l'amenant à dire ses désirs et ses drames. Mais les adultes qui s'y engagent doivent alors accepter de rencontrer en l'enfant à la fois ce qui fait l'homme et ce qui le défait.

Aujourd'hui, les enfants représentent non seulement une nouvelle classe de clientèle, mais aussi un nouvel horizon pour les producteurs de produits culturels. Les très jeunes acteurs, chanteurs ou écrivains semblent plus rentables. En effet, il existe une politique éditoriale chez certains éditeurs qui vise une rentabilité immédiate par le biais de la publication et la médiatisation des écrivains inclassables, comme les jeunes. Cela mérite une analyse plus approfondie, et notre article ne cherche pas à étudier l'aspect commercial de ces tendances éditoriales. Mais, nous tenterons de présenter juste un aperçu de la publication dont l'auteur est bien jeune.

Témoignages

Désormais les enfants écrivains se représentent aussi par ceux dont le sujet des livres ne se limite pas à la guerre et au conflit. Pourtant un bref regard sur ces ouvrages fait remarquer que, même pour ceux qui sont épargnés par la guerre, ce qui fait écrire les enfants est souvent une expérience difficile, la forme la plus répandue étant le témoignage. Nous pouvons citer comme un premier exemple Le Pavillon des enfants fous, publié pour la première fois en 1978, qui décrit comment une jeune fille a été internée à 13 ans au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien, et qui raconte aussi l'histoire de sa guérison. Valérie Valère (1961-1982) rédige à 15 ans un témoignage déchirant sur le drame de l'anorexie vu de l'intérieur. Son livre devient l'une des meilleures ventes de l'époque, traduit en plusieurs langues, le livre a été réédité en France à plusieurs reprises et dans plusieurs collections.

De ce cette manière, il existe aussi un certain nombre de témoignages écrits par des enfants ou des adolescents, publiés dans les années 1970, qui sont souvent réédités et reparaissent parfois avec un paratexte éditorial adapté au goût des jeunes ou avec un "relookage" destiné à mieux communiquer avec la nouvelle génération de lecteurs. C'est le cas de Go Ask Alice, connu en France sous le titre L'Herbe bleue, le journal intime d'une jeune droguée de 15 ans, ou d'un ouvrage (traduit de l'allemand) intitulé Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée..., qui raconte la vie d'une jeune fille qui se prostitue à la sortie de l'école pour gagner de quoi payer sa dose quotidienne d'héroïne.

L'exemple qui répond le mieux aux besoins et tendances de notre époque, dont Internet représente l'un des acteurs déterminants, est l'opération "Appel à témoignages" lancée le 4 avril 2006 en partenariat avec MSN. Cette action a été lancée par Nikos Aliagas, animateur à TF1, et Jacqueline de Romilly, spécialiste de la civilisation et de la langue de la Grèce antique et membre de l'Académie française, qui ont invité des jeunes "de 13 à 15 ans à témoigner, par écrit, d'actes de solidarité réalisés par d'autres jeunes qu'ils connaissent. Des actions simples, synonymes de grande gentillesse, qui les ont marqués et qu'ils vont nous faire partager. Ces témoignages de solidarité avivent leur sens civique, leur permettent de cultiver la confiance en eux et montrent qu'ils sont une génération en marche"3.

Les détails du projet, la création du logo, l'arrivée de nouveaux partenaires (LCI, la Croix-Rouge française, la Fondation Solidarité SNCF, le Secours Catholique, l'UNASEA...), les conditions de participation au projet, et le fait que les récits les plus originaux aient été publiés sur le blog et que les dix meilleures histoires aient reçu un prix (comme du voyage, du matériel informatique, des logiciels culturels...) remis en octobre 2006 à Paris ont été, au fur et à mesure, indiqués sur le site d'"Appel à témoignages".

En effet, avec le changement de regard sur l'enfance et l'adolescence, l'évolution du rôle des médias, les progrès de la communication et les nouvelles tendances éditoriales, nous remarquons que la publication des ouvrages écrits par les enfants et les adolescents ne se limite plus à leurs témoignages. Nous élaborons notre observation sur quelques exemples français, dont les auteurs ont un âge moyen (au moment de la publication de leur roman) de 13 ans ; un corpus qui reste cependant limité dans le sens où il relève d'un échantillon de ce qui est produit chaque année dans les différents pays, dont la France.

Romans

Notre premier exemple représente l'univers complètement fictionnel de Flavia Bujor, qui a publié son premier roman en 2002 à l'âge de 13 ans. La Prophétie des pierres, publié par les Éditions Anne Carrière, raconte l'histoire de trois jeunes filles (Jade, Ambre et Opale) qui découvrent, le jour de leur quatorzième anniversaire, qu'elles ont été adoptées. L'écho d'une ancienne prophétie les oblige à quitter leur famille. Chacune étant munie d'une pierre (en rapport avec son nom), elles doivent affronter de nombreux ennemis pour sauver une province enchantée et accomplir leur mission dans un lointain royaume. Leur chemin rencontre, parallèlement à l'histoire, celui d'une jeune fille parisienne hospitalisée. L'éditeur précise sur la quatrième de couverture que les deux livres cultes de l'auteur sont Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien et L'Histoire sans fin de Michael Ende, ce qui souligne l'influence de l'univers fantastique de ces deux auteurs sur l'imagination de Flavia Bujor.

Dès sa parution, ce roman, ou plutôt son auteur, étonne la presse française, à tel point que Courrier International, hebdomadaire d'actualité internationale, publie, dans sa rubrique "personnalités de demain", un article dédié à Flavia Bujor. Plus de vingt éditeurs dans le monde ont acheté les droits de traduction de ce livre, qui existe actuellement par exemple en allemand, en anglais et en espagnol. Le succès surprend Flavia Bujor, qui voulait d'abord écrire quelques chapitres et les faire lire à sa famille et à ses amis pour voir si cela leur plaisait, et elle se dit qu'elle devrait poursuivre. Depuis, le roman s'est vendu à 20 000 exemplaires en France et en Italie, et plus de 30 000 en Allemagne. Aux États-Unis, le premier tirage a été de 65 000 exemplaires.

Bien que la version originale du roman ait été publiée dans une collection qui n'est pas réservée aux adolescents, la plupart des critiques soulignent l'âge de l'auteur en le mettant en avant comme un atout. De ce point de vue, aucun critique ne remet en question les qualités textuelles ou les points faibles du livre. En effet, La Prophétie des pierres est un roman initiatique dont la structure est bien agencée et dont l'histoire avance d'une manière bien rythmée. Cependant, l'écriture révèle l'âge de l'auteur. Il faut tout de même noter un manque de maturité, notamment dans le traitement des sentiments et de l'évolution des relations entre les personnages, qui est d'ailleurs lié à son expérience limitée du monde. Cela peut donc constituer une des caractéristiques des récits fictionnels écrits par les enfants : un agencement de l'histoire (réaliste ou imaginaire) souvent réussi, une élaboration immature des personnages, et une écriture superficielle qui vacille entre un style simple mais structuré et une naïveté liée à l'âge et aux connaissances de l'auteur.

Contrairement à l'univers fictif de l'exemple précédent, le monde d'Ariane Fornia est moins imaginaire, et ses romans restent tout à fait réalistes. Née en 1989, elle publie son premier roman, Dieu est une femme : l'année de mes quatorze ans, en 2004, et, en 2005, un roman écrit à quatre mains avec sa mère, La Déliaison, dans lequel elles racontent leur relation, le lent désamour qui s'installe entre elles et l'impossible dialogue des générations.

Son dernier roman, intitulé Dernière morsure (publié en 2007), décrit avec humour la période de l'adolescence, dont elle est à peine sortie. Dans une première partie, sous forme d'abécédaire, Ariane Fornia nous initie, dans une succession de courts tableaux acides et drôles, à sa tribu, ses moeurs et ses contradictions. Dans une seconde partie, plus personnelle et sensible, elle raconte les études, les rites de passage, les histoires d'amour, les interrogations existentielles, le rapport au livre, les adultes...

À l'occasion de la sortie de son dernier roman, Libération a publié un court article qui la présente ainsi :

Ariane Fornia, 17 ans, étudiante et romancière. "Fille de" très particulière, la précoce enfant, auteur de brûlots ados, la fille du secrétaire d'État transfuge Éric Besson vient à la rescousse de son père, qui n'en revient pas4.

Nous tenons à souligner l'avantage d'être "fils/fille de" pour mieux être écouté et soutenu par la presse. Autrement dit, on se demande si Ariane Fornia n'était pas la fille d'Éric Besson (ancien député socialiste et actuel ministre dans le gouvernement Fillon), aurait-elle été invitée à l'émission de Franz-Olivier Giesbert sur France 5, ou à celle de Laurent Ruquier sur France 2 ? En effet, bien que le dossier de presse d'Ariane Fornia comporte une huitaine d'articles publiés dans la presse ou quelques présentations télévisées, presque aucun d'entre eux ne s'intéresse au contenu de ses livres, à leurs éventuelles qualités littéraires, à la structure du récit ni à la dimension sociale de la vie des jeunes parisiennes qu'elle illustre dans ses livres. Tous se contentent de la mise en avant de l'identité de l'auteur qui est liée à une actualité politique.

De ce point de vue, le roman de Flavia Bujor se vendait autant pour la force de l'histoire que par le fait d'avoir été écrit par une jeune fille de 13 ans (au moment de sa publication).

Mais cinq ans après la première édition de La Prophétie des pierres, l'âge de l'auteur est un élément qui ne compte plus autant. Si le livre existe toujours dans les librairies, c'est parce que son contenu intéresse les lecteurs qui peuvent ignorer certains défauts textuels ou structuraux du roman et prennent plaisir à son aspect fantastique. En d'autres termes, c'est le livre qui s'impose, indépendamment de son auteur, et défend sa vie de livre dans les librairies.

Recueil de nouvelles

On voit de plus en plus d'ouvrages publiés dans le but de créer une démarche pédagogique qui, en mettant l'accent sur la qualité de l'écriture des enfants, propose une production portant un message éducatif.

La publication d'un ouvrage collectif intitulé Les Dix Parues de la Saint-Patrick5 en est un exemple. Cet ouvrage en deux tomes contient les nouvelles policières imaginées par des élèves de 3e de découverte professionnelle6 à l'occasion d'un grand concours proposé à leurs établissements et à leurs professeurs.

Il s'agit d'un ouvrage dans lequel on peut trouver quelques bonnes nouvelles qui montrent le talent et la capacité d'imagination de leurs auteurs, mais la présentation du livre et les informations paratextuelles, par exemple "Écrit par les élèves de 3e DP", où le mot "élèves" connote l'aspect pédagogique du livre, et le nom de la collection ("Écrire pour partager et être lu"), évoquent l'intention expérimentale de l'éditeur. Pourtant, d'après notre observation dans quelques librairies parisiennes, la vente de cet ouvrage depuis sa parution, était décevante. Et c'est, à notre avis, le point sensible des livres qui recueillent des récits d'enfants, car l'accent mis sur le but pédagogique crée un cadre autour de l'ouvrage et le limite à certains milieux éducatifs et à un public particulier. Nous avons constaté que généralement lorsque l'ouvrage se libère de cet aspect proprement éducatif et expérimental, il peut élargir son public, et éventuellement se donner la chance d'être remarqué par la presse, les libraires et par conséquent le public.

Ce qui est le cas de l'ouvrage intitulé Pour Clara, un autre recueil de nouvelles d'adolescents, que l'éditeur présente ainsi :

Créé en mémoire de Clara, décédée subitement à l'âge de 13 ans des suites d'une malformation cardiaque, le prix Clara s'adresse aux écrivains en herbe de moins de 17 ans. Plus de 600 adolescents ont participé à cette première édition du concours. Les six textes couronnés constituent le présent recueil. Noémie Eloy, Maud Lecacheur, Hermine Lefebvre de Martens, Ludivine Manric, Amandine Pohu, Paola Termine, six auteurs pour autant d'horizons, d'atmosphères - des vampires aux pirates, du suicide au meurtre -, qui dessinent les contours d'une génération parfois torturée mais aussi porteuse de rêve et éprise d'ailleurs. Le jury 2007, présidé par Érik Orsenna, est composé de onze personnalités du monde des lettres et de l'édition, et de quatre adolescents. Les bénéfices de la vente de ce livre seront versés à l'association pour la recherche en cardiologie de l'hôpital Necker-Enfants malades.

Bien que ce projet propose une démarche pédagogique, l'intention des organisateurs du projet est consciemment masquée par une présentation subtile. La couverture révèle uniquement le titre et le contenu de l'ouvrage (Nouvelles d'ados) et ce n'est que sur la quatrième de couverture que l'on apprend la raison d'être de l'ouvrage. Ainsi le chroniqueur de la radio RTL le présente comme "La Nouvelle Star ou la Star'ac de la littérature", et, de son côté, Metro, le journal gratuit, publie des extraits des six nouvelles couronnées par le premier prix Clara.

Évidemment, bien que le livre ait été bien présenté et qu'il ait eu sa place dans les librairies et les bibliothèques municipales et publiques, nous n'avons trouvé aucun article qui dépasse la présentation du livre et qui aille au-delà de l'accent mis sur l'intention des organisateurs du projet et s'intéresse aux textes de ces deux ouvrages référencés en tant que livres destinés à la jeunesse.

Comme le mot de fin, nous ferons une remarque sur la continuité de l'écriture chez ces jeunes écrivains. Car, si tous les enfants qui ont écrit sur la guerre ne sont pas devenus des écrivains, tous les enfants de la nouvelle génération d'écrivains ne continuent pas non plus systématiquement à écrire. Cependant, certains poursuivent la pratique de l'écriture tout en grandissant. Par exemple, Flavia Bujor, entame l'écriture de son deuxième livre, qui sera la suite du premier, et Ariane Fornia vient de publier son troisième roman. Ces jeunes filles ne sont plus les enfants d'hier dont le premier roman marquait le marché du livre en raison de l'âge du romancier. Leur deuxième ou troisième ouvrage ne figure pas dans la catégorie des livres écrits par les enfants ou les adolescents. Mais elles font partie d'une nouvelle génération d'enfants pour qui l'écriture se présente comme un outil important pour s'exprimer et se faire entendre.

Et en guise de conclusion, des questions se posent

Est-ce la demande et la curiosité de la part du jeune public pour connaître les paroles de sa génération qui ont provoqué la multiplication de ce genre de récits, ou est-ce plutôt la diversité de l'offre qui a attiré l'attention des professeurs, des bibliothécaires et des libraires, qui ont proposé aux jeunes la lecture de ces récits ? Est-ce que ce sont les jeunes écrivains qui insistent pour se faire entendre ou est-ce la société qui décide de les prendre au sérieux ? Quel facteur peut expliquer cet essor des ouvrages écrits par les enfants ? Les intérêts commerciaux, les raisons pédagogiques ou les vertus sociales ? Peut-on dire que c'est la société moderne, dans laquelle certaines notions comme la discrimination, la misère, la guerre, la nécessité de réagir contre l'injustice touchent autant les adultes que les enfants, qui permet aux plus jeunes de témoigner de leur perception de la responsabilité sociale et qui fait en sorte que les adultes répondent à cette volonté ? Est-ce la volonté des enfants de s'exprimer qui touche la sensibilité des adultes, ou est-ce le sens des responsabilités des adultes qui encourage les enfants à réagir, à s'exprimer pour être entendus ?

Nous estimons que chaque question pourrait être en même temps considérée comme une réponse, car la société et l'individu sont corrélatifs. La volonté de l'enfant croise celle de l'adulte, et elles vont répondre à un besoin qui consiste à dire et écrire pour se faire entendre, pour partager les expériences, pour communiquer et transmettre un message d'espoir, pour vivre et se battre. Ces récits autobiographiques font souvent en sorte que le lecteur puisse s'identifier à l'auteur. Autrement dit, une expérience individuelle peut se transformer en une expérience générationnelle ; un témoignage autobiographique peut représenter le destin d'un peuple, la préoccupation d'une génération, la vie et les pensées d'une communauté.


(1) Michel Foucault, Dits et écrits (1954-1988), t. II, D. Defert et F. Ewald (éd.), "Quarto", Paris, Gallimard, 2001, p. 1235.

(2) Dans notre travail, l'âge de ceux que nous appelons "enfants" oscille entre 7 et 15 ans.

(3) http://appel-a-temoignages.over-blog.com

(4) Chloé Aeberhardt, "Acide, pas parricide", Libération, 18/08/2007 :
http://www.liberation.fr/transversales/portraits/272858.FR.php ?mode=PRINTERFRIENDLY (site consulté le 22/09/2007).

(5) Les Dix Parues de la Saint-Patrick, t. I, Miss Sooms et autres nouvelles, t. II, Le Trèfle de la vengeance et autres nouvelles, R. Dutreix (coord.), "Écrire pour partager et être lu", Paris, Éditions Foucher, 2007.

(6) Depuis la rentrée 2005, une nouvelle option facultative et un nouveau module sont proposés aux élèves de 3e : la découverte professionnelle permet de mieux connaître l'univers des métiers afin de préparer son choix, le moment venu.

Lire au lycée professionnel, n°67 (01/2012)

Lire au lycée professionnel - Les enfants écrivains : un concept éditorial ou une voix qui s'impose