Dossier : l'écrit en questions

L'écrit en questions : bibliographie

De la galaxie Gutenberg à l'infosphère

Annie Vuillermoz,
Jean-Pierre Sautot,
Marie-Cécile Guernier.

Cette bibliographie très sélective permet de révisiter les débuts de l'écriture : histoire des écritures, des alphabets, rôle des cultures dans l'évolution des systèmes écrits, et d'accéder aux concepts les plus contemporains de la réflexion sur l'écrit. Les rapports entre l'écrit des jeunes et les institutions (école, culture) sont évoqués : apprentissage, décrochage, relation précaire à l'écrit, illettrisme. Zoom sur les nouveaux médias et leur lien avec la maitrise de l'écrit et l'orthographe : le texto, les SMS, les blogs et la révolution culturelle due à internet.

  • Anis, Jacques.
    Parlez-vous texto ? Guide des nouveaux langages du réseau.
    Le Cherche-midi éditeur, 2001.
    Pratique et ludique, ce livre aborde de façon roborative l'ensemble de la problématique de ce nouveau langage : le texto.
  • Barré-de Miniac, Christine/Rispail, Marielle/Brissaud, Catherine.
    La littéracie : conceptions théoriques et pratiques d'enseignement de la lecture-écriture.
    L'Harmattan, 2004.
    Pour examiner la notion de littéracie de plus en plus employée dans les médias et les écrits de recherche, cet ouvrage réunit des chercheurs venus d'horizons disciplinaires et géographiques divers. Il s'adresse à tous les pédagogues qui souhaitent réfléchir sur leurs pratiques ou les confronter à celles des autres.
  • Barré-de Miniac, Christine/Reuter, Yves.
    Apprendre à écrire au collège dans les différentes disciplines.
    INRP, 2006.
    Apprendre à écrire et écrire pour apprendre : ce principe est difficile à mettre en oeuvre dans les classes. Bien que ces séquences soient présentées pour le collège, l'enseignant de LP en tirera profit. Quelles situations mettre en place ? Quelles tâches d'écriture proposer aux élèves ? Comment évaluer ces productions ?
  • Besse, Jean-Marie.
    L'écrit, l'école et l'illettrisme.
    Magnard, 1995.
    En ce qui concerne notre système éducatif, quelles pistes de réflexion pour prévenir l'illettrisme dans son propre champ de compétences ?
  • Bordeaux, Marie-Christine/Burgos, Martine/Guinchard, Christian.
    Action culturelle et lutte contre l'illettrisme.
    Editions de l'Aube, 2005.
    Comment cerner et rendre lisibles la place et le rôle du champ culturel dans la lutte contre l'illettrisme ? Cet ouvrage présente les résultats d'une investigation menée sur trois terrains d'enquête.
  • Caubet, Dominique/Billiez, Jacqueline/Bulot, Thierry.
    Parlers jeunes, ici et là-bas : pratiques et représentations.
    L'Harmattan, 2004.
    Quels sont les différents modes de socialisation langagière d'une génération et, au-delà, des communautés sociolinguistiques et urbaines ? Quelle est la fonction dynamisante de la culture urbaine sur les pratiques langagières ? L'ouvrage regroupe des études concernant la France (Saint-Denis, Grenoble, Paris, Tours) et d'autres pays, francophones ou non : Mauritanie, Espagne, Soudan, Pays-Bas, Kenya, Sénégal, Algérie et Maroc.
  • Christin, Anne-Marie.
    Histoire de l'écriture : de l'idéogramme au multimédia.
    Flammarion, 2001.
    Des anciens systèmes d'écriture aux alphabets, cette étude historique montre que l'alphabet occidental a réintégré l'image dans son système à travers ses incarnations successives, manuscrites et imprimées, et conduit à se demander quels rapports entretiennent les différents systèmes d'écriture avec le support informatique.
  • Les blogs : nouveau média pour tous
    Benoit Desavoye.
    M2 éditions, 2005

    Sur plus de 15 millions de blogs existant, une bonne moitié sont des blogs d'adolescents. Impossible pour le monde scolaire d'ignorer ce phénomène. Nécessaire aussi d'aller au-delà des impressions rapides souvent formulées par les adultes qui n'ont pas grandi avec internet. La première partie de l'ouvrage définit la blogosphère, la deuxième se penche particulièrement sur le monde des affaires, et la dernière se veut pratique avec quelques blogs décortiqués (pour analyser des usages concrets et diversifiés) : blog politique, blog associatif, blog de quartier,ainsi qu'une présentation des plates-formes, des techniques et des règles régissant la blogosphère. L'usage des blogs explose à la fin des années 90, grâce à la synthèse d'outils et de pratiques nés sur internet. Le blog, c'est l'expression en ligne accessible aisément pour tout public : simplicité d'utilisation et liberté d'action.

    Sorte de journal écrit au fil de la plume, suite de notes souvent assez courtes, le blog est centré sur la personne tout en jouant largement de l'interaction. Les blogueurs se lisent, se commentent, insèrent des liens dans leurs notes, indiquent leurs favoris, et ainsi se dessinent des groupes mouvants et se créent du lien social.

    Les auteurs, Benoit Desavoye, avec Christophe Ducamp, Xavier de Mazenod, Xavier Moisant, montrent la diversité des mécanismes à l'oeuvre dans la blogosphère. Si le blog permet d'exprimer sa singularité et flirte parfois avec l'exhibitionnisme, il est aussi moyen de s'évader et outil de désinhibition. Il permet d'exprimer sa créativité et son besoin de partager.

    L'ouvrage attire l'attention sur des " mécanismes vertueux " qui valorisent les contenus (les réseaux d'appréciation et de renvoi d'un blog à l'autre incitent à l'exigence) tout en mettant en garde contre la surinformation. Par ailleurs tout le monde n'est pas égal devant l'expression écrite et, dans la blogosphère comme ailleurs, se retrouvent les mêmes disparités. Pour être lu, pour être efficace sur le net, il faut maitriser l'écrit (même si les blogs sont de plus en plus multimedia) ! Une bonne analyse à partager avec les élèves.

    Marie-Cécile Guernier,
    Jean-Pierre Sautot,
    Annie Vuillermoz.

  • L'écriture depuis 5000 ans. Des hiéroglyphes au numérique.
    Les collections de l'Histoire, n° 29, 2005.
  • L'écriture et son apprentissage.
    Pratiques, n° 115-116, décembre 2002.
  • La langage SMS : étude d'un corpus informatisé à partir de l'enquête " Faites don de vos SMS à la science "
    Cédrick Fairon, Jean-René Klein et Sébastien Paumier.
    Presses Universitaires de Louvain, 2006

    Dans une enquête nommée " Faites don de vos SMS à la science ", Cédrick Fairon, Jean-René Klein et Sébastien Paumier étudient le phénomène SMS sous ses aspects linguistiques et livrent les résultats de leurs recherches dans un ouvrage intitulé Le langage SMS. Le Short Message Service est un moyen bien pratique permettant d'envoyer des messages de 160 caractères au plus, d'un téléphone portable à un autre. Il n'est pas indispensable de se demander si les SMS sont une bonne ou une mauvaise chose, ils sont et ils sont utilisés. Chaque technologie de communication génère ses usages, le téléphone portable a inventé le SMS. C'est désormais un fait de société, il faudra s'y faire.

    Mais, le SMS invente-t-il une nouvelle langue ? Le titre de l'ouvrage est trompeur, car il tend à faire croire que SMS et français standard seraient deux langues différentes. Il y a certes des variations, mais elles sont dues aux contraintes de production du discours et de sa transmission.

    La principale contrainte est technico-économique. Pour le prix d'un envoi, l'utilisateur n'a droit qu'à 160 caractères pour tout dire, sous peine de se voir facturer un message supplémentaire. La première conséquence sur le message est que le discours produit doit donc être compressé pour tenir dans l'espace qui lui est imparti. Pour faire entrer un énoncé trop long dans un espace restreint, la solution consiste, entre autres, à supprimer des mots qui ne sont pas indispensables à la compréhension. Dit de manière plus grammaticale, tous les mots dont la prévisibilité syntaxique est forte risquent de disparaitre. La seconde conséquence tient à une utilisation maximale de l'espace imparti. Si le discours à transmettre n'occupe pas tout l'espace de 160 caractères, l'utilisateur peut s'approprier l'espace restant pour anticiper sur la suite de l'échange. On voit apparaitre alors des questions rhétoriques et leurs réponses, des listes de questions ou de sujet que l'auteur du SMS veut aborder. On a donc un double effet langagier qui vise à sélectionner les mots peu performants en matière de communication pour les éliminer, quand, dans le sens inverse, l'auteur tente de mettre un maximum d'informations dans un minimum de place.

    D'autres opérations sont le fruit d'une recherche d'efficacité communicative, notamment au niveau de la frappe des touches. Il est plus facile de taper " zzz " que " dormir ".

    Voici quelques exemples extraits de cet ouvrage.

    • Conversion de la fonction des mots (un nom, devient un verbe, une onomatopée devient un verbe) :
      mon appel, C T pr etre sur ke tu dodo plu
      zzz bien car moi jss H.S
    • Effacement de certains mots outils (préposition, conjonction...) : jariv pas à étudié bio
    • Question et réponse : ça va ? moi oui
    • Réponses en rafale : Je regarde la TV. Je veux bien ton massage... les magasins de Bruxelles. Ça a l'air d'aller toi ?

    C'est donc la recherche de l'efficacité communicative qui engendre les transformations syntaxiques et discursives, et non une prétendue défaillance de l'expéditeur. Donc, quand les élèves écrivent dans leurs copies de classe comme dans leur téléphone portable, ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas, mais parce que, peut être, ils écrivent plus souvent un SMS qu'un devoir. Ils se trompent d'habitude scripturale !

    Mais alors, le SMS invente-t-il une nouvelle orthographe ? Les usagers des SMS inventent effectivement une nouvelle écriture, mais l'histoire des écritures montre que tous ces procédés existent par ailleurs. Il n'est pas difficile en fréquentant la presse, les publicités ou l'internet de les retrouver à l'oeuvre. Une fois encore, c'est l'outil qui fait l'usage... La plupart de ces procédés visent à transcrire de manière extrêmement efficace un message oralisable. De ce fait les premières victimes sont les lettres muettes : 20 % de l'orthographe française ne traduisant pas de sons, les économies réalisées (en lettres et en sous) sont appréciables. Cependant, parfois, certaines lettres muettes sont respectées. On ne change pas si facilement ses habitudes orthographiques : par hazar un peti clin d'oeil

    La part phonographique de l'écriture peut aussi subir des restrictions spatiales. Les lettres peuvent toutes être utilisées pour la valeur sonore de leur nom. La lettre C est nommée " cé ". Donc : C moi ki t'fé cet efé la ?

    La lettre ne transcrit plus un son mais une syllabe. Ce changement de valeur de la lettre est généralement marqué par un passage à la majuscule. Si ce procédé devient la norme, la majuscule comme borne de la phrase finira par être abolie dans les SMS.

    On trouve le même usage avec le nom des chiffres ou des nombres : un peti cl1 d'oeil. Comme dans l'orthographe standard, plusieurs principes sont à l'oeuvre en même temps. Ce ne sont simplement pas les mêmes principes. On observe d'ailleurs chez les plus jeunes utilisateurs des pratiques déviantes. Certains ne maitrisant pas bien les notions linguistiques sous-jacentes utilisent des procédés soit peu efficaces, soit très ambigus. On en arrive donc à une situation intéressante où des utilisateurs font des fautes... de SMS, et sont stigmatisés par les autres utilisateurs ! Le SMS réinvente une norme graphique, et les règles sociales qui vont avec. Il n'y a pourtant nulle académie pour prescrire la chose. La seule régulation s'opère au niveau de l'efficacité communicationnelle, soit parce que certains procédés sont très économes en nombre de caractères, soit parce qu'ils sont reconnus et validés dans les usages du plus grand nombre d'utilisateurs.

    La recherche sur les SMS a développé aussi une perspective de traitement automatique du langage. Ainsi les auteurs, un brin facétieux quoique chercheurs fort sérieux, ont mis à disposition du public un traducteur automatique du français vers le SMS, disponible à l'adresse suivante :
    http://glossa.fltr.ucl.ac.be/~demo/index.php?service=1

    Faut-il interdire le SMS aux élèves en difficulté ? Les puristes penseront que la répression va fonctionner et qu'on protégera la belle orthographe en éradiquant le fléau SMS. L'iconoclaste fera sienne cette nouvelle écriture pour agacer le puriste. Et le pédagogue ? Il semble que l'étude de SMS en classe (passage du SMS au français standard et retour !) soit une vraie opportunité pour travailler sur la situation de communication et les fonctions du langage (Jakobson revient !). Objectiver les procédés orthographiques dans les écritures est un vrai apprentissage. On peut le faire avec les hiéroglyphes et l'écriture cunéiforme. On peut le faire aussi avec les SMS.

    Marie-Cécile Guernier,
    Jean-Pierre Sautot,
    Annie Vuillermoz.

  • Goody, Jack.
    La raison graphique : la domestication de la pensée sauvage.
    Cambridge University Press, 1977. Editions de Minuit, 1979.
    Une réflexion anthropologique sur la dimension civilisationnelle de l'écrit, ou une analyse des différences entre cultures sous l'angle d'une technologie comparée de l'intellect.
  • Higounet, Charles.
    L'écriture.
    Presses universitaires de France, 1955. (Que sais-je n°653).
    Un ouvrage précis, efficace et agrémenté de nombreux exemples et illustrations pour un premier tour d'horizon de l'histoire de l'écriture.
  • Images du scripteur et rapports à l'écriture.
    Pratiques n°113-114, juin 2002.
  • Jean, Georges.
    L'écriture mémoire des hommes.
    Gallimard, 1987. (Découvertes Archéologie).
    L'aventure des écritures, contée par un poète, dans une collection à la riche iconographie.
  • Johannot, Yvonne.
    Illettrisme et rapport à l'écrit.
    Presses Universitaires de Grenoble, 1994.
    La question du rapport à l'écrit est mise en perspective avec les questions culturelles qui innervent notre société.
  • Internet : un séisme dans la culture ?
    Marc Le Glatin.
    Editions de l'attribut, 2007. (La culture en questions)

    L'évolution renversante que nous vivons place les adultes éducateurs dans une posture difficile. Il ne s'agit pas de se laisser tenter par la nostalgie d'un monde qui file, il faut penser les mutations en cours et accompagner les ruptures. Ce livre est un cri d'alerte : le séisme est là !

    Internet bouleverse le rapport aux savoirs et les professionnels de la médiation et de la transmission sont fragilisés. Nombreuses et essentielles sont les questions qui se posent à eux : comment préparer chaque personne au maniement des nouveaux outils ? comment intégrer dans la formation de base l'apprentissage du plein usage des outils numériques ? comment aider à la mise en place de filtres et de médiations prémunissant contre les flots d'informations ?

    Marc Le Glatin décrypte les évolutions en cours : nouveau rapport à l'information et nouvelles pratiques culturelles, puisque nous sommes dans l'ère de l'interaction du tous vers tous, dans un nouveau rapport à l'oeuvre d'art. Il énonce sans détour les multiples résistances qui empêchent d'ajuster les comportements : les institutions et industries culturelles resteront-elles arcboutées sur leurs prérogatives, sur les contrôles et autres copyrights ? resteront-elles accrochées à un monde révolu ? les industries du divertissement sauront-elles parier sur autre chose que la culture de l'émoi soporifique ? sauront-elles stopper les entreprises de conditionnement des esprits ?

    Au-delà de l'interpellation salutaire, l'ouvrage sait aussi faire place aux multiples potentiels portés par la planète internet. Internet devient un outil de contre pouvoir, mais aussi un outil pour échapper aux prescriptions traditionnelles et aux carcans de la reproduction sociale, en démultipliant les possibilités pour chacun d'accéder à la création. L'auteur pense que la confrontation individuelle à l'écran va renforcer le désir de relations culturelles de proximité, et son raisonnement rassure. Il souligne alors que l'intervention publique en terme d'éducation, de formation, de politiques culturelles et autres régulations internationales est indispensable pour donner une véritable chance aux potentialités d'internet.

    Ce livre percutant et dérangeant nous semble indispensable : au contact avec les jeunes on ne peut plus faire comme si le monde n'était pas autre. Nous les médiateurs, serons-nous à la hauteur des enjeux ?

    Marie-Cécile Guernier,
    Jean-Pierre Sautot,
    Annie Vuillermoz.

    Lecteurs précaires : des jeunes exclus de la lecture ?
    Véronique Le Gloaziou.
    L'Harmattan, 2006

    Cette étude s'intéresse aux pratiques de lecture des jeunes en difficulté ou en voie de marginalisation. Ils savent lire, mais lisent peu, toujours avec beaucoup de réticences et sans satisfaction. Comment expliquer ce malaise et ce rapport d'étrangeté ? Comment les jeunes concernés l'expriment-ils et quelles raisons donnent-ils à leurs faibles pratiques ? Comment considèrent-ils la lecture et les lecteurs ? Pourquoi le livre leur fait-il peur ? Telles sont les questions abordées par l'auteur dans ses entretiens.

    Cette recherche a fait aussi l'objet d'un rapport " Pratiques lectorales et rapport à la lecture des jeunes en voie de marginalisation ", consultable sur le site de la DLL (Ministère de la culture).
    http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/RapportleGoaziou.pdf

    Marie-Cécile Guernier,
    Jean-Pierre Sautot,
    Annie Vuillermoz.

    Lexik des cités illustré
    Fleuve Noir, 2007

    Ce lexik atypique présente le résultat d'un travail mené pendant trois ans par un groupe de jeunes originaires d'Evry soutenus par l'association " Permis de vivre la ville ". Ils sont partis à la découverte de leur pratique langagière, pour en décrire le fonctionnement et les origines, pour comprendre les clivages et incompréhensions qu'elle génère souvent entre jeunes et adultes. Ils ont uni leurs talents et sont devenus linguistes, chercheurs, écrivains et illustrateurs.

    Environ 250 mots sont présentés, citons au hasard : ambiancer, s'arracher, bédo, blaze, daron, grave, punition, renoi, tacler, wesh ... Pour chacun le lexik propose plusieurs rubriques. La définition donne des exemples d'usages et des synonymes. La riche rubrique " Etymologie " décrit avec humour les métaphores et les néologismes, les glissements de sens et emprunts multiples au passé ou aux langues de l'émigration, ainsi que tous les procédés formels de création lexicale, verlan, verlan de verlan, apocopes ou autres. La rubrique " Quiproquo " est elle aussi pleine de saveur : il s'agit d'une petite histoire illustrée (en deux ou trois vignettes) qui explore les risques de malentendus liés au langage en montrant l'impossible dialogue entre une mère et sa fille (exemple : " C'est grave bien la grève des profs ! - Pour une fois on est d'accord. C'est grave ! ").

    Ce dictionnaire d'un genre nouveau mêle écritures et arts graphiques urbains pour donner à voir et à entendre l'univers culturel des jeunes des cités où se croisent humour et naïveté. Il s'agit par là de combattre la stigmatisation dont la jeunesse des cités est souvent victime. A ceux qui craignent que l'on assassine la langue de Molière, ce travail montre une France qui métisse sans perdre ses racines... Par exemple, le condé - vocable utilisé par les jeunes pour parler du policier - trouve ses origines dans l'histoire de France, avec les princes de Condé... Dans la préface, Alain Rey, pilier des dictionnaires Le Robert, en montrant que le langage se structure dans la différence et les mélanges, signifie toute la valeur de ce lexik qui fait le pont entre deux univers. A acheter pour le CDI.

    Marie-Cécile Guernier,
    Jean-Pierre Sautot,
    Annie Vuillermoz.

  • La littératie : autour de Jack Goody.
    Pratiques, n°131-132, décembre 2006.
  • Manguel, Alberto.
    Une histoire de la lecture.
    Actes Sud / Léméac,1998, Babel, 2000.
    Grand succès de libraire, ce livre savant qui se lit comme un roman explore les raisons qui ont fait aimer le livre.
  • Martin, Henri-Jean.
    Histoire et pouvoirs de l'écrit.
    Albin Michel, 1988.
    Annalyse de la maturation de la civilisation de l'écrit et des révolutions mentales et techniques qui l'ont rendue possible. La mise en perspective historique permet de comprendre l'interaction entre les avancées du savoir et les multiples pouvoirs de l'écriture. Elle éclaire également la mutation de la circulation de l'information avec les nouveaux médias aux progrès fulgurants.
  • Pratiques de lecture et d'écriture : des usages sociaux aux savoirs scolaires.
    Lidil, n°25, ELLUG, juillet 2002.

Lire au lycée professionnel, n°56, page 38 (03/2008)

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