Dossier : fantasy

Qu'est-ce qui fait lire de la fantasy ?

Echanges entre professeurs et élèves lors d'un club lecture

Carine Miletto, documentaliste, Françoise Couchinave, professeur d'histoire-géographie, Maryvonne Torrelli, professeur d'anglais, Walkyria Velado, professeur de philosophie, et les éléves : Thibault Doucet, Marie-Clotilde Jubert, Colin Pinet, Pierre Saïdi, Audrey Sellier, Estelle Turi.

Depuis le mois d'octobre 2006, le CDI du lycée André Argouges propose un club lecture mensuel animé par la documentaliste. Lors du rendez-vous de février réunissant enseignants et élèves, le professeur de philosophie constate que les jeunes lecteurs s'arrachent les romans de fantasy. Elle s'interroge sur deux faits contradictoires : les élèves n'aiment pas lire (c'est ce qu'ils disent !). Cependant ils lisent des trilogies en des temps records. La question provoque alors de multiples réactions au sein du groupe. Le débat est lancé, la documentaliste propose d'alimenter la discussion en donnant quelques pistes de réflexion telles que les valeurs véhiculées dans le genre, le profil du héros, l'aspect politique du régime exposé, l'attrait des jeunes lecteurs pour ce genre.

Cet article s'appuie donc sur la matière de ces échanges oraux. Mais les conversations n'ayant pas été enregistrées, chacun des protagonistes du club lecture a été amené à formaliser ce qu'il avait exprimé lors des réunions. En experts, les professeurs ont pu détailler leurs propos. Mais les élèves, qui avaient eu de nombreuses réactions spontanées à l'oral, ont éprouvé de la difficulté à mettre par écrit leur réflexion. C'est pourquoi ils s'y sont attelés en groupe, ce qui explique les réponses collectives. Quant à la documentaliste, elle a conservé ses prérogatives de meneur de jeu : à elle de gérer le questionnement pour structurer l'ensemble et assurer la cohérence et la fluidité des propos...

La documentaliste : Avant de discuter sur des points précis, une question d'ordre générale pour introduire le débat : pourquoi lisez-vous des romans de fantasy ? La lecture de ces romans vous apporte-t-elle des émotions différentes de celles que l'on pourrait trouver à la lecture d'un polar, ou d'un roman plus " classique " ?

Les élèves du club lecture : Nous, on aime lire de la fantasy plus que des mangas ou des polars, car à travers ces romans on voyage. On découvre des univers différents. Il y a des personnages qui doivent réaliser une quête, franchir des obstacles, répondre à des énigmes, combattre les méchants. On se prête les livres comme des objets précieux et on en discute ensuite.

Le professeur de philosophie : Jusqu'à il y a quelques années, parmi les livres aux aventures épiques et magiques, je ne connaissais que les livres de Tolkien que je ne classais dans aucune catégorie ignorant le terme même de fantasy. Un jour un élève m'a apporté un livre (comme cela arrive souvent, ils veulent partager leur lecture et me faire découvrir leur goût) : L'apprenti assassin du cycle L'assassin royal de Robin Hobb. Il m'a dit : " Vous verrez, cela a un rapport avec la philosophie ". Ce jour-là je suis entrée dans une histoire inattendue, captivante et passionnante. Récemment, j'ai dévoré les huit volumes des Aventuriers de la mer de Robin Hobb. Je me suis passionnée pour l'histoire de ce bateau à qui l'auteur prête vie et sentiments. D'ailleurs mon engouement a été communicatif, car la documentaliste a pris la suite et les élèves finissent tranquillement les derniers tomes.

La documentaliste : J'avoue que moi aussi j'ai énormément apprécié cette série, car je me suis attachée aux personnages et à la tragédie des destinées.

Le professeur d'histoire-géographie : Je lisais moi aussi beaucoup de fantasy à l'âge de mes élèves et je continue aujourd'hui encore, car, comme pour les romans d'aventure, c'est le souffle épique de cette littérature qui nous entraine. Ce sont des fenêtres ouvertes sur d'autres mondes, sur les rêves et la quête d'un idéal que nous conservons de notre enfance.

Le professeur d'anglais : Je lis de la fantasy parce que j'y trouve un dépaysement, une part de rêve mélangé à la réalité. Il y a autre chose, un autre monde tout aussi puissant. Ce qui m'attire dans ce genre, c'est le côté magique ou légendaire, une mythologie voire une spiritualité rendues vivantes.

La documentaliste : A présent j'aimerais que vous nous donniez vos sentiments personnels sur les points énoncés ci-dessus. Tout d'abord, quelles sont pour vous les valeurs véhiculées par la fantasy ?

Le professeur d'histoire-géographie : Personnellement je trouve intéressantes les valeurs véhiculées par la fantasy : l'amitié et l'entraide par exemple. Ou la persévérance : les héros vont jusqu'au bout de la mission qu'ils se sont donnée, parce que c'est juste, même si c'est très dur. Le doute est permis, l'abandon non ! Il y a aussi le sens des responsabilités comme dans Le Seigneur des anneaux où Gandalf dit à Frodon : " La décision est entre tes mains ". Si Frodon choisit de partir, de s'exiler, c'est pour éloigner le péril de la Comté. Il en va de même lorsqu'il décide de quitter la communauté de l'anneau et de porter seul son fardeau, il se sent responsable de ses compagnons et de sa mission.

La curiosité a une place importante dans ces histoires. C'est elle qui fait avancer les jeunes héros, qui leur permet de rencontrer l'autre. La fantasy insiste sur l'enrichissement qu'apporte la confrontation avec d'autres cultures. Ainsi les compagnons du héros sont-ils souvent d'origines et de races différentes : des nains, des elfes... Et c'est l'union de leurs spécificités et leur ouverture d'esprit qui permet la victoire finale.

La place que tiennent la transmission et la mémoire me semble également intéressante. Dans Le Seigneur des anneaux comme dans La Belgariade de David Eddings, ceux qui connaissent l'Histoire sont ceux qui guident le héros dans sa construction de l'avenir. Tous les tomes de la Belgariade commencent par des extraits de livres relatant les anciennes batailles ou les origines du monde.

Le professeur d'anglais : Pour moi voici les valeurs véhiculées par ce genre : la confrontation du bien et du mal ; le fait que la frontière entre imaginaire et réalité, magie et réalité ne soit plus franche ; le courage ; le fait de devoir faire des choix qui engagent plus que soi ; l'existence de pouvoirs paranormaux (voir La romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley et les pouvoirs développés par les gens).

Les élèves du club lecture : Les valeurs véhiculées dans ce genre sont pour nous l'amitié entre les personnages et la solidarité. Dans Harry Potter de J.K. Rowling, Harry est toujours entouré de ses deux amis avec lesquels il vit des aventures extraordinaires.

Le professeur de philosophie : Dans les romans de fantasy que j'ai lus, il y a les valeurs du bien et celles du mal. Pour chacune il y a soumission aux règles imposées par le monarque éclairé. Les valeurs du mal sont en marge du pouvoir traditionnel et donc nécessairement mauvaises. Elles sont prônées par le monarque absolu. Les valeurs du bien sont la soumission à l'autorité du monarque éclairé, l'obéissance, le sacrifice, le dévouement absolu (corps et âme).

La documentaliste : A présent, sachant les valeurs véhiculées dans le genre, il serait intéressant d'avoir votre point de vue sur le profil du héros.

Le professeur d'histoire-géographie : Le héros de fantasy est très souvent un adolescent comme nos élèves. Ainsi chez Robin Hobb, dans L'apprenti assassin, le début de l'apprentissage commence à 10 ans, puis à 13 ans le jeune héros entre en action. Il en va de même chez Eddings, dans Le chant 1 de la Belgariade, où l'aventure commence alors que le héros va avoir 14 ans. Idem pour Harry Potter, dont l'histoire se déroule entre les 11 et les 18 ans du héros... Le héros est souvent issu d'un milieu modeste, Garion de la Belgariade a passé son enfance dans la cuisine d'une ferme, Eragon dans une ferme et l'apprenti assassin a été enlevé par le palefrenier. Ce sont de petites gens au grand destin. Les hobbits de Tolkien en sont le meilleur exemple, car c'est une communauté de gens comme nous, des gens simples confrontés à des choix éthiques. De plus, très souvent, les héros de fantasy luttent pour un idéal, quelque chose qui vaut la peine d'abandonner le confort du quotidien pour s'engager dans un nouveau chemin.

Le professeur d'anglais : Je lis davantage de livres avec des héroïnes qu'avec des héros. Elle peut être malheureuse ou incomprise, ou porter un poids qui la dépasse ; elle fait un parcours initiatique de maturation qui va l'amener à grandir, à faire des choix, à se positionner entre le bien et le mal ; elle utilise des pouvoirs, surtout mentaux, que tout le monde ne possède pas.

Le professeur de philosophie : Le profil du héros de fantasy ne me semble pas très intéressant. En quoi consiste le rôle du héros ? En résumé, il part au combat, gagne, fait preuve de courage, de bravoure, mais finalement qu'obtient-il ? Rien. En effet, il ne change pas de condition, de rang ou de classe. Et surtout il ne gagne pas la liberté, il sera dévoué/soumis au roi jusqu'à la fin de sa vie. Le héros réalise des actes impossibles, magiques. Il se heurte aux barrières de l'impossible, de l'interdit. Dans le premier volume des Princesses maudites, de Michel Laporte, Sylvia, l'héroïne, va devoir affronter les forces du mal animées par l'armée de la demoiselle noire. Sylvia, détentrice de la magie blanche, va s'opposer à cette prise de pouvoir. Deux magies vont se livrer combat.

Le professeur d'histoire-géographie : Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le point de vue énoncé par ma collègue quand elle dit que le héros ne gagne rien. Une des valeurs qui permet l'ascension sociale dans le monde de la fantasy est le mérite. Ainsi dans La Belgariade de David Eddings, l'un des héros, Durnik, est maitre forgeron de son état. Grâce à son courage, à sa droiture et à sa bonté, il obtient le respect des rois et finit même par épouser la femme la plus importante du Ponant, Polgara la sorcière. Il en va de même chez Tolkien, pour Frodon et Bilbo, qui grâce à leur courage ont mérité de partir avec Gandalf et les Elfes, aux Havres, un lieu mythique réservé normalement au peuple le plus noble, celui des Elfes. Il s'agit là d'une récompense royale.

Les élèves du club lecture : Le héros de fantasy est souvent un adolescent comme nous, donc on s'identifie plus facilement. Son principal objectif est la quête d'un objet souvent précieux. On aime quand le héros utilise la magie. Dans Harry Potter on pénètre dans un monde extraordinaire avec des personnes fantastiques. Ce monde parallèle permet aux héros (des enfants que l'on voit grandir au fil des volumes) de devenir des aventuriers.

La documentaliste : D'après vos dires nous aurions donc affaire à de jeunes héros, garçons ou filles, dont le but principal est une quête. Attachons-nous à présent au monde dans lequel évoluent ces différents personnages et plus précisément au régime politique auquel ils sont soumis.

Le professeur de philosophie : Dans les romans que j'ai lus, j'ai constaté que le modèle référent unique est celui de la monarchie avec seulement deux variantes : pour le bien la monarchie éclairée et pour le mal la monarchie absolue. Dans L'assassin royal de Robin Hobb comme dans Le clan des Otori de Lian Hearn, le pouvoir est représenté par le monarque éclairé qui entre en lutte perpétuelle avec le monarque absolu, dans le seul but d'atteindre le pouvoir incontesté, afin de devenir le roi du monde. Dans ce contexte, le héros Takéo se mettra au service du monarque régnant, celui de sa tribu, la Tribu.

C'est le monopole du pouvoir monarchique mais jamais parlementaire. Si ministres il y a, leur seul désir est de ravir le pouvoir au monarque et de s'engager dans une lutte sans merci pour arriver à leurs fins. Ainsi, du fait de cette absence de démocratie, le peuple ne peut que subir les différentes guerres en servant du mieux possible son souverain, au péril de sa vie bien sûr.

Le peuple est privé de tout droit d'expression et d'une prise en main de sa vie. On décide pour lui, il se sacrifie pour le pouvoir d'un seul homme. Le peuple comme le héros est dépourvu de responsabilités et de conscience personnelle. Le héros subit sa vie, sa destinée. Dans Le clan des Otori, Takéo change de multiples fois d'identité pour correspondre à la norme dans laquelle il évolue. En fonction de la tribu à laquelle il appartient, il change de patronyme. Le héros n'est donc pas dépositaire de son propre nom.

Les élèves du club lecture : Le fait que le régime représenté dans les romans de fantasy soit le plus souvent une monarchie ne nous gêne pas, le plus important pour nous c'est le héros et notre attachement à lui. La monarchie n'empêche pas le courage, l'amitié, l'entraide. Et pour nous c'est le plus important.

Le professeur d'histoire-géographie : Même si la monarchie semble être le système majoritairement représenté dans les romans de fantasy, d'autres possibilités sont aussi explorées. Ainsi, le maitre du genre, Tolkien, prend-il le temps, dès le début du Seigneur des anneaux, d'expliquer le fonctionnement politique de la société hobbit, alors que cela n'a que peu d'incidence sur la suite de son histoire. Il s'agit d'une société clanique et " la Comté n'a guère à cette époque de gouvernement ". Les familles gèrent pour la grande part leurs propres affaires. Si les lois de l'ancien temps des rois sont respectées, c'est parce que ce sont des règles justes. Il y a un " Thain ", une dignité nominale, qui est le maitre de l'Assemblée de la Comté et capitaine de l'armée. Il y a aussi un maire, élu tous les sept ans, qui préside les banquets, dirige le service des messagers (la poste), et le guet (une sorte de police qui s'apparente plus à nos gardes champêtres). Mais il est vrai que Le seigneur des anneaux est assez atypique puisque l'auteur a décidé de mettre en avant un héros issu d'une communauté dont les membres, petits, sans pouvoir ni force, aiment rire, manger et boire dans la tranquillité. Ce sont là des valeurs simples.

La documentaliste : Avant de conclure, puisque cette discussion met en relation des enseignants et des élèves, on pourrait s'interroger sur l'attrait des jeunes lecteurs pour ce genre. On entend sans cesse rabâcher dans le milieu scolaire que les jeunes ne lisent pas. Or, ils n'hésitent pourtant pas à s'attaquer à la fantasy qui propose presque exclusivement des oeuvres en plusieurs tomes. Qu'est ce qui finalement contribue à cet engouement ?

Les élèves du club lecture : La fantasy est une fenêtre ouverte sur des mondes où on peut s'évader, vivre des aventures extraordinaires, du vaisseau spatial aux joutes médiévales, en passant par les nouveaux mondes des pirates. Ces ouvrages nous permettent de ne plus penser à la mauvaise note en mathématiques... Quand on possède un peu d'imagination, on ne résiste pas à l'envie de se mêler aux personnages et de partager leurs aventures palpitantes ainsi que leurs peines, leurs joies, leurs malheurs et leurs bonheurs.

Le professeur d'anglais : Je pense que nos jeunes lecteurs trouvent dans ces romans une quête de sens qui va ré-enchanter un monde qu'ils voient comme désabusé ou ayant perdu sa substance magique. Ils peuvent s'identifier à un héros qui va grandir, vivre des initiations, trouver un sens à sa vie, à son destin là où il est. Ils y voient d'autres possibles, c'est comme un conte moderne, qui va métaphoriquement leur expliquer la dureté du monde, la difficulté de trouver un sens à notre condition humaine, à sa finitude, au fait que nous allons mourir et qu'il faut avant faire quelque chose de grand, ne pas avoir été ici-bas pour rien.

Le professeur d'histoire-géographie : Ce qui peut rendre le héros de fantasy fascinant pour les jeunes, c'est que très souvent il s'agit d'un adolescent comme eux. Il s'agit donc très souvent de romans initiatiques dans lesquels les jeunes peuvent suivre leur propre évolution, le passage, grâce aux épreuves, de l'enfance à l'âge adulte. Ils peuvent aussi s'identifier à eux, car même si tous les héros ne sont pas issus d'un milieu modeste, ils y ont très souvent été élevés (Garion de La Belgariade, Eragon et l'Apprenti Assassin). D'autre part le voyage (les héros entreprennent souvent de longs voyages assimilés à une quête initiatique) tient un rôle primordial dans tous ces romans. En fantasy il souffle un vent de liberté qui stimule l'imaginaire des jeunes lecteurs.

Le professeur de philosophie : Le décalage avec notre réalité est très recherché par les jeunes lecteurs. Tous les romans de fantasy créent un monde matériel très différent du nôtre avec des pouvoirs extraordinaires, des lois de la physique invraisemblables, mais où les êtres vivants sont régis par des sentiments et des passions relevant souvent des codes du moyen âge occidental. D'autre part, la relation amoureuse a son importance. Dans la fantasy, la relation amoureuse est toujours courtoise et elle doit bien finir. Si elle est empêchée avec des obstacles à surmonter, elle entre donc dans la somme de sacrifices à faire. Les jeunes lecteurs apprécient ce genre de relation. Ils ne cherchent pas la description de scènes crues. Ils veulent que soit décrit un amour " propre ", intangible, l'amour comme dans un rêve.

La documentaliste : Il est temps à présent de conclure la discussion, je vous laisse le mot de la fin.

Le professeur d'histoire-géographie : Finalement je lisais moi aussi de la fantasy à l'âge de mes élèves et je continue aujourd'hui encore, car comme pour les romans d'aventure (dont certains sont devenus des classiques, comme L'île au trésor), c'est le souffle épique de cette littérature qui nous entraine. Ce sont des fenêtres ouvertes sur d'autres mondes, sur les rêves et la quête d'idéal que nous conservons de notre enfance. J'aurai cependant quelques reproches à faire à ce genre, les productions sont de qualité très inégale. Le genre a parfois du mal à se renouveler, surtout depuis qu'il est devenu à la mode et qu'il peut rapporter beaucoup d'argent. Il y a également peu d'héroïnes féminines depuis les romans de Marion Zimmer Bradley et Ann Mac Caffrey.

Le professeur de philosophie : La fantasy est le genre qui me surprend le plus. Ces ouvrages sont capables de me tenir éveillée toute une nuit. Ils créent une sorte de monde à part que j'aime découvrir. Je retrouve aussi dans ces ouvrages des thèmes philosophiques comme le rapport nature culture ou les relations sociales et politiques que les hommes mettent en place. Il existe un décalage avec le monde réel et pourtant il est assez facile de se laisser entrainer dans ces histoires à rallonge et c'est une des raisons aussi de l'intérêt de la fantasy. On peut vivre longtemps avec nos compagnons de route. Là je fais plus précisément allusion aux cycles de L'assassin royal et des Aventuriers de la mer de R. Hobb. L'auteur écrit bien et fait preuve d'une imagination qui semble sans borne. En outre cette histoire sollicite notre sensibilité, crée l'attachement aux personnages et maintient le suspens.

Les élèves du club lecture : Nous aimons beaucoup les livres de fantasy et nous apprécions de pouvoir les échanger entre nous et d'en discuter, sans bien sûr en dévoiler la fin. Ces romans nous permettent de déconnecter d'une réalité souvent rude : l'école, le manque d'argent, la violence et tous les autres problèmes de société comme la drogue, la prostitution, le viol... Pendant que nous lisons, nous oublions tous nos problèmes quotidiens. Certains parmi nous choisissent souvent un livre de fantasy en fonction de la couverture. C'est vrai, il y a des couvertures très attrayantes, avec des dessins au graphisme futuriste et on aime ça !

Le professeur d'anglais : Moi aussi je vois en ces romans un bon moyen d'évasion et de déconnection du quotidien parfois pesant et oppressant. Mais j'y trouve aussi des perspectives d'analyses psychologiques des personnages très intéressantes. Le fait de les retrouver dans plusieurs volumes, me permet de les voir évoluer et de déceler des caractères, des failles...

La documentaliste : En manière de conclusion, la fantasy est un genre multiforme de qualité inégale. Les uns et les autres ne lisent pas pour les mêmes raisons, mais beaucoup y trouvent leur compte. En tant qu'enseignant et professionnel de la lecture, on ne peut pas passer à côté de cette production éditoriale conséquente par le nombre de titres et l'épaisseur des volumes qui attire et retient les jeunes. Comme documentaliste je constate quotidiennement que presque deux tiers des emprunts de nos élèves sont des romans de fantasy.

Lire au lycée professionnel, n°55, page 25 (09/2007)

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