Dossier : Amour et littérature

Sur la route de Selma

Etude d'une oeuvre intégrale en classe de CAP

Vincent Massart-Laluc

Nous appuyant sur l'excellente étude proposée dans la collection " La BD de case en classe " éditée par le CRDP de Poitou-Charentes, voici l'étude d'une oeuvre intégrale en classe de CAP : Sur la route de Selma. Quel rôle joue, dans l'économie du récit, la scène d'amour entre Tracy Lee, la Blanche, et Clement, le Noir ?

Berthet / Tome.
Sur la route de Selma.
Dupuis, 1998.

Cette nuit-là, Kyle Lansky tue froidement Tracy Lee, l'épouse de son frère, trouvant enfin vengeance pour l'humiliation qu'elle lui a fait subir. Mais Clement Brown partageait la chambre de la victime à l'insu du meurtrier...

Convaincu qu'il sera accusé parce qu'il est noir, ce témoin imprévu remonte la piste qui, sur la route de Selma, le mènera jusqu'au criminel.

Documents d'exploitation pédagogique de Sur la route de Selma de Berthet et Tome et Le bar du Vieux Français de Stassen et Lapière.
CRDP Poitou-Charentes/Dupuis, 2001.
(La BD de case en classe).

L'étude clés en main de ces deux BD, sur les thèmes du racisme et du métissage culturel.

Objectifs

L'objectif de notre séquence est de faire lire et étudier une bande dessinée dans son intégralité. Chacun des élèves dispose d'un album acheté en série par l'établissement.

Cette étude poursuit plusieurs objectifs :

  • Etre capable de lire un livre du début à la fin par le biais d'une lecture collective.
  • Etre capable d'identifier les spécificités de la bande dessinée et d'analyser des images séquentielles.
  • Etre capable de dénouer une intrigue, d'en parler et d'en rédiger le résumé.
  • Etre capable à partir du récit d'aborder, afin d'en débattre, quelques questions relevant de l'Education Civique Juridique et Sociale (ECJS) ou plus simplement du jugement critique.

Public : une classe de CAP.

Durée : la séquence se déroule sur trois séances de deux heures, dont une consacrée à l'évaluation, mi-orale, mi-écrite (voir p. 8).

Intention

Cette séquence trouve sa place dans le cadre d'un travail sur la lecture et l'étude d'une oeuvre intégrale : bande dessinée complexe dans sa narration et riche par les choix graphiques effectués. Précédée ou suivie par un travail approprié sur l'image, cette analyse est l'occasion d'étudier de façon précise le fonctionnement d'une bande dessinée et la spécificité des images séquentielles racontant une histoire. Cet album incite en effet à s'interroger sur le rapport texte/image et sur l'évidente prééminence de cette dernière dans le processus narratif.

Toutefois, puisque ce dossier s'est donné pour but d'explorer le traitement des scènes d'amour explicites dans les oeuvres proposées aux élèves, on comprendra que notre compte rendu se focalise sur cet aspect, laissant de côté une bonne part de l'étude de l'oeuvre intégrale et notamment tout ce qui se rapporte spécifiquement à l'étude de l'image. Puisque les deux pages qui exposent explicitement la scène d'amour font partie intégrante de l'oeuvre, demandons-nous quelle est leur fonction et étudions leur rôle dans l'économie générale du récit.

Intrigue

L'histoire est située dans les années 90 aux Etats-Unis, à Clinton, ville de l'Etat de l'Alabama dans une entreprise de recyclage de vieux avions militaires, la Lansky. Deux frères en dirigent l'exploitation : Kyle, violent, raciste et Frank, son jeune frère, incapable de s'opposer à son ainé ni de protéger sa jeune épouse Tracy Lee contre les harcèlements de celui-ci. A la suite d'une tentative de viol (le lecteur l'apprend à la fin), Tracy Lee s'enfuit pendant que Kyle, ses sbires et Frank assassinent son ami Stu, dont le malheur est d'être noir et d'avoir été témoin du viol. Au cours de sa cavale, elle rencontre Clément, un Noir avec qui elle vivra une nuit d'amour, avant d'être rattrapée par Kyle qui la tue. Repéré par le criminel, Clément dès lors devient un témoin gênant qui devrait se cacher... Mais Clément en a assez ; assez de cette vie de Noir soumis, diminué, méprisé, violenté, assez de courber la tête devant des brutes telles Kyle et au lieu de fuir, il décide d'affronter son destin en vengeant Tracy Lee. Le récit se clôt sur l'affrontement ultime des deux hommes et leur mort. Le cycle de la violence n'est pas terminé pour autant, car Junior, jeune frère de Clément, laisse couler sur la tombe de son frère, victime du racisme, des larmes de colère qui ne présagent rien de bon...

Interprétation

Excellent thriller, Sur la route de Selma maintient le lecteur en haleine de la première à la dernière case. Les procédés du flash-back et du changement de point de vue narratif compliquent la compréhension et multiplient les hypothèses de lecture, pour le plus grand bonheur du lecteur, obligé tout au long de l'album de construire et déconstruire le sens de l'histoire afin de dénouer correctement les fils de l'intrigue. Le scénario emprunte aux road movies américains ses longs plans de marche, le découpage par lieux et le rythme nerveux des personnages qui se déplacent. Au delà d'une intrigue très élaborée, l'intérêt du récit réside dans les personnages, les contrastes entre ce que chacun affirme être et ce que le lecteur en découvre petit à petit. Ainsi, Kyle, personnage central qui figure la brute virile se comportant comme un chef de bande, se révèle-t-il un pauvre type caractérisé par son impuissance sexuelle (rapportée dans la scène du viol avorté). Pointer avec les élèves ce décalage entre l'être et le paraitre n'est pas sans susciter des questionnements. Un autre centre d'intérêt est la réflexion transversale sur le racisme en vigueur dans cette partie des Etats-Unis. Clément le Noir, véritable héros de ce récit, triomphe jusque dans la mort de tous les préjugés dont font montre les Blancs racistes croisés en cours de route. Héros triste et figure tragique,certes, mais héros tout de même. Le lien s'impose avec l'Education Civique, Juridique et Sociale (ECJS) qui permet de prolonger une réflexion sur les relations entre les hommes et les femmes de couleur ou de culture différente.

De case en classe

Une étude de l'oeuvre de Berthet et Tome est proposée dans l'ouvrage pédagogique co-édité par le CRDP de Poitou-Charentes et les éditions Dupuis. Ce document d'accompagnement se présente sous la forme d'une étude d'une oeuvre intégrale et aborde cinq thèmes : le racisme (thématique centrale dans Sur la route de Selma), les solidarités familiales, l'image des femmes seules (bien malmenées dans ce thriller), l'animal pestiféré (témoin muet de toutes les turpitudes des personnages), et enfin, le thème de la société américaine. Sept fiches élève guident la progression dans la lecture de l'oeuvre et de nombreux crayonnés viennent enrichir le matériel pédagogique en sus des reproductions en noir et blanc de l'album lui-même. Des outils de réflexion intéressants sur l'image et sa composition permettront au professeur d'engager de la façon qu'il jugera la plus pertinente l'étude de l'album de Berthet et de Tome (le même travail est proposé sur l'oeuvre admirable de Stassen et Lapière, Le Bar du Vieux Français, chez le même éditeur). Je ne reviendrai pas sur l'étude de la couverture de l'album et des hypothèses de lecture inférées par les oppositions de couleurs et les connotations s'y rattachant. Une précision cependant : une édition brochée est proposée au prix de 5,50 euros, (coll. Horizons, Dupuis, 2002, parfait pour l'achat d'une série), mais la couverture diffère : au lieu du couple enlacé, un gros plan du chien Sidney, un revolver dans la gueule. On peut donc comparer les deux couvertures et analyser les variations que ces choix provoquent sur les attentes du lecteur. La couleur dominante dans les deux couvertures reste le rouge et les deux images sont construites sur des oppositions.

Etude intégrale de l'oeuvre

Pour la lecture intégrale de l'album, on pourra bien évidemment s'appuyer sur ce document. En ce qui nous concerne, la lecture est planifiée en cinq étapes et s'effectue en cours de séance. A chaque étape, une question spécifique est posée et un échange collectif permet d'avancer dans la compréhension de l'oeuvre. Les phases de lecture alternent avec de l'oral et des temps d'écriture.

  • Lecture des planches 3 à 10
    Arrêt sur les personnages
    - Quels sont les différents personnages et les relations qui les lient les uns aux autres ?
    Les caractéristiques des personnages nous sont révélées petit à petit, et des informations ultérieures viendront invalider les hypothèses de départ.
  • Lectures des planches 11 à 22
    Nuit d'amour, nuit mortelle
    - Quelles sont les motivations des différents personnages ?
    Chaque personnage suit son propre itinéraire et la rencontre improbable du départ va devenir une évidence de l'ordre du destin.
  • Lecture des planches 23 à 34
    Histoire sans parole
    - Quels sont les changements constatés chez les personnages ?
    De nombreuses planches ne sont pas accompagnées de texte. C'est l'image qui raconte. Les deux personnages infléchissent leur course et l'un, Clément, s'avance à la rencontre de l'autre, Kyle.
  • Lecture des planches 35 à 45
    L'animal humilié
    - Quel est le rôle du chien Sidney ?
    Le chien, témoin du départ et justicier de la fin, incarne à ce moment du récit la condition noire ; humiliés, salis, fatigués et malmenés, Sidney le chien et Clément le Noir avancent têtus vers un but indéterminé.
  • Lecture des planches 46 à 64
    Le face à face
    - Quels sont les éléments apportés dans cette partie ?
    Dans cette dernière partie, Clément et Kyle représentent les adversaires de toujours : l'un ne conçoit la relation à l'autre qu'en termes de soumission et le premier incarne la volonté farouche de ne jamais plier devant la force, quitte à en mourir. Cette dernière partie apporte les éléments qui manquaient pour comprendre les motivations des uns et des autres : l'assassinat de Stu suite à la tentative de viol de Kyle cautionnée par la lâcheté de Frank.

Pourquoi étudier les planches 9 et 10 ?

Le document pédagogique de la collection "La BD de case en classe" ne traite pas une dimension importante de l'album : la relation amoureuse qui unit le temps d'une nuit Clément, le Noir, et Tracy Lee, la Blanche, et qui occupe deux planches dans la BD. Le choix d'occulter cette scène d'amour me parait contestable pour au moins deux raisons : d'une part ce passage par pertes et profits est

préjudiciable à la discussion sur le fond. En effet, dans le contexte de haine raciale d'une Amérique des années 90 travaillée, hantée et pervertie par ses vieux démons, il parait difficile de ne pas évoquer cette relation sexuelle entre une femme blanche et un homme noir. D'autant que cette relation, comprise par les élèves comme une infidélité, brouille les pistes : crime raciste ou crime d'honneur ? Kyle tue Tracy Lee sous le faux prétexte qu'elle a couché avec un Noir - Stu. Or le lecteur sait que ce faux prétexte invoqué par Kyle se révèle vrai avec un autre homme - Clément. Pour nos élèves, la question morale se pose souvent avec une grande force : " Si ma femme me trompe, je la tue ! " (sic). Comment, dès lors, éluder cette rencontre et esquiver le débat sur la relation homme/femme et sur la liberté inconditionnelle de cette dernière ? En clair, ce débat tourne autour de son droit de faire l'amour avec qui elle veut et autour du fait que rien ne justifie l'acte de la tuer, pas même un prétendu manquement à un pseudo code d'honneur. Cette discussion fait parfois surgir des phrases à l'emporte-pièce issues de réflexes d'un autre âge que l'on souhaiterait voir à jamais disparus et que seule l'étude intégrale de l'oeuvre amène à nuancer. La seconde raison qui justifie pleinement l'arrêt sur les planches 9 et 10 est la compréhension de la trame narrative. C'est au coeur de cette planche 10, vignettes 5, 6 et 7, que les auteurs nous fournissent un indice indispensable pour comprendre la suite de l'histoire, c'est-à-dire la raison qui explique que Clément revienne sur les lieux où la femme qu'il a aimée vient d'être assassinée par le beau-frère de cette dernière.

Cette étude n'a de sens qu'en regard de l'oeuvre en général. Il s'agit bien d'amener les élèves à appréhender le rôle de ce passage dans l'économie du récit et non pas de passer pudiquement sur des pages centrales au prétexte que l'on y voit un homme et une femme faire l'amour... Nos élèves en ont vu d'autres et c'est l'occasion de mettre des mots sur une réalité humaine qui mérite des mots plutôt qu'un silence gêné. De toute façon, il n'est pas ici question de morale, ni d'éducation à la sexualité, mais bien de questionnement narratif. A quoi sert cette scène d'amour dans ce récit ?

Le traitement de la scène d'amour

Le texte disparait et seule l'image, ici, raconte. Clément, le narrateur, se tait, et c'est aux corps de parler : " Peu à peu, mes mots s'effacent. Ses caresses les font disparaitre comme s'ils n'étaient que de la craie sur un tableau ", peut-on lire en haut de la planche 9. Comment se dit dans ces deux pages l'acte amoureux ? Les pages sont dominées par une couleur rouge omniprésente, couleur de la passion, mais aussi de la violence, annonciatrice du drame à venir. L'ensemble de la scène d'amour baigne dans ce rouge passion qui noie les deux couleurs, blanche et noire, dans un même reflet. Dans cette page, il n'y a plus ni Noir ni Blanche mais seulement deux êtres qui s'étreignent avec la dernière énergie : celle du désespoir. La planche 9 accumule les cadrages différents, gros plans alternent avec des plans d'ensemble ou moyens et l'intérieur avec l'extérieur, la pluie semble de sang et, dehors comme dedans, le noir se mêle au blanc. Planche 10, le dessin est somptueux et le cadrage horizontal assorti à un dégradé de noir vers le rouge contribue à cette impression d'incendie, d'embrasement qui saisit les corps. Planche 9, la main blanche sur le torse noir, les lunettes sur la table de nuit, la culotte à terre et le sac ouvert sur des billets rythment le temps qui s'écoule. La prolifération des points de vue annonce l'égarement des sens qui va suivre. Planche 10, le jeu sur la dimension des cadrages informe le lecteur sur la densité de ce qui se vit et la succession des cases qui se rétrécissent rend compte de ce temps qui s'accélère et de l'émotion qui croît. Les planches 9 et 10 alternent les scènes d'extérieur et les intérieurs, proposant à la compréhension du lecteur un accord entre les éléments naturels, la foudre, le tonnerre, et les émotions vécues par les personnages au paroxysme de l'acte amoureux. Ce serait banal, si plus tard dans la nuit, ce même orage, ici métonymie de l'acte sexuel, n'était l'accessoire sonore du meurtre de Tracy Lee, recouvrant de son fracas la détonation du coup de feu.

Le thriller se poursuit imperturbablement en dispensant ses indices : la culotte abandonnée, objet sexuel par excellence, deviendra planche 24 bout de tissu dérisoire près d'un corps exsangue... Le paquet de billets, à la tentation du vol duquel Clément va succomber pour sauver son jeune frère... Le téléphone qui va rappeler à Clément qu'il doit s'absenter pour joindre sa mère, absence dont va profiter Kyle... Et la médaille, qu'au cours de l'acte amoureux Tracy Lee arrache du cou de son amant... Cette médaille, héritage d'un père mort parce que Noir, porte bonheur. C'est en décidant de retourner la récupérer que Clément infléchit le cours de l'histoire et celui de son destin. Sans cette médaille arrachée pendant l'amour, le récit s'arrêtait là ! Enfin, c'est parce qu'il a aimé cette femme que Clément ira jusqu'au bout de son destin, au terme de sa quête pour retrouver son meurtrier et venger cette scène d'amour assassinée.

Berthet / Tome. Sur la route de Selma ã Dupuis, 1998.

Berthet / Tome. Sur la route de Selma ã Dupuis, 1998.

L'un des thèmes qui traversent le récit est la constante impuissance qui caractérise les hommes dans leurs relations aux femmes : impuissance qui, dans le personnage de Frank, frère de Kyle, prend les traits d'une lâcheté veule et criminelle (planche 2) ; impuissance de Kyle, révélée lors de sa tentative de viol sur la personne de Tracy Lee (planche 55) ; impuissance d'un jeune policier raciste et stupide, contraint d'acheter les charmes d'une prostituée (planche 23). Face à ces tristes représentants de la gent masculine, la beauté des deux planches 9 et 10 est nécessaire : Clément se présente dans cette scène d'amour comme l'exact opposé des hommes précédents. Cette scène représente un instant d'équilibre où le temps suspendu est celui d'une humanité noire et blanche réconciliée dans une même passion, la " flamme double " d'Octavio Paz. Un instant seulement, le temps d'un éclair, d'un coup de tonnerre, et plus dure sera la chute...

Les réactions des élèves

Lors du bilan, il apparait que la lecture et l'étude de cette bande dessinée ont fait l'unanimité et que les scènes étudiées plus spécifiquement n'ont pas suscité de réactions particulières autres que l'intérêt prêté à l'ensemble du travail effectué. Voici quelques réactions à chaud :

L'histoire était très bien parce qu'elle donnait envie de lire la suite. (Et à propos des planches 9 et 10 ?) La scène d'amour c'est bien ça décoince.

Raeed

J'ai tout aimé...

Visar

J'ai aimé l'histoire car il y avait de l'action et c'était une histoire intéressante. L'histoire me donnait envie de lire, il y avait du suspens. (Et à propos des planches 9 et 10 ?) Ça dérange pas, on a passé l'âge !

Rasim

J'ai trouvé que cette BD était dans l'âme [super bien, note du traducteur !] et que la manière de travailler était bien.

Cyril

J'ai trouvé cette BD un petit peu difficile mais intéressante. Car on est tous rentré dans l'histoire. Quand on ne comprenait pas, on demandait au professeur. (Et à propos des planches 9 et 10 ?) Pour les passages de sexualité, ça n'a gêné ou choqué personne car c'est de notre âge et c'est pas la première fois qu'on voit ça.

Anthony

Oui, j'ai bien aimé cette histoire. Elle était fascinante. On a bien travaillé, et j'espère qu'il y en aura une autre.

Medhi

J'ai bien aimé l'histoire, elle est un peu triste, c'était bien de travailler dessus, le texte, la lecture...

(Mohamed)

Parvenir à analyser les images, à mettre des mots sur ce qui est ici raconté, c'est fournir aux élèves les moyens de dépasser les rires graveleux et les plaisanteries de départ faites à voix basse. C'est dépasser le stade de l'interjection et du slogan salace pour élaborer une mise en discours d'une réalité humaine qui a sa raison d'être abordée sereinement, ici une raison narrative. C'est enfin passer du règne de l'émotion subie à l'état d'une émotion analysée, comprise et partagée.

Evaluation finale de la séquence

Analyser la série des trois images (planche 39, cases 1, 2 et 3).

(L'évaluation porte sur la capacité de l'élève à lire les images dans une bande dessinée et à expliciter l'analyse réalisée.)

a. Pourquoi Kyle a-t-il tué Tracy Lee ?

b. Pourquoi Tracy Lee a-t-elle fait l'amour avec Clément ?

c. Pourquoi Frank ne prend-il pas la défense de Stu ?

(La question vise à évaluer le degré de compréhension des motivations des personnages au sein du récit, quelle compréhension fine de l'intrigue les élèves ont-ils élaboré ? La question s'articule avec la question 2 ; il s'agit d'évaluer si les élèves sont capables de différencier ce qui relève de leurs projections sur le texte du ressort narratif participant à la construction du récit.)

Que pensez-vous de l'attitude de ces personnages : Kyle, Tracy Lee et Frank ?

(L'enseignant cherche à évaluer l'appropriation de l'oeuvre et de ses thèmes par les élèves. Il leur demande de prendre position - ce qu'ils font spontanément - et de réfléchir à leur point de vue, un au-delà de l'opinion en quelque sorte.)

Comment expliquez-vous qu'en toute connaissance de cause Clément aille se jeter dans la gueule du loup en s'engageant dans la Lansky ?

(Il est attendu de l'élève qu'il évoque ce qu'il a saisi des enjeux de ce récit. L'enseignant cherche à évaluer la capacité de l'élève à construire des interprétations valides. C'est à ce point que les élèves protestent : " Monsieur, ce n'est pas écrit dans le texte ! ". Effectivement !)

Résumez en 15 lignes le contenu de ce récit.

(Il s'agit d'un travail de rédaction et de synthèse : comment les élèves restituent-ils à l'écrit une intrigue qu'ils ont comprise et démêlée à l'oral ? L'enseignant évalue leur compétence à hiérarchiser les informations, à les trier et à les organiser dans une structure cohérente.)

Lire au lycée professionnel, n°53, page 2 (03/2007)

Lire au lycée professionnel - Sur la route de Selma