Dossier : La photographie

Quels appareils photographiques utiliser en classe ?

Didier Grappe

Quels appareils photographiques utiliser en classe ?

Si l'on souhaite utiliser la photographie en classe, il faut partir du principe que l'appareil doit pouvoir être manipulé par les élèves et qu'une image de qualité moyenne est acceptable comme outil pédagogique. Il faut donc un appareil simple, c'est-à-dire un "compact". La plupart sont aujourd'hui pourvus d'un zoom. C'est très pratique, mais l'on peut aussi travailler sans. S'il n'y a pas de zoom, la focale est fixe avec un angle de vision large.

Attention! Les compacts traditionnels (argentiques) les plus rudimentaires ne sont pas pourvus de système de mesure de la lumière: tout est préréglé pour des conditions de prise de vue en extérieur, par beau temps avec une zone de netteté fixe d'environ 1,50 m à l'infini. On peut parfaitement les utiliser dans ces conditions. S'il ne sont pas pourvus d'un flash, les photographies prises en lumière faible seront sous exposées (les noirs sont gris, les négatifs transparents, les images ternes et tristes, donc peu utilisables). Les appareils récents possèdent une cellule pour mesurer la lumière, donc pas de soucis.

Support argentique ou numérique?

On appelle support argentique les supports traditionnels de la photographie, parce que tous utilisent de l'argent (que ce soit le noir et blanc, la couleur, les diapositives, les négatifs, les films ou les papiers).

Les capteurs numériques (appareil photo, scanner) quant à eux transforment (encodent) les informations (les intensités lumineuses et les valeurs colorées) en numéros, d'où leur nom (en fait leur codage utilise aussi des lettres et des signes, mais ça n'a pas d'importance ici).

Le choix du support dépend avant tout du matériel à disposition (appareils, scanner, photocopieuse, ordinateur, projecteur, imprimante...), mais aussi du projet et du budget.

Les appareils argentiques

Le maniement est sensiblement plus simple qu'en numérique (peu de choix techniques, donc pas de menus, donc moins de risque d'erreur: il suffit d'appuyer sur le bouton). Il faudra prévoir l'achat de la pellicule, le cout de son développement et le tirage des images. On peut utiliser les tirages tels quels. Le cout de l'agrandissement traditionnel (9 x 13 cm ou 10 x 15 cm) est sensiblement le même que celui d'un tirage numérique sur imprimante jet d'encre: pellicule et développement d'un côté, encres et papier de l'autre.

Avantages

La simplicité de mise en oeuvre et la possibilité d'obtenir des agrandissements d'une qualité correcte, même avec un appareil de moindre qualité, jusqu'au 30 x 40 voire au-delà.

Inconvénients

Le cout, la nécessité de passer par un laboratoire, la médiocre qualité des objectifs pour les boîtiers d'entrée de gamme.

Les appareils numériques

Le maniement demande un peu plus de pratique, mais est à peu près le même pour tous les modèles. Pas de cout d'achat de films ni de tirages, mais il faut penser au transfert des images sur un ordinateur et à leur stockage (cordon de transfert des images de l'appareil à l'ordinateur spécifique à chaque appareil, prise adéquate sur l'ordinateur - USB en général, présence d'un graveur de CD sur la machine utilisée pour stocker les images, CD R ou mieux CD RW réenregistrable). Par ailleurs, en numérique, la taille (en centimètre) des images dépend du nombre de pixels que le capteur de l'appareil est capable de produire. Si l'on utilise des appareils simples d'entrée de gamme, le nombre de pixels sera suffisant pour des images destinées à une lecture à l'écran ou avec un projecteur numérique. Par contre, il en faudra quatre fois plus pour obtenir une image de dimension équivalente en impression numérique : un appareil dit "3 millions de pixels"1 est capable de produire une image imprimée d'environ 10 x 15 cm à la qualité optimale. On peut agrandir davantage, mais avec une qualité qui ira en s'amenuisant2.

Avantages

L'autonomie, la souplesse et la rapidité d'exécution (à condition d'avoir le matériel); la possibilité de visionner immédiatement les images, leurs qualités (mesure de lumière, adaptation à toutes les sources de lumière, qualité des objectifs même avec des boîtiers d'entrée de gamme).

Inconvénients

L'apprentissage nécessaire du maniement (menus, choix technique), le cout d'achat et la nécessité d'avoir à disposition un ordinateur équipé, les limites de l'agrandissement, la fragilité des cartes mémoires3.

Remarque

Si l'on travaille en argentique, on peut également demander au laboratoire qui développe la pellicule de la scanner, on obtient ainsi des images numériques. Attention! Dans ce cas, il faut bien penser à faire scanner la pellicule en même temps que le développement (environ 4 à 5 euros actuellement) ; à défaut les négatifs seront coupés et ils vous seront alors facturés pour des scans à l'unité (environ 1 euro par image !).

Et avec le téléphone mobile ?

Les mobiles équipés d'un système de prise de vue peuvent très bien être utilisés eux aussi, ne serait-ce que pour transformer cette machine à espionner les enseignants en outil d'appropriation du monde. La nouvelle génération, munie de capteurs produisant de 1 à 2 millions de pixels, permet d'envisager un agrandissement de l'image.

Attention! la principale difficulté est de trouver le cordon de transfert portable/ordinateur. Seules les grandes marques (Nokia, Samsung, Sony et Sagem) proposent actuellement ces produits.

Comment utiliser les documents produits

On peut soit :

  • projeter les images à l'aide d'un projecteur numérique couplé à un portable (magnifiques outils au fonctionnement très simple, hors de prix actuellement mais que l'on commence à voir dans les établissements) ;
  • tirer les images sur imprimante jet d'encre (en général à disposition dans les établissements). Pour un résultat optimal, il faut spécifier à l'imprimante "qualité supérieure" et choisir un papier de qualité "photo" (très cher !). Mais encore une fois, même une qualité de tirage médiocre peut servir très convenablement d'outil pédagogique. Attention ! Tirer une image sur imprimante jet d'encre consomme beaucoup d'encre, prévoir des cartouches !
  • visionner les images à l'écran (d'un portable ou d'un ordinateur fixe). Les ordinateurs récents sont en général munis d'un logiciel de visualisation plus ou moins bien fait. Par ailleurs, lors de l'achat d'un appareil numérique, le fabricant offre un logiciel de visionnage (le "viewer"). Il faut pouvoir visualiser les images individuellement ou sous forme de diaporama.

Quelques logiciels utiles

  • ACDSee est un logiciel de visionnage très performant (les images sont affichées très rapidement quelque soit leur taille), mais payant (environ 50 euros).
  • Powerpoint de Adobe permet de faire des présentations. On le trouve dans le pack de logiciels vendus avec l'ordinateur. Conçu pour la réalisation de conférences projetées, il est extrêmement simple d'utilisation (apprentissage de base en une heure) mais nécessite de construire ses pages une à une, ce qui peut-être laborieux pour une vision rapide. Par contre, on peut l'utiliser avec profit dans le cadre d'une séquence à cause de la conception très proche de celle du scénario de cinéma (diaporama avec minutage à la seconde), par exemple pour une séquence de roman photo.
  • Photoshop de la société Adobe est le logiciel roi pour la retouche d'image. La société Adobe fournit avec l'achat d'un scanner une version simplifiée de Photoshop, "photoshop element", qui permet de corriger l'image en densité (+sombre ou + clair), de modifier une dominante couleur, d'insérer du texte, du dessin etc...
  • Il existe également un logiciel de traitement équivalent à Photoshop mais gratuit: GIMP, téléchargeable sur le net, très simple et efficace.

Deux sites utiles

www.commentcamarche.net : pour tout savoir sur le numérique

www.megapixel.net : un site parmi d'autres pour comparer les appareils numériques.


(1) Ces 3 millions de pixels correspondent au produit du nombre de pixels du grand côté de l'image par le nombre de pixels du petit côté.

(2) Conseil: en fait, lorsque l'on agrandit une image numérique au delà du nombre de pixels optimal, l'ordinateur exécute un rééchantillonnage (si l'on a accès à Photoshop, il faut choisir le rééchantillonnage bicubique lequel donne les meilleurs résultats) c'est-à-dire qu'il invente des pixels à partir des pixels environnants. En conséquence, on obtiendra une qualité optimale en rééchantillonnant progressivement, en plusieurs étapes jusqu'à la taille souhaitée. Cette opération est très efficace.

(3) Les appareils sont fournis avec une carte mémoire de faible contenance. Il faut veiller au nombre d'images que l'on peut faire avec. Il est possible d'acheter des cartes à la contenance plus importante... et aux coûts élevés !

Lire au lycée professionnel, n°48, page 25 (06/2005)

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