Editorial

Editorial du numéro 45 (Lire à voix haute)

15 ans, un bel âge !

Marie Guelpa

15 ans, un bel âge ! Pour les humains, sans nul doute. Mais pour ce drôle d'organisme vivant qu'est un périodique, serait-ce l'âge de tous les dangers ? Le début de la fin ? Car il faudrait être naïf pour croire qu'une revue ça ne vieillit pas. La preuve, c'est que ça meurt aussi... Là contre, quelques moyens : les cosmétiques tout d'abord. On se refait de temps en temps une beauté, quand ce n'est pas un lifting. Ainsi notre Lire-au-LP qui commence sa carrière sous une livrée vert épinard : le n° 0 sort en juin 1989, à l'initiative de Pierre Gérard alors directeur du CRDP de Grenoble, la rédactrice en chef en est Josselyne Ackerman. La ligne éditoriale tire déjà sa force des trois mots qui sont encore sa devise : "information, réflexion, action". Au n° 16 (rentrée 1994, la revue a 5 ans et c'est déjà une belle fille, vigoureuse), la fondatrice rend son tablier... Marie-Cécile Guernier lui succède pour une année scolaire, avant d'être appelée à d'autres fonctions : former les futurs PLP à l'IUFM de Villeurbanne. J'entre en scène à la rentrée 1995, Lire-au-LP a presque l'âge de raison quand on lui taille "une robe aux couleurs de blé mûr" pour le numéro d'été, en juin 1996. Jusqu'à l'adolescence elle aura une tenue par saison, jaune l'été, verte au printemps, rouille à l'automne (il n'y a pas d'hiver à Lire au lycée professionnel). Elle a donc 14 ans quand on la relooke en même temps que ses soeurs, Lire au collège, la grande, et Lire écrire à l'école, la petite. Elle en aura 15 cet été 2004... Un bel âge, mais déjà respectable pour un périodique... Et son équipe de rédaction, a-t-elle vieilli, elle aussi ? Commençons par dire qui la compose : des professeurs et documentalistes de lycée professionnel et des bibliothécaires, tous en relation avec des jeunes en formation professionnelle. Autrement dit, des gens enracinés dans le terrain et qui savent de quelle réalité ils parlent. Documentalistes et bibliothécaires sont relativement stables depuis plusieurs années. Il est plus difficile d'engager et de garder les professeurs (à propos ai-je précisé que tous sont bénévoles ?). Comme on veille à recruter des collègues débutants, la moyenne d'âge reste tout à fait acceptable. Ce qui est heureux car, à ce que l'on nous dit, beaucoup de jeunes viendront dans les classes remplacer les ex baby boomeurs et il serait bon qu'ils deviennent aussi nos lecteurs. C'est qu'au numéro 45 la pas si jeune Lire-au-LP a déjà bien des soucis et doit préparer son avenir. Elle a aussi à se préoccuper de rentabilité : "Ai-je assez d'abonnés ? se dit-elle in petto. Où en suis-je avec les TICE et les ENT, et que mettre sur mon site si je veux que l'on me reluque ? Ne devrais-je pas envisager d'être en ligne ? Me faudrait-il alors renoncer à ma belle impression papier ? Surtout maintenant que j'ai l'intérieur en couleur..." On voit par là que ces affaires de look ne ressortissent pas qu'à la futilité. Pour mademoiselle Lire-au-LP, 15 ans, le paraitre et l'être sont une seule question. Mais une question existentielle.

Lire au lycée professionnel, n°45, page 1 (06/2004)

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