Dossier : Ecrire avec un écrivain

Ecrire un album pour enfants

Le point de vue détaillé de trois élèves

Marie-Cécile Guernier

Ecrire un album pour les enfants étant un projet plutôt original, nous avons demandé aux élèves de la classe ce qu'elles en pensaient. Elles ont donc été sollicitées pour des entretiens individuels. Cependant, le mois de juin et son emploi du temps élastique (pots et stages) ont eu raison de nous, et seulement trois élèves se sont présentées pour répondre à nos question. Certes, c'est peu. Mais ces réponses données avec sincérité et enthousiasme fournissent déjà des impressions et des avis intéressants, et étant donné le profil de lectrice des trois élèves interrogées, on peut escompter que leurs opinions rendent assez bien compte de l'avis général de la classe.

Mégane n'aime pas trop lire et ne va pas à la bibliothèque. Cependant, les histoires qu'elles préfèrent sont celles qui sont tristes, elle les lit avec sa mère, puis elles en parlent. Mégane n'écrit pas, elle pense qu'elle ne sait pas bien formuler les phrases. En revanche, elle raconte à son petit frère des histoires qu'elle invente au fil de son imagination, "dans le style des contes" avec des princesses, des princes, des méchants, des bons, des sorciers, des sorcières...

Aurélie est ce qu'on appelle une grosse lectrice, surtout de romans policiers et à l'eau de rose. Elle va à la bibliothèque ou puise dans les placards de sa tante. Elle aime lire des histoires aux enfants que garde sa grand-mère, en faisant les gestes et les voix : "Ça l'éclate"! Elle tient un journal intime.

Maryline aime lire : romans, BD, magazines, le journal, un peu de tout. Elle va à la bibliothèque. Elle lit des histoires à ses petits neveux, mais elle n'est pas très à l'aise. En revanche, elle aime que les autres lisent à haute voix des histoires qu'elle écoute, sans les mots qui "embarrassent". Elle n'est pas particulièrement intéressée par l'écriture. Elle n'écrit pas, sauf des lettres à ses copines.

Ecrire : une expérience

Quand elles évoquent ce projet d'écriture d'un album pour enfants, la première remarque que font ces jeunes filles est qu'il s'agit d'une " expérience ". Et dans leurs propos, il faut comprendre expérience comme quelque chose de peu ordinaire, qui marque et qui construit la personne.

Ainsi Aurélie se rappelle le livre qu'elle a écrit en primaire. Elle le compare avec celui de cette année et constate les progrès.

Lire au LP : Ça vous a intéressée cette idée d'écrire un livre ou pas ?
Aurélie : J'ai dit que ce serait une nouvelle expérience.
Lire au LP : C'est ça, c'est une nouvelle expérience, oui.
Aurélie : En fait avant quand j'étais en primaire, je prenais des cours de français avec un copain, et la prof qui nous donnait les cours nous avait fait faire un livre. Bon c'est clair maintenant, j'ai revu mon livre, ce n'est pas du tout le même.

Ainsi l'acte d'écrire n'est pas un acte anodin. Il est chargé symboliquement et affectivement. C'est certainement ce qui le rend difficile.

Ecrire, entre résistances et imagination

A l'annonce du projet, la première réaction est qu'on ne sait pas écrire et que l'on ne saura pas faire.

Lire au LP : Alors ça vous a plu, oui ? Vous pouvez me dire ce qui vous a plu ?
Maryline : Quand elle ( la professeur) a dit qu'on devait faire un livre pour enfants, a dit oh là là (rires). Ça va être dur. Et puis en fait, le plus dur a été de trouver l'idée de départ. Et après ça c'est très bien passé et ... ça nous a plu dans l'ensemble d'écrire.

La première résistance vient du fait qu'écrire est un effort, ce n'est pas donné d'emblée. C'est une contrainte et si cela n'avait pas été obligatoire, certainement qu'on ne se serait pas engagé dans un tel projet.

Aurélie : Elle ne nous aurait pas proposé, je n'aurais pas fait. Là c'est parce qu'elle nous a proposé. Je n'avais pas envie de me creuser la tête, tout ça. Comme on était obligé de le faire, c'est différent.

Ensuite, il y a la difficulté de la langue. Les mots et les phrases résistent. Ainsi Mégane, bien qu'elle aime inventer des histoires à l'oral, précise qu'elle "n'arrive pas trop à manipuler des mots pour faire une phrase en français" et qu'elle "écrit comme (elle) parle et ça ne va pas".

Un autre problème à résoudre consiste à trouver des idées. Pour certaines, cela n'est pas très difficile. Mégane par exemple, bien que les mots résistent, n'est jamais à court : "C'était le jour de Noël. J'ai dit il faudrait que j'invente une histoire. Je voulais parler des étoiles, j'aime bien les étoiles".

Lire au LP : Et comment vous est venue cette idée de la princesse et de la sorcière ?
Maryline : Je n'avais pas trop d'idées. J'ai pris le truc un peu de base, le prince, la princesse et j'ai rajouté des trucs.
Lire au LP : Qu'est-ce que vous avez rajouté ?
Maryline : La sorcière, dans le sous-sol, parce que souvent elle n'est pas trop là (rires). Et puis quand elle l'enlève, souvent les princesses ont des trucs magiques. Moi je n'ai pas fait ça, j'ai dit qu'elle l'assommait, qu'elle l'emmenait, ça va plus vite. Je n'ai pas fait de magie.
Lire au LP : Et pourquoi vous ne vouliez pas qu'il y ait de magie ?
Maryline : Il y en a un peu, mais je n'avais pas trop d'idées en fait pour la magie

Pour Maryline, c'est différent ; elle est obligée de puiser dans le patrimoine et de recourir à quelques stéréotypes. Sans pour autant s'empêcher de prendre quelques libertés.

Lire au LP : Qu'est-ce qui vous a plu ?
Aurélie : Ce qui m'a plu. En fait au début, elle a dit qu'on allait faire un livre. Je n'avais pas trop d'idées, je ne savais pas trop quoi faire. Et puis après d'un seul coup cette idée m'est venue et puis c'est bon j'étais en plein dedans. Après j'ai tout de suite trouvé une histoire, ça m'a plu. Et j'ai dit j'espère qu'elle plaira à ceux qui la liront.

Ainsi l'on retrouve l'éternelle question de l'inspiration. Pour certaines, comme le dit Mégane, "cela vient tout seul en fait". Aurélie ne dit pas autre chose.

Lire au LP : Vous avez déjà écrit deux livres. Vous allez écrire encore après ?
Aurélie : Je ne sais pas, si j'ai de l'inspiration, oui, pourquoi pas. Il faut que l'inspiration vienne.
Lire au LP : Ou il faut la chercher un petit peu...
Aurélie : Il faut la chercher oui.
Lire au LP : Et les livres que vous avez lus ne vous ont pas donné des idées pour d'autres livres ?
Aurélie : J'ai de l'imagination donc en fait. J'aime bien rêver. Depuis que je suis petite, j'aime bien, des fois mon esprit part et je me fais des films.

Quoi qu'il en soit, pour ces élèves, l'inspiration a à voir avec l'imagination et le rêve.

Aurélie : Il n'y pas d'illustration.
Lire au LP : Il faut que vous en ajoutiez. Vous allez le faire ?
Aurélie : J'avais prévu pour chaque page une illustration mais...
Lire au LP : Pourquoi vous ne les avez pas mises alors ?
Aurélie : Parce qu'il fallait rendre le livre, alors je n'ai pas eu le temps de les faire. Donc j'ai dit, je le rends comme ça.
Lire au LP : Ah zut ! Et vous ne pouvez pas le finir pour les ajouter après ?
Aurélie : Si j'ai le temps, je le ferai.

Pour autant, écrire est exigeant et malgré l'obligation, l'imagination et le plaisir d'inventer, le projet n'aboutit pas toujours ou, du moins, finir est aléatoire.

Ecrire : impossible sans un écrivain

Toutes ces difficultés rendent le rôle de l'écrivain encore plus crucial. Les élèves affirment que, sans lui, ils n'auraient pas pu venir à bout de leur projet.

Lire au LP : Et ça vous a intéressé le travail avec l'écrivain ?
Maryline : Oui, j'aimais bien, moi. Parce que l'avis d'une écrivain quand même ç'est important.
Lire au LP : Et qu'est-ce que vous avez découvert alors avec cet écrivain ?
Maryline : Des choses qu'on peut changer, je ne sais pas, il y a plein de trucs.
Lire au LP : Vous pouvez préciser un petit peu les "pleins de trucs"?
Maryline : Elle donne plein de conseils auxquels nous on ne penserait pas. Des détails. Ça ne nous viendrait pas à nous, parce qu'on ne s'y connaît pas trop. Mais c'est vrai, je pense qu'elle n'aurait pas été là, je ne sais pas si on serait arrivé à faire le livre. Vu qu'on ne s'y connaissait pas, on ne savait pas du tout comment s'y prendre, par quoi commencer. Donc c'est vrai que l'aide d'une écrivain, c'est important quand même.

Maryline, elle, n'envisage pas de pouvoir écrire sans l'aide d'un écrivain.

Lire au LP : Comme ça a bien marché l'écriture de ce livre, vous allez continuer à en écrire ? Ou c'était une expérience comme ça ?
Maryline : C'était une expérience. Mais je ne sais pas, peut être que si un jour ça me vient, j'en écrirai un autre. Mais je n'aurai plus l'avis d'un écrivain. C'est ça en fait.
Lire au LP : Oui. Ça vous a semblé important l'avis d'un écrivain ?
Maryline : Parce que au début pour les idées, on disait oh là là. Après on a trouvé des idées. Et Anne Jonas nous a aidées, pour les développer. Je suis sûre que sans elle, ça aurait été plus compliqué.

Si l'écrivain est si indispensable, c'est qu'il donne des conseils précieux, de divers ordres. Sans surprise, les élèves notent qu'Anne Jonas les a aidées à mieux écrire : orthographe, conjugaison, faire des paragraphes.

Lire au LP : Et comment vous avez fait écrire ? C'est vous qui avez tout écrit ? Comment vous vous y êtes pris ?
Maryline : Au début, on l'a écrit au brouillon. On l'a fait lire à la dame qui nous aidait, l'écrivain. Et puis après elle nous a dit de faire par petits paragraphes, au propre. On a corrigé les fautes. Puis on l'a mis au propre, sur des feuilles normales. Après on l'a écrit là-dessus (c'est-à-dire les pages du livre) paragraphe par paragraphe.

Mais les élèves insistent davantage sur les conseils qui ont permis de raconter une histoire plus originale, de creuser une piste ou d'aller au bout de leur idée. C'est-à-dire ce qui relève de l'invention.

Ainsi Mégane découvre que si elle donne un but à son personnage, son histoire est plus cohérente.

Lire au LP : Vous l'aviez l'idée d'une petite fille qui veut aller rejoindre son papa dans les étoiles ?
Mégane : Oui.
Lire au LP : Et elle vous est venue d'où cette idée ?
Mégane : Au départ, la petite fille voulait juste rejoindre les étoiles, mais elle n'avait pas de but. Anne Jonas m'a dit de faire un but et c'était de retrouver son papa ... parce que une fille et son papa c'est assez complice.

Quant à Aurélie, c'est la tonalité qu'il faut améliorer. Son livre s'intitule Quand je sera grand et répertorie les métiers dont rêvent les petits garçons.

Lire au LP : Comment ça vous est venue cette idée "dresseur de dragon"?
Aurélie : En fait au début je n'avais que des métiers normaux. Et puis Madame Jonas m'a dit que je devrais mettre de la fantaisie. Donc j'ai dit, entre chaque texte normal, je mettrai une fantaisie.
Lire au LP : Et cela vous a paru une bonne remarque ?
Aurélie : Oui elle avait raison. J'ai dit il faut que je trouve maintenant. Mais en fait c'est venu tout seul.

Maryline, elle, doit tenir compte de ses lecteurs et revoir ce qui pourrait les surprendre et les empêcher d'adhérer à son histoire.

Lire au LP : Oui, alors, quels conseils vous a-t-elle donnés avec votre princesse et votre sorcière ?
Maryline : Après le premier jet, elle m'a dit que c'était bien. Et puis elle m'a dit d'enlever juste à la fin, j'avais fait un truc un peu méchant. Elle m'a dit de le changer, parce que les enfants ne comprendraient pas trop. Donc j'ai changé la fin, et des petits trucs. Elle m'a pas trop repris.

Cependant, bien que l'écrivain soit l'adjuvant incontournable de cette aventure scripturaire, le projet dépasse le cadre scolaire. Les élèves en parlent autour d'eux, recueillent des avis, collectent des idées dans leur entourage.

Mégane se fait aider par sa tante, qui l'"a aidée à formuler les phrases parce que (elle) a du mal à formuler comme il faut une phrase".

Aurélie a pris conseil auprès de son jeune cousin.

Lire au LP : C'est venu tout seul. Donc vous avez beaucoup d'imagination ?
Aurélie : Oui. Mais mon cousin m'a aidé quand même, mon petit cousin.
Lire au LP : Ah bon. Il vous a donné des idées ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
Aurélie : Il m'a donné je serai pilote d'immeuble. Au début il m'avait dit pilote d'immeuble. Et après j'ai mis une soucoupe volante.
Lire au LP : Et pilote d'immeuble ça ne vous plaisait pas ?
Aurélie : Non. En fait soucoupe volante ça faisait mieux. Sinon il m'a dit je serai dresseur de dragons.

Ainsi il apparaît que les élèves ont bien pris conscience que l'écriture n'est pas une entreprise individuelle, mais qu'elle est le fruit d'un tissage complexe entre les livres lus et présentés par les bibliothécaires, les conseils de l'écrivain, les discussions avec les amis et les parents, les souvenirs et les rêves.

Ecrire pour quelqu'un

En même temps, que les autres aident à écrire, à inventer et à préciser son projet, ils sont aussi les destinataires de l'histoire. Tout texte a un destinataire ou finit par en avoir un. Pas de scripteur/auteur sans lecteur. Or cet aspect de l'écriture n'est pas le plus simple à gérer. Loin s'en faut.

Pour certaines élèves, il était évident qu'elles écrivaient pour des enfants. Ainsi Aurélie, qui les connaît bien, a pris appui sur cette expérience et a forgé son histoire en pensant à eux. Elle envisage aussi d'emblée qu'elle aura des lecteurs.

Aurélie : J'ai tout de suite trouvé une histoire, ça m'a plu et j'ai dit j'espère qu'elle plaira à ceux qui la liront.
Lire au LP : Donc quand vous l'avez écrite, vous avez pensé aux enfants ?
Aurélie : J'ai pensé aux enfants. C'est parce que la plupart des enfants disent quand je serai grand, je ferai ça, quand je serai grand je ferai ça.

En revanche, Maryline n'avait pas envisagé que des enfants seraient amenés à lire son histoire et ce sont les remarques d'Anne Jonas qui lui en ont fait prendre conscience.

Lire au LP : Quand vous avez écrit l'histoire, vous dites que l'écrivain vous a fait penser qu'il y avait des enfants. Vous aviez pensé que des enfants liraient votre histoire ?

La méprise de Maryline est intéressante parce qu'elle met en évidence toute l'ambigüité de la formule "écrire pour" dans le cadre scolaire. Maryline écrit bien "pour les enfants". Son histoire est conçue pour que des enfants la comprennent, à leur niveau. Mais à aucun moment elle n'a envisagé que son histoire pourrait avoir de vrais lecteurs, qui seraient de vrais enfants. En quelque sorte elle est restée dans l'exercice scolaire, dans lequel on écrit pour, tout en sachant que le professeur sera le seul lecteur réel. Or pour que l'acte d'écrire soit complet, il faut bien que le texte produit ait des lecteurs, bien réels. Ici le projet va jusqu'à cette phase ultime. Mais pour les élèves/écrivains ce n'est pas sans difficultés.

Maryline : Non.
Lire au LP : Vous l'avez écrit comment alors ?
Maryline : Si, je l'ai écrite pour des enfants, mais je ne pensais pas qu'on allait la présenter après.
Lire au LP : Vous avez pensé à qui quand vous l'avez écrite, cette histoire ? A personne ?
Maryline : En fait si parce que j'ai des petits neveux. Ils ont trois, quatre ans. Et j'ai dit : est-ce que eux ils comprendraient. Et j'ai fait par rapport à ça.

Ecrire, c'est transmettre

Le projet prévoit que les textes écrits soient lus, soit dans la classe de CP d'une l'école voisine, soit aux enfants des haltes garderies dans lesquelles les élèves iront en stage.

Pour Mégane, ceci semble la suite logique de l'écriture. Elle envisage donc de lire son histoire aux élèves du CP voisin. Elle aime lire des histoires aux enfants, en faisant les gestes. Et aimerait bien aussi lire son texte aux enfants de la halte garderie où elle sera en stage.

Pour Aurélie, bien qu'elle aime lire à haute voix, cette suite logique n'est pas si évidente à réaliser. Cependant, il est difficile de percevoir d'où vient la réticence.

Lire au LP : Et le vôtre vous allez leur (les enfants de la halte garderie) lire ?
Aurélie : Peut-être, on verra.
Lire au LP : Pourquoi vous dites peut-être ?
Aurélie : Je ne sais pas, je verrai.
Lire au LP : Vous ne savez pas si vous allez leur lire. Vous aimez lire pourtant.
Aurélie : Oui j'aime lire, Mais...
Lire au LP : Ils seront ils seront ravis de savoir que vous êtes l'auteur, non ?
Aurélie : ... Je ne sais.

Quant à Maryline, elle n'aime pas lire à haute voix. Mais aussi il semble qu'elle redoute les avis des autres sur son texte.

Maryline : Devant mes neveux, je les connais, donc ça va. Mais là je sais qu'on va le présenter à la bibliothèque et je ne pourrai pas le lire.
Lire au LP : Ah bon. Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous dérange ?
Maryline : Je ne sais pas, je n'arrive pas à lire devant des enfants. (rires) Je préfère que ce soit une bibliothécaire qu'il la lise. Je sais que d'ailleurs il y en a plein dans la classe qui ne veulent pas la lire.
Lire au LP : Pourquoi ? Parce que c'est votre histoire ? Ou parce que vous n'aimez pas lire devant les enfants ?
Maryline : Je n'aime pas lire, mais même devant des grands. Les enfants, moi je trouve ça impressionne quand même, parce que leur avis c'est important.
Lire au LP : Et qu'est-ce qui vous impressionne dans les enfants ?
Maryline : Je ne sais pas. Parce que on ne sait pas trop ce qu'ils vont en penser et ... donc pour ça je préfère ne pas la lire (rires).
Lire au LP : Vous dites ça, parce que c'est votre histoire. Donc vous vous dites qu'est-ce qu'ils vont penser de mon histoire ?
Maryline : Oui voilà c'est ça.

Ecrire, ça demande du travail

Même si la diffusion des textes, par le biais de la lecture orale, a pu paraître à certaines une épreuve - la confrontation avec son lectorat n'est pas toujours ce que l'écrivain préfère -, au bout du compte les élèves ont apprécié " l'expérience ". Elles l'ont trouvé intéressante. Aurélie en tire un bilan assez complet.

Lire au LP : Si vous deviez résumer ce que vous avez découvert en faisant ce projet d'écriture, vous diriez quoi ?
Aurélie : Ça demande du travail. Juste déjà le livre, après l'illustration, c'est encore pire.
Lire au LP : Et qu'est-ce que vous avez découvert encore
Aurélie : C'est intéressant à faire. Ça demande de la patience. Mais après quand on sait ce qu'on veut faire, on peut y arriver. Si la prof nous dit on va refaire, moi je lui dis d'accord .
Lire au LP : Et si elle ne vous le dit pas, vous le ferez quand même ?
Aurélie : ... Je ne sais pas, ça c'est différent.

Quant à la conclusion, elle revient à Mégane qui affirme qu'elle aimerait bien continuer d'écrire des livres d'autant qu'elle aime inventer des histoires. Cependant, elle précise : "Si j'en refais ce sera toute seule".

Lire au lycée professionnel, n°44, page 13 (03/2004)

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