Presse

Metro, un quotidien pas comme les autres

Marie-Cécile Guernier

Notre époque résonne
telle une porte close
et nous comment fait-on
sur quelle idée
l'on se repose
Tarmac

Depuis mars 2002, quelque chose a changé tôt le matin dans le métro lyonnais. Les passagers encore endormis se sont transformés en lecteurs de presse assidus. On les voit plonger dans la lecture du quotidien Metro qui leur a été donné gracieusement juste avant qu'ils ne s'engouffrent dans les boyaux du transporteur sous-terrain.

Quelque chose a changé

Metro fait maintenant partie, avec la carte magnétique qui bzitte à chaque borne de contrôle, le portable qui turlututte, de la panoplie du voyageur matinal. Matinal en effet, car dès après huit heures, les stocks étant écoulés, l'accro du quotidien gratuit ne pourra plus assouvir sa fringale de nouvelles brèves. En effet, depuis le début de 2002, Lyon a rejoint les grandes villes du monde1 qui bénéficient de la distribution gratuite d'un quotidien dont la taille des articles est proportionnelle à la durée du déplacement du lecteur.

A priori on ne peut que se réjouir de constater que la presse écrite a encore du ressort et qu'elle parvient à accroître ses lecteurs, dont l'effectif en France baisse régulièrement. Là on constate de visu un appétit pour le quotidien à lire le matin. Ainsi, il suffirait que le journal soit gratuit (pas besoin de chercher sa monnaie2), offert sur le passage du chaland toujours pressé (pas besoin de faire un détour par le buraliste de la rue d'à côté), maniable (on le plie sans problème dans son sac à main), composé d'articles courts (pas besoin de se prendre la tête de bon matin avec des analyses raisonneuses), pour que le geste quotidien de la lecture du journal se généralise. Voilà pour la version optimiste.

Cependant, cet optimisme mérite d'être tempéré. La gratuité de la presse : on ne peut être que d'accord. Mais on sait bien que les coûts de fabrication d'un journal étant énormes, le recours aux seules recettes publicitaires ne peut autoriser d'être ambitieux quant à la qualité du produit. Ce qui fait l'indépendance d'un journal, pour reprendre un slogan bien connu, c'est bien le nombre de ses acheteurs et de ses abonnés. C'est grâce à eux que Le Canard enchaîné vit toujours, mais c'est parce qu'ils sont de moins en moins nombreux que L'Humanité est proche de l'asphyxie. La distribution dans la rue : indéniablement pratique. Mais quid de la prise de connaissance des titres des autres journaux pour éventuellement s'enquérir d'un autre journal que son favori, pour compléter, comparer, s'ouvrir à d'autres manières de voir les problèmes ? Là c'est le geste même de la recherche de l'information qui est transformé. S'informer, ce n'est pas seulement lire régulièrement un quotidien, mais c'est aussi prendre le temps de regarder les kiosques et de faire sa revue de presse personnelle. Dans cette manière de donner "l'information" gratuitement, il y a quelque chose de Big Brother qui inquiète quelque peu. Il est clair qu'avec les élèves ces aspects doivent être abordés. Le travail sur la presse ne consiste pas seulement à leur donner les outils de la lecture du discours journalistique, mais doit être aussi une éducation à l'information dans une perspective civique. Quant à la simplification des articles, là c'est la qualité même de l'information qui est compromise. Rendre compte de problèmes complexes uniquement à l'aide de dépêches de l'AFP ou d'articles très courts finit par relever d'une malhonnêteté intellectuelle. Bien plus, c'est la conception même de ce que doit être l'information qui est mise à mal.

On l'aura compris, la diffusion de cette nouvelle forme de quotidien n'emporte pas mon adhésion3. Alors pourquoi en parler ? Parce que d'une part, il a des lecteurs et parmi eux certains élèves de LP, qui en font une lecture assidue, sinon occasionnelle. D'autre part, parce que les quelques problèmes soulevés rapidement ci-dessus deviennent pratiquement des atouts pour transformer ce journal en outil pédagogique et didactique.

Quelle utilisation en classe ?

En effet, Metro peut constituer un outil de travail tout à fait intéressant avec les élèves. De ces imperfections peuvent naître l'activité pédagogique et une meilleure connaissance de la presse. Son premier atout est qu'il est gratuit et que du coup il constitue un document pédagogique économique. De plus, il est possible de télécharger l'intégralité du journal sur son site www.metropoint.com ; autre moyen de se le procurer à moindre frais, même si on ne fait pas partie des citadins chanceux à qui on le distribue dans la rue.

S'interroger sur la source de l'information

A la différence des journaux "traditionnels", Metro n'a pas à proprement parler une rédaction. Ainsi la majeure partie des articles sont des dépêches de l'AFP. Seuls quelques-uns, en particulier dans les pages locales (rubrique "metrolyon") sont signés. On constate cependant que ces signatures ne correspondent pas aux noms indiqués dans l'ours, qui eux-mêmes ne se trouvent que très rarement au bas des articles. Ainsi le lecteur ne sait-il jamais vraiment exactement qui livre l'information, mais il est sûr qu'elle n'émane (sauf peut-être pour les pages locales) que de la seule AFP et qu'elle n'est pas le produit de l'investigation d'un journaliste grand reporter, correspondant dans un pays étranger, envoyé spécial ou spécialisé dans un domaine. Toutes ces sortes de journalistes ont disparu et avec eux l'information de première main. Bien évidemment, il est nécessaire que les élèves prennent conscience de cet état de fait, non pour stigmatiser le journal gratuit, là n'est pas mon propos, mais pour qu'ils réfléchissent à la construction de l'information et mesurent les conséquences de cette dépersonnalisation du discours journalistique, dont entre autres l'appauvrissement des sources d'information, qui conduit à l'uniformisation de celle-ci. Ceci signifie aussi que des pans entiers de l'actualité ne sont pas évoqués.

Paradoxalement, au milieu de ce no man's land énonciatif, des grands noms de la presse française : Christine Ockrent, Albert Du Roy, s'expriment dans une chronique intitulée "tribune" annoncée en Une. Bon ! Au bas de la chronique, on peut lire : "Metro ouvre cette tribune à ses lecteurs. Envoyez vos contributions, sans oublier votre photo.". On a du mal de croire que des journalistes de la notoriété de ceux cités précédemment aient envoyé leur contribution et leur photo. On a plutôt tendance à penser qu'ils ont été sollicités. Dans quel but ? Apporter une légitimation au journal ? Il est vrai aussi que la tribune du 16 octobre 2002 est tenue par Pierre-Marie Debreuille, ingénieur, membre de l'association Génération République. Peut-on vraiment considérer que ce rédacteur est un "lecteur" ordinaire ? A celui-ci est plutôt réservée la rubrique "Courrier des lecteurs", située à la fin du journal.

Hiérarchiser et classer l'information

La maquette de Metro est sans surprise et ressemble à celle de tous les quotidiens d'information générale. Dans l'ordre, on peut donc lire les nouvelles concernant la France puis le monde. Ensuite le journal est composé d'une suite de rubriques thématiques : "metroéconomie", "metromo-saïque", "metrosports", "metroculture", "metrocourrier", "metrotélévision". Les informations locales sont regroupées dans une rubrique "metrolyon", qui à Marseille doit s'intituler "metromarseille" et ainsi dans chaque ville, et dans la rubrique "metroguide" consacrée aux informations culturelles. La double page de milieu du journal est réservée à un reportage sur des questions très variées le plus souvent liées à un événement particulier : les Journées des communautés urbaines en octobre 2002, une présentation des expositions londoniennes qu'il ne faut pas rater, le référendum pro Saddam Hussein en Irak (16 octobre 2002), le retour du ski de fond par exemple. Enfin, certaines rubriques sont hebdomadaires : "automobile", "high-tech", "voyages loisirs", "immobilier" etc. Il est donc possible avec les élèves de s'intéresser à cette composition pour remarquer qu'il y a une certaine logique et que le lecteur assidu finir par pouvoir construire son itinéraire de lecture personnel. Rien que de bien classique.

En revanche, le classement des informations est déjà plus intéressant à étudier, dans la mesure où la fabrication apparemment cloisonnée du journal du fait de l'absence d'équipe de rédaction, donc de ligne éditoriale définie, entraîne des redondances. Prenons un exemple. Le lundi 20 janvier la Une titre "Discussions très serrées à Bagdad", présente une photo AFP où l'on voit les deux chefs des experts de l'ONU lors de la conférence de presse qu'ils ont donnée à Bagdad et renvoie le lecteur à la page 5 à la rubrique "metromonde" où une dépêche AFP "corédigée" par Pierre Lhuillery titre "La tension monte à Bagdad. Le chef des experts et le directeur de l'AIEA sont en Irak pour exiger plus de transparence". A la même page on peut lire un encadré "Le chiffre du jour" qui indique que 9 bâtiments de guerre ont franchi le canal de Suez en route pour le Golfe ainsi qu'une autre dépêche, non mise en rapport avec la précédente et qui titre "Du matériel indien importé par Bagdad". Sur ce même sujet irakien, on trouve page 3 dans la page "metrofance" une dépêche AFP illustrée d'une photo AFP intitulée : "Manifestation contre la guerre en Irak". A côté, mais sans lien explicite, une autre dépêche : "Chirac s'investit contre la guerre". Page 4, toujours sous la rubrique "metromonde", on lit une dépêche "La crise irakienne en débat à Ankara" illustrée de la photo AFP du chez d'état major américain Richard Mayers ; et un peu plus bas dans la page une autre dépêche "Les Belges défilent contre la guerre". Page 6, à la rubrique "metrolyon" une photo commentée montre la "mobilisation contre la guerre" à Lyon. Ainsi le traitement de la crise irakienne, qui ne constitue en fait qu'un seul sujet, se trouve-t-il disséminé sous des rubriques différentes et a-t-il fait l'objet de 9 articles et titres. Au lecteur de mettre ces différentes informations en rapport les unes avec les autres s'il veut avoir une vision un peu globale des évènements. Ce désordre est bien évidemment à mettre en évidence avec les élèves à qui on peut demander de recomposer le journal de manière à rendre compte d'un même évènement dans ses différents aspects. Metro s'avère là être un excellent fournisseur de dépêches AFP qu'il faut classer et regrouper en fonction de choix éditoriaux que les élèves peuvent préciser et justifier.

Dans le même ordre d'esprit, une même rubrique fait se côtoyer des dépêches de manière tout à fait éclectique. Ainsi, dans ce même numéro du 20 janvier 2003 dans la rubrique "metromonde", on lit la dépêche AFP suivante : "Un Chinois pris de folie meurtrière. Chine. Un Chinois a poignardé 28 personnes en 20mn dans le sudouest de la Chine, faisant cinq morts. L'homme, âgé de 23 ans, était rentré chez lui après avoir travaillé quatre ans dans une autre province. Il a été maîtrisé par un commerçant et un policier après le carnage dont les motifs n'ont pas été expliqués". Plusieurs questions : ce fait divers concerne t-il vraiment le monde ? Que peut tirer le lecteur français de cette information : le sud-ouest de la Chine, c'est immense, on ne sait pas ce qui a pu motiver cet acte, et quel rapport avec le retour après 4 ans d'absence ? L'hypothèse est que cette information est le fait de l'équipe chinoise de Metro, et l'on peut ainsi mesurer les limites d'un quotidien qui ambitionne de couvrir un lectorat mondial.

De la nécessité de la contextualisation

Le recours quasi permanent aux dépêches d'agence et le peu de place accordé au rédactionnel aboutissent à une parcellisation de l'information qui se trouve ainsi présentée de manière éclatée et une parcellisation des évènements qui ne sont ni recontextualisés ni mis en rapport les uns avec les autres. Ce qui donne ce que l'on vient de voir pour le traitement de la crise irakienne, mais qui aboutit aussi à la parution de dépêches dont la compréhension est compromise par le manque de perspectives. Un exemple : toujours dans le même numéro du lundi 20 janvier 2003, on peut lire une dépêche AFP intitulée "Affaire Bessaghir : l'ex-oncle en examen" et dont le texte est le suivant : "Paris. Djilali Diffalah, soupçonné d'avoir fourni les armes dans l'affaire du complot contre Abderazak Besseghir, a été mis en examen, vendredi soir à Bobigny, pour "complicité de dénonciation d'un crime ou délit imaginaire". Il a été écroué à la prison de la Santé à Paris ". Avec une telle dépêche, livrée sèche, le lecteur ordinaire a du mal de voir de quoi il retourne exactement. C'est l'occasion avec les élèves de réfléchir à la transmission de l'information qui suppose que l'on fournisse au lecteur les éléments nécessaires à sa compréhension. La fameuse règle des 5 W. Un exercice peut consister à aller chercher l'information compète dans un autre quotidien et éventuellement de réécrire l'article en veillant à ne pas négliger le lecteur.

Comparer avec les autres quotidiens régionaux ou nationaux

Et en effet, une des pistes de travail possibles avec les élève pour comprendre comment fonctionne un quoti dien consiste à comparer Metro et les journaux nationaux ou régionaux parus le même jour. Tout d'abord, il sera assez facile de remarquer que les quotidiens avec rédaction procèdent à un regroupement des infor-mations et construisent une réelle présentation de celle-ci pour tenter de la rendre intelligente au lecteur. Ensuite, on pourra mettre en évidence, que bien que Metro n'obtienne ses subsides que de publicitaires et donc semble de ce fait affilier à aucune grande idéologie politique4, on peut repérer des choix rédactionnels, ne serait-ce que dans la composition de la Une et de la titraille. Le problème, soulevé précédemment, reste tout de même que ces "auteurs" ne se déclarent pas explicitement. Enfin, en comparant l'écriture desarticles, les élèves devraient être amenés à mesurer les limites d'une presse qui se refuse au commentaire en se contentant de livrer de l'information brute. Comment le lecteur ordinaire peut-il, seul, sans l'aide de l'éclairage donné par une équipe de journalistes, comprendre les causes, conséquences et enjeux d'un évènement ? Or lire Metro c'est prendre connaissance d'une multitude de petites informations, mais peut-on dire que pour autant on est informé ? Au final, c'est à la fonction même de journaliste qu'il faut réfléchir avec les élèves : son rôle dans notre société et notre monde, ses devoirs envers les lecteurs. On voit bien que ce que l'on appelle le traitement de l'information est une nécessité absolue pour rendre l'actualité lisible et qu'il ne peut y avoir de journal sans journalistes qui prennent des positions et s'engagent.

Pour conclure

Ce qui peut passer aujourd'hui pour un phénomène localisé5 et peu visible constitue cependant une mini révolution dans la presse écrite, qui a d'ailleurs vivement réagi à l'intrusion de Metro dans son paysage chaotique6. Et il est vrai que cette nouvelle manière d'élaborer et de diffuser l'information touche aux fondements mêmes des principes de la profession : l'information n'a de sens et de valeur que contextualisée, expliquée, commentée, discutée. Ainsi ce n'est pas tant la question de la gratuité que celle de la qualité du produit qui est posée. Les nouvelles du monde sont données brutes, ce qu'elles disent de la marche de celui-ci et de l'avenir de l'homme ne mérite pas qu'on y prête attention. Et c'est justement parce que Metro développe cette conception de l'information qu'il faut en faire un objet d'étude avec les élèves, non seule ment pour comparer les différentes manières d'informer, mais surtout pour réfléchir à ce que signifie informer et s'informer.

Metro propose un portail : www.metrofrance.com

Qui sommes-nous ?

Metro est un quotidien gratuit d'information lancé à Stockholm en février 1995.

Son concept repose sur des articles courts, des brèves, donnant une place importante à la photographie, autorisant une lecture rapide et complète de l'actualité, et distribué gratuitement. Avec 25 éditions dans 16 pays en 14 langues, Metro est le 3ème plus gros tirage au monde avec, chaque jour, près de 4,5 millions d'exemplaires lus par 12,3 millions de lecteurs.

Lancé en France le 18 février 2002 à Paris et Marseille puis à Lyon le 15 mars suivant, Metro s'est rapidement imposé comme un rendez-vous de lecture incontournable pour plus d'1,3 million de personnes. Avec une moyenne de 20 pages du lundi au vendredi, metro a également créé des rendez-vous consommation (A la maison, Hi-tech, Consommation, Voyages/Loisirs, Emploi/Formation, Automobile) et culture (Musique, Scènes/Expos, Cinéma, Livres, Media/People) hebdomadaires, renforçant ainsi la proximité avec ses lecteurs et ses annonceurs. Metro est distribué à Paris, Lyon et Marseille du lundi au vendredi à 450 000 exemplaires.

Mentions légales

Editeur : Publications Metro France est une SAS au capital de 38.200 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Marseille sous le numéro B 439 396 474. Le siège social se situe 57, rue d'Aix 13001 Marseille Publications Metro France édite entre autres le site www.metrofrance.com Metrofrance.com Directeur de la publication : Per Anders TORNBERG Conception et réalisation : Publications Metro France / Déclics-Multimédia Hébergement du site : Déclics-Multimédia - 6, rue de Verdun 92100 Boulogne Billancourt


(1) 24 éditions quotidiennes dans 15 pays.

(2) Encore qu'à Lyon, ville du Progrès (sans jeu de mots !) s'il en est, les habitants bénéficient aussi de la carte Moneo ( qui rime d'ailleurs avec Metro).

(3) Et je m'étais même jurée de ne jamais le prendre, tant j'avais le sentiment, peut-être excessif, que l'on bradait l'information, voire qu'on manipulait le lecteur. Cependant, je ne suis pas sûre qu'il n'y a pas un peu de cela dans cette entreprise dont la motivation est, il faut le savoir, essentiellement financière. Bien que le journal soit gratuit, les recettes publicitaires sont suffisamment conséquentes pour en faire un produit qui rapporte. Mais devant la généralisation du phénomène et l'intérêt de certains ( en particulier des élèves), je me suis dit qu'il valait mieux de pas demeurer dans la posture de l'autruche. D'où ma tentative de détournement pédagogique.

(4) Encore que bien évidemment s'en remettre au marché relève d'une idéologie politique.

(5) Malgré la diffusion mondiale, Metro est peu connu en France, puisqu'il n'est distribué que dans trois villes, dans le métro le matin avant 8h30. Le lève-tard et l'automobiliste parisien, lyonnais ou marseillais ont peu de chance de pouvoir s'en procurer un exemplaire. Quant aux autres Français...

(6) Voir à ce propos l'article de Marie BENILDE dans Le Monde diplomatique de novembre 2002 et intitulé : "Arrivée des journaux gratuits et de messageries privées. Menaces sur la distribution de la presse".

Lire au lycée professionnel, n°43, page 12 (09/2003)

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