Notes de lecture

Haïti, soleil noir
Nick Lake.
Gallimard Jeunesse, 2013, 360 pages

2010, un tremblement de terre ravage l'île. Des milliers de gens se retrouvent ensevelis sous les décombres, dont le narrateur. Comme enfermé vivant dans un cercueil, il ne peut pas sortir, il a faim et soif, il n'est "plus qu'une voix dans l'obscurité". Il nous raconte, sa naissance, sa vie dans la Cité Soleil, le meurtre de son père, l'enlèvement de sa soeur jumelle, Marguerite, tellement merveilleuse, "tellement pleine de trous que l'univers pouvait s'y engouffrer". Il nous raconte cette terrible vie dans le bidonville où chaque jour est une lutte pour survivre car "il n'y a pas d'enfants à Cité Soleil, juste des gens plus petits et tout aussi affamés, ou des gens plus petits et morts". Ces souvenirs, ces bribes de vie surgissant sans vraiment d'ordre permettent au narrateur de tenir, sous les gravats. Il nous les livre, brutalement, sans pudeur, et c'est magnifique.

En parallèle du récit est retracée l'histoire d'Haïti et de son libérateur, Toussaint Louverture : la révolte, le sang, la liberté... Un livre magistral, une écriture poignante, des pages d'une poésie tragique extraordinaire, le lecteur est tout simplement saisi.

Recommandé aux enfants de plus de 15 ans car certaines évocations et scènes pourraient choquer.

Catherine Bergeron.

Lire au lycée professionnel, n°73 (03/2014)

Lire au lycée professionnel - Haïti, soleil noir