Notes de lecture

Julia Billet
L'école des Loisirs, 2012

La maison de Sèvres, près de Paris, est une pension où Catherine, qui se nomme en réalité Rachel, perfectionne très vite des aptitudes pour la photographie grâce au savoir-faire d'un prisonnier évadé.

Nous sommes en 1940, la loi antisémite vient d'être promulguée en France et cette école d'avant-garde sert de refuge à des enfants juifs confiés à la directrice, qui vogue à contre vent et à son équipe d'adultes dévoués à ces pensionnaires.

Mais Paris est bientôt occupé et commence pour ces enfants un pénible exode à travers la France libre au gré d'engagements et de bonnes volontés de particuliers ou d'institutions, ceux-là même qu'on appellera "justes".

Au cours de ces déplacements forcés, se nouent et se défont des amitiés tandis que la narratrice développe à la fois ses talents pour la photo et une personnalité énergique et pleine de ressources au coeur des aléas de la guerre jusqu'à la Libération.

Ce récit à la première personne suscite l'intérêt dès les premières pages et le retient jusqu'à la dernière ligne grâce à une écriture qui parvient à traduire aussi bien les moments de tendresse et de joie que la solitude et les peurs.

On accroche très vite grâce aux personnages, les trois amis, Sarah, Jeannot et la narratrice, qui mettent en place avec d'autres "La République des enfants" et un journal, La voile au vent, sous la protection bienveillante de leur directrice, Goéland et de Pingouin qui enseigne la photographie. Catherine va vivre sa fuite, illuminée par l'esprit de cette maison de Sèvres qui est un lieu de paix et de liberté où sont donnés des surnoms d'animaux aux uns et aux autres : Taupe à la Cuisinière, Abeille à la bibliothécaire ... Elle survivra à cette terrible période aussi grâce à ses rencontres et à sa passion pour la photographie qu'elle utilisera pour partager et témoigner avec des images de "sa guerre".

Paule Kuffler

Lire au lycée professionnel, n°69 (11/2012)

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