Notes de lecture

Ces années blanches
Julie Jacob-Coeur.
Thierry Magnier, 2011

Marie est une jeune lycéenne, qui pourrait ressembler à tous les autres jeunes. Sa vie semble se dérouler tranquillement entre les cours au lycée, la perspective du Bac de français, sa bande de copains et ses entraînements de volley. Mais tout cela n'est qu'apparence. Car sa vie de famille est compliquée : Marie a une grande soeur, Rose qui était sans doute son modèle quand elle était plus jeune. Mais aujourd'hui, Marie la déteste car Rose lui gâche la vie. Rose est une droguée, violente, agressive, qui fait souffrir ses proches.

"Marie voit parfois la vie comme une guerre. Un champ de bataille où, même si on a des compagnons de route, des amours, une famille, des rêves, au bout du compte on reste seul. On ne sait jamais qui sera là dans un jour, dans un mois, dans un an. Les autres vous quittent, changent. Marie aussi est partie, est revenue, a changé. Elle ne sait pas contre qui elle combat, qui est l'ennemi. Elle sait simplement qu'il y a des champs de bataille de partout..."

C'est un roman très fort car le sujet abordé est traité dans toute sa violence, sans faux-semblant. Les réalités ne sont pas édulcorées. Au-delà de la drogue, toutes les formes de violences sont évoquées : violence des coups portés par un père intégriste sur son fils, violence des coups portés par une soeur en manque, violence de la mort d'un père aimé, etc. Que ce soit le personnage principal ou ses amis, le lecteur se trouve plongé dans des vies difficiles, sans concession. Malgré tout, l'optimisme reste de mise car l'idée principale qui traverse tout le roman, c'est que chacun est maître de son destin et peut changer le cours des choses ou du moins accéder au bonheur.

Ce roman est également original car il ne traite pas de la drogue à travers les yeux du drogué. Rose est pratiquement inexistante dans le roman. Le véritable sujet, ce sont ceux qui comme Marie souffrent à cause du drogué : les parents qui ne comprennent pas et portent un fort sentiment de culpabilité, les frères et soeurs qui essaient de ne pas sombrer et d'exister malgré une famille éclatée, ou encore les grands-parents qui ne peuvent que souffrir à distance en se demandant ce qu'on leur cache.

À réserver aux plus grands pour la violence du sujet, l'écriture suffisamment simple permettant au plus grand nombre d'entre eux de comprendre ce roman.

Delphine Barbirati.

Lire au lycée professionnel, n°67 (01/2012)

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