Notes de lecture

On les aura - Carnet de guerre d'un poilu (août, septembre 1914)
Barroux.
Seuil, 2011

Un très beau roman graphique né d'une rencontre fortuite, celle d'un cahier jeté sur un trottoir parisien lors d'un déménagement et d'un illustrateur : Barroux, qui passe, se penche et l'emporte. Puis il lit le cahier et décide de l'illustrer en conservant le texte dans son intégralité.

Barroux crée une ambiance graphique étonnante à partir du témoignage d'un poilu. Il raconte ici le récit des premières semaines de mobilisation durant l'été 1914, la séparation, les trajets en train vers des destinations inconnues, les débuts de la guerre, l'attente insoutenable du courrier d'un être cher, les nuits dans les granges mais aussi la peur lancinante, le mois de juillet où les soldats pensent encore à la victoire jusqu'à son rapatriement suite à une blessure au bras. Le journal s'arrête là, un certain jour de septembre 1914. Son carnet de chant qui l'accompagne est alimenté quant à lui jusqu'en mai 1917...

Barroux a opté pour un traitement au crayon avec un trait charbonneux. Ses dessins bruts rendent bien compte de la situation des soldats ; ils s'attachent aux paysages traversés, aux corps en marche ou au repos, marqués par l'ennui ou par la fatigue. Ici, la guerre est montrée à l'état brut et elle n'a rien d'héroïque. On pourrait en venir à se demander si cette histoire est vraie... oui elle l'est.

Barroux propose une copie du cahier qui fait de ce roman graphique un témoignage précieux et un récit poignant d'une période qui a vu disparaître les derniers poilus.

Laetitia Dubuis.

Lire au lycée professionnel, n°67 (01/2012)

Lire au lycée professionnel - On les aura - Carnet de guerre d'un poilu (août, septembre 1914)