Notes de lecture

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre
Ruta Sepetys.
Gallimard Jeunesse, 2011

On a beaucoup écrit sur la Seconde Guerre mondiale, tellement qu'on pourrait croire que tout a été dit. Et pourtant, Ruta Sepetys signe là un roman bouleversant sur un sujet auquel on s'est peu intéressé.

En 1939, les trois États baltes sont envahis par l'Union soviétique. En cette période de guerre, Lina est une jeune lituanienne très douée pour le dessin. Une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques emmènent Lina ainsi que sa mère et son petit frère Jonas. Sa famille est accusée de comploter contre le régime soviétique. Elle est déportée en Sibérie.

Survivre à tout prix devient la priorité de tous ceux qui se font arrêter. Faire passer à son père condamné à mort dans un autre camp des indices pour les retrouver est la priorité de Lina, malgré les risques.

L'histoire est captivante. Pour un livre jeunesse, le récit est mature et intense. D'ailleurs, dans certains pays, cet ouvrage n'est pas classé en littérature jeunesse. L'auteur s'est beaucoup documenté ce qui rend le roman très riche en apprentissages sur cette période et sur l'histoire de ces États rayés de la carte pendant plus de 50 ans. Le rythme tient en haleine le lecteur. Les personnages secondaires sont importants et très intéressants. Les caractères sont vraiment bien dépeints. Aucun manichéisme, aucun jugement sur la façon de réagir face à l'horreur du kolkhoze et aucun pathos. Ce roman est une belle réussite.

Laetitia Gemin.

Lire au lycée professionnel, n°67 (01/2012)

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