Notes de lecture

Il se peut qu'on s'évade
Cathy Ytak, photos Gérard Rondeau.
Thierry Magnier, 2011, "Photo-romans"

Rappelons tout d'abord le principe de cette collection : une série de photographies - ici, celles de Gérard Rondeau - est confiée à un auteur, dans notre cas, Cathy Ytak, qui doit alors créer une histoire à partir de ces clichés. Les deux artistes ne se connaissent pas. Voici ce que nous propose Cathy Ytak.

Peter Skoresen, héros de l'histoire, se raconte : il a 23 ans, d'origine danoise, et est un adulte hors norme, "à part". Enfant, il était très doué, apprenait tout, se souvenant de tout, mais au comportement étrange : il ne semblait manifester aucune émotion. Jusqu'à ses 9 ans où, en entrant dans un musée de peinture, il "ressent" : "j'ai eu envie de pleurer et de rire...".

Sa vocation est toute trouvée : il sera gardien de nuit dans un musée.

Il aime le silence qui l'entoure, qui lui permet de s'immerger totalement dans les oeuvres, qu'il apprend à connaître dans les moindres détails.

Mais un jour des travaux sont entrepris dans le musée : Peter doit travailler de jour. Le bruit incessant, la foule, les mouvements... viennent bouleverser l'équilibre de Peter.

Ce roman met en scène un personnage en très grande difficulté comportementale et relationnelle, mais pour lequel nous éprouvons très vite de l'empathie. La manière dont Peter se raconte, se livre en quelque sorte aux lecteurs, le rend très attachant et également très crédible.

Cathy Ytak fait preuve d'une extrême sensibilité pour nous décrire son personnage. Elle nous offre également une très belle réflexion sur l'art en général, la peinture, la sculpture, la photographie.

Je vous recommande la lecture de ce court roman : à proposer à vos élèves, notamment pour l'intérêt culturel et une belle approche des arts.

Virginie Chavant.

Lire au lycée professionnel, n°67 (01/2012)

Lire au lycée professionnel - Il se peut qu'on s'évade