Notes de lecture

Deux filles sur le toit
Alice Kuipers.
Albin Michel, 2011

Ne t'inquiète pas pour moi, précédent roman d'Alice Kuipers, avait été un véritable coup de coeur, bouleversant, poignant, original de part sa forme (un échange de post-it sur le réfrigérateur entre une mère malade et sa fille). C'est donc avec beaucoup d'intérêt que je me suis lancée dans la lecture de Deux filles sur un toit. Et je n'ai pas été déçue, bien au contraire.

L'auteure aborde de nouveau une thématique dramatique : le long et douloureux travail de deuil d'une adolescente. À travers son journal intime, Sophie nous livre ses pensées, ses états d'âme, ses coups de colère. Nous découvrons, nous ressentons ce que vit au quotidien cette adolescente qui tente, difficilement, de se reconstruire après la perte de sa soeur Emily.

Que s'est-il passé un an plus tôt ? Nous ne l'apprendrons qu'à la fin du roman. Car Sophie ne veut plus y penser. Elle préfère évoquer les souvenirs heureux avec Emily, quand toutes deux s'installaient sur le toit, pour discuter.

Mais vivre dans le déni, refuser d'accepter, de communiquer sur ce drame, se traduit par une anxiété extrème, un état de détresse absolu. Sophie se sent seule, abandonnée, sa mère s'enfermant depuis un an dans son chagrin et refusant toute communication avec sa fille.

Puis, peu, Sophie va apprendre à mettre des mots sur sa douleur, son chagrin, son malaise, aidée en cela par Rosa-Leigh, qu'elle a rencontrée au lycée et qui va l'ouvrir à la poésie.

Alice Kuipers nous offre de nouveau un texte fort, bouleversant, tragique, mais également teinté d'espoir, d'amour. À ne pas manquer.

Virginie Chavant.

Lire au lycée professionnel, n°66 (11/2011)

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