Actualité du livre

Warp - t. 1, L'Assassin malgré lui
Eoin Colfer. Traduction Jean-François Ménard.
Gallimard, 2013

Londres 1898, Riley, 14 ans, doit faire ses preuves en commettant son premier meurtre. Il n'a pas le choix, ce n'est qu'à cette condition que Garrick, son mentor, un illusionniste devenu assassin, lui laissera la vie. Cette épreuve initiatique ne se déroule pas du tout comme l'avait imaginé le redoutable Albert Garrick. En effet, le vieil homme qui dort dans la pièce où tous deux se sont introduits, est vraiment poignardé, mais c'est la poigne de fer de Garrick qui a forcé la main de Riley. Et au moment où la victime expire, le cadavre et l'adolescent qui n'a pas lâché l'arme, se retrouvent brutalement projetés au XXIe siècle dans cette même chambre du crime. Dans cette pièce, Chevron Savano, une jeune agente stagiaire au FBI monte la garde devant un engin étrange entouré d'ordinateurs vieillots. Elle participe à une mission secrète pour le WARP (Witness Anonymous Relocation Programme : Programme de Relocalisation Anonyme de Témoins). Ce programme, basé sur la théorie du "Trou de Ver", permet de voyager dans le temps, pour exfiltrer vers le passé des témoins importants. C'est donc là, dans ce repaire secret du FBI, qu'atterrissent Riley et sa victime, directement en provenance de l'époque victorienne. Ce que ne sait pas encore Chevie, c'est que le mort est l'inventeur de la clé temporelle, exfiltré lui-même depuis plusieurs décennies. Ce que ne savent pas encore ses coéquipiers, c'est qu'ils sont en danger de mort. Car, Garrick, enthousiasmé par la scène à laquelle il a assisté et qu'il a prise pour de la magie, est prêt à tout pour retrouver Riley et le bizarre objet lumineux que sa victime avait dans la main... C'est le départ d'une course poursuite haletante entre le monde d'aujourd'hui et le Londres sordide de Jack l'éventreur.

Dans cette nouvelle série, le lecteur retrouvera l'imagination fertile d'Eoin Colfer et son humour éclectique. Son travail sur la langue, que le traducteur Jean-François Ménard s'est attaché à rendre, est remarquable. Les dialogues, pétillants, utilisent le décalage entre la langue du XIXe de Riley et le parler d'aujourd'hui : "Ne bouge pas ou je te refroidis. Une faible voix s'éleva du nuage orange : J'ai déjà très froid, miss. Parole !". Les clins d'oeil ou références sont nombreux : scientifiques avec la théorie du trou de ver ; littéraires, avec Anthony Horowitz, G.H. Wells ou Dickens, Riley et Garrick ayant de nombreuses similitudes avec Oliver Twist et Fagin ; musicales avec le "Yellow Submarine" des Beatles ; télévisuelles ou filmiques, car on ne peut s'empêcher de penser aux séries télévisées ou aux films de science-fiction des années 70 ou 80 dont les héros étaient dotés d'un matériel, pour l'époque, ultra moderne et qui aujourd'hui, nous fait sourire. Le départ, vers le XIXe siècle, de la fine équipe d'espions de Félix Smart, le chef de Chevie, dans un vacarme métallique et un épais brouillard orange, est un grand moment de lecture !

Bonne chance à Riley dont nous attendons la suite des aventures avec impatience !

Mots-clés : humour, espionnage, voyage dans le temps / À conseiller à partir de la 4e et après

Françoise Silvestre.

Lire au collège, n°96 (05/2014)

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