Actualité du livre

Nos étoiles contraires
John Green. Traduction Catherine Gibert, Nathan, 2013.

Hazel et Gus sont deux ados qui vont tomber amoureux. Une belle histoire d'amour ! Rien de très original, si ce n'est que ces deux-là se sont rencontrés dans un groupe de soutien qui rassemble des jeunes malades du cancer.

La maladie est ici un personnage à part entière, qui détermine les élans et les renoncements de tous les acteurs de cette histoire, en fonction des remissions et rechutes. Elle est le fil qui les relie, les fait se comprendre. Elle est la plus grande part de leur intimité et au coeur de tous les actes de leur vie quotidienne. Mais finalement comme pourrait l'être d'autres contraintes qui façonnent d'autres vies. L'idée de la mort est toujours présente en filigrane, Hazel étant en rémission mais se sachant condamnée. Mais la dimension tragique fait la part belle à l'envie, l'élan, l'optimisme, la réalisation de ses rêves... Autant de choses qui manquent cruellement à beaucoup de personnes qui ont un temps de vie beaucoup plus long !

L'amour de la littérature et le mystère d'un roman qui s'arrête en plein milieu d'une phrase, privant les lecteurs d'une "vraie fin", suscite la curiosité d'Hazel et de Gus et va les entraîner vers des horizons auxquels ils ont su croire. C'est l'autre fil rouge de l'histoire.

En suivant ces personnages, on comprend que l'acceptation de l'idée de la mort permet de mieux vivre, même brièvement : "Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limité. J'en suis heureuse" avoue Hazel.

Le tout étant traité avec beaucoup de finesse et d'humour, ce qui en fait un livre poignant, mais à la lecture duquel on passe un très bon moment, passant du rire aux larmes.

Mots-clés : cancer, mort, amour, amitié, littérature / À partir de la 4e

Delphine Dussert.

Lire au collège, n°96 (05/2014)

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