Discours du Général Idi Amin Dada dans l'extrait étudié (de 13m10' à 19m34') de "Général Idi Amin Dada, autoportrait" de Barbet Schroeder (1974)

[Amin] Vous voyez, le lion, si vous ne le dérangez pas, il ne peut pas vous faire de mal. J'aime aussi beaucoup les éléphants parce qu'ils sont un signe de libération, de liberté et qu'ils bougent librement. L'éléphant a besoin de beaucoup d'espace. C'est comme ça, un éléphant. Et c'est un symbole que vous pouvez voir en Afrique. Il y a beaucoup de territoires où l'éléphant peut se déplacer en liberté. Il peut manger largement sans être dérangé. Et vous le trouvez uniquement en Afrique. Et c'est pourquoi vous trouvez que l'animal sauvage est surtout libre en Afrique. Et... euh... c'est actuellement ce que j'essaie de faire ici en Afrique. La raison pour laquelle je suis très populaire, c'est ma politique dans toute l'Afrique et pour tous les peuples d'Afrique qui exige la liberté pour ses peuples. Ils m'ont demandé de dire à leurs chefs politiques de leur accorder la liberté. Et c'est la même politique que j'ai menée ici en Ouganda... Parce qu'ici, j'ai donné une indépendance économique totale au peuple d'Ouganda.

[Un homme] Combien de crocodiles y-a-t-il ici ?

[Amin] Beaucoup, oui. Et c'est un très bon endroit pour les crocodiles. C'est le quartier général du crocodile, comme vous le voyez. Vous voyez comme il court très vite. Je pense que ce doit être le capitaine des crocodiles. Oui. Il me comprend maintenant. Il bouge. [Amin tape dans ses mains]. Il est très grand. Oui. Oui, très bien. Oui. Et nous sommes en train de nous diriger vers le quartier général des crocodiles où l'on trouve beaucoup d'oeufs et ils produisent beaucoup de petits.

Nous y allons maintenant et c'est un endroit très attractif. Et vous pouvez voir ici des centaines de crocodiles. Il y a des milliers d'hippopotames, vous voyez ? Des pintades là sur leur dos. Vous voyez ? Des pintades. Et cet éléphant est vraiment grand. Vous voyez ? Et ici, c'est un endroit où vous pouvez trouver plus de crocodiles que n'importe où au monde. À cet endroit. [Il salue l'éléphant.]

[Il parle swahili.] Nous disons, "comment allez-vous ?". Il rit. Très bien. Il mange. Il rit. Il me salue aussi. Et même ce crocodile est en train de nous regarder.

"Est-ce que je peux te demander de bouger ? Euh... On veut vraiment voir ça."

[Il parle swahili.]

[Amin] Vous voulez que je lui demande de bouger?

[Une femme] Oui.

[Amin] [Il tape dans ses mains.] He ! Vous voyez, il ouvre sa bouche pour que les fourmis rentrent dans sa bouche et qu'il puisse les manger. C'est pour cette raison qu'il ne veut pas être dérangé. Il dort. Et la plupart d'entre eux couvent leurs oeufs à cet endroit. En bas.

[Une homme] Vous étiez en train de nous dire que vous pensiez que le Nil est un lien entre votre pays, le Soudan et l'Égypte. Mais pendant des siècles, il a été un enjeu de conflit entre les populations arabes et africaines. Qu'en pensez-vous ?

[Amin] Oui, il l'a été parce que les leaders politiques arabes avant n'étaient pas des leaders révolutionnaires. Mais aujourd'hui, alors que je suis leader révolutionnaire, je veux rassembler les mondes arabe et africain, ainsi qu'asiatique et européen. Et, ainsi, nous, leaders révolutionnaires, nous voulons être gentils avec tous les peuples pacifiques du monde entier. Et c'est vraiment très apprécié par la plupart des leaders révolutionnaires arabes. C'est pourquoi vous trouvez aujourd'hui plus d'unité entre Africains et Arabes qu'auparavant, particulièrement pendant mon séjour au Moyen Orient. J'ai rendu visite à beaucoup de pays et je les ai rassemblés en une seule famille. Vous voyez ? L'éléphant est entraîné par l'eau. Je pense qu'il ne peut pas sortir. [Il rit.] C'est une très belle image que vous pouvez faire. C'est la plus belle partie du continent africain qu'on a l'habitude d'appeler les chutes de Madison mais maintenant on les appelle les chutes du parc national Kabalega. Ce sont elles et c'est une attraction touristique.

Lire au collège, n°95 (02/2014)

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