Le dessin d'humour

Le dessin d'humour peut faire l'objet d'une brève séquence ou être inséré à l'intérieur d'une séquence plus large. Après avoir fait apparaître, au préalable et exemples à l'appui, l'extrême relativité du rire et du sourire qui varient d'une culture à une autre, d'une classe sociale à une autre, d'une génération à une autre, d'un individu à un autre, on choisira d'appréhender la dimension argumentative du dessin d'humour.

Un groupement de quelques dessins (empruntés par exemple à Cabu, Searle ou Plantu) conduira, dans une première séance, à repérer les éléments constitutifs du dessin d'humour :

  • description générale du contenu des dessins ;
  • observation des éléments plastiques (lignes et masses, contrastes et modelés, ombres et couleurs, etc.) ;
  • observation des éléments figuratifs (identification des personnages, ressemblance et déformation, caricature, etc.) ;
  • observation des indices linguistiques (titres et légendes, bulles, paroles citées, etc.) ;
  • repérage des énonciateurs et modalisations ;
  • orientation du message du dessinateur (constatation, contestation...) ;
  • réception et interprétation (hypothèses de lecture).

Une seconde séance est consacrée à la mise en place du contexte (contexte de la publication, contexte historique, politique, événementiel, culturel). On peut établir des comparaisons avec des exemples anciens (comme le fameux portrait-charge de Louis-Philippe en "poire"), pour montrer comment le dessin d'humour est fortement ancré dans l'actualité qu'il saisit au bond et implique des savoirs supposés acquis et partagés par les destinataires. Les rapprochements qu'il effectue entre deux ou plusieurs événements simultanés (comme les dessins de Plantu par exemple) renforcent le caractère éphémère de sa lecture.

Une dernière séance est consacrée à l'interprétation et à l'évaluation : effet d'ironie avec une cible désignée, humour plus radical (par l'absurde par exemple), dessin d'humour sans texte (comme ceux de Savignac), qui permet de comprendre que l'image peut à elle seule dénoncer, contester, polémiquer... ou se mettre parfois au service d'un pouvoir en place1.


(1) Document d'accompagnement des programmes de français pour la classe de 3e, 2008, p. 20.

Lire au collège, n°95 (02/2014)

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