Pratiques

Enseigner les SES avec un tableau blanc numérique

Christian Feytout (lycée Sud-Médoc, Le Taillan-Médoc), Thierry Larribe (lycée Louis-Barthou, Pau), Adrien Meunier (lycée Pape-Clément, Pessac), Laurent Merle (lycée Jean-Monnet, Blanquefort), avec la collaboration des membres du Groupe informatique disciplinaire aquitain de SES. Coordination : Philippe Rascle (lycée François-Mauriac, Bordeaux).

Que faut-il attendre de l'usage d'un tableau blanc numérique pour l'enseignement des SES ? S'agit-il simplement d'un produit nouveau dans la panoplie des moyens techniques disponibles, à côté du rétroprojecteur ou du lecteur de DVD par exemple ? Doit-on au contraire le considérer comme le média universel susceptible, dès à présent, de remplacer ou d'intégrer dans la classe les médias "classiques"? Dans ce cas, au regard de ses multiples possibilités, faut-il encore ranger le tableau blanc numérique parmi les technologies de l'enseignement ou bien admettre qu'il impulse de nouvelles manières de faire la classe ? Des collègues de l'académie de Bordeaux ont voulu se saisir de ces questions importantes pour la pédagogie de la discipline : ils témoignent ici de leur expérience et exposent leurs pratiques professionnelles du nouvel outil.

Encore confidentielle à la fin des années 1990, l'utilisation du tableau blanc numérique est actuellement en passe de s'accélérer grâce aux financements des collectivités locales et à la baisse des prix du matériel. Au-delà de son opportunité technique, quel est l'intérêt pédagogique réel de cette innovation ? Pourquoi ses utilisateurs, même débutants, sont-ils rapidement convaincus de la nécessité du nouvel outil ? En quoi fait-il progresser leur pratique de l'enseignement ? Loin de prétendre épuiser un sujet de réflexion vaste et prometteur1, nous donnerons plutôt des exemples concrets d'usages pédagogiques empruntés à l'expérience quotidienne de classes de SES.

Quelques aspects techniques

Rappelons d'abord brièvement la nature du dispositif technique qui intègre et forme l'environnement du tableau blanc numérique2. Trois composants matériels sont interconnectés : un micro-ordinateur, accessible depuis le bureau du professeur, un vidéoprojecteur grand angle et le tableau blanc interactif (voir schéma ci-dessous)3.

La notion d'interactivité doit être comprise en un sens technique : le tableau et l'ordinateur sont en interaction dans la mesure où le tableau affiche les applications lancées par l'ordinateur (fonction écran) et, réciproquement, que les traces écrites sur le tableau peuvent être enregistrées par l'ordinateur, soit séparément (fonction tableau blanc), soit en superposition des pages d'applications (fonction annotation)4. Cette interactivité est permise par l'installation d'un logiciel spécifique auquel est asservi le tableau et qui présente, en fonction des fabricants, des fonctionnalités plus ou moins étendues. Par exemple, les principaux systèmes présents sur le marché affichent à l'écran une palette d'outils que l'enseignant va sélectionner et activer par une simple pression du stylet de commande sur le "bouton" numérique choisi (voir ci-dessous la palette de ressources offertes par le logiciel Activboard de Promethean). Pour faciliter la participation des élèves, il est possible de faire circuler dans la classe une tablette graphique qui reprend ces fonctionnalités, mais un simple clavier associé à une souris sans fil donne aussi de bons résultats.

On perçoit déjà le potentiel du tableau blanc interactif (TBI) : en saisissant le stylet du tableau blanc à la place de la craie du tableau noir, le professeur dispose non seulement d'un outil d'écriture mais aussi d'un instrument de commande à distance de l'ordinateur (fonction souris) qui va lui permettre de lancer les applications voulues, d'accéder à des ressources en ligne5 et de travailler sur les documents devant la classe.

Le TBI : une "révolution" pédagogique ?

Pourquoi peut-on probablement considérer le TBI comme le tableau de l'avenir ? Il y a des raisons simples à cette perspective, et d'autres plus fondamentales. Les premières pourraient être qualifiées d'anecdotiques, mais ce serait méconnaître leur importance pratique. C'est d'abord parce qu'il est un tableau que le nouvel outil va prendre une place centrale dans les classes. Depuis toujours, l'enseignement s'est organisé autour d'un support d'exposition autour duquel convergent les activités du professeur et des élèves. L'usage construit du tableau, préparé ou improvisé, est une composante essentielle du métier d'enseignant : dans cet espace figuré des savoirs, reproduit sur le cahier des élèves, on peut souvent juger de la clarté et de la pertinence de la démonstration. Avec cette "révolution douce" opérée par le TBI, rien ne change dans ce dispositif pédagogique séculaire : plus que jamais, le tableau concentre l'attention et l'activité de la classe. Et pourtant, tout a changé : le tableau s'anime désormais de toutes les virtualités de l'informatique. Par ailleurs, ce n'est pas succomber à l'air du temps que de souligner la convergence effective des attentes des élèves, marqués par la culture contemporaine de l'image, et la capacité nouvelle du professeur à produire devant eux des supports multimédia riches en informations.

Mais si le succès du TBI est prévisible à long terme6, c'est parce qu'il bénéficie fondamentalement d'un avantage comparatif sur les configurations pédagogiques classiques. On peut décliner cet avantage à plusieurs niveaux :

  • la facilité de création des pages de tableau blanc, puis de navigation entre ces pages ; par exemple, le professeur pourra noter le déroulement de la séquence sur une page (page de plan) et dédier une page à chaque activité de la séquence (pages de développement), toutes les pages restant consultables, modifiables et reclassables à tout moment ;
  • la capacité d'intégration multimédia du TBI ; par exemple, le professeur partira d'un plan détaillé du cours qui renverra, grâce à des liens hypertextes7, vers des documents de toute nature : textes, tableaux, graphiques, schémas, cartes, enregistrements sonores, vidéo, pages Web, animations multimédia8, etc. ;
  • la combinaison et l'annotation de ces ressources : le TBI donne ici pleinement sa mesure ; par exemple, dans le cadre de l'étude d'un texte projeté à l'écran, le professeur pourra copier-coller un passage important sur le tableau blanc et réaliser au-dessous un schéma d'implication pour en décomposer le raisonnement ; mais il pourra aussi bien, quelle que soit l'application bureautique utilisée (traitement de texte, tableur/ grapheur, présentation assistée par ordinateur, etc.), annoter directement les documents présentés (souligner et surligner, commenter, dessiner, etc.) pour mieux les articuler à ses explications orales9 ;
  • l'enregistrement et la conversion des ressources exposées : à la fin du cours, le professeur peut sauvegarder le "film" de la séquence et, après conversion10, le mettre sur Internet à la disposition des élèves qui pourront "rejouer" ainsi la séance sur un ordinateur de l'établissement ou sur leur propre équipement informatique. Cette possibilité est grandement facilitée par le recours à un environnement numérique de travail11 comme celui proposé dans l'académie de Bordeaux sur le serveur du Catice (Centre académique des technologies de l'information et de la communication).

Comme on va le voir, l'innovation technique du TBI détermine des pratiques d'enseignement novatrices susceptibles de renouveler l'intérêt de nos élèves pour la matière. Il est même probable que leur diffusion dans les classes infléchisse, à terme, la nature des objets d'étude inscrits aux programmes de SES.

Texte associé : Groupe informatique disciplinaire aquitain

Des opportunités pour l'enseignement des SES

Qu'apportent un tableau blanc numérique et un environnement numérique de travail (ENT) à l'enseignement des sciences économiques et sociales ? Surtout quel(s) bénéfice(s) l'articulation de ces deux outils procure-t-elle à l'enseignant ? Cet article tente d'apporter des éléments de réponse à ces questions, des arguments issus de ma pratique pédagogique12. Il faut y voir là plus un témoignage qu'une analyse "théorisée".

Le déroulement type d'un cours

Avant le cours, les documents qui vont être utilisés durant la séance sont copiés sur le disque dur de l'ordinateur depuis une clé mémoire USB ou téléchargés à partir de l'ENT Argos. Le tableau numérique est calé en mode annotation (cas le plus fréquent) et affiche la dernière page d'écran de la séance précédente ("Où en est-on resté ?").

Durant le cours, en suivant la fiche de guidage, le professeur mobilise sur le tableau numérique des ressources multimédia diverses (manuel, texte, graphique, tableau statistique, extrait sonore, extrait vidéo, exercices interactifs). Il se sert du stylet pour animer la séance en cliquant sur les liens hypertextes et en annotant les documents projetés sur l'écran.

À la fin du cours, les documents réalisés avec le tableau numérique sont sauvegardés sur le disque dur puis, une fois enregistrés au format HTML, postés sur l'ENT à destination des élèves.

La fiche de guidage

Cette fiche, éditée au format Word sur le tableau numérique, comporte trois colonnes : les références des documents du manuel à utiliser, le plan du cours avec un questionnement, les notions du cours à maîtriser. La fiche est à la disposition des élèves, en téléchargement sur l'environnement numérique de travail (avant et après la séance). L'affichage de ce guide crée un environnement rassurant pour les élèves et est source d'efficacité pour le professeur. À tout moment, l'élève peut ainsi se situer dans la progression du cours, ce qui constitue une aide appréciable pour la prise de notes. Surtout, cette fiche permet au professeur de piloter le cours de cet endroit central qu'est le tableau numérique. En effet, avec le stylet, le professeur surligne le point du cours, le document à utiliser. La présence d'hyperliens permet d'accéder à des documents programmés par le professeur dans le cadre de sa progression13. Le professeur n'a plus à se déplacer à l'ordinateur pour changer de documents ou écrire et reste donc toujours face à ses élèves.

Par exemple, dans le thème relatif aux liens entre organisation du travail et croissance, je cherche à mettre en évidence quelques conséquences importantes de l'évolution actuelle de l'organisation du travail sur le monde du travail. Notamment, je souhaite démontrer que la qualification est une ligne de fracture entre les salariés. La fiche de guidage propose un lien vers le site Educnet qui conduit à un tableau statistique suivi par un QCM complétant l'étude de cette question.

Le travail collectif sur un document

Le professeur affiche sur le tableau un document qui sera exploité collectivement. À l'aide du stylet, il peut alors faire apparaître les points saillants du document ou demander à un élève de les chercher. À chaque fois, le stylet va permettre d'annoter à l'écran le texte, le graphique, le tableau statistique ou la vidéo présentés. Ainsi, il devient possible sur un graphique de faire apparaître une tendance, de surligner dans un tableau statistique des données intéressantes ou encore de réaliser puis modifier dans l'instant un schéma d'implication même complexe.

En effet, d'un point de vue pédagogique, la compréhension de mécanismes économiques ou sociologiques demande souvent, dans notre discipline, la construction d'un schéma. Par exemple, en terminale, pour présenter les relations entre les gains de productivité et l'emploi, il est possible d'utiliser la palette d'objets graphiques préenregistrés du tableau numérique (étiquette, flèche). Pour construire ce schéma, les élèves sont sollicités : l'un d'eux dessine le schéma au stylet tandis qu'un autre élève dispose du clavier sans fil qui circule dans la classe pour saisir les légendes. Les propositions des élèves sont ainsi discutées et améliorées pour être ensuite validées à l'écran.

L'usage du TBI en spécialité

Afin de saisir la portée de cette instrumentation pour l'enseignement des SES mais aussi les implications pour le travail de l'enseignant, est présentée ci-après la trame d'une séquence pédagogique dans l'enseignement de la spécialité en SES.

Dans le cadre de cette discipline, il me semble important d'amener les élèves à travailler les textes d'auteurs afin, d'une part, de les confronter aux analyses originales et non à ce qui se dit sur ces théories et, d'autre part, de les préparer efficacement à l'épreuve du baccalauréat. Pour atteindre cet objectif, l'usage d'un tableau numérique offrait l'opportunité de travailler collectivement sur des textes d'auteurs, ce que l'usage d'un dossier polycopié ne permet pas. En effet, travailler collectivement un texte signifie d'abord une visualisation collective de ce document. Ensuite, il faut pouvoir écrire sur ce document pour souligner, compléter, illustrer, dissocier l'essentiel du secondaire.

Dans ce cadre de travail, la sollicitation des élèves prend une importance considérable car il en va de la pertinence et du bien-fondé de ce dispositif ; sans cette participation, le dispositif perd son intérêt et apparaît même comme une perte de temps pour l'élève qui ne fait pas le travail du professeur. La répétition de ce dispositif donne des habitudes de travail aux élèves (pour comprendre un document, ne pas hésiter à le surligner avec des couleurs différentes et à faire des annotations, voir figure 1).

Graphique : Un exemple d'écran capturé : des termes sont soulignés, des annotations sont ajoutées (figure 1)

Pour travailler ainsi, j'ai préparé, en amont de ce cours sur Keynes, une fiche de guidage (figure 2) qui a été mise à la disposition des élèves sur l'ENT. Sa fonction est double : elle permet à l'élève de se repérer dans le cours et elle lui indique ce qui va être abordé au prochain cours. Mon ambition est d'en faire un outil de préparation du cours (les documents listés sont ceux du manuel), pour articuler le "hors cours" et le cours. J'ai préparé également un diaporama, structuré selon le plan figurant dans la fiche de guidage. Il s'agit véritablement du support de cours publié sur le tableau numérique. Chaque diapositive présente un extrait de la Théorie générale14. La plupart des extraits sont dans le manuel des élèves.

Graphique : La fiche de guidage sur Keynes (figure 2)

Enfin, de manière à faciliter la prise de notes des élèves, je mets à leur disposition en téléchargement le diaporama en version impression.

La trame du cours peut-elle se prolonger en dehors de la fiche de guidage ?

Bien entendu, l'interaction avec les élèves peut conduire la classe au-delà de ce qui était envisagé initialement par le professeur(*). Dans ce cas, il tirera profit du tableau numérique en mobilisant des documents nouveaux (sur Internet ou sur l'ENT) pour accompagner les échanges. Le tableau numérique peut aussi être l'occasion de travailler de façon collective des documents proposés ou produits par des élèves stockés sur l'ENT.

Quelle trace du cours les élèves vont-ils finalement conserver ?

Tous les documents annotés sur le tableau numérique sont sauvegardés automatiquement. En effet, à partir du moment où l'écran est annoté, l'application de gestion du tableau numérique l'enregistre automatiquement comme une image : la classe peut donc revoir un écran pendant et après le cours(**). Ces documents annotés sur le tableau numérique forment donc autant de balises à la disposition de l'élève pour reconstituer le cheminement du cours et pour l'aider à le (re)travailler ultérieurement. Les documents annotés viennent donc consolider cette mémoire du cours(***).

Christian Feytout, professeur de SES au lycée Sud-Médoc

Des objets d'apprentissage animés pour le TBI

Les "objets d'apprentissage" (ou "learning objects"15), en particulier les OAA (objets d'apprentissage animés, grâce à une animation Flash16 par exemple) constituent de remarquables outils pédagogiques lorsqu'ils sont utilisés dans un environnement numérique intégré17. On en donnera tout de suite trois raisons essentielles :

  • en déléguant à l'interface informatique un certain type de travail fastidieux et répétitif, les OAA donnent à l'enseignant une marge de liberté plus importante, et la possibilité de se recentrer sur ses missions clés de "transmission du savoir et de savoir-faire", dans un cadre qui le remet en valeur ;
  • en permettant aux élèves d'accéder à une information claire qu'ils peuvent librement se réapproprier, ils dédramatisent la séquence de cours et les rendent plus autonomes dans leur relation au savoir ;
  • en donnant vie au TBI, ils permettent à l'enseignant d'impliquer à nouveau dans le cours les élèves de la "génération écran" fascinés par le ludique.

Nous proposons ici deux exemples de séquences de microéconomie (niveaux première et terminale) utilisant des OAA présentés sur TBI.

Progression générale de la séquence

Le cours est accessible en ligne aux élèves qui peuvent le consulter à l'avance afin de poser des questions au professeur et le travailler après la classe à domicile (on est ici en dehors des contraintes de temps et d'espace). Diffusé à la demande sur le tableau numérique18, le cours en ligne sert aussi de base à la progression pédagogique.

Quelques OAA stockés sur Internet (sites Web, ENT de type Argos) ou sur une clé mémoire USB viennent appuyer la démonstration19.

La construction d'une droite de budget

==> Étape 1 : le professeur commente de manière "distanciée" la construction de la droite de budget (figure 3) qui prend vie sous les yeux de tous, les axes et légendes s'affichant automatiquement par simples clics. À ce niveau, il existe des souris qui fonctionnent sans fil et sans support : il suffit de tenir la souris dans la main pour piloter à distance l'évolution de l'animation. Le professeur peut alors circuler librement dans toute la classe et répondre aux questions sans rester "collé" au tableau.

Graphique : Capture d'écran réalisée après annotation du graphique sur le TBI (figure 3)

==> Étape 2 : le professeur (ou un élève) peut tracer sur le schéma qui vient d'apparaître des courbes d'indifférence grâce au stylet et ainsi montrer "l'équilibre du consommateur".

Le fonctionnement du marché du travail

Cette animation (figure 4), au demeurant fort complète, permet de pousser plus avant la réflexion et dévoile aux élèves le fonctionnement des mécanismes de marché (offre, demande, équilibre, "rigidité"...) en ciblant le marché du travail.

Graphique : Utilisation du TBI (figure 4)

Pour aller encore plus loin, cette séquence de cours, une fois achevée, peut être mémorisée et stockée sur le Web ou un ENT tel Argos. Les élèves auront donc accès à la séquence de cours sans contrainte de temps et d'espace : l'OAA étant stocké sur Internet, ils auront tout loisir de s'entraîner à nouveau à domicile ou au CDI du lycée.

L'intérêt du dispositif

Utiliser un OAA présente de multiples avantages pour le professeur et les élèves, que l'on va essayer de préciser, ici, de manière non exhaustive.

Pour le professeur

Une animation Flash utilisée sur TBI est une opportunité pédagogique innovante qui permet au professeur de retrouver une posture "naturelle" :

  • soit au tableau d'où il pilote grâce à un "stylet" l'ensemble de sa séquence ;
  • soit en circulant dans la classe grâce à une souris spéciale20 qui permet de piloter à distance l'animation21.

L'objet étant animé par construction, cela redonne de la liberté au professeur qui peut désormais parler pendant que l'animation prend vie22, par une dissociation effective du visuel et de l'explication, alors que d'habitude le professeur est astreint à commenter ce qu'il est en train d'écrire, voire à se contenter de le relire... Avec l'animation Flash, des courbes impeccables sont à l'entière disposition de l'enseignant qui en commande le tracé ; en déléguant à l'interface la construction des courbes, le professeur se débarrasse de la tâche fastidieuse et secondaire de la reproduction graphique pour se concentrer entièrement sur la signification économique du schéma. Il y parvient d'autant mieux que la logique de construction des courbes se comprend plus facilement en dynamique et que, pour des élèves qui butent sur le raisonnement exposé, l'animation est reproductible à volonté (en classe et hors classe).

Tout aussi fondamentale est la possibilité donnée au professeur (ou à l'élève) d'écrire sur le tableau grâce au stylet et, ce faisant, de prendre la main sur l'écran qui redevient un moyen interactif au service de l'élaboration collective (et/ou individuelle) du savoir23.

Texte associé : Ilias, la plate-forme d'apprentissage en ligne de l'ENT Argos à Bordeaux

Pour les élèves

L'animation étant propre, claire, voire esthétique et somme toute assez "ludique", cela permet d'intéresser à nouveau ou, pour le dire autrement, de "récupérer" nombre d'élèves de la "génération écran" (fascinés par les objets "esthétisants" à finition soignée, télévisuels et jeux vidéo entre autres). Par l'utilisation d'un OAA, en effet, on va chercher les élèves dans leur cadre familier, leur monde (le ludique, l'écran) pour les amener tout doucement à dépasser le cadre stérile de la passivité du spectateur et les faire entrer dans le monde interactif de la réflexion conceptualisée, par le potentiel cognitif des TICE24.

L'intégration aboutie des supports (TBI, ENT) et des contenus numériques (OAA) donne également une autre dimension à l'apprentissage, en partie libéré des contingences traditionnelles de la séquence de cours. Pour l'élève, l'objectif n'est pas tant d'apprendre une leçon dispensée par un professeur en un temps et un lieu impartis que de profiter, sur le moment, des explications du professeur pour être capable, par la suite, de refaire le même parcours intellectuel en "rejouant" certains mécanismes fondamentaux. Cette démarche est constructive, car elle met les élèves face à leur responsabilité en leur montrant les voies de l'autonomie en vue des études supérieures.

Un nouvel atout...

Les OAA ne sont certes pas la panacée en matière pédagogique, ils ne sont pas non plus au coeur d'une rupture "paradigmatique" dans la pédagogie. Ils constituent néanmoins, à n'en pas douter, une nouvelle "brique" ou un nouvel atout remarquable pour faire entrer de plain-pied nos élèves dans la "société de la connaissance" qui se dessine chaque jour de manière plus précise25.

Bibliographie


(*) C'est la logique du portfolio : durant l'année scolaire, l'élève se constitue sa documentation multimédia dans son environnement numérique de travail personnel.

(**) Les images sont enregistrées au format HTML, ce qui forme un mini-site (une page index donne accès aux différentes images). Les fonctionnalités de l'ENT permettent de placer ces mini-sites dans un porte-documents à disposition des élèves où ils les récupéreront à volonté.

(***) Mes élèves ont une activité de mutualisation de synthèses de cours sur l'environnement numérique de travail.

(1) Pour défricher le sujet, une bibliographie sommaire est fournie à la fin de l'article.

(2) Les auteurs utilisent tous un système à projection qui est aussi le plus répandu.

(3) La commodité et la sécurité du dispositif seront accrues si le tableau et le vidéoprojecteur sont installés fixes dans une salle dédiée, mais le choix d'une installation portable (notamment pour l'ordinateur) peut, bien entendu, se justifier.

(4) En pratique, cette dernière fonction est d'ailleurs la plus utilisée, car elle permet vraiment d'exploiter tout le potentiel pédagogique du tableau.

(5) Il est préférable de disposer d'une connexion Internet dans la salle dédiée à l'usage du TBI.

(6) On doit évidemment tenir compte des coûts d'acquisition du matériel et de formation des enseignants dans le processus de diffusion de cette innovation.

(7) Voir la notion de fiche de guidage (figure 2) établie par Christian Feytout.

(8) Voir, figures 3 et 4, l'utilisation faite par adrien Meunier et Thierry Larribe des ressources en ligne du Cybermanuel aquitain, notamment des objets d'apprentissage animés téléchargeables sur le site.

(9) Voir l'exemple du texte de Keynes (figure 2 et encadré p. 53) dans le cours de spécialité de Christian Feytout.

(10) Le logiciel fourni avec le TBI produit des fichiers dans un format propriétaire nécessitant l'installation du logiciel sur chaque poste utilisé pour leur lecture. Pour contourner cette contrainte et rendre universellement accessible les contenus sauvegardés, il est toujours possible de convertir les fichiers au format HTML utilisé pour la publication des pages Web.

(11) Il s'agit de l'ENT Argos qui accueille la plate-forme d'apprentissage en ligne Ilias et dont Laurent Merle nous présente, en encadré p. 54, l'intérêt et les fonctionnalités.

(12) Au lycée Sud-Médoc, j'ai la chance de disposer d'un tableau numérique depuis deux ans. Cet outil a été ajouté à un environnement numérique de travail exploité par les élèves et les professeurs depuis l'année scolaire 2002-2003.

(13) Ces documents multimédia sont sur Internet pour la plupart. Ils peuvent se trouver également sur des cédéroms installés en réseau (en intranet).

(14) Pour produire ce diaporama, j'ai exploité une version numérique de la Théorie générale que l'on trouve à l'adresse
http://classiques.uqac.ca/classiques/keynes_john_maynard/theorie_gen_emploi/theorie_emploi.html.

(15) Les objets d'apprentissage sont des sortes de "briques pédagogiques" utilisables de manière transversale dans le cadre de progressions pédagogiques variées, car modulables selon les objectifs ou environnements. Selon le Comité pour les normes en technologies d'apprentissage : "Les objets d'apprentissage sont définis comme des entités, numériques ou non numériques, qui peuvent être utilisées, réutilisées ou référencées pour l'apprentissage assisté par ordinateur.".

(16) Flash est un logiciel de création d'animations vectorielles pour le Web.

(17) L'idéal étant la combinaison TBI avec ENT ou site Web (donc accès à Internet) et vidéoprojecteur.

(18) Exemple de cours sur le marché en téléchargement libre sur le Cybermanuel : "Le marché de concurrence pure et parfaite" par A. Meunier :
http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/article.php3?id_article=29.

(19) Deux exemples d'OAA concernant le thème du marché, disponibles en ligne sur le Cybermanuel : "Construction d'une droite de budget" avec le logiciel Flash par A. Bidegain et A. Meunier :
http://ses.ac-bordeaux.fr/Archives/2001/Cyberma/Premiere/marche/marc_ab/index.htm ; "Fonctionnement du marché du travail en Flash" par Thierry Larribe :
http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/article.php3?id_article=23.

(20) C'est-à-dire sans fil et ne nécessitant pas de support.

(21) Concrètement, ce mode de fonctionnement évite des allers-retours incessants et perturbants, pour le cours, entre l'ordinateur et le tableau (ceux qui ont l'habitude par exemple de travailler à l'aide d'un vidéoprojecteur et d'un ordinateur en savent quelque chose).

(22) Axes et légendes apparaissent par simples clics : voir figure 3.

(23) On sort ainsi des comportements attentistes ou passifs face à l'écran, que favorise souvent l'usage exclusif de la télévision ou du vidéoprojecteur.

(24) Ceci revêt à nos yeux une importance certaine, car dans ces modules cognitifs animés il ne s'agit plus d'opposer de manière simpliste le fond et la forme mais bien de comprendre que, selon une logique d'exemplarité pédagogique, la forme est elle aussi intrinsèquement signifiante.

(25) Le GID Aquitain de SES propose aux professeurs de SES intéressés de les aider à construire leur OAA (animation Flash) à partir de leur propre scénario pédagogique. Merci d'envoyer vos scénarios aboutis à l'adresse suivante : ses@ac-bordeaux.fr, nous essaierons de les produire...

Idées, n°145, page 42 (09/2006)

IDEES - Enseigner les SES avec un tableau blanc numérique