Dossier : La mondialisation

La mondialisation au regard des théories du commerce

Pascal Le Merrer, professeur agrégé d'économie à l'ENS lettres et sciences humaines de Lyon (69)

Pourquoi échanger ? Jusqu'où échanger ? Est-ce un gain ou une perte ? Qu'est-ce qui détermine la structure du commerce extérieur d'un pays ? Comment se fixent les prix des biens échangés sachant que les coûts de +production ne sont pas les mêmes dans chaque pays ? Comment l'intégration internationale affecte-t-elle les inégalités entre nations ? Quels sont les effets de l'ouverture des économies sur la rémunération des facteurs à l'intérieur des nations ? La libéralisation des échanges favorise-t-elle la croissance économique ? L'économie internationale construit des réponses à ces questions mais dans le cadre d'hypothèses qui conditionnent les résultats produits.

Les avantages de l'ouverture

Adam Smith et David Ricardo ont démontré les avantages de l'ouverture des marchés, mais ils étaient prudents en ce qui concerne la mise en oeuvre du libre-échange. Pour Adam Smith, les questions du commerce international et du commerce intérieur se confondent dans la problématique du progrès de la richesse fondée sur l'élargissement du marché qui intensifie la concurrence, ce qui incite les producteurs à combiner le plus efficacement possible les facteurs de production avec un processus d'égalisation des taux de profit qui conduit à une allocation optimale du travail et du capital entre les activités. Mais, dans le chapitre II du livre IV de la Richesse des nations, il dresse la liste des nombreux défauts d'un "simple système de la liberté naturelle". Il évoque les conflits d'intérêt, les effets socialement indésirables des actions individuelles, la nécessité de protéger les industries naissantes, les représailles contre les barrières douanières étrangères, l'utilité des lois sur la navigation parce que "la défense est plus importante que l'opulence". Finalement, il considère la liberté totale du commerce comme une utopie irréalisable compte tenu des intérêts des industriels.

Ricardo produit une théorie spécifique du commerce international. Il en montre les avantages théoriques dans le chapitre VII Des principes de l'économie politique et de l'impôt, en démontrant que le commerce extérieur accroît la "richesse" d'un pays (la loi des coûts comparatifs). Mais lorsqu'il en aborde la mise en oeuvre dans le chapitre XIX "Des changements brusques dans les voies du commerce", il propose un abaissement progressif des droits de douane sur les importations de blé sur une période d'environ dix ans afin de permettre aux agriculteurs de retirer progressivement le capital de la terre pour l'investir dans des emplois plus rentables.

Les théories des économistes produites dans la lignée de ces travaux fondateurs mettent en valeur plusieurs avantages à l'ouverture des économies : les gains de variétés (l'ouverture accroît les choix du consommateur qui peut élargir le panier de ses consommations), les gains d'efficience liés à l'intensification de la pression concurrentielle avec l'entrée des producteurs étrangers sur les marchés nationaux, les gains de spécialisation avec la réallocation des facteurs de production, l'accélération des transferts de technologies (en consommant des produits importés, on a accès à des technologies qui vont modifier les comportements des consommateurs et des producteurs locaux). Mais on peut réaliser cette ouverture dans le cadre de multiples politiques commerciales, comme l'illustre le graphique 1 qui fait apparaître la diversité des niveaux de protection par grandes catégories de produits, par zone et pour quelques pays d'Asie. L'Inde, par exemple, réalise depuis les années 1980 une ouverture commerciale avec un niveau très élevé de protection tarifaire.

Structure de la protection au démarrage des négociations (graphique 1)

% ad valorem

NPF : nation la plus favorisée
Droit NPF consolidé : droits plafonds

Source : Extrait de la Lettre du CEPII, février 2006, n° 253, 06-24 (négociations de Doha).

Il est utile de préciser le raisonnement théorique qui montre l'avantage de l'ouverture à l'échange dans le cadre de l'équilibre général (économie à deux secteurs) en concurrence pure et parfaite (plein emploi des facteurs, facteurs substituables, rendements factoriels décroissants, prix parfaitement flexibles). L'équilibre de l'économie en autarcie est schématisé sur le graphique 2 (exemple présenté par Thierry Mayer, professeur d'économie à l'université Paris-Sud). La courbe concave représente la frontière des possibilités de production (FPP). Chaque point de cette courbe correspond à une combinaison de biens (textile - avions) obtenue en mobilisant le plus efficacement possible les facteurs de production (capital et travail). La droite pa est la droite d'isovaleur égale au prix relatif du textile par rapport aux avions en autarcie, soit (px/py)a. Si le prix du textile baisse, la pente de la droite d'isovaleur diminue comme la production de textile qui devient moins rentable. À l'autarcie, on cherchera à atteindre la courbe d'indifférence (courbe convexe) la plus élevée possible, c'est-à-dire celle qui est tangente en un point avec la FPP (point A). Cette égalité entre la consommation la plus élevée possible et la contrainte de production est assurée par la parfaite flexibilité des prix relatifs en autarcie.

Equilibre autarcique (graphique 2)

Donc, à l'équilibre dans le pays en autarcie, les quantités produites et consommées sur chaque marché sont égales : Yc = Yp et Xc = Xp. En économie ouverte, cette condition d'équilibre disparaît. Les agents économiques du pays ne sont plus obligés de restreindre leur consommation à la production du pays, ils peuvent aussi importer des biens. La contrainte de production est remplacée par une contrainte d'équilibre de la balance commerciale : il faut égaliser la valeur des exportations avec celle des importations. Sous cette contrainte d'équilibre, les importations sont un moyen d'atteindre une courbe d'indifférence plus élevée que celle qui était possible en autarcie.

En économie ouverte, chaque économie voit sa structure de prix relatifs nationaux remplacée par les prix relatifs mondiaux d'équilibre : p*= p*x/p*y. C'est la variation de pente de la droite de prix relatifs qui va conditionner la spécialisation du pays. Par exemple, si avec l'ouverture, le prix relatif du textile baisse (p*1< pa), la pente de la droite de prix relatif diminue, cela signifie que, pour les producteurs de ce pays, il est moins intéressant de produire du textile. Par contre, ils sont incités à produire plus d'avions (le prix relatif des avions a augmenté) : cela se traduit du côté des producteurs par un déplacement sur la FPP de A vers Q1. Pour les consommateurs, le comportement est inverse, la baisse du prix relatif du textile les incite à consommer plus de textile (équilibre en C1). Grâce à l'exportation du surplus d'avions à un prix relatif mondial plus élevé qu'en autarcie, on peut financer le déficit de production de textile grâce aux importations, à un prix relatif du textile plus bas qu'en autarcie. Chaque avion exporté permet d'acheter plus de textile que ce qui était possible de faire en autarcie en substituant une production à l'autre sur la FPP. Le résultat est que les équilibres des producteurs et des consommateurs sont disjoints. On peut atteindre une courbe d'indifférence qui est incompatible avec la FPP. On a, avec l'ouverture, un déplacement du niveau de satisfaction qui se rapproche de celui que l'on aurait avec un progrès technologique brutal qui permettrait d'atteindre une FPP plus élevée sans augmentation de la quantité de facteurs de production. Si le mouvement des prix relatifs est l'inverse de celui que nous venons de présenter (p*2< pa), l'équilibre des producteurs est en Q2 et celui des consommateurs en C2.

Equilibre avec ouverture (graphique 3)

Dans ce modèle, la réallocation des facteurs de production d'un secteur à l'autre est immédiate et sans coût. L'ouverture génère alors deux types de gains : il y a des gains d'échange liés à la modification de la structure des prix relatifs et des gains de spécialisation liés à la réallocation des facteurs vers la production ou chaque pays est relativement plus efficace.

Un gain général à l'ouverture ?

Tous les pays sont-il gagnants à s'ouvrir à l'échange et comment se répartissent les gains ou les pertes à l'intérieur des pays ?

Les formes prises par la mondialisation au cours de ces deux dernières décennies ont conduit à un renouveau des analyses. Aux théories normatives traditionnelles qui démontraient les avantages de la division du travail via l'ouverture des marchés, la transformation de l'organisation de l'entreprise et le développement de relations économiques pacifiées entre États, se sont adjointes ou substituées des approches plus empiriques mettant en scène les firmes, les secteurs, les espaces régionaux, les États et les organisations internationales. Ces nouvelles approches ont pour dénominateur commun de tenter d'expliquer une dynamique de mondialisation sans y adjoindre un contenu normatif ou une prise de position sur les avantages de la mondialisation et leur répartition. Ces questions sont pourtant essentielles dans une période où, en Europe et aux États-Unis, le doute sur les avantages de la mondialisation des échanges gagne du terrain. Le Nord redoute une désindustrialisation insupportable avec des firmes nomades1. Même si la croissance des économies émergentes est une promesse de marchés dynamiques, la transition vers un nouvel équilibre des échanges internationaux risque d'être longue et conflictuelle.

De Ricardo aux néoclassiques, les théories du commerce international démontrent les gains réciproques entre nations qui participent aux échanges internationaux. La réallocation sectorielle des facteurs de production grâce à la pression concurrentielle qui résulte de l'ouverture commerciale contribue à élever le produit par tête dans les économies qui libèrent leurs échanges. Il y a donc un mutuel avantage des pays participants qui bénéficient des effets de la spécialisation : pour les pays développés comme pour les pays émergents, il y aurait augmentation de la productivité, des salaires réels, des exportations, de la production et du niveau de vie.

Mais il ne faut pas oublier les hypothèses qui sous-tendent ces théories : les facteurs de production - donc les firmes - sont immobiles, ce sont les biens qui circulent. Le commerce ne concerne que des produits finis. Les biens échangés sont homogènes, on ignore les stratégies de différenciation des biens qui génèrent de la spécialisation intra-branche marquée par les échanges croisés de biens différenciés. Il n'y a pas de rendements d'échelle croissants donc pas d'incitation à la concentration des activités dans des entreprises. Il n'y a pas de coûts de transaction donc la localisation des entreprises est indifférente. Les fonctions de production sont identiques, il n'y a donc pas d'écart technologique entre les pays. Enfin, ce sont des gains statiques qui sont identifiés, ceux-ci résultent de l'amélioration de la spécialisation des économies qui engendre un passage à un niveau de revenu par tête plus élevé, les gains dynamiques, source de la croissance économique sont en dehors du champ de ces théories.

En moyenne et longue périodes, l'histoire économique semble confirmer la théorie : c'est bien au cours des périodes où les échanges internationaux se sont intensifiés et pour les pays qui ont participé à cette évolution que la croissance économique et/ou la hausse du niveau de vie ont été les plus rapides (voir l'encadré ci-contre). Toutefois, le sens de la causalité entre essor du commerce international et croissance économique n'est pas démontré. En effet, de même que les conditions de fonctionnement du marché international des biens et services sont éloignées des hypothèses théoriques, l'évolution de la structure du commerce international diverge de celle qui est décrite dans les modèles :

  • la croissance du commerce international résulte essentiellement de celle des biens intermédiaires dont une part importante relève du commerce intra-firme et non pas d'échanges de produits finis ;
  • la progression du commerce de produits finis résulte plutôt de celle de biens différenciés au sein d'un même secteur que d'échanges intersectoriels ;
  • l'intensification des échanges ne coïncide pas nécessairement avec la libéralisation des échanges extérieurs. Comme le rappelle le rapport de l'IFRI : "Les périodes d'expansion du commerce international ont même coïncidé avec les périodes de protectionnisme et non celle de libre-échange" [1]2.

Aujourd'hui un nombre croissant d'analyses permet de reformuler la question de la dynamique de l'ouverture au commerce international en y intégrant le problème de la localisation des firmes.

Inégalités mondiales 1820-1992 (graphique 4)

Source : Bourguignon et Morrisson, 2002.

Les perdants et les gagnants de la mondialisation

Jeffrey G. Williamson dans un Working Paper du NBER(*) pose le problème des gagnants et des perdants dans les deux phases de mondialisation, celle qui se termine avec la Première Guerre mondiale et celle qui commence après la Seconde Guerre mondiale. Une question préalable se pose : quel est le lien entre mondialisation et accroissement des inégalités ? On sait que la divergence internationale des revenus commence il y a plus de quatre siècles (donc bien avant la mondialisation du XIXe siècle) avec une triple dimension : inégalités croissante entre nations européennes mais aussi à l'intérieur de ces nations et enfin entre l'Europe et l'Asie. On peut en déduire que la mondialisation n'est pas une condition nécessaire pour que les inégalités internationales s'accroissent. Mais, comme on peut le voir sur le graphique 4, la composante internationale de l'inégalité mondiale (c'est-à-dire l'inégalité entre pays) augmente rapidement pendant la première mondialisation, ce qui est révélateur des effets négatifs de l'intégration commerciale pour les économies du Sud. En ce qui concerne les inégalités internes, on constate qu'elles ne contribuent pas à aggraver l'inégalité mondiale pendant la première mondialisation : il faut rappeler que les grands perdants pendant cette première phase sont les propriétaires terriens qui voient leurs rentes diminuer avec la baisse des prix agricoles liée à l'ouverture commerciale (les propriétaires terriens et les agriculteurs sont moins touchés dans les pays protectionnistes comme la France ou l'Allemagne) tandis que les gagnants sont les ouvriers qui bénéficient avec l'essor du nouveau monde et la deuxième révolution industrielle en Europe d'une demande croissante de travail. Les rentes foncières qui sont dans les hauts revenus ont tendance à s'éroder, tandis que les salaires des ouvriers bénéficient de la demande soutenue et de l'essor des syndicats. Avec la deuxième révolution industrielle on n'assiste pas à une progression comparable des inégalités internationales. Ainsi, le dernier rapport du Centre de développement de l'OCDE constate à partir des études réalisées : "La mondialisation produit des résultats insatisfaisants dans de nombreux pays en développement mais ses effets nets sont faibles. Qu'ils soient positifs ou négatifs, ils sont souvent mineurs et s'annulent les uns les autres. Autrement dit, la mondialisation n'est pas la source majeure des problèmes de développement, de pauvreté ou d'inégalités ; les facteurs internes sont les plus importants(**)." Au pire, la mondialisation ne ferait qu'accentuer les problèmes propres à chaque économie, en particulier dans les pays les moins avancés qui sont les plus vulnérables à tout changement qui vient mettre en péril des populations en situation de grande pauvreté. Le problème serait donc d'améliorer la préparation de ces économies à une plus forte concurrence ce qui pose la question de l'amélioration de la qualité des institutions.


(*) Williamson Jeffrey G., "Winners and losers over two centuries of globalization", Working Paper, septembre 2002, 9161, http://www.nber.org/papers/w9161.

(**) Séminaire du Centre de développement sous la direction de Richard Kohl, "Mondialisation, pauvreté et inégalité", OCDE, 2003, p. 19.

Nouveaux éclairages sur la dynamique de la mondialisation

Il faut distinguer, dans l'économie mondiale contemporaine, deux logiques distinctes : celle des firmes et celle des États. Si les capitaux et les biens et services circulent de plus en plus librement et à coût décroissant, il est dans la logique des firmes de localiser leurs différentes activités au sein des territoires où il est le plus rentable pour elles de le faire. Dès l'instant où certaines s'engagent dans ce type de mouvement et y trouvent un avantage compétitif, les autres sont obligées de suivre, sauf à disparaître. Le jeu est certainement plus complexe avec trois types d'acteurs : nations, régions et firmes. Une même région peut être victime de délocalisations interrégionales et internationales et être confrontée à un cercle vicieux : diminution du nombre d'entreprises implantées dans la région, baisse des rentrées fiscales et alourdissement des dépenses sociales face à la montée locale du chômage, incapacité de mettre en oeuvre des politiques fiscales pour attirer les investissements.

Les théories de l'échange international ont cherché à expliquer la localisation des entreprises à travers l'étude des effets d'intégration verticale (pour exploiter les différences de coûts variables : prix du travail, des matières premières, de la logistique...) et des effets d'intégration horizontale (pour dupliquer l'organisation de la production de manière à accéder à des marchés en réduisant les coûts fixes), mais ces explications ne rendent pas compte de tous les déterminants de la localisation des firmes.

Le concept pertinent pour comprendre les forces à l'oeuvre est celui de fragmentation du processus productif, car c'est à ce niveau que s'opèrent l'organisation et la spécialisation des économies. Le principal changement de ces vingt dernières années est dans le caractère très flexible et géré à un niveau de plus en plus fin de ce processus via notamment les potentialités générées par les NTIC. Il en résulte un partage des chaînes de valeur ajoutée entre un nombre croissant d'établissements d'une même entreprise situés sur différents territoires ou d'entreprises de nationalités différentes. Ce sont les entreprises qui se spécialisent dans des étapes précises de la chaîne de valeur et non pas les pays, comme le laisseraient penser les théories traditionnelles du commerce international. Les industries ne disparaissent pas au niveau national : ce qui change, c'est que les firmes adaptent en permanence leurs stratégies, modifiant les segments de production et les marchés sur lesquelles elles veulent s'imposer. Ainsi, une firme peut exister depuis un siècle mais avoir changé ses activités de référence. Cette recherche d'efficacité et de création de nouveaux avantages comparatifs conduit les firmes à rechercher les gains de productivité en fractionnant toujours plus le processus de production en fonction notamment des différences de coût relatif selon les espaces et les entreprises.

Les avancées théoriques récentes ont permis de mieux appréhender la dynamique de la localisation des firmes et du processus de production et d'en dégager quelques conclusions, que ce soit d'un point de vue géographique ou d'un point de vue sectoriel.

D'un point de vue géographique

Paul Krugman, en 1991, dans l'ouvrage de référence Geography and Trade, propose un modèle pour expliquer la tendance des activités économiques à se concentrer sur de petits territoires à partir de la prise en compte d'effets d'agglomération, c'est-à-dire des gains de productivité dans la production résultant de la proximité géographique avec les autres entreprises. Ce modèle a été construit pour expliquer la formation d'une activité industrielle importante au nord-est des États-Unis. Pour cet économiste, la présence dans cette région de ressources naturelles en grande quantité n'est pas une explication suffisante. Krugman pense alors que l'industrie se concentre parce que les firmes trouvent un intérêt à être proche les unes des autres. Chacune d'elles bénéficie donc d'économies d'agglomération c'est-à-dire de gains dans la réalisation des opérations de production produits par la proximité géographique avec les autres firmes. La formation d'une agglomération tient essentiellement à quatre grandeurs : les rendements croissants, les coûts de transport, la taille du marché et la différenciation des biens.

On peut associer à cette approche les théories gravitationnelles qui insistent sur deux facteurs d'échange entre pays : la similitude dans la taille des pays échangistes et la proximité entre ces pays, proximité à la fois géographique, économique (écart de PIB/hab.) et politique (effet frontière).

Un bon exemple des travaux récents qui s'appuient sur l'étude des effets d'agglomération est l'article de Fabrice Defever et Jean-Louis Mucchielli [2]. Les auteurs étudient la fragmentation du processus de production (localisation de la chaîne de valeur3) à partir d'un échantillon de 11 000 choix de localisation de multinationales européennes sur la période 1997-2002 dans vingt-trois pays. La zone retenue est importante, car elle permet de s'intéresser à l'impact de l'élargissement de l'Union européenne sur les stratégies de localisation-délocalisation des firmes. En étudiant la décomposition internationale de la chaîne de valeur, cette recherche ne se limite pas aux activités de production mais intègre aussi les fonctions de services. Cette distinction est importante, car un premier résultat de cette étude est de montrer que les activités de services adoptent une logique de spécialisation fonctionnelle (recherche de sites offrant une gamme de services large, ce qui est souvent le cas des grands centres urbains) alors que les activités de production sont plutôt dans une logique de spécialisation sectorielle (ce qui correspond à l'approche traditionnelle en économie internationale de la spécialisation).

Les pays de l'Europe de l'Est ont surtout une spécialisation manufacturière (logique sectorielle), alors que l'Europe de l'Ouest est engagée dans les services (logique fonctionnelle). Les auteurs remarquent : "72 % des investissements réalisés dans les nouveaux pays ayant accédé à l'Union européenne le sont dans la production contre 4 % pour les pays de l'UE des quinze" [2, p. 1191].

Les stratégies de localisations diffèrent selon les étapes de la chaîne de valeur. En amont (quartiers généraux et recherche et développement), les choix d'implantation sont très sensibles à la gouvernance du pays d'accueil (stabilité politique...). Pour les sites de production, c'est le niveau de coût salarial unitaire qui est déterminant dans le choix d'implantation. Enfin, pour les activités les plus en aval (logistique, bureaux commerciaux), le plus important, dans le choix de l'implantation, c'est la taille du marché de la zone d'accueil.

Enfin, concernant les colocalisations intragroupes, les auteurs constatent que les bureaux commerciaux et les centres décisionnels n'ont pas tendance à s'implanter là où existe déjà des filiales du groupe. En revanche, les centres de recherche et développement, les sites de production et la logistique adoptent des stratégies de colocalisation.

Les auteurs constatent que les effets d'agglomération semblent jouer un rôle clé dans les stratégies de localisation des activités des firmes avec une tendance pour les investissements en aval de la chaîne de valeur (logistique, commercialisation) à se rapprocher de firmes de même nationalité alors que, pour les investissements en amont (direction, recherche et développement), la tendance est à une localisation proche de firmes de nationalités différentes. Il n'y aurait que pour les activités de production où la corrélation avec le niveau de salaire réel serait significative. Ce travail demande à être prolongé en particulier pour voir les effets sur les différentes régions de l'Union européenne, mais, déjà, il apparaît clairement que l'on ne peut se limiter aux écarts de salaires réels pour expliquer les choix de localisation des firmes européennes. Enfin, les stratégies sont différentes selon les niveaux de la chaîne de valeur, ce qui signifie que les entreprises sont engagées dans un mouvement intense de fragmentation des processus de production avec des logiques différentes selon les étapes : direction, recherche et développement, production, logistique, commercialisation.

La mondialisation actuelle a donc comme spécificité de s'appuyer sur une double dynamique, celle de l'intégration commerciale et celle de la désintégration de la production [3]. Cette désintégration de la production qui est perçue à travers l'externalisation des activités, spécifique de la mondialisation actuelle, contribue à accentuer l'impression de désindustrialisation des pays du Nord, alors que c'est d'abord une transformation de la gestion des activités productives.

D'un point de vue sectoriel

La notion traditionnelle de spécialisation n'est pas adaptée pour rendre compte des évolutions observées. Tout d'abord, les spécialisations sont partielles et non pas totales comme dans le modèle de Ricardo.

Les théories ont tenté d'expliquer pourquoi les spécialisations tendaient généralement à ne pas respecter une logique interbranche : travaux sur les spécialisations intra-branches, les créneaux, les réseaux, les pôles de compétitivité... Mais, aujourd'hui, la division de plus en plus approfondie des tâches qui est favorisée par la réduction des coûts de transaction et de communication entraîne une imbrication de plus en plus forte des économies.

Plus que les délocalisations, la modification de la structure des emplois est le résultat de cette réorganisation permanente des entreprises qui utilisent une part croissante de travail qualifié en cherchant à se concentrer sur les étapes de la production qui génère le plus de valeur ajoutée (cela est vrai pour des entreprises du secteur de haute technologie comme pour celles des secteurs traditionnels). Comme le constate Lionel Fontagné : "Finalement, les firmes se réorganisent globalement pour résister aux pressions concurrentielles. Elles spécialisent leurs filiales à l'étranger sur les segments de valeur ajoutée les mieux adaptés aux conditions locales de production qu'elles rencontrent. L'effet sur l'emploi est globalement limité mais clairement défavorable aux salariés non qualifiés dans les pays du Nord" [4]. Ces effets négatifs concernent en particulier la situation des travailleurs non qualifiés et la prise en compte de nouveaux risques liés aux changements brutaux de stratégies des entreprises et aux bouleversements technologiques qui modifient la dynamique des activités économiques et les qualifications demandées sur le marché du travail. Les politiques économiques doivent anticiper les réformes nécessaires du marché du travail et des systèmes de formation et de protection sociale.

D'autres travaux récents montrent la complexité de la dynamique du redéploiement sectoriel, en mettant l'accent sur le niveau de productivité initial des firmes. Deux auteurs sont particulièrement représentatifs de cette approche : Elhanan Helpman4 et Gene Grossman5. Ils montrent que les stratégies des firmes diffèrent selon le niveau de productivité des firmes et le stade de fabrication des produits. Les firmes à haute productivité sont davantage tentées d'externaliser une partie de leurs activités surtout pour les produits intermédiaires, car il serait très difficile de tenter de créer des systèmes d'incitation internes pour réduire encore les coûts internes. En revanche, pour les entreprises où la productivité est moyenne ou faible, il peut être intéressant de jouer l'internationalisation de l'entreprise (IDE) pour réduire les coûts de production et créer un système d'incitation à l'intérieur du groupe. Finalement, les décisions d'externalisation, soit au niveau national, soit au niveau international (délocalisation), dépendent des interactions entre le degré d'imperfection des contrats (détermine l'efficacité des incitations), les stades de production où l'on veut prioritairement améliorer la rentabilité et l'évolution des coûts de transport.

Rôle des États et des institutions internationales

Le renouveau des analyses sur le rôle des institutions6 nous rappelle que la mondialisation ne doit pas être perçue comme une force anonyme qui imposerait, depuis l'extérieur, des changements douloureux dans les économies nationales. Ce sont les gouvernements qui choisissent de s'ouvrir au commerce international et aux capitaux étrangers. Comme le précise Frédérique Sachwald : "Le bilan de deux décennies de mondialisation montre que les effets sont filtrés par le contexte national, qui reflète lui-même les préférences collectives. Les politiques nationales conservent donc un rôle fondamental pour catalyser les effets positifs de la mondialisation, comme pour anticiper et corriger les effets négatifs" [5].

Alors que les recherches se multiplient concernant le rôle des institutions dans la croissance économique et la régulation internationale des économies, se pose le problème de l'efficacité d'institutions mises en place dans des systèmes économiques (ceux d'après 1945) dominés par l'intervention des États dans le cadre d'économies peu ouvertes sur l'extérieur.

En effet, si les économies reposent de plus en plus sur la dynamique des marchés, elles sont aussi confrontées à de multiples situations de défaillances allocatives des marchés qui nécessitent l'intervention publique sous différentes formes :

  • on peut inciter les firmes à investir davantage en augmentant le rendement privé (via les subventions et avantages fiscaux) ;
  • on peut modifier le cadre juridique dans lequel opèrent les agents (politique de la concurrence, renforcement des droits de propriété...) ;
  • on peut mettre en place de nouveaux marchés (capital risque...) ;
  • on peut développer des infrastructures pour réduire l'incertitude et améliorer le rendement privé des investissements ;
  • on peut améliorer le financement public de la formation et de la recherche.

Sans reprendre les analyses récentes du FMI ou de la Banque mondiale qui montrent que l'efficacité de l'investissement national ou étranger dépend de la qualité de l'environnement institutionnel et réglementaire, il est intéressant de mettre en avant un travail récent, celui de Dani Rodrik (Handbook of Economic Growth7). Il insiste sur le rôle des institutions avec deux arguments clés :

  • il rappelle d'abord que l'analyse néoclassique est plus souple que les praticiens de la politique économique le pensent. En particulier, des principes de base comme la protection des droits de propriété, une concurrence suffisante, des incitations appropriées, une monnaie solide... peuvent entrer dans une grande variété de politiques économiques. Les réformateurs ont donc un nombre substantiel de solutions pour introduire ces principes dans des formats institutionnels adaptés aux opportunités et aux contraintes locales. Il peut être en effet contre-productif d'importer sans l'adapter l'environnement réglementaire et les principes des grandes économies aux pays en développement (leçons tirées de l'échec du "consensus de Washington") ;
  • ensuite, il montre que ce n'est pas la même chose de déclencher la croissance et de la rendre durable. Le déclenchement nécessite des réformes limitées qui n'impliquent pas de bouleverser le cadre institutionnel d'une économie, c'est ensuite qu'il est difficile de construire les conditions d'une croissance durable qui suppose une bonne résistance aux chocs (thème actuel de la résilience) et un fort dynamisme des gains de productivité. Il faut différencier les deux types de réformes : celles qui déclenchent la croissance et celles qui rendent cette croissance durable. C'est la confusion entre ces deux types d'agendas qui rend souvent difficilement tenable dans la durée les politiques de développement.

Ces avancées théoriques ne débouchent pas sur des conclusions normatives concernant les répartitions nationales des avantages de la mondialisation, à l'inverse de la théorie classique du commerce international. Le rôle des États et des institutions internationales nous indique que l'avenir n'est pas écrit. À condition de refuser le "repli sur soi", les politiques nationales conservent un rôle fondamental pour catalyser les effets positifs de la mondialisation, comme pour anticiper et corriger les effets négatifs.

Contraintes d'adaptation et incertitudes

Certaines données/études empiriques récentes8 confortent sous conditions la théorie du mutuel avantage des pays participants. Par exemple, aux États-Unis, la baisse en 2002-2003 d'environ 2 % du prix des produits manufacturés a résulté en partie d'un effet "délocalisation". Elle a bénéficié aux consommateurs. En Grande-Bretagne, la production du secteur textile a reculé de près d'un tiers de 1998 à 2003. Le secteur a perdu 180 000 emplois sous le double effet de la délocalisation de sites de production en Chine et en Europe de l'Est et de l'arrivée de détaillants agressifs. En contrepartie, les consommateurs ont bénéficié d'une sensible amélioration des termes de l'échange, notamment dans le secteur textile-habillement, ce qui a contribué à une progression marquée du revenu disponible réel des ménages (+ 3,4 % l'an de 1998 à 2003 contre + 2,5 % en France et 1 % en Allemagne).

Dans ces deux exemples, la forte concurrence dans le secteur de la distribution a permis de faire bénéficier le consommateur des gains de termes de l'échange, ce qui n'est pas toujours le cas.

En pratique, la réciprocité dans l'échange international est loin d'être assurée en raison des obstacles non tarifaires. Comment faire, par exemple, pour vendre en Corée, sachant que les résidents sont réticents pour acheter des produits étrangers ? C'est pour cette raison que Renault est incité à acheter Samsung Automobiles.

Tout en restant dans un cadre d'analyse néoclassique, certains auteurs insistent sur les cercles vicieux que peuvent engendrer les délocalisations. Patrick Artus9 expose ainsi un lien entre désindustrialisation et délocalisations. Ces dernières peuvent déformer l'économie du pays qui délocalise vers les secteurs protégés à productivité faible (en niveau et en variation) et donc réduire la croissance potentielle. Elles peuvent rendre les investissements dans le pays moins attractifs, poussant à d'autres délocalisations. Puisqu'elles diminuent la croissance des débouchés du pays, elles découragent la recherche et l'innovation et poussent à transférer à l'étranger les pôles de recherche-développement, ce qui contribue aux délocalisations globales, à la perte de capacité de différenciation des produits. Cette dynamique est renforcée par l'excès de capacité industrielle mondiale qui accélère la baisse du prix des produits industriels par rapport au prix des services protégés de la concurrence internationale. Toutefois, ces cercles vicieux décrivent des mécanismes possibles dont il est difficile de dire s'ils appréhendent une réalité tangible ou marginale.

Un débat prend de l'ampleur actuellement entre des économistes comme Paul A. Samuelson10, Jagdish Baghwati11 ou Gregory Mankiw12 sur la question : "La mondialisation peut-elle devenir défavorable à l'économie américaine ?" Alors que le groupe des conseillers économiques du président des États-Unis affirme que les délocalisations d'activités de services devraient être profitables à l'économie américaine, comme ce fut le cas ces vingt dernières années pour les emplois industriels, Paul A. Samuelson réfute cette affirmation en réexaminant la théorie des avantages comparatifs. Il prend l'exemple du commerce entre deux pays (États-Unis et Chine) et de deux biens, le bien 1 où les États-Unis ont un avantage technologique et le bien 2 où la Chine a un désavantage technologique moindre que sur le bien 1 par rapport aux États-Unis (le point important est que les deux pays ne disposent pas des mêmes technologies pour produire les mêmes biens). Le raisonnement de Ricardo (à technologie donnée) conduit à dire que les États-Unis se spécialiseront dans le bien 1 et la Chine dans le bien 2 si on adopte le libre-échange entre les deux économies avec un avantage mutuel par rapport à la situation d'autarcie. Maintenant, que se passe-t-il s'il y a un progrès technique en Chine ? Si ce progrès est réalisé dans la fabrication du bien 2, celui où la Chine est déjà spécialisée, les États-Unis bénéficient de ce progrès de productivité à travers l'échange international ; mais si le progrès se réalise dans la fabrication du bien 1 en Chine, celui où les États-Unis sont spécialisés, alors les États-Unis sont perdants dans le commerce avec la Chine. Conclusion, si les pays émergents se rapprochent de la frontière technologique américaine avec une politique d'ouverture commerciale étendue aux services, les délocalisations d'activités dans les secteurs à haute technologie peuvent se traduire par une baisse des salaires et de l'emploi aux États-Unis et donc avoir un effet négatif sur la croissance économique américaine.

Jagdish Baghwati a contesté les arguments de Paul A. Samuelson en affirmant que ce dernier surévalue l'essor de nouvelles compétences en Chine et en Inde et en précisant que les activités de services qui sont actuellement délocalisées ne faisaient pas l'objet, par le passé, d'échanges internationaux. Il y aurait donc une simple internationalisation d'activités qui jusque-là fonctionnaient dans le cadre de marchés intérieurs fermés.

Il n'en reste pas moins que, face à l'optimisme du "mainstream" des économistes sur les effets à terme de cette nouvelle vague de délocalisation d'activités, la plupart des États américains se sont engagés dans des stratégies législatives visant explicitement à protéger l'emploi local13

Mise en oeuvre de politiques déterminantes pour la mondialisation

Probablement, à moyen-long terme, les délocalisations (au sens large), complémentaires du processus de destruction créatrice et de concurrence internationale, ont un effet bénéfique sur la croissance globale et sur celle des pays impliqués (distinction entre les effets transitoires et les effets permanents).

À court et moyen terme, les effets sur la croissance potentielle, l'emploi et les inégalités des pays d'industrialisation ancienne sont a priori indéterminés14, dépendant du contexte historique, géographique, social et institutionnel.

On peut craindre que la période récente et à venir pour les pays de l'UE, surtout l'Espagne, la France et l'Italie, ne porte un risque d'effets globalement négatifs, toutes choses égales par ailleurs. Pour la France, dont la cohésion sociale se fragilise, particulièrement au cours des années 1990 (chômage structurel, décalages culturels, inégalités régionales, etc.), cette question doit être abordée avec vigilance.

Toutefois, les nouvelles théories permettent d'interpréter des contraintes et des problèmes qui accompagnent le processus d'ouverture des économies. Les effets sont inégaux selon la taille des pays (importance des différences d'économies d'échelle), selon la capacité à différencier les produits (logique de spécialisation intra-branche), selon l'importance des coûts de transport et de transaction (importance de la localisation, des effets frontières), selon la capacité à organiser la division internationale des processus productifs.

Ce qui sera déterminant, dans la décennie à venir, c'est la mise en oeuvre de politiques pour accompagner ce que l'on peut appeler la deuxième étape de la mondialisation actuelle :

  • les entreprises continueront à externaliser une partie de leurs activités et surtout à développer une organisation flexible de leur production obligeant les salariés à une grande adaptabilité dans un contexte d'emplois instables. Il y a nécessité de penser la gestion des carrières professionnelles comme se différenciant des emplois occupés (facilité la mobilité professionnelle, et géographique). Cela rejoint les réflexions développées par Olivier Blanchard dans le rapport du CAE15 "Protection de l'emploi, et procédures de licenciement". La destruction/création d'emplois à un rythme soutenu est la manifestation d'une adaptation rapide des entreprises à un environnement qui change. Ces destructions sont la condition d'une croissance qui permet de créer les nouveaux emplois, mais cette logique est insupportable pour les salariés si on n'arrive pas à créer des trajectoires professionnelles qui permettent de progresser en fonction des efforts de formation et d'adaptation à des emplois différents sans être confronté au cercle vicieux : perte d'emploi, chômage, recherche d'emploi, parcours administratif peu stimulant, situation de déqualification...
  • le changement de la gestion des carrières professionnelles relativement déconnectée des emplois nécessite une plus grande efficacité dans le fonctionnement du marché du travail. Selon Pierre Cahuc et André Zylberberg, l'État doit s'appuyer sur des opérateurs externes payés au résultat, ce qui implique une réorganisation des services publics de l'emploi qui doivent se concentrer sur l'accueil, l'information et le profilage des demandeurs d'emplois : mise en concurrence d'opérateurs externes qui prennent ensuite en charge intégralement le parcours du demandeur d'emploi, aide à la recherche et formation. Pour Olivier Blanchard, le financement des procédures de retour à l'emploi devrait être subventionné dans le cadre d'une taxation des licenciements ;
  • il faudrait aussi adapter les politiques de formation, articuler recherche publique et recherche-développement privée, développer la coopération entre les acteurs publics (locaux, nationaux, européens) et privés (associations, entreprises, syndicats professionnels), adapter les relations professionnelles en organisant la réflexion et les négociations en amont des changement à réaliser afin d'entrer dans des logiques de changements organisationnels négociés sur la base d'une réflexion commune sur les adaptations stratégiques à entreprendre.

Bibliographie

    [1] Colombani Philippe et alii, Le Commerce mondial au XXIe siècle, rapport de l'IFRI, 2002, p. 36.
    [2] Defever Fabrice, Mucchielli Jean-Louis, "Functional Fragmentation of the Production Process : A study of multinational firms location in enlarged European Union", congrès AFSE, septembre 2004, http://afse.mediactive.fr/_docs/Defever_Mucchielli.pdf.
    Version finale parue dans la Revue économique de novembre 2005, vol. 56, n° 6, sous le titre : "Décomposition internationale de la chaîne de valeur. Une étude de la localisation des firmes multinationales dans l'Union européenne élargie", p. 1185 à 1205.
    [3] Feenstra Robert C., Intégration of Trade ans Disintegration of Production in the Global Economy, 1998, http://www.econ.ucdavis.edu/faculty/fzfeens/pdf/jep2.pdf.
    [4] Fontagne Lionel, "La nouvelle division internationale du travail", Universalia 2005, Encyclopaedia Universalis, p. 141.
    [5] Sachwald Frédérique, "Du bon usage de la mondialisation", Politique étrangère, 2003, n° 2, p. 259.

(1) Comme le remarque Lionel Fontagné : "En devenant ''globale'' l'usine sort des frontières nationales pour capitaliser partout dans le monde les coûts les plus bas et les méthodes les plus modernes", Sociétal, 4e trimestre 2004, n° 14.

(2) Les chiffres entre crochets renvoient à la bibliographie en fin d'article.

(3) L'OMC décompose par exemple la production d'une voiture américaine : "30 percent of the cars value goes to Korea for assembly, 17,5 percent to Japan for components and advanced technology, 7,5 percent to Germany for design, 4 percent to Taiwan and Singapore for minor parts, 2,5 percent to he United Kingdom for advertising and marketing services, and 1,5 percent to Ireland and Barbados for data processing. This means that only 37 percent of the production value... is generated in the United States", 1998.

(4) Voir http://papers.ssrn.com/sol3/cf_dev/AbsByAuth.cfm?per_id=20293.

(5) Voir http://www.princeton.edu/~grossman/.

(6) On peut illustrer le renouveau de ces recherches en se référant aux travaux sur les sources de la croissance et aux études critiques sur le consensus de Washington qui soulèvent la question de l'exportation des "bonnes institutions".

(7) http://elsa.berkeley.edu/~chad/Handbook.html.

(8) Notamment, "La relance du processus Doha : une étape importante pour la poursuite de la mondialisation", Vergnaud Éric, Conjoncture, BNP Paribas, août 2004.

(9) CDC IXIS, flash du 13 mai 2004 : "La désindustrialisation et les délocalisations s'auto-entretiennent où les trois cercles vicieux de la croissance faible".

(10) http://econ-www.mit.edu/faculty/download_rp.php?id=50.

(11) http://www.arts.cornell.edu/econ/azussman/econ361/bhagwati.pdf.

(12) http://www.whitehouse.gov/cea/economic_report_20040210.html.

(13) http://cepea.cerium.ca/IMG/pdf/NotesCEPEA001.pdf.

(14) A court-moyen terme, jouent les effets positifs de baisse de prix des produits importés et négatifs de destruction d'emplois ; à moyen/long terme jouent les effets positifs de créations d'emplois induites par le redéploiement.

(15) Rapport du CAE n° 44 : http://www.cae.gouv.fr/rapports/44.htm.

Idées, n°145, page 16 (09/2006)

IDEES - La mondialisation au regard des théories du commerce