Editorial

Editorial du numéro 145 ("La mondialisation")

Gilles Martin

C'est déjà la rentrée ! Il y a à peine deux mois, vous acheviez les derniers oraux de rattrapage du bac et il vous faut déjà vous replonger dans la préparation des premiers cours.

Pour bien commencer l'année, Idées a décidé de vous inciter à troquer votre vieux tableau noir contre un tableau numérique. Je sais, votre lycée manque de moyens... et vos élèves sont beaucoup plus doués que vous en informatique ! Mais, si l'on en croit nos collègues du Groupe informatique disciplinaire (GID) aquitain de SES, l'investissement dans le numérique change la vie du professeur... et aussi celle des élèves, beaucoup moins passifs et davantage constructeurs de leur propre savoir.

Porter attention aux attentes des élèves est devenu aujourd'hui une nécessité. Sans sombrer dans la démagogie, il nous faut mieux comprendre le sens que les élèves donnent à leur travail. C'est ce que nous montre Anne Barrère, spécialiste de sociologie de l'éducation, à partir d'enquêtes qualitatives menées dans la région Nord-Pas-de-Calais entre 1994 et 2002. Vous serez sûrement ravis de noter avec elle que "ce sont les lycéens de la plus jeune des filières générales, la série économique et sociale, qui donnent à voir le portrait collectif le plus serein, dans une bonne conciliation de l'intérêt et l'utilité des savoirs dispensés". Mais vous constaterez aussi le décalage grandissant entre les attentes des enseignants et celles de nos élèves...

Si les vingt dernières années ont été marquées par une forte contestation des effets négatifs de la mondialisation, la nature et le sens de la critique ont aujourd'hui évolué, les mouvements antimondialistes cédant la place aux mouvements altermondialistes.

Le dossier de ce numéro propose un bilan des évolutions liées à la mondialisation et des réflexions qu'elle a suscitées. Ce bilan tout en nuances souligne que la mondialisation est un phénomène complexe qui produit des effets différenciés, à l'image de l'impact de la mondialisation sur le marché du travail. Si la mondialisation modifie les modes de gouvernance, elle ne détruit pas les différentes formes de gouvernance publique mais renforce, au contraire, leur demande de la part des citoyens. En clair, si la mondialisation a pu apparaître comme le triomphe du marché, les pouvoirs publics sont les seuls à même de pallier ses défaillances.

Pour finir, revenons au bac. Ces dernières semaines, j'ai reçu deux contributions très intéressantes de collègues d'académies différentes. À partir d'une démarche historique, le premier article (que vous trouverez dans le prochain numéro) porte sur l'évolution des épreuves de SES au baccalauréat et conclut par un appel à la convocation d'une nouvelle université d'été ou d'états généraux sur l'évaluation des épreuves du bac. Le second, que vous lirez dans la rubrique "Vie de la discipline", est un plaidoyer pour un allégement des programmes de terminale, toujours dans l'optique du bac.

Ces interrogations sur le bac sont-elles purement conjoncturelles, à l'image du "marronnier" qu'est le bac pour les médias ? Révèlent-elles une volonté plus générale d'améliorer l'évaluation de la part de tous les acteurs ? J'attends en tout cas vos réactions !

Idées, n°145, page 1 (09/2006)

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