Dossier : Spécial orientation

Les classes préparatoires économiques et commerciales, voie économique

Isabelle Waquet, professeur de SES en classe préparatoire économique et commerciale au lycée Janson-de-Sailly de Paris (75)

Les classes préparatoires économiques et commerciales, voie économique, sont la principale filière d'excellence des bacheliers ES. 65 % de ceux qui poursuivent leurs études en classes préparatoires choisissent une classe préparatoire économique.
Bien adaptées à la formation reçue dans le secondaire, ces classes dispensent un enseignement généraliste et pluridisciplinaire qui permet aux étudiants de consolider leur formation et de préparer, principalement mais non exclusivement, les concours des grandes écoles de commerce, de gestion et de management.
Contrairement à certaines idées véhiculées par la presse, les étudiants en classe préparatoire économique sont le plus souvent très satisfaits de leurs études, et l'ambiance qui règne dans ces classes n'a rien à voir avec l'image négative véhiculée par les médias.

Les classes préparatoires économiques et commerciales

Structure et évolution des effectifs

Les structures

Depuis la réforme des classes préparatoires en 1995, les classes préparatoires économiques et commerciales comprennent trois voies : la voie économique, la voie scientifique, la voie technologique.

Chacune de ces voies correspond aux études antérieures : bac ES pour la voie économique, bac S pour la voie scientifique, bac STT pour la voie technologique. Les bacs L avec spécialité mathématiques peuvent aussi postuler dans la voie économique, mais leur nombre est aujourd'hui négligeable.

Chaque voie a vocation à être une filière d'excellence et, aux concours des grandes écoles de commerce, les étudiants sont jugés sur leurs points forts - analyse économique et historique en voie ES, mathématiques en voie S, économie et gestion en voie technologique -, même si les autres disciplines sont importantes. Cette organisation s'inscrit dans une stratégie de diversification des voies d'accès aux grandes écoles.

La réforme de 1995 a été très favorable aux bacheliers ES. Elle a renforcé la spécificité de la voie économique en attribuant aux enseignements économiques un bloc horaire important : 6 heures d'analyse économique et historique, 2 heures d'économie, soit 8 heures au total. De plus, le contenu du programme d'analyse économique et historique a été modifié dans un sens plus proche des "sciences économiques et sociales" du secondaire tout en conservant une large dimension historique. Alors que les programmes de sciences économiques de l'enseignement universitaire sont souvent critiqués pour leur abstraction et leur distance avec la réalité économique et sociale, le programme d'analyse économique, ancré dans l'histoire et orienté vers la compréhension des grandes questions économiques et sociales contemporaines, apparaît comme exemplaire ; il est extrêmement apprécié des étudiants et des enseignants. Parallèlement, le poids des mathématiques, tout en restant important, a été réduit. Enfin, aux concours des grandes écoles, le coefficient de l'épreuve d'analyse économique a été renforcé et une épreuve orale a été introduite à l'ESCP-EAP.

L'évolution des effectifs

Depuis la rentrée 1994-1995, les effectifs de la voie économique ont augmenté en première année de près de 14 % (2 954 étudiants en 1994-1995, 3 358 à la rentrée 2003), beaucoup plus rapidement que ceux de la voie scientifique. Au total, si l'on tient compte de la deuxième année, 6 395 étudiants étaient inscrits à la rentrée 2003-2004 en voie économique contre 4 262 en 1994-1995. Le poids des étudiants inscrits dans la voie économique est passé de 37 % à 42 % des effectifs totaux des classes préparatoires économiques et commerciales. Cette progression qui a été accompagnée par l'ouverture de classes préparatoires (en 2004-2005, 87 classes de première année dans 83 établissements publics et privés sous contrat) est d'autant plus remarquable que les voies économiques ne recrutent plus de bacs scientifiques et que les étudiants originaires de bacs L sont très peu nombreux.

Pourtant, au cours des dernières années, les effectifs tendent à stagner et la capacité d'accueil des classes préparatoires, 3 600 places en première année pour la voie économique, est supérieure aux étudiants inscrits. Il existe donc des marges de manoeuvre appréciables et des possibilités d'accueil importantes. Ce constat doit être mis en relation avec le pourcentage des bacheliers ES qui poursuivent des études supérieures en classe préparatoire (6 %), nettement inférieur à celui des bacheliers S (20 %) et L (7 %). Les bacheliers ES ont toute leur place dans cette filière de l'enseignement supérieur où les études sont bien adaptées à leur cursus antérieur. Dans un environnement de plus en plus mondialisé, la tertiarisation de l'économie rend indispensable la formation de cadres de haut niveau. À cet égard, la formation dispensée dans les prépas économiques et commerciales puis dans les grandes écoles est en phase avec les exigences du monde professionnel de demain. Les bacheliers ES ne doivent donc pas s'autocensurer. Il ne s'agit d'ailleurs pas uniquement de faire accéder plus de bacheliers à des formations qualifiantes mais également de démocratiser ces formations et de renouveler les élites.

La vie en classe préparatoire économique et commerciale

Contrairement aux idées reçues, les étudiants sont en général très satisfaits de leurs études en classe préparatoire, tant au niveau de la formation reçue que de l'ambiance et de leur vie personnelle. Deux enquêtes récentes, réalisées par l'AP-HEC (Association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales) en 2003, et par l'ESC-Rouen en 2004, permettent de mieux cerner les attentes et le vécu des étudiants en classe préparatoire.

Plus de 80 % des étudiants sont satisfaits ou très satisfaits de leurs études. Parmi les motifs invoqués, on peut relever : le contenu des enseignements largement ouvert sur le monde contemporain, l'absence de spécialisation, les études ultérieures dans les écoles de commerce très largement orientées sur l'international, les perspectives de carrières. Sont aussi fortement appréciés : l'encadrement du travail, les "colles" - interrogations orales dans toutes les matières qui permettent un suivi personnalisé par les enseignants et un moyen de travailler régulièrement sans prendre de retard -, les classes à effectifs réduits par rapport aux cours magistraux de l'université, la dimension humaine du cadre de travail. Plus de 90 % des étudiants trouvent utile ou très utile la "prépa" pour leurs études ultérieures et leur carrière professionnelle. Ils estiment que la "prépa" induit des comportements qui leur serviront ultérieurement, comme la capacité à analyser et à affronter des problèmes complexes, la résistance au stress, l'aptitude à la synthèse, l'autonomie intellectuelle. Par ailleurs, 63 % des étudiants estiment que les contenus des enseignements sont adaptés et correspondent à leur attente.

En ce qui concerne l'ambiance, plus de 65 % des étudiants la jugent sympathique (seuls 6 % la trouvent détestable) et sont agréablement surpris. S'il y a beaucoup de travail, les études sont intéressantes. Être en prépa ne signifie pas renoncer à toute sortie ou à faire du sport, même si c'est à un rythme plus modéré que dans le secondaire. D'ailleurs, pour aborder l'épreuve d'entretien à l'oral des concours des écoles de commerce, il est indispensable de continuer à avoir des activités culturelles ou sportives.

La vie en classe préparatoire économique et commerciale ne ressemble donc en rien à un "bagne". De solides amitiés s'y nouent et, même si le travail occupe une très large partie du temps des deux années d'études, il reste des moments de liberté pour sortir et s'adonner à ses passions.

Les enseignements et leurs contenus

Les horaires

La scolarité s'effectue sur deux ans, et le volume horaire des différentes matières est identique en première et en deuxième année : 29 heures par semaine en comptant l'heure d'informatique.

Les horaires hebdomadaires d'analyse économique et historique (6 h), d'économie (2 h), de mathématiques (8 h) et d'informatique (1 h), 17 heures au total, montrent l'importance de la dimension économique, historique et mathématique de la formation.

Deux autres groupes de disciplines jouent un rôle significatif et se partagent, à égalité, le reste des horaires :

  • la culture générale avec six heures de cours hebdomadaires (3 h de lettres et 3 h de philosophie), en première comme en seconde année ;
  • les deux langues vivantes, dont obligatoirement l'anglais (en première ou en seconde langue), avec six heures hebdomadaires (3 h pour la LV1 + 3 h pour la LV2).

À ces horaires de cours, il faut ajouter :

  • des interrogations orales, des "colles", dans toutes les disciplines permettant aux étudiants d'être bien encadrés et de bénéficier d'un suivi personnalisé par leurs professeurs ;
  • des devoirs et concours blancs périodiques.

Enseignements et horaires hebdomadaires dans les classes préparatoires économiques et commerciales

DisciplinesPremière annéeDeuxième année
Culture générale6 h6 h
Langue vivante 13 h3 h
Langue vivante 23 h3 h
Analyse économique et historique
des sociétés contemporaines
6 h6 h
Économie2 h2 h
Mathématiques et informatique8 h (dont 2 de TD) +
1 heure d'informatique
8 h (dont 2 de TD) +
1 heure d'informatique
Total29 h29 h

Les contenus des enseignements

Pour la culture générale (lettres et philosophie) et les langues, les programmes et les épreuves aux concours sont les mêmes que dans les voies scientifique et technologique.

En langues, l'enseignement poursuit une double finalité : la maîtrise écrite et orale des langues étrangères, la compréhension de la culture des pays étrangers, notamment dans le domaine des institutions et des réalités économiques et sociales.

La voie économique se différencie des deux autres voies par les programmes d'analyse économique et historique, d'économie et de mathématiques.

L'analyse économique et historique des sociétés contemporaines

Le programme prolonge celui de sciences économiques et sociales du secondaire tout en comportant des dimensions analytique, théorique et historique plus marquées. Il s'agit d'analyser, d'expliquer et de comprendre les grands enjeux économiques et sociaux du monde contemporain et d'en montrer la complexité.

Le programme, organisé sur deux ans, est thématique. En première année, il traite les grandes questions de l'analyse économique en les replaçant dans leur cadre historique et national (démographie, croissance, investissement et progrès technique, crises et fluctuations, questions monétaires et financières, État, mutations sociales). En deuxième année, il aborde les questions internationales (commerce international, unions régionales, firmes multinationales, systèmes monétaires et financiers internationaux), les déséquilibres (emploi et chômage, inflation et déflation, déséquilibres extérieurs), les politiques économiques et sociales, le changement social (consommation, niveaux et modes de vie, mobilité sociale) et le sous-développement. Une grande place est accordée aux théories économiques. Le programme comporte aussi une dimension sociologique.

Par des méthodes de travail variées (cours, analyse de documents, plans détaillés, dissertations, fiches de lecture), il s'agit d'apprendre aux étudiants à construire une problématique, à ordonner leurs idées plutôt qu'à accumuler des connaissances. Des interrogations orales ont lieu tous les quinze jours pour vérifier l'acquisition des connaissances, la compréhension des mécanismes, la clarté et la concision de l'expression orale.

L'épreuve aux concours est une dissertation d'une durée de quatre heures (comme par exemple "Ouverture commerciale à l'international et croissance économique" ou "La mondialisation est-elle inéluctable ?") et, dans certaines écoles (HEC, ESCP-EAP, INT Management, ENS Cachan, École militaire de Saint-Cyr), l'oral comporte une épreuve d'analyse économique.

Les étudiants sont très investis dans cette discipline, ce qui leur permet bien souvent d'en tirer un avantage décisif aux concours, d'autant plus que le coefficient de l'épreuve est important. Un travail régulier et soutenu permet d'obtenir d'excellentes notes.

En développant la rigueur du raisonnement, la pertinence de l'analyse, la concision de l'expression, le recul critique nécessaire à toute réflexion sur le monde contemporain, l'analyse économique et historique contribue activement à la formation des futurs cadres.

L'enseignement d'analyse économique et historique des sociétés contemporaines est aussi très utile pour les entretiens au cours desquels les examinateurs posent fréquemment des questions sur l'actualité économique et sociale.

Économie

La réforme de 1995 a introduit deux heures d'enseignement d'économie en première et deuxième année. Le programme comporte de la comptabilité nationale et de la microéconomie en première année, de la macroéconomie en deuxième année. La formalisation mathématique n'est pas excessive et les enseignants insistent surtout sur la compréhension des mécanismes économiques, replacés dans les grands courants d'analyse.

Cet enseignement est indispensable à la compréhension du cours d'analyse économique et historique. Il permet aussi, éventuellement, d'obtenir des équivalences dans les universités d'économie et de gestion.

Mathématiques et informatique

Le programme est tout à fait accessible aux élèves de terminale ES et, à condition de travailler régulièrement (devoirs à la maison et devoirs en classe, interrogations orales tous les quinze jours), les étudiants sont souvent étonnés par les progrès qu'ils sont capables d'accomplir et ils peuvent obtenir d'excellentes notes aux concours.

Sauf au concours d'HEC, les mathématiques ne sont évaluées qu'à l'écrit.

Les débouchés

Entrer dans une grande école de commerce est le débouché principal des classes préparatoires économiques et commerciales. Ce n'est pas le seul. D'autres grandes écoles ont ouvert leur recrutement aux étudiants des prépas économiques. La poursuite d'études à l'université, en France ou à l'étranger, est aussi une possibilité qui devrait se développer dans les prochaines années.

Les grandes écoles de commerce, de gestion et de management

Les concours

Après deux ans d'études, les étudiants présentent les concours des écoles de gestion. Il n'y a pas de quotas et les étudiants sont classés selon le nombre de points obtenus. Par conséquent, les étudiants qui suivent l'option économique sont en concurrence avec ceux qui suivent les options scientifique et technologique ainsi qu'avec les étudiants des khâgnes A/L et B/L qui peuvent aussi passer ces concours.

En culture générale et en langues, les épreuves sont les mêmes pour les trois voies. En analyse économique et historique et en mathématiques, les épreuves sont spécifiques.

Les concours comprennent des épreuves d'admissibilité puis un oral d'admission. Leur organisation est assez complexe, et les différentes écoles de gestion choisissent leurs sujets dans des banques d'épreuves communes. Les sujets des épreuves sont regroupés dans trois grandes banques. On distingue :

  • la banque commune d'épreuves CCIP (dite "des parisiennes"), au sein de laquelle les sujets difficiles et sélectifs sont proposés par HEC, l'ESSEC, l'ESCP-EAP, l'EM-Lyon ou l'EDHEC ;
  • la banque Ecricome, qui regroupe six écoles (ESC Bordeaux, Euromed-Marseille, ICN Nancy, ESC Reims, ESC Rouen et ESC Toulouse) ;
  • la banque ESC, qui regroupe les autres grandes écoles de commerce et qui propose des sujets communs à l'exception des écoles indépendantes (comme ESG et ISG) ;
  • pour les langues, il existe deux banques d'épreuves : la banque CCIP et la banque IENA.

Ce système de banques d'épreuves permet de proposer aux étudiants des épreuves adaptées à leur niveau.

Les grandes écoles déterminent librement les coefficients des différentes épreuves. Néanmoins, à l'écrit des concours, les coefficients sont, en général, équilibrés entre la culture générale, les langues, l'analyse économique et historique, les mathématiques (un quart en moyenne pour chacune de ces quatre disciplines). Certaines écoles mettent plus l'accent sur telle ou telle discipline et, en voie économique, les coefficients de mathématiques sont moins élevés qu'en voie scientifique. À l'oral, les épreuves d'entretien (auxquelles les étudiants sont systématiquement préparés en classe préparatoire) et de langues sont déterminantes. Pour réussir, il faut avoir un profil équilibré et ne négliger aucune matière.

Près de quarante écoles de gestion1 recrutent après deux années de classe préparatoire, et les postes offerts (7 000) sont supérieurs au nombre de candidats. Tout étudiant peut donc intégrer une école selon son niveau. Les étudiants de la voie économique réussissent sans problème les concours et intègrent une école. Dans les écoles de province, les taux de réussite sont comparables à ceux des étudiants de la voie scientifique.

Dans les écoles plus prestigieuses comme HEC, l'ESCP-EAP ou l'ESSEC, la voie économique obtient d'excellents résultats, variables selon les écoles et les années. À l'ESSEC, par exemple, en 2003, le taux de réussite de la voie économique (12,4 %) a été supérieur à celui de la voie scientifique, et les étudiants de la voie économique représentent 30 % des intégrés. À HEC, en 2004, avec 94 intégrés, les étudiants de la voie économique pèsent pour près d'un quart dans le total des intégrés (voir tableau ci-dessous).

Réussite des étudiants de la voie économique aux concours d'HEC, de l'ESCP-EAP et de l'ESSEC en 2003 et 2004

Voie
économique
HEC 2003HEC 2004ESCP-EAP
2003
ESCP-EAP
2004
ESSEC
2003
Inscrits761» 76014171438898
 % des Inscrits27 %27,7 %34 %34 %28,7 %
Intégrés65949184111
 % des intégrés17,1 %24,6 %25,5 %23,6 %30 %

Les études

Les études en écoles de commerce durent en principe trois ans.

Outre les enseignements traditionnels de gestion, audit, management, droit, finances ou marketing, dont certains sont assurés par des enseignants étrangers, les écoles ont activement développé ces dernières années des cursus internationaux qui permettent aux étudiants d'effectuer des stages et une partie de leurs études à l'étranger. Les étudiants peuvent ainsi obtenir des doubles diplômes. Certaines écoles ont aussi passé des accords avec d'autres grandes écoles (par exemple : HEC avec Polytechnique, ICN-Nancy avec l'École des mines) et avec des universités pour des maîtrises ou des DESS spécialisés. Des parcours variés et souples, des stages courts ou longs, des spécialisations dans des secteurs divers sont proposés aux étudiants. Il n'est évidemment pas possible de décrire ici toutes les possibilités offertes par les écoles de commerce et, pour plus d'informations, il est conseillé de consulter les sites Internet des écoles. La vie associative dans des domaines culturels, humanitaires ou sportifs fait partie intégrante de la scolarité.

Les anciens élèves des classes préparatoires sont, à une très forte majorité, extrêmement satisfaits de leurs études, d'autant plus que les conditions de travail sont généralement très agréables (locaux spacieux et modernes, vie sur le campus agréable).

Un problème important mérite une attention spéciale : c'est celui du coût des études. Alors que les classes préparatoires publiques sont bien évidemment gratuites, les coûts de scolarité en école sont relativement élevés. Il existe néanmoins de multiples façons de financer ces études : bourses, petits boulots, junior entreprise, emprunts à taux préférentiel, alternance ou apprentissage. De nombreuses écoles ont mis en place des systèmes, après la première année, permettant aux étudiants d'effectuer des stages rémunérés et de financer leurs études ultérieures.

Les débouchés professionnels

La formation - classe préparatoire économique et commerciale plus grande école de commerce et de management - offre aux étudiants une grande diversité de carrières, notamment à l'international où ils sont très appréciés par les recruteurs.

Les secteurs d'activités ouverts aux étudiants sont très larges : des secteurs traditionnels (chimie, automobile, aéronautique...) aux secteurs modernes (high-tech, nouvelles technologies de l'information et de la communication, télécommunications...). Des carrières dans l'enseignement supérieur, les organisations humanitaires, la culture, le sport sont aussi possibles.

Les étudiants peuvent être recrutés comme cadres supérieurs dans de grandes firmes multinationales, dans des petites et moyennes entreprises, dans de très petites entreprises. Ils ont aussi acquis la formation nécessaire pour monter leur propre entreprise.

Par conséquent, tant au niveau des responsabilités, des carrières que des rémunérations offertes, les débouchés des grandes écoles de commerce et de management rivalisent avec ceux des grandes écoles d'ingénieurs ou des instituts d'études politiques.

Les concours des autres grandes écoles

Les classes préparatoires économiques et commerciales offrent la possibilité de passer d'autres concours : instituts d'études politiques, École militaire spéciale de Saint-Cyr (formation des officiers de l'Armée de terre) ou École normale supérieure de Cachan (département économie et gestion ouvrant sur l'enseignement et la recherche).

La poursuite d'études à l'université

Il est toujours possible de changer d'orientation et ces changements ne présentent pas de difficulté particulière, car les étudiants ont acquis des méthodes de travail et une culture générale qui leur permettent de se reconvertir vers d'autres études.

Les étudiants peuvent se réorienter soit après la première année de classe préparatoire, soit après la deuxième année. Tous les lycées ont passé des conventions avec les universités de sciences économiques et de gestion qui permettent d'obtenir des équivalences, d'entrer en deuxième année de Deug (à la fin de la première année de classe préparatoire), ou en licence (à la fin de la deuxième année). Selon les universités, il faut quelquefois prévoir quelques examens à repasser. Les acquis de la classe préparatoire permettent de réussir.

Les qualités nécessaires

Pour les élèves de terminales ES, ouverts sur l'actualité et les grandes questions contemporaines, la voie économique permet d'allier réussite et épanouissement. C'est une des très rares filières de l'enseignement supérieur offrant à la fois une formation philosophique, littéraire et linguistique mais aussi économique et mathématique de haut niveau.

Les classes préparatoires économiques et les concours des grandes écoles de commerce, de gestion et de management permettent de recruter des élèves moyens, bons ou très bons. Les meilleurs intégreront une école prestigieuse, ceux qui sont plus moyens disposeront d'un large choix qui leur permettra ensuite de trouver facilement un emploi conforme à leurs attentes. D'ailleurs, une fois dans la vie professionnelle, les qualités "personnelles" comme le dynamisme et la capacité à prendre des initiatives et à assumer des responsabilités sont aussi importantes que les qualités "académiques". C'est la raison pour laquelle les bacheliers ES réussissent bien dans cette filière et sont très appréciés des grandes écoles. Ils obtiennent fréquemment d'excellentes notes aux entretiens individuels à l'oral des concours, entretiens dont l'objectif est justement de déceler les traits marquants de la personnalité, les goûts et les motivations révélant des aptitudes à occuper un poste de responsabilité dans une entreprise.

Il n'est pas indispensable d'avoir suivi l'option "mathématiques" en terminale ES, même si cela peut paraître souhaitable. Certains étudiants ayant suivi l'option "langues" ou "sciences économiques et sociales" obtiennent des résultats très satisfaisants en mathématiques en classe préparatoire et aux concours. Leurs acquis en langues ou en sciences économiques leur permettent de faire la différence dans les épreuves linguistiques et en analyse économique et historique.

Pour postuler dans une classe préparatoire économique et commerciale, il faut :

  • un bon niveau en terminale, car l'enseignement dispensé dans la voie économique est en continuité logique avec celui suivi en amont ;
  • un dossier équilibré sans faiblesse dans une des disciplines enseignées en classe préItemtoire, même si un point faible ici ou là peut toujours être rattrapé ou compensé, un intérêt pour les lettres, la philosophie et les langues, les sciences économiques et sociales, l'histoire, les mathématiques ;
  • une ouverture sur les grandes questions contemporaines.

Mais, outre ces qualités indispensables, la réussite dépend aussi, et peut-être surtout, de la motivation, de la capacité et des méthodes de travail, de la curiosité intellectuelle, du désir de se cultiver, voire des qualités humaines dont on fera preuve.

En conclusion, pour les bacheliers ES, les classes préparatoires économiques et commerciales, voie économique, sont les seules dont les enseignements prolongent directement ceux du secondaire. Les bacheliers ES ont donc toutes les chances d'y réussir.

Renseignements pratiques

Il existe des classes préparatoires économiques et commerciales dans toutes les académies. Il est très important de choisir une classe préparatoire conforme à son niveau. Inutile de viser Henri-IV si la moyenne des notes en terminale ne dépasse pas 10 ou 11. Les classes préparatoires de "proximité" préparent tout aussi efficacement les étudiants aux concours. Les effectifs sont moins importants, ce qui permet un encadrement efficace. Il faut aussi tenir compte de la distance géographique par rapport à son domicile et de la capacité de l'étudiant à supporter psychologiquement un éloignement par rapport à sa famille. Dans tous les cas, il ne faut pas être obligé d'effectuer tous les jours des trajets longs.

Les élèves de première et de terminale ES ont intérêt à se renseigner, notamment auprès de leurs professeurs de terminale, avant de postuler dans telle ou telle classe préparatoire. Tous les lycées disposant de classes préparatoires économiques sont désormais équipés de sites Internet qu'il est possible de consulter. Ils organisent aussi tous les ans des journées Portes ouvertes où les futurs candidats peuvent rencontrer les enseignants et les élèves.

L'admission se fait désormais par une procédure informatique qui permet aux candidats de classer par ordre de préférence les classes préparatoires dans lesquelles ils souhaitent entrer.

Pour plus de renseignements, on peut consulter le site du ministère de l'Éducation nationale : www.admission-prepa.org.

Les classes préparatoires économiques et commerciales publiques
  • Académie d'Aix-en-Provence : lycée militaire d'Aix-en-Provence, lycée Dominique-Villars à Gap, lycée Saint-Charles à Marseille.
  • Académie d'Amiens : lycée Madeleine-Michelis à Amiens.
  • Académie de Besançon : lycée Courbet à Belfort.
  • Académie de Bordeaux : lycée René-Cassin à Bayonne, lycée Michel-Montaigne à Bordeaux, lycée Louis-Barthou à Pau.
  • Académie de Caen : lycée Charles-de-Gaulle à Caen, lycée Le-Verrier à Saint-Lô.
  • Académie de Clermont-Ferrand : lycée Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand, lycée Madame-de-Staël à Montluçon.
  • Académie de Créteil : lycée Henri-Moissan à Meaux, lycée Marcellin-Berthelot à Saint-Maur, lycée Hector-Berlioz à Vincennes, lycée Alfred-Kastler à Cergy-Pontoise.
  • Académie de Dijon : lycée militaire à Autun, lycée Carnot à Dijon.
  • Académie de Grenoble : lycée Berthollet à Annecy, lycée Champollion à Grenoble, lycée Camille-Vernet à Valence.
  • Académie de Lille : lycée Gambetta à Arras, lycée Gaston-Berger à Lille.
  • Académie de Lyon : lycée Edgar-Quinet à Bourg-en-Bresse, lycée Ampère à Lyon, lycée Saint-Just à Lyon, lycée Claude-Fauriel à Saint-Étienne.
  • Académie de Metz-Nancy : lycée Georges-de-la-Tour à Metz, lycée Henri-Poincaré à Nancy.
  • Académie de Montpellier : lycée Alphonse-Daudet à Nîmes.
  • Académie de Nantes : lycée Joachim-du-Bellay à Angers, lycée Vial à Nantes, Prytanée militaire à La Flèche.
  • Académie de Nice : lycée Stanislas à Cannes, Centre international de Valbonne à Sophia-Antipolis, lycée Bonaparte à Toulon.
  • Académie d'Orléans-Tours : lycée Voltaire à Orléans.
  • Académie de Paris : lycée Carnot, lycée Claude-Monnet, lycée Henri-IV, lycée Janson-de-Sailly, lycée Montaigne, lycée Rodin, École nationale de commerce.
  • Académie de Poitiers : lycée Aliénor-d'Aquitaine à Poitiers.
  • Académie de Reims : lycée Georges-Clemenceau à Reims, lycée Marie-de-Champagne à Troyes.
  • Académie de Rennes : lycée de Kérichen à Brest, lycée Chateaubriand à Rennes.
  • Académie de Rouen : lycée Gustave-Flaubert à Rouen.
  • Académie de Strasbourg : lycée Michel-de-Montaigne à Mulhouse, lycée Kléber à Strasbourg.
  • Académie de Toulouse : lycée Théophile-Gautier à Tarbes, lycée Ozenne à Toulouse.
  • Académie de Versailles : lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, lycée Parc-de-Vilgenis à Massy, lycée Florent-Schmitt à Saint-Cloud, lycée Jean-Jacques-Rousseau à Sarcelles, lycée militaire de Saint-Cyr à Saint-Cyr-l'École, lycée Jean-Baptiste-Corot à Savigny-sur-Orge, lycée Hoche à Versailles.
  • Départements d'outremer : lycée de Bellevue à Fort-de-France, lycée Bellepierre à Saint-Denis, lycée Paul-Gauguin à Papeete.

Se renseigner sur les écoles de commerce et de management

Les grandes écoles de commerce ont toutes des sites Internet qui permettent d'avoir une idée plus précise des études et des débouchés professionnels. Là aussi, il est fortement conseillé de se renseigner. Le site www.prepas-HEC.org comporte des renseignements utiles.

Autres écoles


(1) Cf. en annexe la liste des grandes écoles de commerce, de gestion et de management.

Idées, n°141, page 28 (09/2005)

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