Dossier : Ménage ou famille?

Les territoires de la famille en mouvement

Céline Clément, docteur en sociologie,
Christophe Imbert, doctorant en géographie, à l'université Paris-1 (75).

Dès le milieu des années 1970, alors que la famille était décrite comme nucléaire et isolée du reste de la parenté, certains sociologues et démographes montrent à l'inverse l'étonnante proximité résidentielle entre les parents et leurs enfants adultes ainsi que l'intensité de leurs échanges. Depuis, de nombreuses enquêtes ont confirmé que la famille ne se réduit pas à la cellule nucléaire mais s'étend sur plusieurs générations, au-delà du groupe domestique, tandis que d'autres recherches ont relevé que l'ancrage spatial ne se limite pas au seul point fixe que constitue le logement principal. L'espace apparaît comme un critère pertinent pour comprendre les relations familiales et le fonctionnement de la famille contemporaine1.

Pour comprendre les rapports entre famille et espace, certains chercheurs ont préféré remettre en cause les notions classiques de ménage et logement et proposent d'autres concepts comme l'entourage et l'espace résidentiel. Toutes ces approches ont pour objectif de mettre en rapport liens et lieux familiaux et d'observer leur dynamique. En effet, dans un contexte où les liens familiaux ne sont plus déterminés à l'avance par la position des individus dans la généalogie (fils de, père de, soeur de...) mais sont devenus de plus en plus électifs, la manière dont la famille aménage ses territoires en se concentrant en un lieu ou, au contraire, en restant dispersée dans l'espace est l'un des révélateurs des liens entre parents. Ainsi les individus façonnent-ils leur entourage de parents et de proches en jouant sur l'espace, les distances et les proximités. Étudier comment l'espace est associé à la dynamique des liens d'affinités revient à analyser le rapport que les personnes entretiennent avec leur famille, celle qu'ils ont choisie, car la proximité géographique contribue à construire le lien social en facilitant les échanges et les rencontres2.

Examinons alors les différentes configurations que peut prendre l'entourage familial des individus en travaillant sur un contexte métropolitain, celui de l'Île-de-France. Le fait de prendre pour terrain une grande métropole permet de mettre en lumière la diversité des espaces résidentiels de la famille. Dans un premier temps, on établira une sorte de carte théorique des territoires de la famille à partir des lieux de résidence de ses membres. Dans un second temps, nous verrons, à travers le témoignage des personnes ayant recomposé une famille suite à un divorce, comment l'espace peut constituer une ressource et un ancrage pour le groupe familial.

Les familles recomposées constituent un exemple révélateur : elles montrent combien le concept de ménage n'apparaît pas suffisant pour définir la famille, celle-ci dépassant les murs de la résidence principale, et révèlent combien liens et lieux se confondent, se rassemblent, se partagent mais aussi parfois se distinguent et se concurrencent la nécessité de tenir compte de la multiplicité des lieux et des espaces de circulation de chaque membre de la parenté.

Le réseau familial au moment de l'enquête

L'enquête "Biographies et entourage" de l'Ined (2001) a permis de collecter les parcours familiaux, résidentiels et professionnels de 2 830 personnes, âgées de 50 à 70 ans (générations nées entre 1930 et 1950) résidant en l'Île-de-France ainsi que les trajectoires des membres de leur entourage. On se restreint ici à la géographie de l'entourage familial au moment de l'enquête, sachant qu'il est possible non seulement d'étudier l'évolution dans le temps de ses configurations spatiales mais aussi d'explorer d'autres lieux importants de l'espace de vie comme les résidences secondaires (qui seront étudiés dans la seconde partie) ou d'autres lieux régulièrement fréquentés.

On peut obtenir une image du territoire de l'entourage familial actuel des Franciliens à partir des lieux de résidence 1) des parents de l'enquêté, 2) de ses frères et soeurs et 3) de ses enfants. Cet espace est uniquement délimité par la localisation de la famille, indépendamment de la fréquentation effective de ces lieux. En moyenne, ces entourages regroupent six personnes. Plus de la moitié des enquêtés ont un entourage familial compris entre trois et six personnes. Rares sont ceux dont l'entourage est composé de plus de dix personnes. Les entourages de taille réduite concernent principalement les enquêtés les plus âgés (65 ans et plus) parmi lesquels les femmes sont plus nombreuses.

La proximité résidentielle des ménages apparentés

La proximité résidentielle est un élément important qui façonne les territoires de l'entourage familial. La configuration résidentielle formée par les lieux de résidence des ascendants des enquêtés (âgés eux-mêmes de 50 à 70 ans à la date de l'enquête), de leurs frères et soeurs et de leurs descendants provient de l'ensemble des arbitrages individuels au sein de la lignée. En effet, la proximité ou l'éloignement géographique sont le produit de phénomènes complexes qui mettent en jeu d'une part les contraintes professionnelles et familiales des membres de l'entourage, d'autre part des liens qui ont pu se tisser entre les personnes et les lieux dans lesquelles elles ont vécu. La proximité tout comme l'éloignement peuvent être le résultat d'un choix, avec un mode d'être ensemble ou au contraire un désir de prise de distance vis-à-vis de la famille. Mais elles peuvent être subies dans les situations où les personnes s'estiment retenues à regret3 ou à l'inverse obligées de migrer. Aussi l'espace que nous observons au moment de l'enquête peut-il dans une certaine mesure s'interpréter comme le "meilleur" arrangement trouvé par le fonctionnement spécifique de chaque famille. Il reflète en quelque sorte un état de l'arbitrage des contraintes et des aspirations, dans un univers relationnel où s'expriment des affinités et des inimitiés.

Le tableau 1 permet de repérer le poids des personnes qui, de fait, résident à proximité d'un membre de leur famille en Ile-de-France. Que ce soit le résultat d'un véritable choix ou de simples opportunités, vivre dans la même commune ou une commune limitrophe où demeurent un ou plusieurs parents, c'est aussi s'inscrire dans un espace de relations qui facilite le recours aux ressources familiales. De fait, l'accès au logement y est sans doute plus facile. Près de six familles (dont au moins deux personnes ne corésident pas) sur dix connaissent un regroupement d'au moins deux de ses membres dans le même département. Et, si l'on s'en tient aux enquêtés franciliens de naissance, cette proportion est amplement majorée.

Proportion d'enquêtés vivant à proximité d'un membre de sa famille (tableau 1)

En %

 Même
commune
Même
commune
ou commune
limitrophe
Même
département
Père ou mère91922
   - Franciliens163441
   - Migrants040910
Au moins un enfant254555
   - Franciliens274757
   - Migrants244453
Au moins un enfant du conjoint72429
   - Franciliens52229
   - Migrants92529
Au moins un frère ou une soeur112631
   - Franciliens183745
   - Migrants062022
Au moins un membre de la famille275058
   - Franciliens335766
   - Migrants234553

La proximité résidentielle est la plus grande entre le ménage de l'enquêté et celui de ses propres enfants (55 % des enquêtés résident dans le même département que l'un d'eux), d'un frère ou d'une soeur (pour 31 % des enquêtés) et enfin d'un parent. Le fait de résider dans la même commune ou le même département que ses parents dépend fortement des trajectoires migratoires des enquêtés. On constate en effet, un regroupement dans l'espace de la famille composée des frères et soeurs et des enfants parmi les natifs de province ou de l'étranger (à 61 %) alors que les parents sont souvent restés au pays. Pour les Franciliens de naissance, la proximité avec les parents est alors équivalente à celle avec les frères et soeurs mais reste inférieure de plus de 10 points de celle que les enquêtés ont avec leurs enfants.

Si l'on examine à présent un maillage géographique plus fin - celui de la commune de résidence ou une commune limitrophe -, le constat est très stable : la sociabilité qu'autorise la proximité résidentielle est ménagée par la moitié des familles qui résident en Île-de-France. On est ainsi frappé par la forte implantation familiale des enquêtés dans une des régions les plus urbanisées, dont le peuplement est largement le résultat de migrations importantes. Y compris dans l'agglomération métropolitaine, la famille n'est pas isolée et ce constat, révélé par les enquêtes anciennes4 et renouvelé il y a quinze ans pour les générations nées entre 1926 et 1935, persiste comme en témoigne la localisation de la lignée des générations 1930-1950 en 2000 et 2001.

Or, cette proximité est le signe de la persistance de relations suivies entre les enquêtés et leur entourage. On constate en effet d'après le graphique 1, que plus les personnes sont proches géographiquement, plus les relations entre elles sont fréquentes. Ce résultat est d'autant plus significatif que la fréquence des contacts entre les personnes de l'entourage est calculée sans tenir compte du mode de relation (contact physique, téléphonique, épistolaire, électronique ou autre), ce qui serait censé, a priori, atténuer les effets de la distance.

On lit sur le graphique que la moitié des relations quotidiennes ont lieu entre des personnes dont les résidences sont distantes de moins de 3 km. Les distances médianes sont respectivement de 15 km et de 40 km pour les relations hebdomadaires et mensuelles. Par conséquent, proximité physique et fréquence relationnelle sont étroitement liées au sein de l'entourage, ce qui renforce plus encore l'intérêt de dépasser le seul cadre du ménage dans l'étude du fonctionnement familial.

Les configurations spatiales du réseau familial

Les relations de proximité sont une des caractéristiques de l'entourage. Une autre caractéristique réside dans les différentes configurations spatiales que prend l'entourage. Celle-ci illustre la richesse des espaces qui s'offrent aux Franciliens. En effet, la configuration territoriale de ces familles peut prendre des formes variées et diverses selon la taille du réseau et le nombre de régions concernées. Certaines familles sont ancrées uniquement en Île-de-France, d'autres ont des prolongements en province, d'autres enfin s'étendent jusqu'aux pays proches ou lointains (graphique 2). La très grande majorité (79 %) des enquêtés ont des liens par le biais de la famille proche avec la province ou l'étranger.

La configuration résidentielle où l'entourage se déploie entre l'Île-de-France et la province est de loin la plus fréquente, elle concerne la moitié des enquêtés. Ces réseaux familiaux comprennent en moyenne cinq personnes. De façon contrastée, les entourages ancrés uniquement en Île-de-France, sont moins nombreux (21 %). Ces réseaux entièrement franciliens sont également nettement moins étendus que ceux des autres enquêtés avec une taille moyenne de trois personnes. Pour le reste des enquêtés (28 %, soit plus d'un sur quatre), le territoire de l'entourage familial se répartit en Île-de-France et à l'étranger ou à la fois en Île-de-France, en province, à l'étranger ou outre-mer (configurations mixtes). Ces enquêtés résident plutôt au centre de l'Île-de-France et la proportion de natifs de l'étranger dépasse le tiers. On trouve le plus souvent des membres de la fratrie ainsi que des parents à l'étranger alors que la partie francilienne de ces entourages comprend majoritairement les enfants et bien souvent un frère ou une soeur. Cette description générale ne doit cependant pas cacher la grande diversité des situations.

La configuration la plus fréquente de l'entourage familial regroupe Franciliens et provinciaux (carte 1). Toutefois, selon le nombre de régions où se disperse le réseau familial et leur position par rapport à l'Île-de-France (proche comme le département de L'Eure ou éloignée dans l'exemple avec l'Aveyron, l'Alsace et la Seine-Maritime), le territoire des familles diffère en forme et en étendue.

Pour les territoires des réseaux familiaux qui s'étendent en province et aussi à l'étranger, la même diversité existe (carte 2). Il ne s'agit pas en effet uniquement de conjuguer deux pôles : un en province et un à l'étranger dans un même pays qui serait celui d'origine, mais également des configurations plus complexes qui reflètent à la fois la trajectoire de l'enquêté, celle de ses frères et soeurs et celle des enfants.

Dans cette première présentation du territoire des familles à partir des données de l'enquête "Biographies et entourage", nous avons examiné les espaces de référence des enquêtés en distinguant les lieux définis par les résidences des membres vivants de la lignée. Ainsi, en rapprochant cette carte familiale théorique de celle des lieux de famille réellement mobilisés, on constate que 57 % des enquêtés considèrent avoir réellement une attache en rendant visite aux membres de leur famille ou en ayant acheté ou hérité d'une résidence secondaire5. Pour les deux tiers d'entre eux, il s'agit d'un lieu unique. Toutefois, ces proportions ne reflètent qu'imparfaitement les échanges des enquêtés avec d'autres localisations en province ou à l'étranger, qu'il s'agisse des visites aux amis, à l'hôtel ou au camping, cette analyse portant sur les seuls liens familiaux. Tous ces lieux peuvent recouvrir des significations très diverses. Comme le montrent les anthropologues6, une maison sert souvent de support identitaire à un individu ou à un groupe. C'est spécifiquement le cas des familles recomposées qui ont pour particularité de regrouper plusieurs histoires familiales en interférence.

Familles recomposées et ancrage résidentiel

Les familles recomposées ont fait l'objet de plusieurs études ces dernières décennies et ont conduit à diverses interrogations : interrogations sur leur nombre, sur leur définition et sur leur frontière7. Ainsi, dans la situation des familles recomposées, la définition de la famille, qui ne retient que les individus apparentés vivant dans le même logement, n'apparaît plus pertinente, le territoire des enfants des familles recomposées se "dualisant", se multipliant. Dans cette perspective, sociologues et démographes ont proposé d'élargir le concept statistique de famille au-delà de la corésidence et de l'étendre à l'ensemble du réseau familial issu de l'histoire conjugale des parents. Dès lors, les familles recomposées sont aujourd'hui définies comme des constellations familiales, dessinées par l'espace de circulation des enfants entre les foyers paternels et maternels.

L'objet de la recherche8 présentée ici était de s'interroger sur les familles recomposées et leur logement, mais en changeant l'angle de l'analyse, notamment en nous rapportant à la notion "d'espace de vie", permettant ainsi de dépasser la notion de "résidence principale" et d'adopter une dimension temporelle. Une enquête qualitative a donc été menée auprès d'hommes et de femmes qui ont recomposé une famille au cours de leur trajectoire. Seize entretiens semi-directifs ont été conduits auprès de personnes de professions intermédiaires nées entre 1940 et 1950, précédemment interrogées lors de l'enquête par questionnaire "Biographies et entourage", offrant alors la possibilité d'explorer les familles recomposées à une autre échelle - celle d'espace de vie - et d'ouvrir des pistes méthodologiques.

Les espaces de circulation

En dépassant les murs du logement principal et en intégrant une dimension temporelle dans l'analyse des familles recomposées, d'autres éléments de compréhension sont apparus. Dans un premier temps, on remarque que la notion de "circulation" des enfants ne constitue finalement pas une réalité nouvelle. En effet, un certain nombre d'enquêtés ont vécu dans leur enfance, pour des raisons autres que le divorce, cette mobilité conduisant à des "temps morcelés", à des "variations morphologiques de la famille" ainsi qu'à des "familles accordéons", que ce soit par le biais du pensionnat ou du "confiage" d'enfants à un membre de la parenté9... Ce qui apparaît nouveau n'est donc pas tant la circulation des enfants, mais la circulation des enfants entre les logements de leurs parents respectifs.

Dans un second temps, on observe que cette circulation évolue au cours du cycle de vie et des relations entre parents et enfants. Ainsi, si la garde principale est plus souvent attribuée à la mère, il faut signaler que la décision juridique ne correspond pas toujours à la pratique effective. Il en résulte que, dans les familles recomposées contemporaines, les logements des parents sont séparés et l'espace des enfants scindé, diversifiant les espaces de socialisation, les relations au sein de la parenté, au sein de la fratrie.

Enfin, concernant les relations entre ex-conjoints, il existe peu de lieux où le couple parental et les enfants se retrouvent, hormis lors de "grandes occasions", comme un mariage ou un baptême, les relations entre ex-conjoints étant souvent éloignées de l'amitié. Néanmoins, cette absence de contacts entre les ex-conjoints ne conduit pas toujours à une rupture des liens avec l'ex-belle famille.

Un lieu qui demeure, un lien qui perdure

Si la majorité des enquêtés n'ont plus de relation avec cette dernière, d'autres poursuivent ces liens, en particulier avec leurs ex-beaux-parents. C'est notamment le cas d'Isabelle. En effet, tout au long de son mariage, elle se rendait dans la maison de ses beaux-parents, en province, accompagnée de ses enfants. Aujourd'hui divorcée, elle n'a pas pour autant rompu les liens avec eux. Ces derniers l'invitent fréquemment chez eux avec ses enfants. Plus étonnant est l'exemple de Daniel, père de trois filles issues de deux mariages, et beau-père de deux enfants d'une troisième union. Originaire de Marseille, où résident toute sa famille ainsi que ses ex-conjointes, il vit actuellement à Saint-Quentin-en-Yvelines avec sa troisième femme. De sa première union à l'âge de 18 ans est née une fille. Très rapidement, le couple divorce. Il n'aura plus aucun contact avec sa première femme, ni même avec sa fille. Un an après son divorce, à 21 ans, il se marie une seconde fois et a deux filles. Deux ans plus tard, il divorce de nouveau et s'installe à Bourg-la-Reine, dans l'appartement de sa troisième conjointe, qui a deux enfants. Il quitte donc Marseille mais gardera des contacts avec sa seconde femme et ses deux filles. On observe alors le rôle joué par Marseille dans la vie de Daniel. En effet, les rencontres avec ses filles se déroulent chez sa mère ou chez sa soeur qui résident à Marseille, dans la même commune que ses filles et ses ex-conjointes. Fait d'autant plus marquant, les relations entre la première fille et la mère de Daniel n'ont jamais été rompues :
"- Vous l'avez retrouvée à quel âge alors ?
- Oh, ben je ne l'ai pas perdue de vue, elle n'a pas perdu de vue ma mère, sa grand-mère, mais moi non. Et puis aux 80 ans de ma mère, il y a donc trois ans, elle est venue. Elle est extraordinaire, mais enfin j'ai deux autres filles qui sont aussi extraordinaires. J'ai que des filles. Donc ma deuxième femme... alors j'ai eu une première femme avec qui j'ai eu une fille, on s'est séparés, enfin on s'est séparés... on a divorcé dans la violence ! Je devais avoir 20 ans, il y a quarante ans, dans la grande violence ! N'importe quoi ! Mais bon... parce que moi quand j'aimais je me mariais. Donc j'ai rencontré une fille à 21 ans, j'ai dû l'épouser, pareil, je lui ai fait deux mômes, deux filles que j'adore..."

Par ailleurs, ses trois filles, issues de ses deux unions se connaissent : seul Daniel ne voyait pas sa première fille. Marseille constitue alors le point commun, le noeud de toute cette famille, et c'est chez la mère de Daniel que se retrouvent les enfants, mais aussi les beaux-enfants et l'actuelle conjointe de Daniel :
"- Donc ils avaient toujours des contacts avec leur grand-mère.
- Ah oui, qu'elles ont toujours. C'est elle qui... enfin pas elle, puisque ma soeur s'occupe de ma mère, mais elles voient ma mère une fois par semaine maintenant, elles ont des enfants. Non non ça s'est très très bien passé. Je vous dis avec la femme que j'avais, leur grand-mère c'était... mais même ma première, ma première épouse, la vache ! Elle n'a jamais empêché ma première fille de voir sa grand-mère qu'elle voyait beaucoup au début quand elle était jeune, un peu moins par la suite, mais elle n'a jamais quitté ma mère. Non... voilà et ça se passait chez ma mère oui, parce que... oui voilà... ou chez ma soeur. Ma soeur a une belle maison à côté de Marseille et donc quand j'étais chez ma soeur, je prenais mes filles chez ma femme donc, on descendait même avec les enfants de ma femme, on déboulait tous là-bas, donc ils se connaissent bien."

Le récit de Daniel permet ici de soulever plusieurs points. L'introduction du temps biographique et des différents lieux fréquentés mettent en évidence la complexité des trajectoires conjugales et familiales, Daniel ayant connu plusieurs recompositions familiales. Toutefois, la multiplication de ces séquences familiales ne conduit pas nécessairement à une "disparition" de certains territoires. Aussi, la famille paternelle n'est pas exclue, et la grand-mère paternelle poursuit son rôle : lorsque le père n'a plus de contacts avec son enfant, la famille paternelle n'est pas pour autant évincée. De même, cet exemple montre la complexité des relations entre enfants, où l'absence de corésidence dans le logement principal n'induit pas nécessairement absence de rencontres entre eux.

Lieux fréquentés et corésidence

Comme cela a été souligné dans différentes études, les familles recomposées amènent des espaces et des temps fragmentés entre frères et soeurs, demi-frères/demi-soeurs, quasi-frères/quasi-soeurs. Selon A. Martial10, il apparaît que, bien plus que le lien biologique et la seule corésidence, c'est le temps partagé de l'enfance qui permet de construire des liens durables au sein d'une fratrie. Toutefois, ces analyses demeurent essentiellement centrées sur les logements parentaux. À l'aide de certains entretiens, nous allons voir comment se multiplient, se diversifient, se fractionnent mais aussi se partagent les espaces entre les divers membres de la fratrie.

Évoquons la trajectoire conjugale d'Alain (graphe 1). Celui-ci s'est marié une première fois. Il adoptera avec sa femme un enfant, Julien, qu'ils avaient "trouvé", abandonné dans la "cité" où ils résidaient. Après son divorce, il aura quelques contacts ponctuels avec son fils adoptif. Il forme ensuite une seconde union. De cette union va naître Jérôme, dont Alain aura la garde lors de sa séparation. Enfin, il se mariera une troisième fois avec Aline, qui a deux enfants : Sébastien et Maud. Alain et Aline auront un nouvel enfant, Romain. D'après le graphe 1, on observe que le petit dernier, Romain, forme "le noeud" de la fratrie. D'ailleurs, Aline explique que la naissance de Romain a "soudé" la famille, ce dernier étant présenté comme "le frère de chacun".

Graphe 1. Les lieux communs des enfants d'Alain

L'espace de la fratrie est alors scindé en deux, où Romain représente le point de rassemblement. Le week-end Jérôme rejoint sa mère d'un côté, Sébastien et Maud retrouvent leur père de l'autre. Romain est donc parfois dans la situation "d'enfant unique", et, finalement, il ne bénéficie pas d'un nombre aussi important d'espaces de vie que ses demi-frères et soeurs, ce qui le place dans une situation différente. Ces remarques confirment la nécessité de distinguer les configurations familiales où les enfants résident avec leurs parents biologiques et leurs demi-frères et soeurs.

Prenons également l'exemple de Jacques (graphe 2). Ce dernier a trois enfants issus d'une première union : Carole, sa fille aînée, David, dont il a la garde dès le divorce prononcé, et Chloé, qui viendra chez lui suite à des conflits avec sa mère lors de son adolescence. De sa seconde union naîtra Patricia. Il en résulte que ce sont David et Patricia, demi-frère et demi-soeur, qui ont partagé le plus de moments ensemble : ils partagent au quotidien le logement de leur père et partent en vacances avec le camping-car. Enfin, David représente le noeud de la fratrie et le point commun de tous les lieux fréquentés. Il est ainsi le seul à fréquenter les espaces de vie liés aux deux couples parentaux : les espaces liés à sa famille paternelle, à sa famille maternelle et enfin ceux associés à sa belle-mère. Finalement, l'espace de Patricia est moins diversifié : par exemple, lorsque David va skier en montagne chez sa famille maternelle, elle ne l'accompagne pas. Cet exemple montre que l'enfant né de la recomposition n'est pas nécessairement celui qui symbolise le lien entre les divers membres de la fratrie.

Graphe 2. Les lieux communs des enfants de Jacques

Ces extraits d'entretiens relèvent la nécessité de s'interroger sur d'autres lieux que celui de la résidence principale où des "histoires communes" peuvent aussi se construire. Les enfants des familles recomposées circulent entre plusieurs lieux parentaux, parfois ensemble, parfois séparément, mettant en évidence toute la complexité de saisir les recompositions familiales qui sont loin de constituer une catégorie homogène. Par exemple, Jérôme, Maud et Sébastien corésident au quotidien, la semaine. Toutefois, quand Maud et Sébastien vont ensemble chez leur père, Jérôme va seul rejoindre sa mère. Romain est alors continuellement avec ses deux parents. De même, David et ses soeurs disposent de lieux de vacances d'hiver où se retrouve leur famille maternelle, mais Patricia ne s'y rendra jamais. Inversement, David va parfois rendre visite à la famille de la mère de Patricia. Les soeurs de David n'y vont pas. De ces situations, il résulte que des lieux autres que le logement principal sont investis afin de composer des temps fondateurs entre les divers membres de la famille recomposée. Concernant Alain et son épouse, ces derniers insistent sur la notion de "moments partagés" entre leurs enfants, issus d'unions différentes. Des "temps forts" à travers des "lieux points de repère" ont ainsi été agencés. Chaque année, ils allaient en vacances au même endroit, en Normandie, lieu d'enfance d'Aline, afin de donner à leurs enfants "des points fixes". Quant à l'expérience de "temps fragmentés" entre frères, soeurs, demi-soeur, celle-ci a incité Jacques à créer d'autres formes de sociabilité dans divers lieux : son lieu de travail où sont fêtés les anniversaires de chacun et de chacune, mais aussi sa résidence secondaire.

Plusieurs enquêtés soulignent la difficulté de "rassembler" les enfants : l'absence "d'histoires", "de culture", de "valeurs" communes ou même "d'habitudes familiales" est souvent évoquée. C'est d'ailleurs pour l'une de ses raisons que Jeannette a préféré attendre que ses enfants quittent la maison avant de s'installer avec son conjoint. D'après cet exemple, si l'on considère les périodes de jeunesse des enfants et des beaux-enfants, on pourrait supposer que ces derniers ont partagé peu de moments ensemble, les conjoints ayant décidé de s'installer au quotidien tardivement : leurs enfants n'ont donc pas connu une expérience de corésidence. Or, en changeant l'angle de l'analyse et en y intégrant une dimension temporelle ainsi que les différents lieux fréquentés autres que les logements paternels et maternels, on remarque le rôle des lieux de vacances et de la résidence secondaire dans la création et la construction d'un lien familial entre les différents membres de la famille. La résidence secondaire ou des lieux de vacances peuvent alors constituer un moyen de créer ce "vécu partagé". Si l'on prend l'exemple de Jeannette, on observe ainsi l'importance de la maison de son conjoint, située en Bretagne, où ils reçoivent leurs petits-enfants qui "reconstruisent" la famille. En effet, si leurs enfants n'ont pas été réunis sous le même toit lors de leur enfance et de leur adolescence, leur "équipe de sept petits-enfants", leur "troupe", est rassemblée dans cette résidence secondaire. Le couple envisage d'ailleurs de s'installer en Bretagne lors de la retraite de Jeannette.

Les logiques de la résidence secondaire

Précisons que les familles recomposées de l'enquête "Biographies et entourage" ne possèdent pas davantage de résidence secondaire que les autres. Ainsi, 40 % des couples mariés ont une résidence secondaire contre 34 % des familles recomposées - au moment de l'enquête - et 21 % des enquêtés qui ont recomposé une famille au cours de leur trajectoire familiale. Prenons, les exemples d'Isabelle, de Christophe et d'Hélène qui ont acheté une résidence secondaire au cours de leur recomposition familiale. Les cas d'Isabelle et de Christophe présentent de nombreuses similitudes. En effet, tous deux ont acheté une résidence secondaire avec leur conjoint actuel. Isabelle a divorcé en 1982. Elle a la garde de ses enfants et conserve l'appartement qu'elle avait acheté à Nogent. Lorsqu'elle rencontre son conjoint actuel en 1987, ils conviennent de rester dans leur appartement respectif. Un système de circulation entre leurs logements est instauré : le compagnon d'Isabelle vient plus souvent à Nogent, les enfants de celle-ci étant absents la semaine. En 1990, veuf, il s'installe avec son fils cadet dans l'appartement d'Isabelle. En 1993, le couple achète une résidence secondaire, dans le Vaucluse. On note alors le rôle de cette maison, tant dans la trajectoire résidentielle que conjugale et familiale. En effet, la construction et l'aménagement de cette maison apparaissent comme un projet conjugal, un "projet commun" que le couple a d'ailleurs concrétisé par un mariage dans cette maison :
"- Ça représentait un projet commun ?
- Oui. Et puis je ne dis pas qu'une maison c'est un bébé, il faut pas... Mais je pense que c'est pas mal, quand on se remarie comme ça tard, d'avoir élaboré quelque chose ensemble. Il y a quelque chose qui... c'est quelque chose qui unit nos deux familles cette maison, c'est quelque chose qu'on a fait ensemble. Et c'est clair que je pense que ça renforce pas mal de choses. Ce projet commun, qui n'était pas si facile à mener, où il a fallu discuter, mettre de l'eau dans notre vin, chacun de son côté, parce que qui veut une chambre comme ça, qui veut une autre. Donc c'est pas mal je trouve, je trouve c'est une chance, parce qu'on a pas tous la chance de faire ça, mais je pense que c'est pas mal. Parce qu'en se remariant à 45 ans, moi je pouvais encore avoir des enfants, le gynéco était ferme. Il m'avait dit, vraiment, vous n'êtes pas ménopausée donc... mais 45 ans, non [...]."

Ici, la résidence secondaire constitue un support symbolique pour le couple : elle représente et consolide un projet commun mais elle l'inscrit également dans une continuité familiale. Cette maison réunit ainsi les deux familles : les enfants des deux lignées - celles d'Isabelle et de son conjoint - ainsi que les petits-enfants, permettant ainsi de créer un sentiment d'appartenance familial à travers un lieu fixe.

On peut établir un parallèle avec Christophe, où l'on retrouve les mêmes termes pour décrire sa résidence secondaire. Christophe s'est marié une première fois en 1971. De cette union est née une fille en 1975. Il divorce en 1978 et se met en couple en 1981. Il aura alors deux fils avec sa seconde conjointe, tandis qu'il a la garde de sa fille les week-ends et lors des vacances scolaires. En 1987, le couple se sépare. Il emménage dans un appartement proche de son ex-conjointe afin de poursuivre les liens avec ses fils ainsi que sa fille. Il rencontre sa troisième conjointe et s'installe en 1995 à Garches dans l'appartement de fonction de cette dernière, qui a la garde de ses deux fils. Sa fille, devenue adulte ne viendra pas dans cet appartement. Inversement, ses deux fils s'y rendent le week-end : Christophe a d'ailleurs installé une mezzanine dans le salon afin de les accueillir. Aujourd'hui, le couple a acheté une résidence secondaire. Contrairement à Isabelle, qui hésitait à comparer une maison à un enfant, Christophe annonce d'emblée : "c'est notre bébé". La résidence secondaire apparaît comme un projet conjugal, se substituant à l'enfant que le couple n'a pas eu ensemble :
"- Oui, oui oui... Disons notre résidence secondaire, c'est ce qu'on a dit au début, mais on le redit de temps en temps, c'est notre bébé, parce que justement on avait notre quota d'enfants et qu'on n'a plus l'âge d'en avoir, on a investi, on s'est investis dans autre chose, donc dans cette maison, parce que les enfants, ben ils continuent à grandir, ils continuent leurs études, certains ont commencé... enfin mon grand a commencé ses études supérieures, donc eux ils sont partis pour continuer leurs études, tout ça, il était hors de question qu'on refasse un enfant tous les deux, c'était pas la peine, on a déjà assez à s'occuper avec ceux-là, donc on a investi dans autre chose."

De même que, pour Isabelle, la résidence secondaire représente un projet commun et parachève l'union : c'est aussi dans cette résidence que le couple s'est marié en 2003. Elle est aussi le lieu de rencontre des enfants des différentes lignées, même si ce n'est pas le seul endroit où se retrouvent certains membres de la famille.

D'après ces exemples, le caractère fondateur du foyer commun n'est pas nécessairement joué par le logement principal. Toutefois, si la résidence secondaire permet parfois de construire des "histoires communes", elle peut être dans certains cas un lieu qui divise. Ainsi, peut-on prendre l'exemple d'Hélène qui se situe dans une logique totalement inverse. Hélène s'est mariée à l'âge de 19 ans. Elle s'installe avec son conjoint à Pontoise et aura deux filles. Après avoir acheté une maison en 1974, le couple divorce en 1977. Ils vendent la maison et Hélène, qui a la garde de ses deux filles, bénéficie d'un logement de fonction. En 1987, son second conjoint s'installe dans son appartement accompagné de son fils. Deux ans plus tard, le couple se sépare. Hélène, avec sa fille cadette, se rapproche de ses parents à Béziers. Toutefois, des ennuis de santé de sa fille la conduisent à retourner à Paris. C'est à cette époque qu'elle rencontre son troisième conjoint, veuf, et père de deux enfants. Pendant huit ans, ils vont garder leur logement et "circuler" entre leurs appartements. C'est lors de sa retraite qu'Hélène emménage dans la maison de son conjoint, à Chevreuse. Contrairement à Isabelle et Christophe, Hélène ne s'est pas remariée. Toutefois, on observe également pour celle-ci un système de multi-résidence : elle a hérité de la maison de sa grand-mère paternelle, tandis qu'elle a acheté une maison dans le village où résidait sa grand-mère maternelle. Ce sont des lieux marquants pour Hélène : lorsqu'elle revenait du pensionnat, elle se rendait chez ses grands-mères lors des grandes vacances scolaires. Elle y est retournée fréquemment : autrefois avec son premier mari et ses enfants, avec son actuel conjoint aujourd'hui. En couple, elle a acheté un appartement dans la même ville que sa fille aînée. Néanmoins, cet appartement n'est pas un lieu de rencontre familiale : c'est Hélène qui a entrepris les travaux, s'est occupée de l'aménagement et de la décoration. Elle s'y rend lorsque son conjoint et elle ont besoin de "moments seuls", son conjoint demeurant dans le "logement principal" - qui n'appartient pas à Hélène (elle n'est pas propriétaire). On a donc une logique totalement différente : l'achat de l'appartement est individuel et ne représente pas un projet commun. Il ne fixe, ni ne symbolise la famille des deux lignées : seules les filles d'Hélène s'y retrouvent. De même, les autres résidences secondaires constituent des lieux pour le couple et non pour la famille : les lignées ne se "mélangent" donc pas. Un système de multi-résidence est bien en place, mais il n'a pas la même signification ici, le lien de filiation étant non seulement préservé mais surtout distingué. Comme le précise Hélène : "Non, comme on a séparé les biens immobiliers, on a séparé aussi les familles."

Cette étude exploratoire des familles recomposées à une autre échelle - celle d'espaces de vie - a permis de souligner plusieurs points. L'introduction de la diachronie et des différents lieux fréquentés a mis en évidence la complexité des trajectoires conjugales et familiales, certains des enquêtés ayant connu plusieurs recompositions familiales. Toutefois, la multiplication de ces séquences familiales ne conduit pas nécessairement à une "disparition" de certains territoires. Ainsi, la famille paternelle n'est pas exclue et la grand-mère paternelle poursuit son rôle. Cette recherche a également confirmé le rôle de la seconde résidence. Elle apparaît alors comme le centre de la vie familiale, permettant de resserrer les liens familiaux, mais aussi comme le marqueur de l'identité familiale et de son histoire. Ici, l'expérience du "temps fragmenté" dans les familles recomposées semble d'autant plus favoriser la création de lieux fixes afin de reconstituer la famille. Souvent présentée comme la maison des origines, des racines, la maison de famille - dans le cas des familles recomposées - est alors une histoire à inventer. Elle s'inscrit dans une trajectoire conjugale et familiale dont elle constitue le point d'origine. Néanmoins, la résidence seconde n'est pas toujours destinée à inscrire le couple dans un projet commun, ni à construire de nouvelles racines de l'histoire familiale. Elle peut être au contraire le moyen de séparer non seulement les territoires conjugaux mais aussi familiaux, notamment en distinguant les logements en fonction des lignées.

La morphologie familiale

Appréhender les relations familiales sous l'angle de leur spatialité permet de mieux en cerner le fonctionnement, qu'il s'agisse de travailler sur la géographie de l'entourage familial ou de faire porter l'analyse sur l'aménagement des territoires des familles recomposées. S'impose alors la nécessité de dépasser le seul cadre de la famille nucléaire et, d'un point de vue théorique, de réinvestir dans des recherches anciennes11 que l'on croyait dépassées, voire invalidées par une disparition inéluctable des sociétés traditionnelles. Plus encore, ces résultats montrent tout l'intérêt qu'il y a à mêler agents sociaux (les personnes d'un entourage) et éléments matériels (résidences secondaires et autres lieux fréquentés) dans une même analyse.


(1) Cet article reprend les travaux menés au sein de l'unité "Mobilité, territoires, habitat et sociabilité" (Ined), notamment ceux de Bonvalet C., Clément C., Imbert C. et Lelièvre É. On se référera ainsi aux articles suivants : Bonvalet C., Lelièvre É., "Lieux de famille", Espaces et sociétés,à paraître ; Lelièvre É., Imbert C., "L'entourage des Franciliens de 50 à 70 ans s'étend au-delà des limites de la région", Atlas des Franciliens, Tome 3 : Population et modes de vie, Laurif-Insee, 2003 ; Clément C., Bonvalet C. "Familles recomposées et ancrage résidentiel", Espaces et sociétés, n° 120, à paraître.

(2) Bonvalet C., Gotman A., Grafmeyer Y. (éd.), La Famille et ses proches : l'aménagement des territoires, Paris, INED/PUF, 1999 coll. "Travaux et document n° 143".

(3) Gotman A., "Géographies familiales, migrations et générations", Bonvalet C., Gotman A., Grafmeyer Y., op. cit.

(4) Bonvalet C. "La famille et le marché du logement", in Jeux de familles, Segalen M. (éd.), Paris, Presses du CNRS, 1991.

(5) Bonvalet C. et Lelièvre é. (op. cit., à paraître) s'intéressent aux résidences secondaires. Voir également : Bonnin P., De Villanova R., D'une maison à l'autre. Parcours et mobilités résidentielles, Paris, Grane, 1999 ; Dubost F., "L'autre maison. "La résidence secondaire", refuge des générations", Autrement, 1998, n° 178.

(6) Sagnes S., "Cultiver ses racines", Ethnologie française, vol. XXXIV, 2004.

(7) Blöss T., Éducation familiale et beau-parenté : l'empreinte des trajectoires biographiques, Paris, L'Harmattan, 1996. Cadolle S., Être parent, être beau-parent. La recomposition de la famille, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000. Le Gall D., Martin C., Recomposition familiale et usage de l'espace domestique, Paris, Plan Construction et Architecture, 1991. Martial A., S'apparenter. Ethnologie des liens de familles recomposées, Paris, Éditions des Sciences de l'Homme, Théry I., 2003.Le Démariage. Justice et vie privée, Paris, Odile Jacob, 1996. Villeneuve-Gokalp C., "La double famille des enfants de parents séparés", Population, 1999, n° 1.

(8) Cette partie reprend partiellement un rapport pour le PUCA dans le cadre du programme "habitat et vie urbaine" intitulé "Les espaces de vie des familles recomposées" de C. Clément et C. Bonvalet (2004).

(9) Voir dans ce numéro la contribution de G. Vivier et C. Tichit, p. 19.

(10) Martial A., S'apparenter. Ethnologie des liens de familles recomposées, Paris, Éditions des sciences de l'homme, 2003.

(11) Tout n'est pas à jeter, loin s'en faut, dans les études leplaysiennes.

Idées, n°140, page 26 (06/2005)

IDEES - Les territoires de la famille en mouvement