Qui sont les surveillants de prison ?

Les surveillants de prison - autrement dénommés personnels de surveillance de l'administration pénitentiaire - sont des fonctionnaires d'État de catégorie C. Leur statut est réglé par un décret spécifique du 14 avril 2006 qui porte, en particulier, sur les droits et obligations de ces fonctionnaires. Parmi les droits, on pourra citer un régime indemnitaire et des conditions de départ en retraite particulièrement favorables. Les obligations étant elles aussi diverses, contentons-nous de mentionner l'interdiction de participer à un mouvement de grève.

Depuis 2002, date à laquelle a été lancé un plan quinquennal de recrutement de 7 500 nouveaux surveillants, le ministère de la Justice a vu ses créations de poste encouragées, à la différence d'autres secteurs de la fonction publique. De fait, les surveillants en poste sont aujourd'hui, pour près du tiers, des personnels recrutés depuis le début des années 2000. Ce renouvellement des personnels s'est appuyé, en parallèle, sur une féminisation accrue des recrutements. Les quotas de sexe ne sont plus appliqués de manière aussi stricte, ce qui permet aujourd'hui aux femmes de représenter 17 % de l'ensemble du corps, soit 3 900 surveillantes. Celles-ci sont affectées de façon prioritaire dans les établissements pour hommes, afin de combler les carences persistantes en termes de personnels[1].

Les parcours professionnels antérieurs des surveillants apparaissent souvent marqués par une précarité objective (statuts d'emploi, conditions de travail) et subjective (des ruptures conjugales par exemple). En entrant dans l'administration pénitentiaire, la motivation principale concerne la stabilité statutaire et financière. Dans le même temps, les surveillants se montrent très intéressés par les perspectives de carrière qui s'offrent à eux. De ce point de vue, les nouvelles recrues ne diffèrent pas radicalement d'autres segments de la jeunesse en phase d'insertion. L'âge moyen auquel les surveillants sont recrutés est de 30 ans. Il est en augmentation par rapport à ce qui s'observait il y a une dizaine d'années.

Les surveillants, hommes et femmes, sont recrutés par la voie d'un concours externe ouvert à toute personne satisfaisant aux conditions de diplôme (possession du BEPC). Les épreuves écrites d'admissibilité se déroulent en deux temps distincts. Le premier est consacré à une rédaction de deux heures sur un sujet d'ordre général (par exemple, lors de la seconde session de 2003, " L'éducation des enfants relève-t-elle de la seule responsabilité de l'école ? "). Le second temps des épreuves consiste en une " série de questions destinées à apprécier les connaissances générales ainsi que les capacités de réflexion et d'observation ". Pendant 1 h 30, les candidats doivent répondre à 20 ques- tions dont les thèmes relèvent de la culture générale (politique, histoire, art), de l'orthographe, du calcul mathématique et de la logique. Les épreuves orales d'admission se déroulent sur une journée entière. Elles comprennent, outre des épreuves sportives, des tests psychotechniques et deux entretiens. L'entretien mené par un psychologue de l'administration pénitentiaire s'appuie sur les résultats des tests passés en amont. L'entretien avec un jury de professionnels (personnels de surveillance, d'encadrement et de direction) vise à établir les motivations des candidats à travers la mise en évidence de leurs représentations du monde carcéral.

La formation des surveillants de prison dure huit mois, en alternance à l'École nationale d'administration pénitentiaire (ÉNAP) et au sein des établissements pénitentiaires. À l'issue de cette formation rémunérée, les élèves surveillants sont placés comme stagiaires pendant un an, puis titularisés. Ils effectuent alors les diverses tâches relevant de leur activité en détention (surveillance d'étage, distribution des repas et du courrier, gestion des mouvements internes) et à l'extérieur (surveillance aux miradors, aux parloirs, aux ateliers, etc.).

Bibliographie

    [1] CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL, Les Conditions de la réinsertion socioprofessionnelle des détenus en France, 2006.

Idées, n°158, page 43 (12/2009)

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