Sommaire du numéro 31

L'Economie politique n° 31été 2006 Quel patriotisme économique ?

 

  • De l'autosuffisance nationale (John Maynard KEYNES)
    De l'autosuffisance nationale (John Maynard KEYNES)
    Comme la plupart des Anglais, j'ai été élevé dans le respect du libre-échange, considéré non seulement comme une doctrine économique qu'aucune personne rationnelle et instruite ne saurait mettre en doute, mais presque comme une compo sante de la morale. Je considérais les entorses à ce principe comme stupides et scandaleuses. Je pensais que les inébranlables convictions de l'Angleterre en matière de libre-échange, maintenues depuis près d'un siècle, expliquaient sa suprématie économique devant les hommes et sa justification devant Dieu. En 1923, j'écrivais encore que le libre-échange s'appuyai (…)
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  • Chaque époque est perçue par les contemporains comme unique, sans doute parce qu'il est exact que l'histoire ne se répète jamais à l'identique. Pourtant, il est des débats qui sont récurrents et qui gagnent à s'inscrire dans une perspective historique ou comparative. C'est l'un des intérêts de l'article de Keynes de la Yale Review que d'éclairer les débats contemporains sur les relations entre globalisation financière et perte d'autonomie des politiques nationales. Dans l'entre-deux-guerres aussi, cette question a été posée, et elle a suscité quelques débats intéressants. Au demeurant, le plai (…)
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  • Que dire du texte de Keynes sur l'autosuffisance nationale ? Qu'il est à l'image de beaucoup d'autres écrits du même auteur. Ceux qui l'apprécient lui trouveront la plume alerte, brillante, et goûteront les fulgurances intellectuelles. Ils noteront la hauteur de vue qui s'accompagne de pragmatisme et une audace dans la répudiation des modes de pensée anciens, toute enveloppée de prudences. Ceux qui n'aiment pas Keynes, ou plus simplement la thèse qu'il défend ici, auront beau jeu de dénoncer des convictions douteuses ou datées (exemple parmi beaucoup d'autres, celles portant sur l'abaissement (…)
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  • Daté de 1933, ce superbe texte de John Maynard Keynes s'interprète évidemment à la lumière de l'histoire. Mais il possède aussi cette vertu atemporelle qu'ont les grands textes car il porte une vision du monde qu'il est toujours utile de méditer. Il est d'ailleurs à craindre que tout commentaire en affaiblisse la portée. Ces quelques lignes ne doivent donc pas dispenser le lecteur de lire et de s'approprier l'original. Elles en proposent une relecture à la lumière de la situation actuelle autour de quatre thèmes principaux: les périodes de transition économique, la relation entre l'interdépend (…)
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  • Ce texte est très attachant - Keynes écrivait bien - car il laisse bien transparaître la fatigue, l'abattement, la déprime d'une Europe à peine (et mal) remise de la Première Guerre mondiale et déjà sur le point d'être entraînée dans une seconde tourmente. Keynes, qui cite Valéry dans ce texte, offre un dramatique écho au fameux: "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles" 1 - mais le sait-il ?
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  • A la première lecture, le texte de John Maynard Keynes semble assez confus. Son éloge de l'autosuffisance nationale (" national self-sufficiency ") peut interloquer. Il ne s'agit pas d'une démonstration rationnelle à la logique implacable mais d'une suite de réflexions données à la Yale Review, en 1933, dans lesquelles il ne cache pas ses hésitations, son incertitude, voire ses contradictions. Keynes avance prudemment, avec humilité, dans l'énoncé de ses thèses, mais aussi avec violence dans certaines dénonciations. Il s'agit d'une pensée qui se cherche, qui se veut accrochée à la question maj (…)
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  • Keynes est irremplaçable. Celui qui déclarait que "les deux vices marquants du monde économique où nous vivons sont que le plein-emploi n'y est pas assuré et que la répartition de la richesse et des revenus y est arbitraire et injuste"2, celui qui était l'ami de Virginia Woolf, le critique attendri de Freud et l'élève d'Alfred Marshall n'a pas fini de nous étonner. Alors que nos gouvernants brandissent le concept du "patriotisme économique" à tout bout de média pour justifier leur impuissance, alors que la classe politique française, toutes tendances confondues, "se lève pour Danette" mais pas (…)
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  • Le texte de John Maynard Keynes sur la nécessité d'une autosuffisance nationale se révèle d'une lecture étrangement actuelle et dérangeante. Aujourd'hui, comme en 1933, les raisons de mettre en doute le libre-échange s'accumulent. Les experts de la Banque mondiale ont brutalement révisé à la baisse leurs estimations des "gains" d'une libéralisation du commerce international1, alors même qu'ils sont calculés sans référence à de possibles coûts. Une étude de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) montre ainsi que le "cycle de Doha" de l'Organisation mondiale (…)
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  • A l'heure où le "patriotisme économique" anime le débat politique en Europe -et particulièrement en France- aussi bien qu'aux Etats-Unis, cet article tente un court historique de l'idée du nationalisme économique (NE) telle qu'elle est perçue par ses principaux théoriciens, qui sont aussi, paradoxalement, ses principaux critiques et juges: les économistes libéraux [Kofman, 1997 (1992), p.16; Buzan, 1984, p.609].
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  • S'interroger sur le patriotisme ne ramène pas tant à la question de la signification du mot qu'à la place des rapports entre l'action publique, la politique, les marchés et l'économie. C'est ce rapport-là qui est aujourd'hui au coeur des inquiétudes, des angoisses et en même temps des problèmes contemporains.
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  • Le capital social. Performance, équité et réciprocité (Michel LALLEMENT, Antoine BEVORT)