L'Economie politique - Article de la rubrique Ce qu'en disent les historiens

Rubrique : Ce qu'en disent les historiens

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Economie de marché et Etat en France : mythes et légendes du colbertisme

[Article]L'Economie politique n° 37, p.77, 1/2008, 6901 mots
par : Philippe MINARD

Les ideés reçues ont la vie dure. a lire bien des analyses, l'économie française aurait souffert (et souffrirait encore) du poids trop lourd de l'Etat, d'un excès de règlements et de contraintes multiples, autant de freins à la croissance nationale. Victime d'un interventionnisme quasiment atavique en France, l'économie de marché y aurait ainsi toujours été bridée, empêchée de se déployer, pour notre plus grand malheur. Dans un pamphlet promis à un grand succès, en 1976, Alain Peyrefitte, ministre giscardien, avait imputé la responsabilité initiale de ce Mal français à Colbert : en proie à un " délire technocratique ", le ministre de Louis XIV aurait jeté les bases d'un " appareil d'Etat tentaculaire " évidemment étouffant : " Colbert décide de tout. Il multiplie les édits pour codifier l'équarrissage du bois, la largeur des pièces de tissu ou le poids des chandelles (...). L'initiative privée est a priori suspecte ; on ne la tolère que soumise, encadrée, contrôlée. Dessinée au cordeau, taillée et retaillée, l'économie est "à la française", comme les jardins "1.

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La définition de la qualité des produits dans une économie de marché

[Article]L'Economie politique n° 37, p.95, 1/2008, 7104 mots
par : Alessandro STANZIANI

Les affaires de la " vache folle ", du sang contaminé et des produits transgéniques, mais aussi les débats sur la valeur réelle des sacs et vêtements de marque par rapport à leurs contrefaçons (les premiers sont-ils meilleurs que les seconds ?) témoignent d'une question essentielle : comment peut-on définir la qualité d'un produit ? Répondre à cette question, c'est choisir une représentation du fonctionnement de l'économie de marché. Ainsi, pour certains, la libre concurrence conduit à une relation entre prix et qualités qui assure une minimisation des coûts de production, de transaction (le prix reflète la qualité) et donc une distribution efficace des ressources. Pour d'autres, au contraire, la santé publique et les difficultés de circulation de l'information, et, à partir de là, les effets de contrôle des marchés par les lobbies ne sont pas pris en compte.

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La concurrence : discours et pratiques, hier et aujourd'hui

[Article]L'Economie politique n° 37, p.66, 1/2008, 4863 mots
par : Jean-pierre HIRSCH

Quiconque connaît un peu l'histoire des deux derniers siècles a de quoi s'étonner lorsqu'il voit ressurgir, dans un monde totalement différent, des discours sur la concurrence assez semblables à ceux des premiers temps de l'industrialisation. La perplexité s'accroît lorsqu'on voit s'affirmer au même moment deux tendances fortes, mais tout à fait contradictoires, des sociétés contemporaines : la concurrence est une valeur aujourd'hui partout saluée et dont la place s'affirme au sein de nos institutions (en Europe comme au Japon et aux Etats-Unis), alors qu'elle ne paraît pas tellement appréciée par les principaux acteurs du monde des affaires. Tout se passe comme si, dans la majorité des cas, les entrepreneurs s'efforçaient non pas d'être les plus compétitifs, mais d'échapper à la concurrence, ce qui est assez différent.

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