Note de lecture :Le refus de dialoguer

Les théories de l'économie politique internationale
par Gérard Kébabdjian, éd. du Seuil, 1999..

Au point d'intersection de la science politique et de la science économique, l'économie politique internationale a pour objet d'analyser l'intrication du politique et de l'économique constitutive des relations internationales contemporaines. Cette nouvelle approche a tout d'abord émergé aux Etats-Unis voici maintenant plus d'une vingtaine d'années. Aujourd'hui constituée en champ scientifique autonome avec son cursus universitaire, ses doctorats et ses revues spécialisées, elle y est définitivement institutionnalisée et y bénéficie même d'une légitimité académique certaine.

En Europe, à l'exception du Royaume-Uni1, on n'observe rien de tel, si ce n'est simplement quelques enseignements dispensés ça et là et une production éditoriale qui reste très hétérogène. On notera donc avec intérêt la création, en 1994, de The Review of International Political Economy (université de Sussex), dont l'équipe éditoriale, composée de politistes et d'économistes, mène une réflexion approfondie sur la globalisation de la production, du savoir et de la finance, aussi bien que sur la restructuration des firmes transnationales face à la mondialisation. Fondée pour sa part en 1996, la New Political Economy participe du même mouvement.

Au regard de ce nouveau territoire disciplinaire, la France accuse malheureusement un retard considérable. C'est pourquoi on se réjouit que l'économiste Gérard Kébabdjian nous propose ici un premier ouvrage de synthèse2. Celui-ci a en effet pour ambition de faire le point sur les travaux produits par l'économie politique internationale, les questions qu'elle soulève, mais aussi les réponses théoriques qu'elle apporte. Plus précisément, l'auteur entend montrer comment les problématiques élaborées par cette discipline tentent d'expliciter les processus par lesquels le pouvoir politique organise les relations économiques et en quoi les forces économiques réussissent à contraindre l'action politique.

Après avoir présenté, dans un premier chapitre, les grands courants de pensée fondateurs - (néo)libéralisme, marxisme, (néo)réalisme -, Gérard Kébabdjian a choisi d'illustrer concrètement son propos en consacrant les trois chapitres suivants au commerce et à la monnaie. Ainsi, dans celui portant sur l'économie politique du protectionnisme, il s'applique à démontrer que la science économique "est condamnée à prendre en compte la dimension politique". De même, dans celui traitant du commerce international, il s'attaque aux limites inhérentes à l'analyse économique qui, paradoxalement, ne retient que trois entrées : l'économie, le politique et le national, négligeant de ce fait la dimension internationale. Il établit ensuite que les systèmes monétaires internationaux, qui impliquent aussi bien des effets de pouvoir que d'asymétrie, requièrent également une analyse d'économie politique internationale.

Dans un autre chapitre, il évalue la pertinence du paradigme des régimes internationaux, qui se propose d'expliquer pourquoi et comment, à un moment donné, une organisation émerge dans un domaine spécifique des relations internationales (monnaie, commerce, environnement, etc.). Puis il retrace les théories de la stabilité hégémonique, qui permettent de voir en quoi l'hégémonie qu'une puissance exerce sur un système international se traduit par l'imposition de règles stables et pourquoi, a contrario, le déclin de cette même puissance entraîne désordre normatif et instabilité générale. Avec la pensée néolibérale en revanche, aucun hegemon n'est nécessaire pour que des régimes internationaux puissent se développer harmonieusement, car seule la logique individuelle - celle des Etats, en l'occurrence - serait déterminante. Enfin, pour le courant néoréaliste étudié en dernier lieu, il s'agit de réconcilier le concept d'intérêt et celui de puissance, cher aux réalistes. Mais là où ces derniers raisonnent en termes de gains absolus (jeu à somme nulle), les néoréalistes mettent en avant la notion de gain relatif, pour laquelle la recherche de la puissance conduirait plutôt les Etats à préférer la coopération à l'affrontement.

En guise de bilan, et pour mettre ces différents apports théoriques en perspective, Gérard Kébabdjian nous invite à dépasser "l'approche conventionnelle" de l'économie politique internationale en abordant le cognitivisme puis le constructivisme. Intégrant des effets de réflexivité, ces deux théories présenteraient le mérite de compléter et d'enrichir la théorie des régimes développée par Ruggie, Krasner et Keohane, et à laquelle souscrit l'auteur3. En d'autres termes, si le régime, entendu comme un arrangement interétatique à vocation internationale, transforme bien le jeu des acteurs, les représentations de ces derniers, qui structurent leur perception de la réalité, infléchiraient tout autant le contenu des régimes en rétroagissant sur leur fonctionnement. Bref, pour Gérard Kébabdjian, il convient de ne pas ignorer ce processus de "feed-back", qui modifie sans relâche ces mises en règles élaborées à l'échelle internationale. Afin de renforcer sa démonstration, il mobilise à cet égard les travaux de Young, qui articulent dialectiquement le "voile d'incertitude", auquel les acteurs sont immanquablement confrontés, à "la mise en cohérence" - et donc à la diminution d'incertitude - réalisée par les régimes4. Dans le même ordre d'idée, il rappelle la redoutable capacité stratégique des communautés épistémiques, étudiée par Peter Haas5, et plus particulièrement leur pouvoir d'intervention et de construction d'enjeux au sein des régimes.

De cette imposante boîte à outils, nous ne retiendrons que la partie consacrée au système commercial international, parce qu'il y est bien fait la preuve que le recours à l'économie politique internationale est épistémologiquement indispensable si l'on veut saisir toute la complexité de cet objet. En effet, il s'agit de répondre à un double questionnement. En premier lieu, comment peut-on évoquer l'existence d'un système commercial international alors même qu'il existe des dynamiques nationales indépendantes ? En second lieu, comment se fait-il qu'un système commercial ouvert soit toujours historiquement associé à l'existence d'une puissance hégémonique ? En fait, si l'on recourait à la seule rationalité économique pour envisager le commerce extérieur, il faudrait alors considérer que tout hegemon préfère la protection plutôt que l'ouverture. Or, l'observation infirme une telle conclusion.

Ce paradoxe se trouve cependant dépassé grâce à la notion de "dilemme de l'hegemon"6. Forgé par Stein dans le cadre de la théorie de la stabilité hégémonique, ce concept permet de comprendre qu'une puissance hégémonique mette en oeuvre - contre toute rationalité économique - une politique d'ouverture commerciale, pour des raisons essentiellement politiques. Celles-ci pouvant même conduire l'hegemon à négliger, voire à mettre en péril, les fondements économiques de sa puissance comme s'est employé à le démontrer Robert Gilpin dans War and Change in World Politics.

Dans cette logique, Gérard Kébabdjian souligne combien les traités d'association mis en place par l'Union européenne avec les pays d'Europe centrale et orientale procèdent de la même rationalité. Là encore, une stratégie économique "discipline en douceur" de petits pays pour accroître leur dépendance politique et asseoir plus solidement l'hégémonie régionale de l'Union. Ainsi, en constatant que le véritable enjeu de ces mesures économiques consiste avant tout à dégager des dividendes politiques, le lecteur mesure-t-il mieux l'intérêt d'avoir recours à l'économie politique internationale s'il veut réussir à clarifier l'imbrication des buts économiques et politiques présidant à la construction de toute disposition économique.

UNE CONCEPTION STATO-CENTREE

On l'aura deviné : l'orientation générale de l'ouvrage est résolument stato-centrée. Pour l'auteur, il n'est d'acteur que l'Etat ou l'organisation interétatique qui, dans le cadre de régimes, ordonne, régule et optimise les échanges interétatiques. Mais avec un tel monopole de l'action internationale conféré à l'instance étatique, on aurait pu s'attendre à retrouver intégrée toute la richesse des contributions théoriques que la science politique a produit sur cet objet7. Hélas, il n'en est rien. Car, en guise de sociologie de l'Etat, il est simplement fait référence aux "motivations de l'Etat", à sa "volonté", à son "calcul", à sa "rationalité", bref à un ensemble de prénotions surprenantes chez qui prétend traiter de l'économie politique internationale. L'Etat qui est constamment invoqué dans ces pages relève en effet souvent de la caricature et du plus terrible des anthropomorphismes : celui d'une science politique à l'ancienne. On croyait pourtant, depuis Weber, être définitivement à l'abri de ce genre de dérapage qui, loin de traduire un simple écart de langage, nous révèle plutôt le peu de relation que l'auteur entretient avec la science politique. Il devrait néanmoins être bien clair pour quiconque s'engage dans une réflexion d'économie politique internationale que ce nouveau champ disciplinaire exige de quitter le territoire de la science économique - auquel se limite exclusivement l'auteur - pour aborder celui de la science politique. Naturellement, cela suppose que l'économiste prenne en compte les débats théoriques qui préoccupent les politistes et qu'il soit fait référence aux derniers acquis de la recherche. C'est à ce prix seulement que peut s'instaurer une véritable interaction entre les deux disciplines.

Loin s'en faut. Pour Gérard Kébabdjian, la forme étatique ne semble jamais faire problème. Mieux : elle va de soit, car elle tient de la représentation commune. Implicitement, l'Etat est appréhendé ici comme une entité unitaire, universelle et a-historique : sociologiquement identique en tous temps et tous lieux. Cette approche, marquée finalement par un certain ethnocentrisme, aurait pu facilement être évitée si l'école de la sociologie historique (Perry Anderson, Bertrand Badie, Norbert Elias, Joseph Strayer, Charles Tilly...) avait été mobilisée. Le fait, par exemple, de ne pas concevoir l'Etat comme une forme d'organisation du politique bien spécifique, ni comme une formation sociale historicisée, explique que l'on ne trouve pas trace dans l'ouvrage des débats théoriques - pourtant considérables - abordant le déclin de l'Etat, ou encore l'importation du modèle étatique dans des sociétés traditionnelles8. Ainsi, lorsque les formes juridico-institutionnelles occidentales bouleversent les logiques identitaires et les modes de mobilisation collective, elles provoquent aussi des effets politico-économiques majeurs que des politistes, comme Jean-François Bayart, ont su bien mettre en relief9. Les pratiques patrimoniales des autorités publiques observées dans certains Etats "prébendaires" prennent alors tout leur sens. Il est en effet déterminant de pouvoir analyser le phénomène de straddling (chevauchement), qui consiste en une allocation politisée des ressources économiques et/ou une privatisation des ressources publiques, avant même de s'interroger sur les contre-performances économiques de certains Etats en développement.

Ce dernier point nous conduit à ajouter que la question Nord/Sud, ou si l'on préfère du développement, n'a pas été davantage évoquée. Les travaux magistraux d'Albert Hirschman -crédité d'une seule mention bibliographique - s'imposaient incontestablement en la matière. De la même façon, on aurait souhaité voir ceux de Jean Coussy (pas même cité), portant notamment sur les Etats africains et le clientélisme, figurer en bonne place10. Encore faudrait-il également s'étonner de ne jamais voir mentionnés des auteurs comme Braudel ou Wallerstein.

Enfin, l'absence de toute référence à Weber dans le corps de l'ouvrage et dans la bibliographie ne semble pas fortuite, mais traduire plutôt un indéniable économicisme. Pourtant, l'oeuvre du fondateur de la sociologie compréhensive, qui fait incontestablement de lui un précurseur de l'économie politique internationale, recèle de précieux outils théoriques que l'on aurait tort de mésestimer. N'a-t-il pas pressenti le nécessaire cheminement de la recherche vers l'économie politique internationale en montrant, dans Economie et société mais aussi dans Histoire économique ou bien encore dans L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, que l'émergence du capitalisme moderne induisait un nouvel espace et de nouvelles formes du politique ? Après tout, rappelons que le concept de puissance (Macht), au fondement de la théorie réaliste si longuement commentée par Kebadjian, a été directement tiré par Morgenthau de la sociologie wébérienne, et plus particulièrement de sa typologie de la domination (Herrschaft). Raymond Aron, à qui l'on doit d'avoir introduit la pensée de Weber en France, et qui représente le théoricien réaliste français le plus éminent, ne remarquait-il pas déjà, dans Les Etapes de la pensée sociologique, que les constructions théoriques de Weber "permettent simultanément de comprendre l'entrelacement de l'agir économique et de l'agir politique dont la distinction est conceptuelle et non réelle"11 ?

On regrettera également qu'un économiste comme Gérard Kébabdjian n'ait pas fait appel à l'oeuvre de Schumpeter, notamment à sa célèbre étude Capitalisme, socialisme et démocratie, où l'économiste de l'école viennoise a repris et approfondi le concept weberien désormais classique d'entreprise politique (Betrieb). Celle-ci se définit par l'action continue de plusieurs acteurs et par la rationalité en vue d'une fin. Dans le paradigme webero-schumpeterien, un groupement d'entreprises (Betriebverband) est donc une société avec un organe d'administration en vue d'accomplir une action rationnelle. Dès lors, rien ne nous interdit d'appliquer une telle conceptualisation à d'autres acteurs que l'Etat, comme les ONG par exemple !

L'ABSENCE DE TOUTE REFERENCE AU TRANSNATIONALISME

Déplorons en second lieu que l'auteur ait cru bon de passer sous silence la transnationalisation des flux et la montée en puissance de nouveaux acteurs dans la politique internationale. En fait, tout se passe comme si l'ouvrage avait été écrit voici plusieurs décennies, à l'âge d'or des souverainetés étatiques, avant que ne surgissent et ne s'imposent ces nouveaux concurrents. En effet, pour ne se limiter qu'aux opérateurs économiques, remarquons que le poids politique des firmes transnationales n'a pas été pris en compte. Le phénomène de déterritorialisation, de financiarisation et de mise en réseau, qui les caractérise depuis quelques années, produit cependant un impact substantiel sur les politiques publiques des Etats à l'intérieur de leurs frontières, mais érode plus encore l'autorité et la capacité d'intervention de ces derniers.

L'auteur n'a pas davantage envisagé la formation d'un marché financier global, facilité par l'apport structurant des nouvelles technologies, qui portent pourtant directement atteinte à la souveraineté des Etats. Enfin, comment peut-on encore aujourd'hui ne proposer aucun modèle théorique susceptible d'intégrer la criminalisation financière ou la restructuration mondiale des mafias, alors que tous les travaux publiés en la matière concluent à leur profonde incidence sur la politique mondiale.

En revanche, tout ce "retournement du monde" est précisément au coeur du paradigme transnationaliste. Or, celui-ci n'est pas présenté par l'auteur. C'est fâcheux à double titre. D'une part parce que l'ouvrage, qui "s'adresse en premier lieu aux étudiants et aux enseignants (c'est d'abord un manuel)" (p.13), se devait, pour le moins, de viser l'exhaustivité, en offrant une synthèse de l'ensemble des travaux de l'économie politique internationale, c'est-à-dire un état des lieux équitable de la discipline. D'autre part, parce que le transnationalisme constitue certainement le courant de la recherche qui témoigne de la plus grande vitalité intellectuelle, celui aussi qui esquisse les perspectives théoriques les plus prometteuses.

Ainsi, l'oeuvre de Susan Strange, chef de file de la pensée hétérodoxe dans l'économie politique internationale, a-t-elle été uniquement mentionnée en bibliographie, pour quelques travaux anciens, alors même que ses plus récentes publications sont ignorées, comme The Retreat of the State, par exemple, sans même citer son dernier ouvrage, Mad Money, paru voici quelques mois. Ce parti pris, qui pénalise aussi quantité d'autres chercheurs, est d'autant plus dommageable pour le lecteur qu'il ne se trouve pas initié à des travaux qui, aussi bien par la méthode que par les objets de recherche, apparaissent les plus en prise sur ce que Marie-Claude Smouts a appelé à juste titre "les nouvelles relations internationales". Le format de ce compte rendu nous interdit bien évidemment d'en restituer ici toute la portée12. Signalons donc brièvement combien la distinction entre pouvoir relationnel et pouvoir structurel, la reconstruction du concept de sécurité débarrassé de tout stato-centrisme, le dépassement du sacro-saint cloisonnement interne/international, ou bien encore la mise en relief des zones de non gouvernance (ungovernance), opérés par Susan Strange, sont féconds pour la recherche. Ces innovations représentent en effet autant de percées théoriques audacieuses qui permettent aujourd'hui aux chercheurs d'appréhender le processus de mondialisation moins démunis qu'auparavant. Il est donc regrettable de ne pas lui avoir rendu hommage comme il convenait, en lui accordant la place qui lui revenait légitimement dans ce type d'ouvrage.

Trop souvent enivré par les délices de la formalisation et barricadé dans une mathématisation opaque qui risque de rebuter plus d'un lecteur, Gérard Kébabdjian donne souvent l'impression de fuir tout dialogue avec la science politique, vidant ainsi l'économie politique internationale de toute raison d'être. Au point que l'on en vient à se demander si nous sommes bien en présence du premier essai d'économie politique internationale en langue française. Ne s'agirait-il pas tout simplement d'un nouvel ouvrage de macro-économie ?

Josepha Laroche, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Auteur de Politique internationale, LGDJ, 1998.

(1) "Contesting the Canon : International Political Economy at UK and US Universities", par R. A. Denemark et Richard O' Brien, Review of International Political Economy, 4-1, spring 1997.

(2) On mentionnera cependant deux précieux articles de synthèse parus récemment : "Peut-on maîtriser la mondialisation ? une introduction aux approches d'économie politique internationale", pat Christian Chavagneux, Economies et Sociétés, Relations économiques internationales, série P-4, avril 1998 ; "Economie politique internationale", par Jean Coussy, in Les Nouvelles relations internationales : pratiques et théories, Marie-Claude Smouts, éd. Presses de Sciences Po, 1998.

(3) "International Regimes, Transactions and Change : Embedded Liberalism in Postwar Economic Order", par John G. Ruggie, in International Regimes, par Krasner Stephen, Ithaca, Cornell University Press, 1983 ; "The Demand for International Regimes", par Robert O. Keohane, in Krasner Stephen, op. cit.

(4) "The Politics of International Regime Formation : Managing Resources and the Environment", par Oran Young, International Organization, 43-3 1989.

(5) "Introduction : Epistemic Communities and International Policy Coordination", par Peter Haas, International Organization, 46-1 1992.

(6) "The Hegemon's Dilemma : Great Britain, the United States, and the International Economic Order", A. Stein, International Organization, 38-2, 1984.

(7) En se limitant à quelques publications françaises, on songe aux travaux de Pierre Birnbaum (La Logique de l'Etat, éd. Fayard, 1981 ; "L'Action de l'Etat : différenciation et dédifférenciation", in Madeleine Grawitz, Jean Leca, Traité de Science Politique, vol. 3, Paris, éd. Puf, 1985, pp. 643-682) ou de Jean Padioleau (L'Etat au concret, éd. Puf, 1982).

(8) Les Deux Etats, par Bertrand Badie, éd. Fayard, 1987 ; l'Etat importé : l'occidentalisation de l'ordre politique, Paris, éd. Fayard, 1992. Mentionnons enfin, un classique anglo-saxon, Quasi-States : Sovereignty International Relations and the Third World, par Robert Jackson, Cambridge University Press, 1990.

(9) L'Illusion identitaire, par Jean-François Bayart, éd. Fayard, 1989 ; "L'historicité de l'Etat importé", Cahiers du Ceri, n°15, 1996, pp. 3-49 ; et, en collaboration avec Stephen Ellis, La Criminalisation de l'Etat en Afrique, Bruxelles, éd.Complexe, 1997.

(10) On citera simplement Jean Coussy, "Economie et politiques du développement", in Les Afriques politiques, par Christian Coulon et Denis-Constant Martin, coll. Textes à l'appui, éd. La Découverte, 1991.

(11) Les Etapes de la pensée sociologique, par Raymond Aron, éd. Gallimard, 1967, pp. 555-556.

(12) Outre naturellement l'oeuvre elle-même, nous renvoyons à l'article de Christian Chavagneux, Economies et Sociétés, op. cit. Dans ce numéro, figure également une contribution de Susan Strange, "International Political Economy : Beyond Economics and International Relations".

L'Economie politique, n°3, page 98 (07/1999)
L'Economie politique - Les théories de l'économie politique internationale