Dossier : Présence, absence

Collèges raccrocheurs

Jean-Marc Tifoen, principal adjoint, collège l'Eganaude de Biot-Sophia-Antipolis,
Odile Tifoen, rééducatrice en RASED.

Le collège de l'Eganaude à Biot a ouvert ses portes en 1988 au coeur de la technopole de Sophia-Antipolis. Il compte aujourd'hui 781 élèves répartis en 30 divisions. Cet établissement comprend deux sections internationales anglaise et italienne et des sections non internationales. Son recrutement s'effectue sur les communes de Biot et Valbonne et sur le hors-secteur pour les sections internationales. La ville de Valbonne est éligible à un contrat urbain de cohésion sociale. Seuls les élèves de Valbonne bénéficient, en outre, d'un projet de réussite éducative. Deux dispositifs d'accueil et d'accompagnement destinés aux élèves décrocheurs sont mis en place lors de cette rentrée 2008.

Inclusion/exclusion

INCLEX est un dispositif d'inclusion-exclusion de 7 h en quinzaine. La direction a sollicité des professeurs volontaires pour accueillir en quinzaine, le matin, les élèves sanctionnés par une ou plusieurs journées d'exclusion. Quatre matières sont enseignées au sein du dispositif : anglais, français, histoire-géographie et mathématique. Les professeurs de chaque élève exclu fournissent le travail à faire pour revenir en cours dans des conditions optimales. L'après-midi, une partie des élèves est prise en charge par des animateurs des communes, des éducateurs relevant de secteur associatif, de collectivités locales ou de la protection judiciaire de la jeunesse.

Un dispositif d'alternance

DISPAL est un dispositif d'alternance de 8 h en quinzaine pour 10 élèves. Le choix des candidats pour l'alternance s'est affiné au cours de plusieurs réunions de la cellule de veille du collège. L'élève concerné est parfois indiscipliné, en cours de déscolarisation avec des résultats scolaires très insuffisants. Les futurs candidats et leur famille ont été reçus en fin d'année scolaire 2007-2008. Le projet a été explicité et une confiance réciproque a permis de concrétiser le projet. Il s'agit de contractualiser un parcours d'orientation professionnel pouvant déboucher sur une inscription en lycée professionnel ou un apprentissage. Répartis dans plusieurs classes de troisième et une classe de quatrième, les adolescent(e)s, alternent en quinzaine cours et stage en entreprise. Au collège en matinée, quatre professeurs volontaires assurent les mêmes enseignements qu'en INCLEX. L'après-midi est consacrée à d'autres cours comme l'option découverte professionnelle pour certains. Plusieurs examens comme le certificat de formation générale ou le brevet des collèges concerneront aussi cette dizaine d'élèves. Les stages en entreprise sont choisis par les familles en liaison avec la conseillère d'orientation-psychologue. Plusieurs domaines d'activité peuvent être explorés.

Un suivi conjugué au pluriel

Le suivi de ces jeunes gens et de leur famille (90 % des familles étaient présentes à la prérentrée et 100 % des élèves concernés) nécessite l'implication de nombreux personnels. Sont ainsi mobilisés l'équipe de direction, la vie scolaire, les services médico-sociaux, d'orientation, les professeurs volontaires, les professeurs principaux et la mission générale d'insertion. Les familles sont également sollicitées et épaulées, le cas échéant, par leurs éducateurs. Elles recherchent avec l'enfant les stages en entreprise, feront chaque mois un bilan de suivi avec l'équipe éducative. Ces bilans seront l'occasion soit de confirmer le maintien dans le dispositif, soit d'en sortir. Ainsi, toute place vacante sera mise à disposition de l'équipe éducative. Ces deux projets font leurs premiers pas. Rendez-vous en juillet 2009 pour le bilan.

Education & management, n°36, page 46 (12/2008)

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