Dossier
Estime de soi

Claude Baudouin

Article : Idées fausses et réalités

Article : L'enseignant exposé à de multiples regards

Article : De la mésestime à l'estime de soi

Article : Comment les enseignants étiquettent les élèves

Article : L'estime de soi, une pédagogie de la liberté

Article : Quand le rite de passage restaure l'estime de soi

Article : L'humiliation des élèves, une pratique anti-pédagogique

Article : Une charte pour l'estime de soi

Article : L'immigration dans les classes, entre reconnaissance politique et estime de soi

Article : La migration et l'estime de soi

Article : De l'inflation des diplômes au déclassement social

Article : Formation : une bonne estime de soi

L'estime de soi, comme l'écume des jours, est le produit des ressacs de la sous-estime et de la surestime de soi. L'estime comme un équilibre instable craint ou recherché. L'estime comme l'estimation de la valeur des choses et des êtres. L'estime questionnant l'identité et le rapport aux autres._L'estime pouvant facilement s'inverser dans l'équation : mésestime de soi = mépris de soi = mépris des autres. E&M ne glisse pas dans la psychologisation des performances professionnelles malgré l'actualité1, et s'interroge. Place de l'individu dans l'évolution démographique contemporaine ? Brouillage des repères lié à la diversification des rôles sociaux, sexués et à l'hyper mobilité territoriale ? Exigence de l'économie libérale dans la volatilité des compétences, la concurrence exacerbée... et qui nous pousse à préserver notre capital d'estime de soi ! Il ne s'agit pas non plus de réaffirmer un management par la confiance pour lequel on ne saura jamais si celle-ci est préalable ou résultante de l'action managériale. Indéniablement deux approches sont en débat : celle des personnels exposés en permanence aux risques de déstabilisation par la sous et la survalorisation, de la part de l'institution comme des usagers ; celle de la fonction éducative de l'École dans son rapport à la construction de l'estime de soi, au refus de l'humiliation, et d'abord au message philosophique du connais-toi toi-même. D'autant plus que l'estime interroge l'espérance lorsqu'elle est scolaire. Comment faire pour que l'École mettant fin à l'illégitimité de certains sujets d'étude évite l'illégitimité de certaines catégories de personnes ? Qu'il n'y ait de quête de connaissance sans détour par la reconnaissance ? Que le mythe de l'isolat identitaire cède le pas à des constructions métissées, plurielles, évolutives et dynamiques ? Que l'inspection favorise l'introspection et le management la prise en main autonome ? Bien sûr, pour l'estime de soi comme pour la culture d'établissement, une même hésitation : en faire un centre d'intérêt essentiel ou l'oublier... dans "le silence de l'estime de soi" : une focalisation paralysante aux effets paradoxaux ou une prise en compte utile pour favoriser le changement ? Ce qui semble indispensable, pour l'individu comme pour toute organisation, c'est la compréhension des intersubjectivités et des interactions. En gardant toujours à l'esprit qu'ici, comme on peut le lire sur tant de notations fort estimables... la "conscience" est professionnelle.


(1) "L'estime de soi : pour s'évaluer à sa juste valeur". Cerveau & psycho / Pour la science, n° 14, 2006.

Education & management, n°31, page 17 (05/2006)

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