Dossier : Gouvernance, performances

Réussite : donner du sens

Marie Bourrigan, déléguée générale de la Fondation entreprise réussite scolaire. www.fers.asso.fr

" Le sens des apprentissages en primaire : parents, entreprises et communes s'engagent avec les enseignants. " Organisé par la Fondation ­entreprise réussite scolaire, le samedi 28 mars 2009, ce ­colloque s'est interrogé sur les pratiques de la gouvernance pour le bénéfice des enfants. Depuis sa création, en 1990 par la ville de Lyon, la gouvernance est au coeur des missions de la Fondation ­entreprise réussite scolaire, qui met en relation l'école, les entreprises, les ­collectivités et les familles. L'objectif est d'aider à l'amélioration de la réussite ­scolaire des enfants, à leur ouverture sur les réalités économiques, techniques et ­culturelles du monde contemporain et à contribuer au développement des relations entre l'entreprise et l'école.

De nouvelles interventions

La Fondation est donc d'autant plus contrainte de se remettre en cause et de retravailler ses modes d'intervention, qu'elle doit prendre en compte les ­préoccupations et le contexte propres à chacun des acteurs qu'elle réunit, eux-mêmes étant en constante évolution. Ce colloque devait permettre de confronter les points de vue, pour voir en quoi l'action conjointe de ces acteurs contribue à donner du sens aux apprentissages. Une fois ­l'hypothèse vérifiée, il fallait alors en pointer les obstacles et conditions de réussite, pour parvenir à la formulation de propositions concrètes, pour les ­années à venir. En réalité, les débats ont montré que l'impact des actions conjointes allait bien au-delà des apprentissages.

De quelle réussite parlons-nous ?

Les intervenants se sont accordés sur le fait que la réussite n'est pas seulement scolaire. Souhaitant à nos enfants de réussir leur vie, nous parlerons alors de réussite citoyenne, ou de réussite sociale. Il s'agit donc de leur apporter les conditions de leur intégration dans la société. Celle-ci sera facilitée par des capacités de discernement, un bon esprit critique, le désir d'apprendre, d'entreprendre, et d'être acteurs dans la société, pour y trouver leur place. En quoi les coopérations entre enseignants, parents, entreprises et communes sont-elles bénéfiques ? Si la question de départ était de savoir si les actions conjointes contribuent à donner du sens aux apprentissages, les ­expériences présentées et les débats ont montré que les objectifs initiaux étaient souvent dépassés. Chacun des acteurs aura finalement, à l'issue de toute ­coopération, repris conscience du sens de son action : on y redécouvre non ­seulement le sens des apprentissages - ces derniers ne concernant plus seulement le milieu scolaire, dans la mesure où l'on a toujours à apprendre de l'autre et de la vie - mais aussi le sens de son travail, de son engagement politique, de son rôle citoyen. Et l'on développe en outre la conscience des complémentarités, les possibilités d'apports mutuels, et donc la confiance en soi qui fait toujours grandir. Ces coopérations faciliteraient la réussite d'un point de vue personnel.

Les passerelles

La réussite est aussi collective et se mesure difficilement avec des indicateurs. Les intervenants ont ­davantage noté les évolutions constatées, et la notion de coévolution. L'hétérogénéité des élèves doit nous conduire à imaginer de nouveaux modes de formation, à présenter d'autres formes de savoirs ­menant à la réussite sociale. Les passerelles entre l'école et la vie active favorisent la continuité entre ces deux mondes, toujours plus coupés l'un de l'autre. Le monde du travail, de plus en plus complexe, a un rôle social de moins en moins lisible. N'oublions pas que les enfants sont les premières victimes des ruptures entre les différents mondes.

Education & management, n°37, page 39 (11/2009)

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