Dossier : Diriger au féminin

Femmes aux postes de direction

Fabienne Rosenwald, Adjointe à la sous-direction des études statistiques, MEN, Direction de l'évaluation et la prospective

Informations de la DEP, présentées et commentées par Fabienne Rosenwald

Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à accéder aux hautes strates des hiérarchies professionnelles, à la fois dans le secteur privé et dans le secteur public. Ainsi, dans le secteur privé, un peu plus d'un cadre sur quatre est une femme, moins de deux dirigeants sur dix sont des dirigeantes. Dans la fonction publique d'État, les femmes sont très peu présentes dans les fonctions d'encadrement et les postes de responsabilités : seuls 13 % des dirigeants d'administration centrale, des services déconcentrés et des juridictions sont des femmes (cf. tableau 1 ci-dessous). Des efforts ont été faits qui permettent d'observer une nette progression, mais la féminisation des emplois d'encadrement supérieur reste limitée.

Tableau : Les emplois de direction et d'inspection de la fonction publique de l'État (tableau 1)

Au ministère de l'Éducation nationale, quelle que soit la catégorie (a, b, c, non-titulaires) et le type de personnels (enseignants et autres personnels), les femmes sont toujours majoritaires, mais c'est en catégorie b que leur proportion est la plus forte (80,3 %). Inversement, leur part est la moins forte (55,6 %), parmi les personnels autres qu'enseignants de catégorie a (cf. tableau 2).

Tableau : Ensemble des personnels selon les catégories statutaires (public et privé) (tableau 2)

Si on se restreint aux emplois de direction et d'inspection au sens de la DGAFP (cf. le tableau 3), le ministère de l'Éducation fait partie des ministères où le taux de féminisation est le plus élevé avec ceux de l'Emploi et Solidarité, et de la Culture, essentiellement en service central. En effet on compte, parmi les dirigeants, un tiers de femmes en administration centrale contre 8 % en services déconcentrés. Cependant, en ce qui concerne le ministère de l'Éducation, ce tableau ne prend pas en compte les personnels de direction d'établissement d'enseignement ni les conseillers d'administration scolaire et universitaire où les parts des femmes sont plus élevées que dans les autres emplois de direction. Plus précisément, les personnels d'encadrement supérieur du ministère de l'Éducation gérés par la Direction de l'encadrement sont pour deux sur cinq des femmes (cf. le tableau 4). Contrairement au tableau de la DGAFP, on trouve une moindre représentativité des femmes en administration centrale avec seulement 31 % de femmes alors qu'en services déconcentrés (services académiques et établissements du second degré), le pourcentage est de 40 %. Ceci est dû à la comptabilisation dans les services déconcentrés des personnels de direction d'établissement, des conseillers d'administration scolaire et universitaire et des secrétaires généraux d'administration scolaire et universitaire, nombreux et plus féminisés que tous les personnels d'encadrement supérieur de l'administration centrale, sans toutefois atteindre la parité. Les corps d'inspection apparaissent également plus féminisés que l'encadrement supérieur de l'administration centrale avec 35 % de femmes, essentiellement parmi les inspecteurs. Cependant les situations et leurs évolutions diffèrent selon l'emploi.

Tableau : Les emplois de direction et d'inspection par ministère au 31/12/2002 (1). (tableau 3)

Tableau : Le personnel d'encadrement supérieur en 2003-2004 (1) (tableau 4)

Ainsi, en 1998, seulement 21 % des personnels de direction de l'administration centrale (directeurs, sous-directeurs et chefs de service) étaient des femmes, elles sont 32 % en 2003, soit une hausse de 50 % en 5 ans. De même, du côté des administrateurs civils ou des personnels de direction d'établissement l'évolution est à une plus grande féminisation en 5 ans : près d'un administrateur civil sur quatre était une femme en 1998, en 2003 c'est presque une sur trois. En EPLE, le taux de féminisation des personnels de direction était de 34 % en 1998, il est de 40 % en 2003. Mais les femmes n'ont pas les mêmes responsabilités parmi ces personnels de direction : la part des femmes principal adjoint de collège (49,4 %) est nettement plus importante que celle des proviseurs de lycée (26,4 %) (cf. ci-dessous le tableau 5). On retrouve une hiérarchie des fonctions décroissante avec le pourcentage de femmes. Si 71 % des directeurs d'écoles primaires sont des directrices, ce sont 49 % des principaux adjoints de collège, 38 % des principaux de collège, 30,5 % des proviseurs de lp et 26,4 % des proviseurs de lycée qui sont des femmes. Le proviseur de lycée est le symétrique homme-femme du directeur d'école primaire.

Tableau : Les personnels de direction d'établissement (tableau 5)

Pour en savoir plus

Web : www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/femmes_et_hommes.htm (INSEE). Point Stat, n° 04-2004 : La lente féminisation de la haute fonction publique en 2002, ministère de la Fonction publique et de la Réforme d'État, DGAFP. RERS édition 2004, MEN-DEP.

Education & management, n°29, page 25 (06/2005)

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