Dossier : Diriger au féminin

Signifier le pouvoir par le genre

Rose-Marie Lagrave, Directrice d'études à l'EHESS (École des Hautes études en sciences sociales)

Éclairer les présupposés et attendus du sujet du dossier grâce aux apports des sciences sociales permet d'ouvrir des perspectives de compréhension des relations entre "rapports sociaux de sexe" et "modes de pouvoir et de commandement".

Diriger au féminin. Ce titre fait surprise, puisque ce même titre au masculin ferait pléonasme, ou à tout le moins soulignerait une telle évidence, que masculin semblerait de trop. En effet, l'association sémantique, sociale et politique entre masculinité et pouvoir est à la fois la plus récurrente et la plus prévisible. Le titre déroge donc à la règle suggérant que diriger n'est donc ni neutre, ni seulement masculin. Sans la précision du féminin, diriger s'accorde ou se conjugue spontanément au masculin, dans des formules aussi communes que dirigeants de l'industrie, dirigeants politiques, les élites dirigeantes, directeurs des hôpitaux, directeurs de cabinet, alors que s'agissant des femmes, l'expression recouvre plutôt secrétaire de direction. Les mots pour le dire énoncent un clivage hiérarchique qui masque en fait un clivage sexué invisible, le temps du moins qu'on ne procède pas à la mise au jour de la distribution sexuée des postes d'exécution et de commandement. "On sait ainsi qu'à l'intérieur de chaque métier, plus on s'élève vers des fonctions de commandement, moins les femmes sont nombreuses alors qu'au bas de l'échelle, elles sont majoritaires."1 Dès lors, statistiques à l'appui, on constate un monopole masculin des fonctions de direction, de commandement, de décision, monopole qui commence à être érodé par la participation des femmes aux "prises de décision"2, façon d'accéder à des formes de pouvoir.

Diriger selon le genre

Outre son caractère incongru, ce titre suggère que l'on examine au moins deux registres différents. Le premier suppose de prendre acte de la montée en chiffres et en puissance des postes dirigeants occupés par des femmes, alors que le second consiste à s'interroger sur ce que diriger au féminin veut dire, en ce qu'il postulerait, en creux, une façon "féminine" de diriger, sous-entendu une façon "plus douce" de diriger. Loin de reprendre ces suggestions telles quelles, il faut en déconstruire les propositions évidentes et les présupposés, en s'attachant à restituer ce que les sciences sociales nous apprennent concernant les relations entre les rapports sociaux de sexe et les modes de pouvoir et de commandement. Plus encore, il s'agit de redéployer les effets du titre pour mettre au jour les relations entre sphère privée et sphère publique à propos de l'exercice du pouvoir et de l'accès des hommes et des femmes à des postes de direction, en interrogeant tant les concepts que les pratiques, en réouvrant des questions et des pistes plutôt que d'avancer des réponses.

Un concept fécond

Restituer succinctement la généalogie du concept de gender permet de montrer le passage d'une pensée de la différence sexuelle fondée sur une approche essentialiste à celle du concept de genre affirmant une approche constructiviste et historique des inégalités en raison de l'appartenance de sexe.3 Le concept de gender est le résultat d'un travail épistémologique de chercheuses anglo-saxonnes4 entendant se démarquer de l'usage de mots à connotation biologique et anatomique tels sexe ou différence sexuelle. Il fallait donc rompre avec les mots pour signifier le caractère fondamentalement social et inégalitaire des rapports entre les sexes. Le genre est un construit social. Le concept de genre insiste également sur l'aspect relationnel entre les sexes, d'où le refus de considérer les hommes et les femmes dans des sphères séparées, tout en signifiant la dissymétrie et l'inégalité de leurs attributs et de leur valeur, ce que traduit le concept de "rapports sociaux de sexe"5 et de "valence différentielle des sexes". Or, l'identité d'un genre se construit en partie sur la répression des attributs censés spécifier l'autre sexe, et cette répression s'effectue dès la prime enfance, en interdisant les larmes aux garçons6 et les armes aux filles. Le concept de genre détient également l'immense mérite de faire apparaître le genre masculin qui jusqu'alors semblait échapper à toute construction sociale ou historique, rappelant du même coup qu'on ne naît pas homme, on le devient, pour reprendre en l'inversant la célèbre formule de Simone de Beauvoir. En bref, il faut une longue socialisation différentielle, un travail social et politique de tous les instants pour transformer une donnée anatomique, le sexe, en une identité sociale de genre ou identité genrée. En outre, la définition du genre donnée par J. Scott implique la notion de pouvoir puisque "le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondé sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir, c'est-à-dire un champ premier au sein duquel, ou par le moyen duquel le pouvoir est articulé"7. Ainsi, l'élaboration du concept de genre et sa capacité à signifier une dissymétrie ou une hiérarchie entre les genres constituent une avancée décisive dans les sciences sociales. Ce concept permet de poursuivre l'analyse des structures objectives et subjectives de la domination masculine, en montrant que "la définition d'un poste, surtout d'autorité, inclut toutes sortes de capacités et d'aptitudes sexuellement connotées : si tant de positions sont si difficiles à occuper pour des femmes, c'est qu'elles sont coupées sur mesure pour des hommes".8

Il y a pouvoirs et pouvoir

Dès qu'une statistique souligne l'inégalité sexuée entre postes de direction et postes d'exécution au profit des hommes, il est toujours un commentaire pour avancer que malgré tout les femmes ont des pouvoirs. Si l'on examine le répertoire des pouvoirs féminins présent dans ces commentaires, on constate qu'il se réfère à trois registres principaux : les femmes sont dotées de pouvoirs magiques et/ou maléfiques ; les femmes ont le pouvoir de détenir "les cordons de la bourse" ; les femmes acquièrent le pouvoir par la ruse et le détour. En laissant de côté le pouvoir magique qui demanderait à lui seul toute une étude, il convient d'examiner de plus près le pouvoir domestique des femmes. Ce que recouvre la notion de pouvoir domestique tient à la fois aux effets de la socialisation différentielle des genres qui prédisposent la petite, la jeune et la grande fille à se sentir responsable des tâches ménagères et de la socialisation primaire des enfants, mais également au déficit en travail domestique des partenaires masculins.9 Par une sorte de logique inversée, la charge mentale et physique du travail domestique dont s'acquittent les femmes n'est plus perçue comme un fardeau, une double journée, mais comme une sorte de royaume domestique dans lequel les femmes sont, comme le dit le sens commun, "reines du foyer". Et cette royauté domestique leur conférerait un pouvoir sur la domus, la maisonnée, le porte-monnaie, sous-entendu garni par le partenaire masculin, pourvoyeur de fonds. Or, la réalité est inverse : le partenaire s'approprie gratuitement le travail domestique de sa compagne, travail domestique dont on peut calculer le prix de substitution ou de remplacement dès lors que ce même travail est effectué par une employée de service, analyse au fondement du mode de production domestique.10 À cet égard, le roman de Christian Oster, Une femme de ménage,11 met en scène l'évolution progressive de la femme de ménage à la "femme" épousée, et témoigne de ce que la gratuité du travail domestique ne tient pas à la nature du travail accompli, mais au rapport conjugal dans lequel il s'effectue. Par une sorte de cécité quant à l'ampleur et à la diversité des charges domestiques qui nécessitent compétences et bonne connaissance de l'espace privé, ce travail gratuit, invisible et répétitif est reconverti en pouvoir domestique féminin, alors qu'il est un des traits visibles de la valence différentielle des sexes. En effet, si le travail domestique constituait un domaine de pouvoir, on est alors en droit de se demander pourquoi les hommes n'exercent pas leur droit de concurrence pour s'approprier une part du travail domestique et une parcelle du pouvoir domestique.12 Pourquoi les hommes ne s'empressent-ils pas de demander à bénéficier du congé parental, si le travail domestique et éducatif est l'une des voies pour accéder au pouvoir ? N'est-ce pas également une manière de signifier et d'assigner aux femmes un pouvoir dans la sphère domestique pour contenir toute velléité d'accession à des pouvoirs dans l'espace public ? L'argument d'un horizon d'attente borné au domestique a longtemps été opposé au droit de vote pour les femmes, distinguant les deux gouvernements : la famille et la Cité.13 Aux femmes le gouvernement de la sphère privée, aux hommes la gestion de la Cité. Cette complémentarité de bon aloi masque la valence différentielle entre le domestique et la Cité : les sociétés valorisent la Cité, et elle seule donne du pouvoir légitime, consacrant et consacré. Lorsque la reconversion d'une dépendance en pouvoir domestique ne suffit pas à attester du pouvoir des femmes, alors les argumentaires ont recours à la nostalgie d'un monde que nous avons perdu, en brossant des figures de paysannes ou de fortes femmes, censées incarner le pouvoir des femmes. Courageuses à l'ouvrage, travaillant du matin au soir et de la naissance à la mort, menant leur monde et tissant les stratégies matrimoniales, elles font les maisonnées, ont remplacé les hommes à la guerre et ont continué de diriger l'exploitation en suivant les indications épistolaires de leurs hommes restés au front. Courageuses elles le sont, acquérant de l'autonomie et prenant des décisions, certes, mais de façon éphémère, le temps du retour des hommes de la guerre. C'est en effet en l'absence des maris que ces paysannes puis, ensuite, les agricultrices deviendront chefs d'exploitation, c'est-à-dire à défaut d'hommes, par veuvage, divorce ou célibat.14 Quand on est une femme, on devient "chef" faute de mieux. Aussi n'est-il pas étonnant que la figure de la veuve soit à la fois la figure protectrice et redoutée tant décrite par les anthropologues : elle concentre à elle seule l'autorité et la dangerosité. Ce pouvoir par substitution, exercé par les femmes, coexiste avec l'exercice du pouvoir par délégation, et les exemples dans l'histoire sont légions. Régentes et courtisanes ne se comptent plus qui influencent par la séduction, la ruse et l'intelligence les décisions politiques des grands de ce monde : "toute leur éducation les prépare au contraire à entrer dans le jeu par procuration, c'est-à-dire dans une position à la fois extérieure et subordonnée, [...] exclues des jeux du pouvoir, elles sont préparées à y participer par l'intermédiaire des hommes qui y sont engagés".15 Toutefois, même si nombre d'autocensures limitent l'accès des femmes au pouvoir en première personne, en leur nom propre, on assiste à une moindre rareté des femmes détenant des postes de décision et de direction.

La lente féminisation des lieux de pouvoir

Les effets des luttes pour la libération des femmes, mais également les effets non escomptés de la loi sur la parité politique entre hommes et femmes16 qui a vocation à s'étendre aux espaces professionnels se cumulent à l'excellence scolaire et universitaire des filles qui commencent à investir et à s'investir dans des métiers demeurés jusqu'à présent des monopoles masculins et des lieux de pouvoir.17 Qu'on les appelle pionnières ou superwomen, qu'on s'en étonne ou qu'on le regrette, certaines femmes parmi les plus dotées en capital scolaire ont accédé aux postes de direction des entreprises, de maisons d'édition, au grade de général ou aux fonctions de Premier ministre. Des femmes peuvent désormais avoir autorité sur des hommes, ce qui était proprement impensable voilà quelques décennies. Toutefois, on est encore loin d'un processus de banalisation de la présence des femmes dans les sphères de pouvoir, tant cette présence fait encore exception. Plusieurs raisons sont au principe d'un moindre accès des femmes aux diverses formes de pouvoir, mais il est remarquable qu'en dépit d'un "renversement historique des inégalités sexuées au profit des filles dans l'accès à l'enseignement supérieur",18 cette dynamique ne s'accompagne pas d'une féminisation plus conséquente des lieux de pouvoir. Tout se passe comme si, au sein des professions supérieures ou dans le cadre de mandats électifs, où, objectivement, l'écart entre les propriétés sociales et scolaires des hommes et des femmes est moindre, une concurrence continuait à jouer non sur le principe des compétences, mais en raison du fait que "les femmes ont en commun d'être séparées des hommes par un coefficient symbolique négatif".19 Ce préjugé négatif à l'égard des femmes une fois intériorisé joue, on l'a dit, comme autocensure, qui justifie leur agoraphobie socialement constituée par la peur du pouvoir ou la peur de ne pas être de taille pour s'y mesurer.

Un impensé du féminisme : l'exercice du pouvoir

Le Mouvement de Libération des Femmes20 a toutefois laissé des traces dans le rejet ou la distance de certaines femmes au pouvoir. Mouvement libertaire, anti-hiérarchique, anti-autoritaire, la fraction la plus radicale du MLF se méfiait des pouvoirs et du pouvoir alors qu'un autre pôle du MLF deviendra lui la matrice d'un futur féminisme d'État. Qu'on le rejette ou qu'on se préparait à l'exercer, peu de discussions avaient le pouvoir pour thème durant la décennie 1970, en sorte que celles qui ont accepté le féminisme d'État ont souvent bricolé en solitaire leur poste de responsabilité ou de commandement. L'impensé du féminisme à l'égard du pouvoir a eu comme première conséquence de laisser croire qu'un nombre croissant de femmes dans les sphères de pouvoir serait à même de changer substantiellement la nature du pouvoir. Cette croyance est le résultat d'un essentialisme qui créditerait a priori les femmes d'une vertu de pacification des moeurs parce qu'elles sont des femmes et non en raison de compétences, de militantisme ou de convictions politiques. L'histoire dément formellement par ailleurs la dissidence et la résistance des femmes au pouvoir en tout temps et en tout lieu. Que l'on songe aux Mères-Patries du IIIe Reich,21 ou à la "femme nouvelle" et zélée des régimes communistes, et l'on voit que les femmes ne sont pas plus dotées que les hommes de vertus démocratiques ; au plus peut-on les créditer de patience démocratique et de résistance à l'égard d'une démocratie qui les a longtemps ignorées. Les femmes ne sont pas plus altruistes que les hommes par essence, mais par patience, en raison de dispositions socialement inculquées qui les portent à se soucier des autres. Pour autant, force est de constater que l'excellence scolaire et universitaire des filles les a souvent conduites à prendre des responsabilités, des décisions, voire du pouvoir dans des fonctions en prolongement des tâches domestiques : éducation, enseignement, soins aux enfants et aux personnes âgées, services, bref les domaines que les Anglo-saxons synthétisent sous le vocable de care. La division du marché du travail est une division sociale et sexuée du travail dans lequel les savoir-faire et être féminins sont mobilisés à des fins professionnelles ou compassionnelles, et l'enseignement n'échappe pas à la règle.

Le souci de l'autre

Parce qu'elles ont été longtemps exclues du pouvoir, peut-être peut-on attendre des enseignantes, non parce qu'elles sont des femmes, mais parce qu'elles ont vécu l'expérience de l'exclusion, d'être attentives aux exclus et aux mécanismes d'exclusion dans leurs modes d'exercice du pouvoir. Peut-être peut-on attendre d'elles qu'elles soient particulièrement sensibles aux formes d'autolimitation des filles qui revoient sans cesse leurs ambitions à la baisse à mesure qu'elles sont scolairement consacrées et politiquement sollicitées. Transmettre des savoirs, c'est transmettre également à d'autres femmes le droit à la légitimité dès lors qu'on en possède les compétences.

En outre, exercer un pouvoir quand on est enseignant prend plutôt la forme d'une autorité, elle-même fonction des compétences perçues par les élèves et les étudiants, et d'un certain charisme mis en oeuvre au moment où l'on transmet des savoirs. L'absence d'autorité charismatique est fréquemment l'une des raisons qui fait passer l'enseignant de l'autorité au pouvoir en ce qu'il a de plus arbitraire. Cette autorité charismatique suppose de ne pas nier la hiérarchie entre enseignants et enseignés, car, niée et déniée, elle réapparaît lors des examens quand elle fait sanction, en exerçant au bout du compte son pouvoir de classement. Plus encore, le monde enseignant est un monde de plus en plus féminisé, de sorte que les hiérarchies formelles et informelles se présentent comme des distinctions entre femmes alors qu'elles sont des hiérarchies professionnelles. Il en résulte que tout conflit professionnel est perçu comme "mesquinerie" entre femmes.

Une configuration tensionnelle

En l'absence de conscience de genre, et en raison de la rareté des femmes exerçant un pouvoir, on constate plusieurs attitudes. L'une d'entre elles, appelée couramment "le syndrome de la reine des abeilles", consiste à ne pas promouvoir d'autres femmes pour continuer à bénéficier de l'exception féminine. D'autres encore que je nommerai à la suite de Françoise Héritier, mais en élargissant la qualification, des "femmes à coeur d'hommes", ne remettent pas en cause les normes masculines du pouvoir, et pour se faire accepter dans un monde masculin, calquent leurs comportements sur les postures masculinistes.

À l'inverse, une conscience de genre porte à mettre en critique le modèle masculin du pouvoir, pouvoir entre "grands hommes"22, qui doit son efficacité et son monopole à ce qu'il tient à l'écart "les petits hommes" et les femmes. Dès lors, dans le sillage de Michel Foucault23, il faut penser la configuration tensionnelle entre savoir, pouvoir, autorité et genre dans le champ de l'enseignement, mais plus largement dans le monde social.


(1) Roudinesco E., Manassein M. (de), préface à l'ouvrageDe l'égalité des sexes, ss. la dir. de M. de Manassein, Centre national de documentation pédagogique, 1995, p. 19.

(2) Gaspard F., (dir.) Les femmes dans la prise de décision, Paris, L'Harmattan, 1997.

(3) Héritier F., Masculin, féminin 1. La pensée de la différence, Paris, O. Jacob, 1996 ; Héritier F., Masculin, féminin 2. Dissoudre la hiérarchie, Paris, O. Jacob, 2002.

(4) Cf. notamment, Acker S., Gendered Education, Buckingham, Open University Press, 1994 ; Fassin E., "Le genre aux États-Unis", in Bard C. et al, Quand les femmes s'en mêlent. Genre et pouvoir, Paris, La Martinière, 2004 ; Frader L., "Femmes, genre, et mouvement ouvrier en France : bilan et perspectives de recherche", Clio, 3, p. 223-244 ; Pateman C., The sexual contract, Cambridge, Polity Press, 1998 ; Schwartz P, Rutter V., The gender of sexuality, California, Altamira Press, 2000 ; Scott J.W., Gender and the Politics of History, New York, Columbia University Press, 1988.

(5) Cf. notamment le travail de D. Kergoat, Les Ouvrières, Paris, Le Sycomore, 1982, et "Réflexion sur l'exercice du pouvoir par les femmes dans la conduite des luttes, le cas de la coordination infirmières, in M. Riot-Sarcey (éd.), Femmes, pouvoirs, Paris, Kimé, 1992, p. 124-139.

(6) Laqueur Th., La fabrique du sexe, Paris, Gallimard, 1992.

(7) Scott, J.W., "Genre : une catégorie utile d'analyse historique", Les Cahiers du GRIF, 1988, p. 125-153.

(8) Bourdieu P., La domination masculine, Seuil, 1998, p. 69.

(9) Cf. notamment, Kaufmann J.-C., La trame conjugale, Paris, Nathan, 1992 ; Méda D., Le temps des femmes. Pour un nouveau partage des rôles, Paris, Champs Flammarion, 2001.

(10) Delphy C., L'Ennemi principal : 1. Économie politique du patriarcat ; 2. Penser le genre, Paris, Syllepse, 1998 et 2001.

(11) Oster C., Une femme de ménage, Paris, Les Éditions de Minuit, 2001.

(12) "Les données statistiques sont sans équivoque. Les femmes assument beaucoup plus fortement les activités ménagères et les charges liées aux enfants. Ce déséquilibre croît avec le nombre d'enfants", Guionnet C., Neveu E., Féminins/Masculins. Sociologie du genre, Paris, Armand Colin, 2004, p. 155.

(13) Fraisse G., Les deux gouvernements : la famille et la Cité, Paris, Gallimard, "Folio Essais", 2000.

(14) Lagrave R.M. (éd.), Agricultrice. L'invention politique d'un métier, Paris, éd. de l'EHESS.

(15) Bourdieu P., La domination masculine, op . cit., p. 86.

(16) "La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives." (article 3, et "Les partis et groupements politiques contribuent à la mise en oeuvre de ce principe dans les conditions déterminées par la loi." (art. 4). La loi sur la parité est votée le 6 juin 2000 : cf. également, Lagrave R.M., "Une étrange défaite. La loi constitutionnelle sur la parité", Politix, 13, n° 51, 2000, p.113-141.

(17) Cf. notamment, Baudelot C., Establet R., Allez les filles !, Paris, Seuil, 1992 ; Duru-Bellat M., L'école des filles, Paris, L'Harmattan, 1990 ; Lahire B., Tableaux de familles. Heures et malheurs scolaires en milieux populaires, Paris, Seuil/Gallimard, 1995.

(18) Marry C., Les femmes ingénieurs. Une révolution respectueuse, Paris, Belin, 2004, p. 29.

(19) Bourdieu P., La domination masculine, op. cit., p. 23.

(20) Picq F., Libération des femmes. Les années-mouvement, Paris, Seuil, 1993.

(21) Koonz C., Les Mères-Patries du IIIe Reich, les femmes et le nazisme, Paris, Lieu commun, 1989.

(22) Godelier M., La production des grands hommes. Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Paris, Fayard, 1982.

(23) Foucault M., Dits et écrits, Paris, Gallimard, 2001.

Education & management, n°29, page 20 (06/2005)

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