Dossier
Territoires et responsabilités

Claude Baudouin

Article : Quelles responsabilités à l'endroit des territoires ?

Article : Le singulier... ou le pluriel ?

Article : Politique territoriale vs légitimité démocratique

Article : Rester serein sur son territoire

Article : Évaluer les risques psychosociaux : comment ?

Article : Les élus territoriaux au conseil d'administration

Article : La mise en oeuvre de la LOLF

Article : La Nouvelle-Calédonie joue collectif

Article : Formation, territoire et responsabilité

Article : Dessine-moi... une carte des formations

Article : Et... dans les programmes scolaires ?

Articuler les échelles des territoires et les niveaux de responsabilité ? Rêve de géographe pour les pères de cette "géographie active" à la charnière "des sciences de la nature et des sciences de l'homme" (P. Georges). En 1966, Jean Labasse introduisait L'organisation de l'espace - Éléments de géographie volontaire, par cette remarque du premier directeur français de l'aménagement du territoire M. Prothin : "Organiser l'espace implique une discipline de l'esprit réfractaire au cloisonnement administratif et à la spécialisation technique." Aujourd'hui, les concepts de la géographie font le bonheur des penseurs des organisations éducatives. Territoires, interterritorialité, polysémie du territoire, maillage des territoires, territoire psychologique personnel, mais aussi îles, écueils, bastilles, mitoyennetés, frontières perméables et résistantes, lotissement de l'espace éducatif, parcellisation des missions, lieux de décision, niveau géographique fin ! Et, dans un contexte de flexibilité et de mobilité des emplois, les territoires changent : nouveaux centres de décision, nouvelles formes de territoires, multipolarité, les tic contribuant à faire bouger les frontières. Le plus étonnant vient sans doute du fait que le discours habituel opposant le centre et le terrain est contourné par une pensée ternaire. Trois démarches distinctes et irréductibles : déconcentration, décentralisation territoriale et fonctionnelle ; le triptyque territoire-habitants-action publique ; la triangulation des pratiques de contrôle de gestion objectifs-moyens-résultats ; et même un plan prévisionnel triennal glissant ! Au-delà des ambiguïtés, on tient quelques pistes : le débat, l'acceptation du regard de l'autre sur les errements administratifs, le respect de la maîtrise d'usage, l'intercompréhension et la construction d'une culture commune, le compromis (du partage des compétences ou de celui entre la demande sociale et la demande des milieux professionnels), l'équilibre des compétences(ratione loci et materiae), le cadre contractuel (contrats éducatifs locaux, contrats d'objectifs État-Région-branches professionnelles, contrat de développement de la Nouvelle-Calédonie), l'évaluation de la performance tant qualitative que quantitative, l'autonomie qui ne soit pas qu'un slogan. Un goût d'insatisfaction constructive prévaut, de trop, de trop peu ou de trop compliqué. Un appel à la simplification et à la cohérence. Un appel à un État-éducateur, "qui veuille ce qu'il veut". Jean Labasse concluait son ouvrage par cet appel qui résonne encore pour nous tous : "Les malaxeurs de l'espace sont donc invités à oeuvrer en ensembliers plus qu'en chirurgiens"... "même s'ils doivent être concentrés et minutieux comme ces derniers".

Education & management, n°28, page 19 (01/2005)

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