Dossier
Métiers de l'encadrement

Claude Baudouin

Article : Concilier autonomie et unité ?

Article : Un nouveau cadre idéologique

Article : La déstabilisation ?

Article : Evolution du métier

Article : Les effets du stress

Article : Pour une anthropologie de l'encadrement

Article : L'indispensable formation des cadres

Article : Quarante ans vous contemplent

Article : Les difficultés du métier

Article : La perte de repères des cadres

Article : Un recrutement ouvert

Notice biblio : Le processus de décision dans les systèmes éducatifs

Article : D'une direction à une autre

Article : Usagers et acteurs

Article : Cherchez le chef

Article : A la recherche de la qualité unique

Quel lecteur d'E&M ne se sentira pas tenté par cette descente au coeur de sa professionnalité ? "Les métiers de l'encadrement", cette dénomination imparfaite, prudente et contextualisée interroge les organisations éducatives et les personnes dans le plein exercice de leur responsabilité. Élément supposé fort d'un "agrégat faible", le cadre fait l'expérience d'un système qui produit d'autant plus de normes et de directives qu'il affiche l'autonomie et l'initiative, que derrière la participation peut se cacher l'infantilisation et la culpabilisation et qu'il est difficile de piloter par les résultats avec des exigences "sans commune mesure". Modeste, mobile, généreux, il doit inspirer la confiance qui lui est contestée. Maillon d'un encadrement insaisissable, le responsable sait que sa formation, initiale et continue, ne l'aidera guère à acquérir l'autorité... qui procède du consentement. Guetté par le traumatisme vicariant, il découvre le rapport entre la gestion des ressources et celle... de son propre stress. De toute façon, "la place du cadre est mythiquement celle du mort, structuralement celle du retrait qui opère, linguistiquement celle du silence autorisant la parole". Sacrifié sur l'autel de l'institution éducative ? Ou bien, tout au contraire, le cadre n'est-il jamais autant cadre que lorsqu'il est résolument lui-même, libre d'esprit, indépendant et résistant ? Hasardons une ultime hypothèse, celle de la créativité. Et si celui qui n'existe que dans son rapport hiérarchique ou collégial aux autres était, de par sa position de médiation, sa sensibilité aux heurts du monde, sa perméabilité aux courants d'opinions contradictoires, avant tout créateur de la pensée complexe, vivante, déchirante et cohérente dont nous avons besoin ?

Education & management, n°25, page 22 (08/2003)

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