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Hors champ

Bien joué !

Un club de football professionnel de l'ouest de la France nous adresse ce message : "Le mode d'emploi de la vie n'a jamais été facile à comprendre. Il est, en ce début de siècle, particulièrement illisible. Il n'y a plus d'itinéraires clairs. C'est devenu difficile pour la société tout entière, ça l'est encore plus pour les jeunes qui ont besoin de guides et de modèles à suivre ou à combattre. Plus qu'un devoir, c'est un enrichissement que nous revendiquons car donner à l'autre fait aussi partie du sport."

À nous la touche !

Deux footballeurs tapent en même temps dans le ballon qui sort en touche. "À nous !" hurlent-ils ensemble. L'arbitre arbitre. Le perdant lève les bras au ciel. Son entraîneur bondit de son banc et crie au scandale. Le président du club, en fin de match, surtout si son équipe a perdu, déclare que c'est toujours les mêmes qui sont lésés et qu'il y a un réel problème d'arbitrage en France.

Le football inspire

Ce cadre d'un cabinet d'audit dont la réputation est ternie par les erreurs de lointains collègues : "C'est comme si en donnant un carton rouge à un joueur, on excluait toute l'équipe." Ce chef d'entreprise qui, pour stigmatiser la tendance à travailler moins longtemps, invoque "une seconde mi-temps pendant laquelle il ne reste plus que six ou sept joueurs sur le terrain".

Ô tempora, ô mores

L'entraîneur (français) de l'équipe du football du Japon raconte que pour mettre les joueurs nippons en condition, il enfile parfois le maillot d'une équipe nationale européenne puis, sur les corners, donne force coups de coude à ses joueurs et leur tire le maillot. Réactions des joueurs japonais : "Mais c'est interdit !" Conclusion de l'entraîneur : "Entre le Japon et l'Allemagne, la France ou l'Angleterre, il y a cinquante ans de différence."

50 ans toujours

Jusque dans l'immédiat après-guerre, un joueur de tennis qui gagnait un tournoi, sautait d'abord le filet pour féliciter son adversaire, allait saluer respectueusement l'arbitre, puis esquissait un sourire discret vers ses proches. Aujourd'hui le vainqueur lance sa raquette en l'air, brandit un poing triomphant vers sa fiancée et son entraîneur, tend une main molle à son adversaire de l'autre côté du filet et ignore parfois l'arbitre qui s'est trompé sur un point important.

Le sucre en médicament...

Il coûterait alors 2 euros le kilo en morceaux, 5 euros en poudre effervescente de 200 g, 8 euros en spray dynamisant de 15 cl, 11 euros les 10 microsphères avec effet retard, 14 euros les 8 ampoules synergétiques avec d'autres énergisants (en promotion), 17 euros le coffret de 4 nanocapsules, 20 euros les 5 mg d'autogel sans excipient, 23 euros l'injection indolore par jet d'hélium, 26 euros le patch à microlames, 29 euros la tablette intelligente programmée par microprocesseur, 32 euros sous forme de polymère implanté dans le cerveau (opération non comprise) !

DRH

En 1866, Stéphane Mallarmé, chargé de cours d'anglais au lycée impérial de Besançon, publie ses premiers poèmes dans le Parnasse contemporain. Le Directeur du Personnel du ministère de l'Instruction Publique lui écrit le 21 février 1867 : "Je saisis cette occasion pour vous engager à être plus circonspect à l'avenir ; si de nouvelles plaintes m'étaient adressées au sujet des poésies que vous publiez, il me serait difficile de vous maintenir dans des fonctions d'enseignement."

L'uniformité pose problème...

Un responsable régional remarque qu'une direction ministérielle centrale impose à tous le même délai pour traiter 6 000 demandes de mutation dans une académie et 200 dans l'autre.

...la diversité aussi

Le responsable du "collectif interassociatif enfance et médias", déclare, en mars 2002 : "Il arrive qu'un film classé "interdit au moins de 12 ans" par la commission de classification passe à la télévision sans interdiction, que certains films ne soient pas classés de la même façon pour les locations de vidéo ou lors d'une diffusion."

Côté cour, côté jardin

A la télévision, on ne voit guère d'invités expliquer qu'ils doivent resserrer des contrôles, améliorer un rendement, appliquer strictement une procédure, préserver leurs propres intérêts. En revanche, on en observe beaucoup qui maudissent l'oppresseur, condamnent la misère, prônent la solidarité, signalent leur ligne directe pour mieux aider la personne qui les interpelle en public. Maintenant, tous lampions éteints, dans la vraie vie, allez donc présenter un bilan en déficit, faire appel à la compréhension de votre voisin, ou bien encore signaler ses erreurs à votre chef !

Education & management, n°23, page 69 (06/2002)

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