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Idées politiques sur l'éducation

A l'occasion des élections présidentielles et législatives françaises du printemps 2002, relevons, en fonction d'un choix forcément arbitraire, les quelques déclarations suivantes de la part de personnalités politiques.

"Aucun débat n'est aujourd'hui organisé sur ce thème en dehors du cercle des acteurs éducatifs eux-mêmes et le Parlement ne consacre à l'École que trois heures chaque année lors de discussions budgétaires menées au pas de charge."

Jacques Chirac. Réponse à la revue Profession Éducation, mars 2002.

Les priorités

"Nous veillerons à ce que le rôle des parents d'élèves et l'action des intervenants extérieurs soient intégrés au projet éducatif qui est de la responsabilité des maîtres. L'exercice de cette forme de co-responsabilité est nécessaire pour entreprendre les réformes utiles à l'Éducation nationale."

UDF. Site Internet, avril 2002.

"La politique éducative devra consolider le socle de valeurs républicaines sur lequel repose la construction de la citoyenneté dont l'apprentissage des droits et des devoirs devra être modernisé."

Christiane Taubira. Candidature à l'élection présidentielle, avril 2002.

"Selon moi, il y a deux urgences à traiter dans l'immédiat : la maîtrise obligatoire de la lecture et de l'écriture pour tous ceux qui entrent en sixième et le retour de la paix dans les collèges en construisant les "collèges hors les murs" associant enseignants et éducateurs qui transmettront non seulement les connaissances mais également les repères dont on a besoin pour vivre."

François Bayrou. Réponse à la revue Profession Éducation, mars 2002.

"Le nombre de bacheliers et d'étudiants a doublé en 20 ans. Il faut maintenant se fixer les trois objectifs suivants : 100 % de jeunes sortant du système scolaire avec une qualification ; 80 % d'une génération parvenant au niveau Bac ; 50 % d'une génération titulaire d'un diplôme d'enseignement supérieur."

Lionel Jospin. "Je m'engage", mars 2002.

"À la formidable mutation de notre société doit correspondre une mutation profonde de notre système éducatif. Pour donner leur chance à tous les enfants de France, il faut faire place à la diversité, libérer l'initiative et l'énergie, responsabiliser et faire confiance aux enseignants."

Alain Madelin. Réponse à la revue Les Cahiers pédagogiques, avril 2002.

"Le civisme, le sentiment d'identité nationale et européenne, les valeurs proposées aux jeunes et aux moins jeunes, sont décisifs. [...] Nous devons redire que le travail, le mérite, l'effort, la laïcité, l'égalité constituent des références qu'il ne faut jamais perdre de vue."

Laurent Fabius. Le Journal du dimanche, 12 mai 2002.

"Il faut que nos jeunes se pénètrent de l'esprit de la loi républicaine : respect de la règle délibérée en commun, qui libère de la loi du plus fort, débat éclairé en raison qui affranchit des dogmes, amour de la loi inscrit dans le coeur de chacun, comme garantie de sa liberté et promesse d'égalité."

Jean-Pierre Chevènement. Vincennes, 9-09-2001.

Statuts et établissements

"Un service public moderne n'est pas un service public hypercentralisé, mais un service public qui s'appuie sur les capacités d'initiative de ceux qui le servent."

Lionel Jospin. Réponse à la revue Les Cahiers pédagogiques, avril 2002.

"Les études de l'OCDE montrent, année après année, que les écoles qui réussissent sont celles qui sont parvenues à se donner un véritable projet pédagogique. Ce projet ne peut pas être imposé d'en haut par le ministère ; il doit être élaboré dans l'établissement lui-même. Afin de motiver les enseignants et personnels de direction, le ministère devra encourager les établissements qui le souhaitent à élaborer de véritables projets d'établissement. [...] Le rôle du ministère sera de contrôler la cohérence des projets d'établissements avec les directives générales relatives aux programmes, de les approuver, d'en suivre la mise en place et de donner toute la publicité nécessaire aux expériences les plus réussies."

UMP. Site Internet, mai 2002.

"La fonction publique de l'enseignement et de la recherche est à créer pour réaliser d'abord cet objectif : reconnaître à ceux qui produisent le service d'éducation le droit de participer effectivement à l'élaboration de leurs tâches. [...] La quatrième fonction publique confirme l'autonomie de leur action dans leurs classes ; elle étend leurs compétences jusqu'à la définition de l'organisation des établissements et la participation à leur management. Une telle réorganisation aurait le mérite d'opérer une distinction entre le niveau stratégique (la définition des objectifs de l'éducation) et le niveau opérationnel (l'exécution du service lui-même). [...] Le choix du chef d'établissement se révèle décisif : il s'agira d'un emploi fonctionnel occupé par un agent ayant reçu une formation spécifique, mais dont la nomination ne pourra être effectuée qu'après une acceptation par le conseil d'administration."

Jean-Pierre Dudézert et Hervé Morin. Responsables du projet de l'UDF, Le Monde, 6 septembre 2001.

Personnels et vie scolaire

"Pour les enseignants qui ressentent durement l'usure du métier, je créerai un dispositif qui permettra au professeur de prendre tous les dix ans une année sabbatique."

François Bayrou. Réponse à la revue Profession Éducation, mars 2002.

"Pour les verts, la notion de service public doit être interrogée non pas par le biais du statut ou des horaires, mais bien en se posant la question de l'intérêt et de la qualité du service rendu. Il est également indispensable de développer la capacité des acteurs du monde éducatif à ouvrir un dialogue dynamique avec l'ensemble des organisations de parents d'élèves et des composantes de la société civile."

Noël Mamère. Réponse à la revue Profession Éducation, mars 2002.

"Les personnels doivent demeurer dans la fonction publique de l'État. Ceci n'exclut nullement que, dans le cadre de la décentralisation, se créent des coopérations nouvelles."

Robert Hue. Profession Éducation, mars 2002.

"Il y a donc urgence à instaurer une école plus démocratique où la concertation et le dialogue soient institutionnalisés ; où soit permanente la réflexion sur les savoirs et leur appropriation réelle par tous, afin de former des individus capables d'agir sur la société au lieu de la subir ou d'y réagir par une violence aussi inopérante qu'autodestructrice."

Les Verts. Site Internet, mai 2002.

Quelques mesures

"Nous voulons, à coût constant, recentrer les programmes du primaire sur les savoirs de base et augmenter les évaluations en fin de cm2."

Xavier Darcos. Les Échos, 4 avril 2002.

"Une cellule sociale de suivi des enfants et adolescents difficiles sera créée dans les communes où cela apparaîtra nécessaire, pour prévenir, si possible à l'âge le plus précoce, les dérives comportementales conduisant à la violence."

Lionel Jospin. "Je m'engage", mars 2002.

"Rétablir l'égalité des chances : plan national contre l'illettrisme ; parcours de soutien dès l'école primaire ; collègue unique pour tous ; plus d'autonomie des établissements ; aides à l'apprentissage ; meilleur accompagnement des étudiants de premier cycle pour réduire le taux d'échec des deux premières années ; au moins un semestre d'études dans une université européenne pour chaque étudiant."

Jacques Chirac. "110 engagements", mars 2002.

"Pourquoi ne pas créer une université virtuelle universelle : "Sorbonne internationale" alliant l'expertise du CNED et le renom mondial de notre faculté parisienne ?"

Yves Attou. Site Internet PS, mai 2002.

Education & management, n°23, page 10 (06/2002)

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