Dossier : Estime de soi

Formation : une bonne estime de soi

Guy Delaire, IA-IPR honoraire, auteur de Être à l'aise en entretien, Éditions d'Organisation, 2004

Des quatre rôles qu'on attribue habituellement au chef d'établissement : administratif, financier, pédagogique et relationnel, le rôle relationnel reste celui pour lequel la formation est le plus souvent délaissée. C'est cependant celui qui demande qu'on lui consacre une attention privilégiée et pour lequel on ne saurait cesser de chercher des ajustements successifs en fonction de situations nouvelles. Si la formation initiale y a manqué en tout ou partie, la formation continue peut, elle, y remédier.

S'auto-évaluer ?

En matière de relations avec les autres, puisqu'il ne nous appartient pas de pouvoir changer ces derniers, au moins est-il possible d'évoluer soi-même et ainsi d'être plus à l'aise dans la vie professionnelle. Agissons en décidant d'introduire les évolutions nécessaires dans notre comportement professionnel au quotidien. Le recours à la formation continue ne nous offre pas seulement l'occasion de marquer des pauses propices à la réflexion avec d'autres, il permet surtout à ces derniers de confirmer ou d'infirmer notre façon de dire, d'agir et d'être. Nous ne pouvons, en effet, limiter une appréciation de nous-même à notre auto-évaluation qui recèle une partialité variable mais certaine. Passer à l'acte (de formation) c'est partir de la conviction que chacun peut progresser. C'est ensuite concevoir un objectif de développement de ses performances. C'est enfin mettre en oeuvre une démarche de construction de ses compétences personnelles à partir de ses potentialités. Pour avancer, il nous faut satisfaire nos besoins fondamentaux d'appartenance, de reconnaissance, d'amour, hiérarchisés par A. Maslow, et vérifier notre degré de satisfaction par l'approbation ou la désapprobation des autres. Ce que l'on retire de cette confrontation se traduit par une estime de soi qui, sujette à variation, peut se maintenir à un niveau de satisfaction qui constitue la meilleure garantie de notre équilibre psychique.

Chacun peut progresser

L'estime de soi exige qu'on lui consacre une attention régulière pour qu'elle soit au niveau optimum de nos possibilités, car son influence est manifeste et décisive sur nos faits et gestes de la vie professionnelle (comme de notre vie personnelle). C'est elle qui nous permet de vivre mieux avec nous-même comme avec les autres. Pour un chef d'établissement (comme pour tout autre acteur au sein d'un groupe), cette démarche personnelle se révèle valorisante à plusieurs titres. D'abord elle permet de mettre en place un processus d'auto-évaluation confronté à l'avis des autres pour apprendre à se connaître mieux afin de corriger éventuellement l'image de soi que les autres nous renvoient et ainsi de développer l'empathie avec un maximum de sincérité et d'authenticité. Ensuite, lorsque l'image de soi reçue par autrui est conforme à celle que l'on souhaite offrir, il s'ensuit une estime de soi ressentie par le simple fait d'être perçu et compris dans ses intentions. Cette estime de soi, ainsi renouvelée, renforce la motivation pour poursuivre la tâche car rien n'est plus encourageant que les signes de reconnaissance de ses pairs ou de ses partenaires. Enfin, elle permet de prendre connaissance des domaines dans lesquels il convient de faire porter l'effort et l'attention afin de faire progresser et/ou sauvegarder le niveau d'estime de soi, élément essentiel dans le jeu des relations. Cet entraînement au maintien d'une bonne estime de soi présente le double avantage d'être profitable autant à soi qu'à son entourage. Un chef d'établissement pourrait-il négliger un tel élément facilitateur qui conduit à mieux vivre avec soi-même comme avec son entourage ?

Education & management, n°31, page 53 (05/2006)

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