Informations et publications

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Informations internationales

Un colloque sur "Faire de la philosophie avec les enfants" s'est tenu à l'Université d'Egée (Rhodes), à l'initiative de Elena Theodoropoulou, professeure en philosophie de l'éducation : il rassemblait, avec des universitaires grecs, des collègues de L'IAPC (Institut créé par M. Lipman aux USA), des chercheurs venus de France, Belgique, Italie et Québec. Il s'agissait de confronter les expériences pour consolider les premières expériences de philosophie avec les enfants en Grèce. La patrie de la philosophie va-t-elle rattraper son retard en la matière ?

Un café philosophique à Sfax, en Tunisie

Le président du comité de la société de philosophie (section de Sfax), Mohamed Néjib Abdelmoula, Inspecteur de philosophie, nous a informé qu'il y a plus de deux ans que l'Association tunisienne des Etudes philosophiques (section de Sfax), a inauguré son premier café philosophique. C'était le 3 décembre 2006. L'émergence et le développement des cafés philosophiques en France et ailleurs dans le monde, ainsi que l'engouement pour ces espaces de dialogue et de réflexion, ont incité les membres de l'association à tenter l'expérience dans la ville de Sfax.

Les rencontres se sont tenues régulièrement dans la salle polyvalente de la maison de la culture Mohammed Jammousi, aménagée pour l'occasion et gracieusement mise à disposition par le comité culturel de la région, le premier dimanche de chaque mois, de 10h30 à 13h.

Le café est ouvert aussi bien aux philosophes qu'à ceux qui, par le truchement du questionnement philosophique, veulent discuter librement et réfléchir ensemble sur les problèmes de la vie et de la cité. Quant aux thèmes des débats, ils sont choisis à partir d'une liste de propositions des participants, établie dès la première rencontre et pour chaque séance. Des invitations sont envoyées aux professeurs de philosophie de la région et aux habitués du café. Des affiches sont aussi imprimées et apposées en divers endroits de la ville. Le café est fréquenté par une quarantaine de personnes en moyenne atteignant parfois une affluence de plus de quatre-vingt personnes.

En début de chaque séance, le débat est introduit par un intervenant invité qui présente les différents thèmes du débat pendant quinze à vingt minutes ; puis un membre du comité de l'association anime et organise le débat, tout en veillant à la répartition de la parole équitablement et démocratiquement, ainsi qu'à la bonne tenue de la discussion. Le président-animateur propose en fin de séance une synthèse des contributions au débat et annonce le thème de la rencontre suivante.

Cet espace convivial a permis aux gens cultivés de se rencontrer, d'échanger des idées et de confronter leurs différents points de vue. Et c'est ainsi qu'un débat citoyen s'est imposé de fait et s'est consolidé dans la cité, prônant un esprit de dialogue et une réflexion critique libre et argumentée. Il faut noter que ce projet n'aurait pas pu voir le jour sans le soutien et l'aide sans faille de la Maison d'Edition Mohamed-Ali Hammi qui s'est engagée, non seulement à publier les actes de ces rencontres, mais aussi à couvrir aimablement tous les frais de ces manifestations.

Activités depuis le lancement

3 Décembre 2006 : l'homme sous l'emprise du pouvoir de la quotidienneté.

En 2007 :

7 Janvier : l'homme d'aujourd'hui, confronté au pouvoir de la propagande et de l'information.

4 Février : pourquoi philosopher dans un café?

4 Mars : le dialogue dans la famille.

1er Avril : l'homme et la cité.

6 Mai : l'homme et le sport.

20 Juin : l'esprit des lumières (à partir du livre de Todorov).

En 2008 :

6 Janvier : identité et mondialisation.

17 Février : les révolutions des moyens de communication et les mutations de la pensée.

8 mars 2008 : en marge du café philosophique, une conférence du professeur Tahar Ben Guisa, sur "Les enjeux de la philosophie rationaliste", précédée d'une présentation des oeuvres de l'invité faite par Noureddine Sefi.

9 Mars : l'Internet, interculturalité ou marchandisation de la culture.

6 Avril : le retour du religieux.

4 Mai : l'enfant de demain et l'éducation.

21 décembre : philosophie de la crise financière et rôle de l'Etat dans l'économie.

Nous connaissions la nuit de la philosophie à Poitiers. Mais pas encore la nuit de la philosophie à Montréal au Québec.

François Landry nous rappelle cet évènement, d'une durée de vingt-quatre heures, qui se déroulera cette année le 21-22 mars 2009 à Montréal. Lors de l'édition 2008, plus de cent cinquante activités (conférences, théâtre, cinéma, débats, jeux interactifs, etc.) ont été proposées à un public de près de six milles personnes. Les activités s'adressent tant aux "spécialistes" de la philosophie qu'à toute personne intéressée par la réflexion philosophique. Il s'agit d'ailleurs du coeur de la démarche, par laquelle on veut sortir la philosophie du cadre institutionnel dans laquelle elle est trop souvent cantonnée. Cette année a été mis sur pied un volet spécial de philosophie pour enfants, en collaboration avec l'organisme La Traversée (prévention de la violence par la philosophie), Michel Sasseville et des intervenantes du Centre d'action laïque Brabant Wallon et de la revue Phileas et Autobule (Belgique). Diverses activités s'adresseront directement aux enfants, d'autres traiteront plutôt de la démarche de philosophie avec les enfants.

Voir le site : www.nuitdelaphilo.com pour plus de détails. Contact : jay@nuitdelaphilo.com

Fondée en 1999, l'association Pro-Philo est un organisme à but non lucratif basé à Genève (Suisse), qui regroupe tous ceux et celles qui jugent important de voir apparaître la formation de la pensée critique et l'apprentissage du dialogue en éducation. Elle réunit, à ce jour, quelques cinquante membres qui ont comme point commun le désir que les enfants d'aujourd'hui pensent de plus en plus par et pour eux-mêmes demain. Par conséquent, l'association se donne comme mission de manifester le besoin d'une éducation qui vise la formation du jugement, de promouvoir la pratique de la philosophie avec les enfants, et de soutenir toute action destinée à faire connaître cette approche. De plus, l'association souhaite établir un lieu d'échange et de dialogue pour toutes les personnes qui sont préoccupées par l'enseignement de la philosophie avec les enfants, et assurer une formation continue aux enseignants qui appliquent ce programme.

Contact : elisabeth.loisonapter@odef.ch

La 14e Conférence de l'ICPIC (Conseil international de philosophie pour enfants) aura lieu cette année en Italie du 2 au 4 juillet 2009, en présence de représentants de nombreux pays.

Pour toute information, contacter : marina.santi@unipd.it

Informations en France

Le 8e colloque sur les Nouvelles Pratiques philosophiques s'est tenu à l'Unesco les 19 et 20 novembre 2008. Il couvrait cette année tout le champ des NPP : à l'école de la maternelle au lycée, mais aussi dans la cité (café philo, Université populaire, consultation philosophique, philo en entreprise)... Ce fut un franc succès, avec plus de 400 inscrits et de nombreux pays représentés. Un CD Rom sera diffusé par l'IUFM de Créteil, rendant compte de nombreuses communications et de rencontres thématiques... La formule 2009 sera remaniée, avec nombre de mises en pratique...

Cité philo a animé à nouveau à Lille, en novembre 2008, pendant une quinzaine de jours, des manifestations diverses (conférences et tables rondes de philosophes etc.) Cette année, pour la première fois il a été question de philosophie avec les enfants.

Contact pour des informations :

destailleura@yahoo.fr

Un Colloque consacré à l'enseignement philosophique : "Enseigner la philosophie, faire de la philosophie", organisé par le Ministère de l'Education Nationale, devrait avoir lieu fin mars 2009.

À la Grecque !! Tel est le titre d'une "pièce montée philosophique", qui à partir d'un montage de textes anciens, s'amuse à creuser la discorde qui oppose les discours de la vérité populaire et ceux de la réalité rationnelle, en soulevant de nombreuses questions : le rapport entre fiction et réalité, entre connaissance et vérité, le pouvoir de la pensée. En quoi la philosophie peut être une antidote à la lassitude contemporaine ? En quoi met-elle en avant le pouvoir de s'étonner ? Contact relations publiques@theatre-suresnes.fr

Café philo autour du spectacle le 7 mars 2009. Représentations du 2 au 7 avril.

Bruno Chevaillier, professeur de philosophie à l'IUFM d'Orléans-Tours (site d'Orléans), organise d'intéressantes activités sur la philosophie à l'école primaire. Ci-dessous le lien par lequel on peut consulter les travaux qu'il mène depuis plusieurs années :

http://www.orleans-tours.iufm.fr/ressources/ucfr/philo/chevaillier/

Publications récentes

On trouvera, au début de ce numéro, dans l'hommage à Jacques Lévine, une recension de son dernier ouvrage, écrit avec G. Chambard, M. Sillam et D. Gostain : L'enfant philosophe, Avenir de l'humanité ?Ateliers AGSAS de réflexion sur la condition humaine (ACRH), ESF, 2008. Préface de P. Meirieu.

La Revue de l'innovation et de l'expérimentation pédagogique à Paris, dans son n° 5, publie une "Enquête approfondie sur les pratiques et dispositifs philosophiques à Paris", réalisée par Caroline Pillet (ce fut une recherche pour son master, où s'expriment des enseignants, des formateurs d'IUFM et des chercheurs). Il y a trois parties dans cet ouvrage : la première rend compte de récits de pratiques et d'études de cas très diversifiés, de l'école maternelle au lycée professionnel en passant par l'école élémentaire et le collège... Dans la deuxième sont analysées les perspectives ouvertes par ces innovations, leurs enjeux. La dernière partie, très utile, recense nombre de ressources disponibles pour se lancer dans l'aventure, l'approfondir, l'analyser : supports, bibliographie, sitographie etc.

Contact : pilletcaro@yahoo.fr

Travaux sur le site : http//innovalo.scola.ac-paris.fr

Devant le succès des Philo-Fables de Michel Piquemal (chez Albin Michel), une version poche (6,90 euros) vient d'être éditée : soixante histoires courtes, chacune introduite par deux ou trois mots-clés, resituée dans son origine, suivie d'un court questionnement qui apostrophe le lecteur...

Après l'ouvrage Philosopher tous capables, publié par la Chronique sociale (Lyon) en 2005, qui faisait le point sur quinze ans de recherche en didactique de la philosophie du secteur philosophie du GFEN (Groupe français d'éducation nouvelle), le n° 10 de Pratiques de la philosophie, revue du secteur, est sorti en juin 2008. Toujours aussi passionnante pour des démarches innovantes en classe de terminale ! On y trouvera des démarches de réflexion sur les mythes, et des mises en situation où les élèves sont très actifs : le procès d'Averroès, le procès de Socrate, des travaux d'écriture. Ainsi que les acquis des deux derniers stages : sur "Comment ne pas en finir avec la démocratie ?" (2007), et "Multiculturalisme, communautarisme, universalisme" (2008).

On peut commander les 10 numéros de la revue pour 55 euros à N. Grataloup. nicole.grataloup2@wanadoo.fr

Aux éditions Bayard Presse pour la jeunesse, après la revue Pomme d'Api pour les maternelles (fiches constituées par Jean-Charles Pettier) ; les débats organisés par Yves Michaud sur Okapi avec les adolescents (Voir les deux ouvrages qui les rassemblent La philo 100% ado ; le magazine Astrapi (du CE2 au collège) propose des fiches pédagogiques pour organiser des débats philo, à partir de sa rubrique "Pense pas bête".

Apprendre à philosopher par la discussion - Pourquoi, comment ?

(Sous la direction de Michel Tozzi), Editions De Boeck, Bruxelles, septembre 2007

Recension par Elisabeth Bussienne, professeur agrégée à l'IUFM des Pays de Loire

La mise en oeuvre de la philosophie avec des enfants ou des adolescents, qui a émergé en France il y a une douzaine d'années, a donné lieux à divers ouvrages à dominante souvent pratique, destinés aux enseignants désireux de s'y essayer - forcément en autodidactes - et aux formateurs. Au moment où ces activités commencent à trouver leur place dans l'institution et à se stabiliser, les visées de ce livre sont différentes. Il s'agit ici pour les auteurs de prendre un peu de recul et de s'appuyer sur les nombreuses expériences réalisées pour revenir de façon plus structurée sur ce qui est commun à toutes : la discussion. A quelles conditions permet-elle d'apprendre à philosopher ? Quelle est sa légitimité ? Quelle est sa place par rapport à la tradition de l'enseignement de la philosophie : rupture ou continuité ? Bref, il s'agit d'esquisser une réflexion sur l'épistémologie de la discipline "philosophie" telle que la font évoluer ces nouvelles pratiques fondées sur la discussion.

Qu'on se rassure : ce livre n'est ni abstrait, ni réservé aux spécialistes ! Nicolas Go décrypte le script d'une séance effectuée en CM1 pour mettre au jour la relation entre le rôle du maître et la façon dont les élèves s'engagent dans la pensée ; Marianne Remacle et Anne François présentent l'atelier philo qu'elles proposent dans un service hospitalier de pédo-psychiatrie et évaluent ses résultats ; les pratiques ne sont jamais loin dans les contributions qui ne partent pas d'une étude de cas.

Première ligne de force de cet ouvrage : qu'apprennent les élèves qui bénéficient de ces pratiques ? Nicolas Go, par exemple, en traite dans la contribution citée supra, comme Marie-France Daniel qui étudie les divers types de pensée mobilisés par les élèves (pensée logique, créative, responsable, métacognitive) et analyse l'évolution de leur façon de penser au fur et à mesure que progresse leur expérience de la discussion philosophique.

Une seconde ligne de force se dégage autour des fondements philosophiques de la discussion. On a souvent reproché à ces pratiques d'en rester au niveau du "café du commerce", de la doxa, en un mot de ne pas être philosophiques. François Galichet s'intéresse alors au lien entre croyance et philosophie et s'appuie sur la théorie de la croyance développée par Kant pour montrer que les DVP ont leur place dans l'enseignement de cette discipline et sont une pratique philosophique légitime. Jacques Lévine, construisant la notion de "monde philosophique des enfants", démontre également que ce qui se joue dans ces discussions est véritablement philosophique. Cette question est présente en filigrane dans d'autres contributions dont elle n'est pas le sujet principal - comme ce témoignage venu de Suisse qui présente la mise en place d'une option évaluée à l'oral du bac, pour laquelle les enseignants ont dû inventer des dispositifs fondés sur la discussion, sans rien sacrifier des exigences intellectuelles de la discipline.

Cependant, et c'est la troisième ligne de force de l'ouvrage, si ces pratiques doivent se développer en restant rigoureuses, sans dériver vers le bavardage, il faut une formation des maîtres tout aussi exigeante : Pierre Lebuis, de l'université du Québec, propose des modalités de formation initiale ou continue visant à allier une dimension philosophique (puisqu'il s'agit de former des maîtres qui au départ ne sont pas spécialistes de cette discipline) et dimension pédagogique. La formation ne peut que s'appuyer sur la recherche, pour laquelle Emmanuelle Auriac trace des pistes : psychologie sociale, psycholinguistique, psychanalyse font partie des disciplines à convoquer, en recherche, au même titre que la didactique et bien sûr la philosophie elle-même.

Si l'ouvrage est largement ouvert sur les pays francophones, il arrive en France à un moment charnière où ces "nouvelles pratiques philosophiques" se sont largement développées, surtout en primaire, mais où les futurs programmes de 2008 risquent de refermer l'espace ouvert par les programmes antérieurs de 2002. Ce livre, dans ce contexte, apparaît à la fois comme un bilan, un appel à fonder plus solidement les pratiques de DVP, et une ouverture. Une arme intellectuelle, peut-être, si les craintes d'une fermeture du champ des possibles s'avèraient fondées.

Diotime, n°39 (01/2009)

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