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L'Éco-formation1- ou Un village d'Astérix au Portugal

Mirna Montenegro, Institutrice de maternelle, coordinatrice du projet/processus Nomade - myrna@sapo.pt - http://myrna.com.sapo.pt

Selon les estimations, le nombre de Gitans dans le Portugal d'aujourd'hui varie de 40 000 à 50 000. Ils sont nés portugais et la loi interdit de distinguer les minorités qui ne sont pas d'origine étrangère2, d'ailleurs seul le mirandais3 est constitutionnellement reconnu comme langue, mais pas le caló que parlent les Gitans.

Les gitans sont entrés au Portugal au début du XVIe siècle par le sud de l'Espagne ou, selon certains historiens, par le détroit de Gibraltar, un siècle auparavant. Dès lors, ils furent systématiquement rejetés, poursuivis et emprisonnés par les régimes successifs. On les déporta pour coloniser l'Afrique et le Brésil, car réputés plus adaptés aux climats difficiles. Leurs us et coutumes furent prohibés pendant plusieurs siècles. La langue romani originelle fut aussi interdite sous peine de prison, obligeant ses locuteurs à parler le caló, quelques mots en romani mélangés avec du castillan, que l'on protégeait en le cachant et qui, par conséquent, n'a jamais été enseigné à l'école. Jusqu'en 1974, la loi stigmatisait ces familles comme "nomades" qu'il fallait faire surveiller de très près par la gendarmerie. C'est seulement après la Révolution des oeillets que les gitans sont devenus citoyens de plein droit. Quoi qu'il en soit, ils font partie du paysage humain portugais et contribuent au patrimoine historique, économique et culturel du pays depuis plus de 500 ans.

Avant l'introduction des revenus sociaux minimum il y a 13 ans, les Gitans portugais vivaient des récoltes saisonnières dans le sud de toute la péninsule ibérique et du commerce ambulant. Après l'adhésion à la CEE, ils furent progressivement remplacés par de la main-d'oeuvre venue du Maghreb et des pays de l'Est tandis que le commerce passait aux mains des Asiatiques. Leurs niches économiques disparaissant, les Gitans représentèrent rapidement près de 4 % des bénéficiaires des minima sociaux. Depuis 1996, il existe un nouvel organisme étatique, le Haut-Commissariat pour les minorités ethniques (ACIME), devenu récemment Haut-Commissariat pour le dialogue interculturel (ACIDI), au sein duquel il existe un cabinet chargé du dossier des Gitans4.

Quant à la question de l'accès de l'école, il est facile de constater qu'avant l'introduction des minima sociaux, ils étaient très peu à l'avoir fréquentée avec succès. Pour devenir bénéficiaires, les parents sont dorénavant obligés d'envoyer leurs enfants à l'école et d'y aller eux-mêmes, dans le cadre de stages professionnels rémunérés qui débouchent rarement sur un emploi, puisque personne n'ose embaucher des Gitans. C'est depuis ce changement social majeur que les écoles élémentaires sont "envahies" (sic !) par un nombre élevé d'enfants gitans qui disparaissent toutefois dès l'entrée dans le système secondaire.

DANGEREUX, SALES ET INDISCIPLINES

Lorsque j'ai commencé à travailler avec cette population, j'ignorais que les commerçants ambulants des foires et des marchés étaient ces mêmes Gitans dont tout le monde parlait et que la rumeur publique dénonçait. À l'occasion de ma mutation en 1992 dans l'école maternelle d'un quartier de logements sociaux de la quatrième ville du pays, Setubal, j'ai pris conscience de ce peuple, détenteur d'une culture propre et, probablement à cause de celle-ci, rejeté partout et par tous. Mes collègues m'avaient déjà prévenue qu'ils étaient "dangereux", "sales", "indisciplinés", ce qui signifie en portugais courant "non domesticables". Ils refusaient en outre d'aller à l'école. Mais à mesure que je les connaissais - particulièrement à travers des interventions informelles - le portrait qu'on m'avait dressé d'eux ne coïncidait pas avec le mien. Ce fut donc avec beaucoup d'étonnement et de curiosité respectueuse que je me suis attachée, comme personne et comme professionnelle, à ces enfants, à leurs familles, et, par la suite, à cette communauté tout entière, à ce peuple distinct, portugais comme moi, mais qu'on continuait à priver de droits, de reconnaissance et de citoyenneté. J'ai alors vécu une "aventure" éducative, sociologique, anthropologique et sociale qui m'a transformée tant professionnellement que personnellement.

Pendant trois années scolaires, des affects se sont construits5, des préjugés et des stéréotypes se sont détruits en moi. Ce fut avec un autre regard sur la profession d'enseignante et sur le peuple gitan que j'ai décidé de construire le projet Nomade. Pour le mettre en oeuvre, je disposais de quelques atouts : une ONG6 qui pouvait le soutenir institutionnellement, une équipe d'enseignants7, un réseau d'associations de développement local avec lequel j'avais échangé des idées, la rencontre des familles gitanes que je suivais dans leurs déplacements.

Il faudra d'abord dire ce qu'était le projet Nomade I, qui voulait "la promotion des communautés gitanes et la transformation de l'école", avant d'aborder ensuite le dispositif de formation continue des enseignants qui le sous-tend, puisque ce travail, qui a débuté en 1995-1996 et s'est terminé en 2003-2004 en tant que projet, a donné naissance à un processus Nomade II, c'est-à-dire, une méthodologie d'intervention socio-éducative.

Le projet Nomade avait été conçu pour se développer sur neuf années, réparties en trois phases équivalentes. Pourquoi un projet d'une amplitude temporelle aussi importante ? Certainement parce que nous pensions que les changements sociaux ne sont visibles qu'après cinq années d'intervention au minimum, certains postulant même qu'il faudrait environ dix années pour que des changements de deuxième génération s'opèrent, c'est-à-dire des changements profonds et structuraux.

Ce projet fut orienté vers quelques finalités. Il fallait valoriser la culture gitane et lui donner une dignité que l'histoire portugaise ne lui avait jamais reconnue. Nous cherchions aussi à identifier les personnes et les organisations ayant des relations significatives et privilégiées avec les communautés gitanes. Nous devions alors construire et consolider des réseaux de partenariats territorialisés. Enfin, la finalité plus générale était de déclencher un changement dans les attitudes et les pratiques socio-éducatives afin de promouvoir des formes de démocratie participative fondées sur la solidarité dans la diversité.

Le projet Nomade I se fondait aussi sur quelques présupposés concernant l'organisation des espaces de partenariats : la réorganisation ainsi que la flexibilisation des temps et des espaces devenaient des actes organisateurs et producteurs de savoirs pertinents. Ces actes permettaient la réversibilité des rôles sociaux, en redistribuant les pouvoirs et en ouvrant des espaces de réalisation des droits et d'exercices de la citoyenneté.

AGIR DANS L'URGENCE ET TRAVAILLER DANS L'INCERTITUDE

Le projet s'appuyait sur quatre axes interdépendants qui se nourrissaient entre eux.

Les animations scolaires sur les marchés et foires itinérants commerciaux fréquentés par les familles gitanes et les actions en pleine rue visaient, à travers le jeu et la convivialité, à impliquer les familles dans les activités de leurs fils et de leurs filles, à provoquer une interaction sociale qui devenait le lieu adéquat pour la rencontre des cultures et le développement d'espaces d'apprentissages interculturels. Il fallait sensibiliser les familles à la culture scolaire et, inversement, l'école à la culture familiale et domestique. L'intention était de favoriser la démocratisation, l'explicitation et le croisement des savoirs formels et informels mais aussi de renforcer la visibilité sociale de l'acte éducatif en tant qu'acte culturel ;

La dynamisation de groupes culturels promoteurs de la culture gitane comme les groupes musicaux informels Os Barões et Os Vargas8 et les groupes formels comme celui de l'AMUCIP9 et les Zíngaras ;

L'édition et la publication du magazine Andarilho, "Celui qui chemine", comme espace de visibilité et de partage à la fois des pratiques éducatives expérimentées au cours du projet et de la culture gitane elle-même ;

Le dispositif de formation continue des enseignants et d'autres catégories professionnelles qui travaillent avec les Gitans. Je le nommerai "Éco-formation". Il s'agit d'apprendre grâce aux situations et aux contextes sociaux - c'est-à-dire "d'agir dans l'urgence et de décider dans l'incertitude", selon l'expression de Philippe Perrenoud, et en reprenant le concept de Gaston Pineau, qui s'applique particulièrement bien à la nature de notre intervention auprès des Gitans. Ou encore, comme ceux qui travaillent avec les Gitans le savent bien : travailler sur le fil du rasoir !

Le dispositif d'Éco-formation est constitué d'espaces formatifs formalisés mais aussi informels qui permettent l'accompagnement méthodologique des professionnels, une réflexion sur les pratiques éducatives en tant qu'actes culturels, l'identification de stratégies d'intervention sociale promotrices de la participation et de la citoyenneté, la rationalisation ainsi que la gestion émotionnelle des incertitudes et des insécurités liées à la diversité des situations, la consolidation et la systématisation des savoirs qui émergent et se construisent sur ces pratiques réfléchies.

L'accompagnement est organisé de la façon suivante :

  • Une rencontre au début de l'année scolaire,
  • Des rencontres mensuelles,
  • Un travail autonome de contact avec les familles ainsi que de recherche,
  • Une rencontre en fin d'année scolaire,
  • Des comptes rendus finaux, susceptibles d'être publiés.

Ce travail exige de nouvelles compétences de la part du professeur/éducateur. Il devient un analyste symbolique quand il doit trouver la solution à des problèmes à l'intérieur de contextes marqués par la complexité et par l'incertitude. Il saura être un artisan quand il construit un savoir "dans et par l'action" qu'il ajuste à des situations uniques et inattendues. Il est encore un professionnel de la relation avec l'autre car son action développe sa capacité d'écoute mais aussi d'enchantement permanent. Il devient enfin un constructeur de sens en tant que traducteur et interprète de plusieurs codes et langages.

De même, le processus d'Éco-formation donne de nouvelles responsabilités et de nouvelles fonctions à l'accompagnateur/formateur. Agent de développement du projet au service des personnes et de l'organisation, chargé des fonctions de soutien et de consultation, il permet à tous de repenser la pratique. Il est aussi disponible pour apprendre avec les autres et à travers les situations qu'il vit. Il se trouve lui aussi dans un processus inachevé de construction de soi, révélateur d'écoute sensible et d'improvisation éducative.

Nous avons construit neuf modules qui forment un curricula validé par le Conseil scientifique et pédagogique de la formation continue des professeurs du ministère de l'Éducation de la République portugaise.

De 1995 à 2004, nous avons touché 66 enseignants, en moyenne, dont la formation fut validée chaque année, soit un total de 466 enseignants en 9 ans. Il leur était proposé 9 modules variant entre 26 à 42 heures et totalisant 299 heures de formation, avec 1 à 1,6 crédits pour chaque module.

Au cours de ces neuf années, le projet a produit un rapport tous les trois ans ainsi que plusieurs articles parus dans des revues nationales et internationales. Par ailleurs, nous avons aussi publié quatre ouvrages10 qui retracent en détail la conception et les différentes phases du projet Nomade et des concepts qui le sous-tendent.

À l'occasion de la dernière année du projet Nomade (2003-2004), nous avons réalisé une évaluation fondée sur cinq dimensions d'analyse :

  • Les affects, les motivations, les attentes, les déceptions, les émotions de tous les acteurs de l'intervention, familles et professionnels,
  • Les événements internes et externes au projet, conséquences des politiques locales ou nationales, mais aussi événements dus aux dynamiques internes de l'organisation sociale des gitans,
  • Les influences institutionnelles telles que la mise en place du RSI et du PER11 ainsi que la constitution des regroupements d'établissements éducatifs,
  • Les effets du projet sur les professionnels, les familles, les enfants et les jeunes, les organisations, les associations, etc.,
  • La validité des concepts qui sous-tendent les actions liées au projet.

Lors des travaux de synthèse, nous avons conclu que le projet Nomade était finalement une synergie des volontés et des partenaires appuyés sur une méthodologie d'intervention, un travail en réseau au service d'une pédagogie du rééquilibrage de la balance éducative. C'était ensuite une approche sociopolitique non partisane et non apparentée à un parti politique dont le mode de fonctionnement était naturellement propre à mettre en contact des cultures qui se tournent le dos. C'était enfin un projet qui exigeait que les personnes s'engagent en tant qu'individu, professionnel et citoyen. On cherchait à créer des espaces de convivialité interculturelle, on cherchait une transformation par osmose des gadjé, en partageant des préoccupations et des enthousiasmes, en partageant la vie quotidienne.

Autour de cette ligne directrice, c'est-à-dire : "Plus être pour devenir plus citoyen ; plus de citoyenneté pour vouloir plus ; plus de formation pour comprendre encore plus"12, nos modes d'action étaient bâtis sur quelques idées clés :

  • La reconnaissance du droit à la non-conformité comme manière d'être et de faire, afin de ne pas accepter l'inégalité et faire de nous-même des personnes engagées,
  • La défense de la citoyenneté des différents acteurs du projet comme outil de protection, une citoyenneté qui passe par l'émancipation de chacun, par l'insertion, qui requalifie la place où l'on se trouve de fait plutôt que par l'intégration, qui attribue une place sociale préexistante et prédéterminée,
  • La valorisation des différences en nous-mêmes ainsi que chez les autres,
  • La valorisation de la symétrie et de la réciprocité,
  • La valorisation des affects qui résultent de la relation interpersonnelle : "penser avec le coeur et sentir avec la tête"13,
  • La valorisation de l'éthique de la solidarité et de l'attention à l'autre. Autrement dit, prendre soin de l'autre, savoir l'accueillir.

"Chacune de ces valeurs n'est pas seulement une façon d'être transitoire mais aussi profondément une nature d'être"14

Ces valeurs soutenues par des pratiques méthodologiques ont permis de transformer le projet Nomade I en un processus Nomade II :

  • La pédagogie de "la ronde" permettant réversibilité des rôles, collégialité, démocratie participative,
  • Le caractère informel à travers la proximité personnelle,
  • L'interaction facilitant l'échange, la réflexion, le non-conformisme et l'enthousiasme partagés,
  • La persévérance donnée au projet par la continuité de l'action, la quête d'une utopie.

Depuis, le projet Nomade, devenu donc Processus Nomade II, vise à la "promotion de la citoyenneté des communautés gitanes et la transformation de l'école" et intervient sur trois axes :

  • L'animation communautaire en faveur de la citoyenneté pour sensibiliser et impliquer les institutions dans l'organisation d'espaces de débat, restreints et élargis, autour des préoccupations des gens, Gitans ou pas. Cette animation créera des espaces d'animations pour les enfants. Elle incitera à la création des groupes informels de personnes, pas seulement gitanes, en les mobilisant vers une participation plus citoyenne.
  • L'utilisation de l'Éco-formation visera à changer le regard porté par les enseignants sur les communautés gitanes à travers l'accompagnement à l'intervention, en constituant des groupes de travail pour organiser des débats fondés sur l'exploitation du livre Ciganos aquém do Tejo15par exemple. L'Éco-diffusion profitera du travail et de la recherche des enfants, des jeunes et des adultes au sein du processus d'organisation des espaces de débat. Cela impliquera l'inclusion, dans le projet de programmes des classes, l'exploitation pédagogique de ce livre comme ressource didactique. Une telle organisation, incluant les espaces de débat dans les établissements scolaires, implique d'ailleurs une démarche intégrée au projet d'établissement dans chaque école. Un des objectifs terminaux de ce recours à l'Éco-formation devra être l'inclusion des pratiques éducatives gitanes dans les processus d'apprentissages scolaires.
  • Enfin, la systématisation de l'intervention et de la production de connaissance visera à faire parler et à savoir écouter, tant les enfants que les adultes. L'ambition de cet axe de travail est de créer l'habitude de décrire, de narrer l'action éducative ou l'intervention sociale, en l'expliquant et en produisant un argumentaire à la portée de tous. Quelques instruments sont à privilégier : l'organisation des rencontres, en tant qu'espaces et tribunes pour les professionnels ; l'édition des bulletins et les brochures, en tant que tribunes occasionnelles ; la production de dépliants thématiques et pédagogiques en soutien à l'intervention ; la publication d'articles scientifiques ou d'opinion.

Mais... (il y a toujours un mais !) depuis 2007-2008, à la suite de contraintes financières et organisationnelles - et même des politiques éducatives -, j'ai dû revenir à mon poste originel d'institutrice de maternelle puisque jusqu'alors j'avais mené ce projet en tant que fonctionnaire du ministère de l'Éducation détachée à l'Institut des communautés éducatives de Setubal.

Nous essayons actuellement de mettre en place un forum sur internet intitulé Processo mada16pour reprendre le réseau et lui redonner de l'élan. Il est nécessaire que les professionnels puissent développer une attitude de résistance au sein des institutions/établissements de plus en plus repliés sur eux-mêmes, plus normalisés, plus standardisés... Ainsi se referme aussi le système scolaire portugais dans son ensemble, à coup de regroupements d'écoles qui obligent à fermer les maternelles et rendent ingérables des centres éducatifs comptant parfois plus de 1 000 élèves de tous niveaux scolaire et de tous âges, des centres éducatifs qui refusent de concevoir des projets éducatifs territorialisés en partenariat avec les ONG, les associations, les municipalités, bref, avec les gens.

Désormais, le processus Nomade II ne compte plus qu'avec quelques professionnels17 résistants au sein des "enceintes" scolaires que sont devenues nos écoles. C'est avec ceux-là que nous poursuivons notre quête vers l'utopie, car de nouveaux jours viendront et un nouveau cycle commencera sans doute quand les autorités s'apercevront de nouveau qu'elles se sont trompées de route ! Nous espérons qu'il ne sera pas trop tard.

Je vous laisse avec deux poèmes que j'ai écrits à des moments distincts du projet Nomade : l'un au début, Menino Cigano, l'autre, Amigo resiste, quand on a commencé à résister comme résiste le village d'Astérix, tels que les Gitans l'ont fait et le feront encore pendant des siècles.

Menino cigano

Num canto do meu coração guardo
o brilho dos teus olhos,
a entrega do teu sorriso,
a avidez do teu abraço,
a agilidade do teu corpo,
a curiosidade do teu silêncio.
Cada instante
que contigo passo,
aprendo a saborear
a curiosidade do teu olhar,
a agilidade do teu silêncio,
a avidez do teu sorriso,
a entrega do teu abraço,
o brilho do teu movimento.
Cada momento
que comigo passas,
aprendo a mergulhar
no interior do meu olhar,
do meu silêncio,
do meu sorriso,
do meu abraço,
do meu movimento.
Em cada desafio
que me lanças,
em busca de ti em mim,
reencontro em ti
pedaços de mim
que em ti busco.
Agora, sei
que o teu olhar
o teu silêncio
o teu abraço
o teu sorriso
o teu corpo
alumia e aquece
o canto do meu coração18.

Amig@, Resiste !

Quando invadem as tuas paisagens,
E pisam as tuas flores.
Quando queimam as tuas sementes,
E afogam as tuas esperanças.
Quando a raiva te saqueia
E a vingança te consome...
Amig@, resiste...

Resiste à tentação fácil
De retribuir à força do poder
O poder da força.
Amig@, resiste...

Faz do teu sonho devassado,
À força da utopia desejada,
O poder da tua mente.
Amig@, resiste...
Com bravura e honradez.

Faz da injustiça sofrida,
À força do teu caminhar,
O poder do teu carácter.
Amig@, resiste...
Com sonhos por alcançar.

Amig@, resiste...
O tempo do poder esgota-se
E o poder do tempo fortalece-te.
Amig@, resiste...
À força está no tempo resistido,
No sonho perseguido,
Na honra do teu trilhar19.

Références bibliographiques

  • BARBIER, René (1993), L'écoute sensible en approche transversale. Pratique de formations/Analyse, Université Paris VIII, Formation Permanente, n°25-26.
  • BARBIER, René (s/d), L'improvisation éducative :
  • http://www.fp.univ-paris8.fr/recherches/improvisationeducative.htm
  • CANáRIO, Rui (1999) A Escola : o lugar onde os professores aprendem, Cadernos de Educação de Infância n°52, APEI : Lisboa.
  • MONTENEGRO, Mirna (2003), Aprendendo com Ciganos : processos de Ecoformação, EDUCA : Lisboa.
  • PERRENOUD, Philippe (1999), Enseigner : agir dans l'urgence, décider dans l'incertitude, PUF , Paris.
  • PINEAU, Gaston (1991) La formation expérientielle et théorie tripolaire de la formation, in Pineau, Gaston et Courtois, Bernardette, La formation expérientielle des adultes, La documentation française , Paris.

(1) Communication présentée au colloque Roms d'Europe, 1, 2 et 3 décembre 2008, à Besançon.

(2) Les Roms venus récemment des pays de l'Est sont considérés avant tout comme étant des étrangers et sont traités comme étrangers et non pas comme Roms.

(3) Langue romane de la région de Tras-os-Montes, proche de l'asturien et seconde langue officielle du Portugal.

(4) http://www.ciga-nos.pt/Home.aspx

(5) Je suis marraine d'une fillette de 10 ans et d'un garçon de 15 ans.

(6) Instituto das Comunidades Educativas (ICE).

(7) Je me suis fait aider de deux institutrices qui ont travaillé avec moi, côte à côte, dans un projet que j'avais mis en place pour 30 jeunes (filles et garçons, frères et soeurs des tout-petits de la maternelle), d'Alphabétisation Informelle et Communautaire (PAIC2), avec le soutien de l'équipe régionale du ministère de l'Éducation.

(8) Les Barões et les Vargas sont des familles gitanes qui fréquentaient les écoles du réseau Nomade.

(9) Associação de Mulheres e Crianças Ciganas Portuguesas (AMUCIP), première et unique association de femmes gitanes portugaise, constituée en 2000. Les Zíngaras sont un groupe informel de danse gitane constitué au sein de l'AMUCIP, par les médiatrices de la direction.

(10) Ciganos e Educação, Cadernos ICE n°5, Setúbal, ICE.1999
Ciganos e Cidadania(s), Cadernos ICE n°9, Setúbal, ICE. 2007
Aprendendo com Ciganos: Processos de Ecoformação, Lisboa: EDUCA. 2003.
Ciganos aquém do Tejo - propostas de actividades nómadas para o ensino básico, ACIME/ICE, 2004

(11) RSI: équivalent au RMI en France ; PER est un programme de logement social.

(12) "Mais pessoa para mais ser, mais cidadania para mais querer, mais formação para mais compreender ."

(13) "Pensar com o coração e sentir com a cabeça."

(14) "Cada um destes valores é não apenas um estar mas também um ser."

(15) http://www.ciganos.pt/UserFiles/Files/Ciganos_Aquem_do_Tejo.pdf

(16) http://br.groups.yahoo.com/group/processonomada/join

(17) Ces professionnels sont non seulement les enseignants des écoles mais ceux aussi des municipalités, des associations, et quelques fonctionnaires du ministère de l'Éducation qui essayent d'utiliser les "couloirs de libertés" qui subsistent malgré tout...

(18) Enfant gitan
Dans un coin de mon coeur, je garde / La lueur de tes yeux,
Le cadeau de ton sourire, / La soif de ton câlin,
L'agilité de ton corps, / La curiosité de ton silence.
À chaque instant / Que je passe avec toi
J'apprends à savourer / La curiosité de ton regard,
L'agilité de ton silence, / La soif de ton sourire,
Le cadeau de tes câlins, / L'éclair de ton mouvement.
À chaque moment / Que tu passes avec moi
J'apprends à plonger / À l'intérieur de mon regard,
De mon silence, / De mon sourire,
De mes câlins / De mon mouvement.
À chaque défi / Que tu me lances,
En quête de toi en moi, / Je rencontre en toi
Des morceaux de moi / Que je cherche en toi.
Maintenant je sais / Que ton regard
Ton silence / Ton câlin
Ton sourire / Ton corps
Illumine et chauffe / Un coin de mon coeur.

(19) Amie, résiste !
Quand on envahit tes paysages / Et marche sur les fleurs
Quand on brûle les semences / Et on noie tes espoirs
Quand la rage te consomme / Et la vengeance te détruit...
Amie, résiste...
Résiste à la tentation facile / De renvoyer à la force du pouvoir
Le pouvoir de la force- / Amie, résiste...
Fais de ton rêve dévasté / La force de l'utopie désirée
Le pouvoir de ta pensée / Amie, résiste...
Avec bravoure et honneur
Fais de l'injustice subie / La force de ton cheminement
Le pouvoir de ton caractère / Amie, résiste...
Avec des rêves à atteindre.
Amie, résiste...- / Le temps du pouvoir s'épuise
Et le pouvoir du temps te fortifie / Amie, résiste...
La force vient du temps passé à résister / Du rêve poursuivi

Diversité, n°159, page 229 (09/2009)

Diversité - L'Éco-formation- ou Un village d'Astérix au Portugal