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Diversité

III. Prévention spécialisée et diversité

Médiation de rue et logiques politiques municipales

Séverine Fontaine, Doctorante en sociologie, EHESS/ENS,
Eric Marlière, Docteur en sociologie, chargé de recherche au LERS (IDS de Rouen), chercheur associé au CESDIP, chargé de cours au CNAM et membre d'ACOFIS..

La question des quartiers "sensibles" a pris une dimension politique réelle depuis les dernières émeutes urbaines. En effet, il semblerait que les "violences urbaines" témoignent d'une cassure entre les élites politiques nationales, les édiles locaux et les habitants des quartiers populaires, notamment les jeunes. Au-delà des travaux qui soulignent l'importance de l'abstention1 et celui de la "désaffilitation"2, il est essentiel de se poser la question des effets de ces recompositions et mutations sur les classes populaires qui évoluent dans les "quartiers sensibles".

Quelle que soit leur couleur politique, les élus des communes des banlieues populaires ont de plus en plus de difficultés à gérer l'ensemble des demandes et revendications de leurs administrés confrontés aux "violences urbaines" importantes et mini-émeutes sporadiques, aux tensions avec les forces de l'ordre, aux conflits entre chefs de projet et habitants.

L'exemple d'une ancienne municipalité communiste en est la parfaite illustration.

Face à la désindustrialisation des années 1980 qui voit la fermeture des usines les plus importantes du secteur, la commune doit faire face à l'accentuation des phénomènes de chômage et de précarité. Dotés d'une solide tradition en matière d'éducation populaire et d'un tissu associatif dense, les élus municipaux ne peuvent cependant faire face à l'ensemble des problèmes sociaux et assistent progressivement à des processus de "marginalité avancée" (Wacquant, 2006), de ghettoïsation (Lapeyronnie, 2008), de "séparatisme social" (Maurin, 2004) et de ségrégation urbaine.

La commune que nous avons observée doit gérer un ensemble de plus en plus important de "problèmes sociaux" et fait face à des faits de violence et de délinquance en augmentation de la part d'une jeunesse évoluant dans les "cités populaires", exclue par les mutations du marché du travail. Depuis le milieu des années 1990, les tensions entre élus et jeunes se creusent toujours plus, au point où il devient délicat aux élus de se rendre dans certains "quartiers difficiles" sans être pris à parti par de jeunes hommes (adolescents ou jeunes majeurs). C'est d'ailleurs ce qui explique que peu avant les émeutes nationales de novembre 2005, la municipalité avait décidé de mettre en place un dispositif de médiation.

FIN DE LA REPRESENTATIVITE OUVRIERE, VIOLENCES URBAINES ET NOUVELLE GESTION POLITIQUE DE L'INSECURITE

Sur notre terrain d'investigation, on observe d'une part une distanciation politique et symbolique entre les jeunes et l'ancien parti ouvrier et, d'autre part, la progression des formes de violences dites urbaines et des émeutes. La mise à l'écart des "héritiers des quartiers populaires" par les notables politiques locaux au pouvoir remonte bien avant la "Marche pour l'égalité" mais se révèle dramatique aujourd'hui. La jeunesse de ces quartiers (quadragénaires et jeunes générations) pourrait constituer une force numérique sans précédent lors des prochaines municipales mais il va sans dire, au regard des entretiens menés, que la municipalité communiste ne constitue plus un avenir crédible (Marlière, 2008b). Lors des élections européennes de 2009, la liste antisioniste de Dieudonné a fait 30 % dans certains bureaux de vote de la ville (certains jeunes et adultes l'ont ostensiblement signifié aux élus et militants de gauche présents).

Les violences et émeutes urbaines ont également modifié les enjeux du paysage politique et se sont révélées délicates à gérer pour un ensemble de villes populaires, confrontées à ces phénomènes de plus en plus récurrents depuis la fin des années 90. Hormis les émeutes médiatiques de novembre 2005, la ville dont nous parlons a connu pas moins de quatre faits de violences urbaines entre 2006 et 2009. Les situations de discriminations, d'exclusion politique et sociale, de colère et de désespoir sont les raisons évoquées par nos confrères3. Les situations conflictuelles à répétition génèrent une situation chaotique dans certains quartiers de la ville (Marlière, 2009b) et il n'est plus toujours possible, même pour des élus communistes, de rapprocher ces phénomènes aux effets d'une politique nationale, traditionnelle ou même social-démocrate. Ces actes portent en eux-mêmes la contestation nette de la politique locale fortement ancrée dans l'histoire de la ville. C'est pourquoi, les élus ont décidé de créer un dispositif de médiation composé de jeunes adultes (voire de quadragénaires) dont les qualités sociales et symboliques étaient supposées favoriser un contact avec les plus jeunes et empêcher surtout le développement des violences.

MISE EN PLACE D'UNE EXPERIMENTATION LOCALE

La médiation est un terme moins explicite qu'il n'y paraît. S'il connaît un succès grandissant ces dernières années, plusieurs conceptions ou applications existent. Le seul point commun à toutes les "médiations" est la résolution de différends, exempts - en théorie - de tous rapports de force, ce qui la fait parfois se confondre avec la conciliation. La médiation se fonde sur l'art du langage pour permettre de recréer du lien entre des personnes en conflit et implique l'intervention d'un tiers neutre, impartial et indépendant, le "médiateur".

Il n'existe que deux manières bien distinctes de faire de la médiation. La première consiste à faire intervenir un tiers extérieur, étranger à la situation. L'autre manière, radicalement différente, nécessite le recours à un tiers intérieur, quelqu'un qui connaît les tenants et les aboutissements du conflit ou encore de telle dégradation de situation ; en un mot, d'un tiers qui maîtrise l'historique. La ville sur laquelle reposent nos observations cultive une méfiance toute particulière à l'égard de ce qui provient de l'extérieur et a clairement opté pour cette seconde version, comme s'il était impossible pour elle d'imaginer qu'un règlement de situation puisse s'opérer par un tiers extérieur.

Dans ce contexte, les médiateurs sont des "citoyens de l'intérieur" et cette position est particulièrement difficile à tenir. En effet, il n'est pas aisé d'être à la fois "dedans" tout en étant "indépendant et impartial". Cela suppose de pouvoir "naviguer" entre plusieurs univers, parfois antinomiques, d'être en mesure "d'enfiler plusieurs casquettes". Cette situation particulière suppose également que les médiateurs précisent la casquette qu'ils utilisent lorsqu'ils interviennent sur le quartier, qu'ils travaillent ou non. Cette remarque est d'autant plus à prendre en considération que leur coopération a longtemps été ponctuelle, intermittente.

Ce dispositif de médiation naît d'abord dans l'urgence pour répondre à des problématiques de violences dites "urbaines". C'est aussi une réponse aux tensions entre jeunes et habitants, entre jeunes de quartiers rivaux s'affrontant violemment sur l'espace public de manière quasi séculaire, enfin entre jeunes et résidants "partageant" les mêmes cages d'escalier. Bref, la médiation s'installe pour lutter contre la dégradation chronique (et pourtant annoncée) des relations entre jeunes et habitants de certains quartiers sensibles. Les interventions sont en réalité des expérimentations ponctuelles, dont les premiers résultats laissent penser à l'équipe municipale qu'une réflexion sérieuse devrait être engagée par la ville. Toutefois, un tel service coûte cher. Le maire ne tient pas à engager de trop fortes dépenses qu'il pourrait se voir reprocher un peu plus tard. Les moyens sont donc plutôt restreints. Ainsi, à raison d'un fonctionnement de 7 jours sur 7, seules six personnes sont recrutées ainsi qu'un chef d'équipe afin de couvrir une surface comprenant un peu plus de 40 000 habitants.

Les personnes recrutées ne sont pas des professionnels de l'action sociale et aucune n'est même qualifiée. Pour autant, elles sont choisies dans le souci du respect d'un ensemble de critères, dont la maîtrise des codes de la rue est de loin le plus essentiel. Ainsi, de fait, et sans s'en rendre compte, les politiques locaux font reposer sur leur dispositif les codes culturels d'un univers qu'ils n'ont de cesse de rejeter mandat après mandat. Lorsque leur mission s'achève, ils continuent à résider dans les quartiers où ils interviennent et doivent maintenir une image cohérente même lorsqu'ils ne sont plus médiateurs. En d'autres termes, il ne suffit pas d'être issu d'un quartier pour être médiateur. Il faut (en plus des compétences que cela requiert) être en mesure d'en assumer pleinement la fonction en dehors de son exercice.

Parallèlement, ce positionnement de l'intérieur présente aussi un certain nombre d'avantages qu'il convient de noter. C'est un moyen de mieux préserver la confidentialité des personnes et des situations, d'être au coeur même d'une politique de prévention municipale, tout en attestant de garanties d'efficacité et de rapidité. C'est partager une vision de l'intérieur des problèmes rencontrés par la population. C'est en comprendre finement les enjeux et les intérêts dans le respect de leur devoir de réserve. En outre, c'est pouvoir pratiquer "l'observation en situation" sans susciter de réactions de rejet ou de méfiance, car la parole n'est pas la seule source d'informations des médiateurs. L'observation in situ renseigne le médiateur et peut aussi lui fournir des hypothèses de travail. Pour résumer, c'est prendre la mesure de la distorsion entre ce qui se dit et ce qui se fait. Enfin, c'est être inscrit dans une temporalité qui va du passé vers le futur, car les différends qu'ils ont à traiter trouvent souvent leur racine dans des situations passées.

Les missions principales de cette équipe résident donc dans leurs capacités, individuelles et collectives, à rester de manière prolongée sur l'espace public, ainsi que dans les halls d'immeuble, en assurant une présence de rue dont l'objectif avoué est de déjouer les désordres et les tensions, tout en prévenant les actes d'incivilité. À ce dispositif sont ajoutés des missions de repérage, tel le repérage d'adolescents ou plus généralement de jeunes en grande difficulté ou encore le repérage des anomalies (encombrants, épaves, ventouses, etc.) pouvant générer des problèmes en termes de tranquillité publique ou de sécurité.

De manière plus informelle, on demande aux médiateurs d'être le lien entre la municipalité et les habitants, et entre les jeunes et les habitants. Traditionnellement, les élus du parti ouvrier, parce que cultivant une certaine proximité (spatiale, culturelle, sociale) et en jouissant, occupaient des fonctions de médiation.

La mise en place du dispositif de médiation tel qu'il existe aujourd'hui aurait été, il y a peu, un impensé total dans une ville se définissant par ses valeurs populaires. La mise en oeuvre d'une telle politique marque deux choses. D'une part, il s'agit d'un tournant, celui de l'acceptation d'un échec, d'un schisme entre élus populaires et franges de plus en plus importantes d'une population avec laquelle ils partagent de moins en moins de choses et, d'autre part, du souhait du maintien du dialogue avec cette population et plus particulièrement les tranches les plus jeunes.

Finalement, au regard du dispositif de médiation mis en place, on constate que les objectifs de la médiation de rue consistent à pallier les carences ou plutôt les déficiences de l'action politique auprès des habitants des "quartiers sensibles".

Lors d'un entretien, un médiateur explique que pour le 14 Juillet, ils ont réussi à désamorcer un certain nombre de conflits comme le "caillassage" d'un bus RATP ou un guet-apens pour des pompiers mal orientés ayant reçu un faux appel. Les uniformes, les institutions, et en particulier tout ce qui rappelle l'État, semblent les cibles privilégiées des jeunes, d'une manière générale. D'ailleurs, les élus de la ville ainsi que les cadres de la mairie patrouillent dans les rues en compagnie de policiers et de médiateurs afin d'empêcher l'irréparable...

L'action du politique dans les "quartiers sensibles", notamment dans les périodes propices à la violence (le 14 juillet, le 31 décembre), se résume finalement à empêcher les violences, le désordre public ou les actes de délinquance. Les élus ont renoncé de manière implicite à "intégrer" la jeunesse du quartier. En période de crise économique et de difficulté d'insertion, le service de médiation ainsi que les dispositifs des politiques de la ville ne visent rien d'autres, au fond, que d'empêcher et de réguler les violences et actes de délinquancesproduit par une jeunesse populaire. Le seul objectif est de maintenir une certaine tranquillité publique et donc la paix sociale.

PACIFIER LES TERRITOIRES AU DETRIMENT DE L'ACTION SOCIALE

On comprend mieux pourquoi la "question des banlieues" apparaît de plus en plus problématique pour les élus nationaux et locaux. La "demande de sécurité" (Lagrange, 2003) incite les responsables politiques à chercher des solutions rapides au détriment d'une action publique sur le long terme visant l'amélioration des conditions de vie des habitants des quartiers populaires. La gestion des "risques sociaux" prend le pas sur la "question sociale". La dépolitisation de la "question sociale" laisse place à une re-politisation des questions sécuritaires et d'une nouvelle gestion des risques pour un ensemble de communes ouvrières (Boucher, 2004a).

D'un point de vue local, les anciens représentants politiques de la classe ouvrière sont contraints de s'adapter aux nouvelles conjonctures, quitte à se révéler plus distants de leur électorat populaire (Tissot, 2007). La sortie des "banlieues rouges" appelle à de nouvelles stratégies de la part des élus du parti communiste qui peuvent s'avérer délicates dans les années à venir. Ces élus sont confrontés à des choix pragmatiques et à une gestion qui ne peut souffrir la politique politicienne des idéaux avancés publiquement. Ils doivent opter entre des questionnements "cornéliens" : favoriser la venue de classes moyennes stables ou maintenir une gestion aléatoire des populations ouvrières paupérisées, accompagnée d'une jeunesse instable, voire incontrôlable.

De même, les logiques du travail social montrent des similarités avec l'action publique. Les véritables professionnels, formés à la culture du conflit, laissent place à des adultes "héritiers des quartiers populaires" moins diplômés incarnant davantage l'utilitarisme en vigueur (Boucher, 2004b). Les élus de gauche ont renoncé à défendre les intérêts sociaux des classes populaires et surtout à résoudre les problématiques sociales qui leur sont associées. Les travailleurs sociaux, en raison du peu de marge de manoeuvre dont ils disposent, sont également soumis aux injonctions de gérer les problèmes par le bas. D'ailleurs, les nouvelles politiques d'insertion professionnelle ne considèrent plus les jeunes des quartiers populaires comme de futurs travailleurs mais plutôt comme des futurs exclus durables du marché de l'emploi (Tourrilhès, 2008).

Le dispositif de médiation illustre en quelque sorte le renoncement à l'amélioration de la situation des classes populaires pour laisser la place à une gestion des problèmes sociaux par une logique discrète d'achat de la paix sociale pour des élus locaux soucieux de reconquérir des territoires d'un point de vue électoral ou du moins, de se maintenir encore un peu sur l'échiquier local.

Ces stratégies politiques de tranquillité publique débouchent sur des négociations avec les médiateurs. Ces derniers se découvrent de nouveaux "pouvoirs" et notamment celui d'une hypothétique et possible nuisance au niveau de leur territoire qui se transforme aussi rapidement en rapport de force servant des intérêts plus individuels que collectifs. Ainsi, certains médiateurs en raison de "bons services" apparents rendus aux élus locaux instrumentalisent les besoins en les retraduisant selon des intérêts propres : faciliter la circulation des élus dans un quartier difficile y compris sur des moments de crise, désamorcer des "turbulences émeutières" avant leurs survenues, etc. Ils arrivent ainsi, en plus de leur salaire, à négocier des avantages individuels - prêts immobiliers, avantages financiers, offres de postes plus intéressants, acquisition d'un logement social sur un marché saturé, etc. - ou collectifs - subvention pour des associations, etc.

Ces négociations "infrapolitiques" souvent tacites renforcent le pouvoir des médiateurs. Elles permettent une gestion des risques parfois d'une efficacité à toute épreuve, mais imposent d'endosser, ne serait-ce qu'un temps, le symbole du pouvoir politique municipal et d'assumer une compromission en totale contradiction avec l'univers de la rue. Ce positionnement entre compromission politique - voire personnelle - et univers de la rue peut à tout moment se retourner contre eux. Ce détournement permet aux médiateurs de bénéficier d'une aura particulière et du pouvoir hérité de leur capacité à gérer l'ingérable, c'est-à-dire, quelles que soient les méthodes employées, la question sécuritaire de proximité, face à des élus déconcertés par une problématique explosive de la "question sociale". Cela explique pourquoi certains médiateurs profitent de cette situation pour développer des rapports clientélistes "secrets" avec les élus, dans un contexte social dégradé où se développe une peur collective de l'émeute qui favorise l'épanouissement du chantage.

Aujourd'hui, la question lancinante des quartiers populaires au prisme de l'insécurité et de la peur du désordre recompose l'action politique de la "question sociale" autour des experts de la sécurité, des chefs de projets CLS (contrats locaux de sécurité) et d'une nouvelle gestion des risques (Bonelli, 2008). Il en va ainsi des stratégies politiques nationales et locales en réponse à l'exigence de tranquillité publique afin de maintenir l'ordre social et surtout politique au coeur des "quartiers sensibles". La médiation illustre en somme un jeu complexe entre élus, médiateurs et jeunes émeutiers potentiels. Certains médiateurs, conscients du pouvoir que procure l'atmosphère incendiaire qui se développe dans les quartiers, négocient avec les élus afin d'obtenir des avantages en échange d'un éventuel maintien de la tranquillité publique. Le développement des violences urbaines contraint les élus locaux à "pactiser" avec des médiateurs qui ne seraient pas toujours "désirables", en d'autres circonstances, dans les services municipaux.

Et surtout, il semblerait que la "question sécuritaire" échappe aux élus en raison d'un abandon de la proximité qui faisait jadis la force des élus communistes au profit d'"héritiers des quartiers populaires" qui ont entériné une conception cynique des institutions et probablement utilitariste du politique. La plupart des médiateurs développent ainsi des logiques clientélistes, afin de monnayer leur présence dans les quartiers car ils ont intégré le fait que la peur collective et institutionnelle des violences urbaines constituait une arme efficace en termes de négociations politiques et stratégiques.

Références bibliographiques

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  • WACQUANT L. (2006), Parias Urbains, Ghetto-Banlieues-État, Paris, La Découverte.

(1) Braconnier, Domargen, 2007.

(2) Bacqué, Syntomer, 2001.

(3) Nous ne renverrons pas ici à littérature sociologique qui traite du phénomène émeutier en raison du trop grand nombre d'ouvrages. Pour se donner une idée, nous renvoyons à un article que nous avons réalisé sur l'état de la question qui fait le point sur cette question (Marlière, 2009a).

Diversité, n°158, page 202 (09/2009)

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