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Diversité

III. L'insertion professionnelle

interview : José Rose

Entretien avec José Rose (sociologue, directeur par intérim du Céreq) .

MARIE RAYNAL José Rose, vous êtes directeur par intérim du Céreq, à Marseille, et vous vous intéressez aux questions d'emploi et de formation.

JOSE ROSEJe suis également professeur de sociologie et j'ai toujours travaillé sur ces sujets. J'ai ainsi fait ma thèse sur la notion de transition professionnelle. Au début des années 1980, j'ai étudié les politiques d'emploi, les politiques des entreprises en matière d'insertion des jeunes et les relations entre système éducatif et l'école. Je suis donc venu au Céreq assez naturellement, puisque ce sont les objets d'étude de cet établissement public.

MR Que pensez vous de la relation entre système éducatif et emploi dans notre pays ? Aller à l'école puis avoir un travail ne va pas de soi. On ne peut pas dire que le passage se fasse de façon souple et aisée, surtout pour certains jeunes.

JR On pourrait partir du fait que l'école a plusieurs rôles. Elle doit, pour utiliser cette formule ancienne, former la personne, le citoyen et le salarié. Cela veut dire que la dimension emploi est une des dimensions, pas la seule, de l'école. Il y a toujours eu débat au sein de l'école sur ce triple rôle, ce qui me paraît parfaitement naturel. Mais c'est assez récent que l'on se polarise sur la fonction de préparation à la vie professionnelle. Dans les années 1970, le débat était vif sur ce sujet, puis les réticences se sont progressivement levées. Tout le monde convient qu'une des fonctions de l'école est effectivement de préparer à la vie active. Mais cela ne se limite pas à l'accès au premier emploi. Cela oblige l'école à poser la question de la professionnalisation dans des termes nécessairement différents de ceux l'entreprise qui a, elle, un problème spécifique de recrutement. Il y a inévitablement un écart entre les raisons d'être de l'école et celles de l'entreprise. Toute la question est alors de tisser des relations entre les deux, mais pas d'imaginer que l'un puisse s'adapter à l'autre. Il faut donc accepter que la question de l'accès à l'emploi reste un problème pour les scolaires ; un problème à traiter mais pas à résoudre, car il dépend avant tout de l'état du marché du travail et des politiques des entreprises.

Dans l'évolution du système éducatif des deux dernières décennies, un fort mouvement de professionnalisation des études s'est ainsi développé aux divers niveaux, du CAP au master, et les enseignants y ont contribué.

Pour rester sur cette question des relations entre l'école et l'emploi, la thématique de la société de la connaissance conduit sans doute, si l'on veut bien la prendre au sérieux, à interroger la façon dont l'école doit préparer les personnes à s'inscrire dans une société qui change profondément. C'est un enjeu à la fois social, économique et politique. Et l'on peut faire l'hypothèse qu'un certain nombre de qualités, de connaissances, de compétences, sont nécessaires et assez similaires pour devenir un homme, une femme appartenant à la société et occupant un emploi : c'est le cas, par exemple, de la maîtrise du langage, de la capacité de faire face aux situations, des capacités relationnelles. Il est donc envisageable de ne pas opposer radicalement la fonction socialisatrice, au sens général du terme, de l'école et sa fonction de socialisation professionnelle.

MR Mais pensez-vous que cela est mis en oeuvre dans l'école ? Quand on interroge des étudiants, on n'a pas l'impression qu'ils reçoivent un enseignement où l'on développe ces compétences ou ces capacités que vous venez d'évoquer. Je ne suis pas sûre que cela soit pris en compte au lycée ; quant au collège, n'en parlons pas...

JR Le Céreq a, depuis sa création, un rôle d'expertise dans ce que l'on appelle les commissions professionnelles consultatives, les CPC, qui sont donc chargées de la construction de la carte des diplômes de l'enseignement professionnel. C'est un système paritaire de consultation qui aboutit à la construction de référentiels d'emplois et de compétences. Une grande partie de nos études a pour rôle de souligner les transformations du travail et de l'emploi et la diversité des situations d'une branche à l'autre. Cela est plus ou moins pris en compte, bien sûr, mais le système d'enseignement français a montré une capacité d'adaptation beaucoup plus forte qu'on ne le dit généralement. On déplore souvent le nombre excessif de CAP et de BEP, mais on oublie de dire que ces spécialités diminuent beaucoup depuis plusieurs décennies et que la spécialisation est beaucoup moins forte au niveau du CAP-BEP qu'au niveau du supérieur. L'adaptation est sans doute insuffisante, mais c'est compliqué, parce que le système d'emploi n'est pas en mesure d'exprimer des besoins précis et les situations sont très hétérogènes et évolutives, les mobilités très fortes.

MR Pourquoi les entreprises se plaignent-elles tout le temps, par médias interposés, que l'école ne leur fournit pas les employés qu'elles voudraient ? Cela fait-il partie de la plainte des corporations ou est-ce une réalité?

JR C'est une réalité partielle. Il y a, en effet, quelques secteurs d'activité pour lesquels il n'est pas aisé de trouver des personnels et surtout de les garder. Une chose est de recruter, une autre est de stabiliser les personnes. Les secteurs qui se plaignent sont des secteurs qui ont aussi de la peine à stabiliser leur main-d'oeuvre parce que les conditions d'emploi ne sont pas extrêmement satisfaisantes pour les jeunes, parce qu'il n'y a pas de perspectives de promotion, parce que la rémunération et les conditions de travail ne sont pas très favorables.

MR Quels sont ces secteurs?

JR Par exemple le transport, certains aspects du bâtiment, de l'hôtellerie-restauration. L'erreur est ensuite de généraliser le discours, et de dire que l'on ne trouve pas les jeunes que l'on souhaite, ce qui n'est absolument pas le cas. La durée d'accès à l'emploi des jeunes est globalement rapide et plus courte que la durée moyenne.

MR C'est-à-dire?

JR En moyenne, en trois, quatre mois, les débutants ont trouvé un emploi. Le problème est qu'ils ne le gardent pas, c'est-à-dire qu'ils connaissent plus que les autres la précarité, parce que les nouveaux entrants sont les premiers à devoir s'adapter aux nouvelles formes d'emploi. Le vrai problème c'est la stabilisation des débutants, pas leur recrutement. Et, bien sûr, c'est encore plus difficile pour ceux qui sortent de l'école sans une formation suffisante.

MR Ce que vous évoquez, c'est le problème qui a occupé la rue avec le CPE.

JR Bien sûr. Ce conflit social s'est cristallisé sur des questions d'emploi et non de formation. Et les travaux du Céreq permettent d'éclairer cette situation, notamment grâce aux enquêtes Génération qui permettent de suivre les sortants sur un certain nombre d'années (trois ans, cinq ans, sept ans et bientôt dix ans). On a ainsi publié un ouvrage sur la Génération 2001, un autre est en préparation sur les débuts de carrière de la Génération 1998. On peut ainsi repérer des types de trajectoires. Ce qui nous frappe, c'est que celle dite d'"accès rapide et durable à l'emploi" représente les deux tiers des sortants du système éducatif. Symétriquement, 15 % connaissent une trajectoire dite de "décrochage durable de l'emploi". Un des points qui caractérise l'insertion aujourd'hui est donc sa grande diversité, une sorte de polarisation entre une majorité de jeunes qui n'ont pas de difficultés notoires et une minorité qui en connaissent de réelles. Ce n'est pas par hasard qu'ils réagissent contre le CPE : ils pressentent qu'on leur propose en fait une dégradation de leur situation actuelle. Ainsi, lors du premier emploi, les deux tiers ont des statuts incertains (CDD, intérim, stages) et 36 % seulement sont d'emblée en CDI. Mais la situation s'améliore beaucoup au cours des trois premières années, puisque, à l'issue de cette période, les deux tiers sont en CDI. Voilà une deuxième caractéristique essentielle de l'insertion : son aspect dynamique et la tendance progressive à la stabilisation.

Le problème est donc celui des toutes premières années de vie active, et particulièrement pour certains d'entre eux qui restent effectivement en panne.

Enfin, le facteur premier de différenciation des trajectoires est lié au niveau de formation initiale, et l'on observe cela depuis plusieurs années. Ainsi, les sortants de niveau VI sans diplôme et sans qualification, ou de niveau V bis, des scolaires ayant fait une seule année de filière professionnelle sans aboutir à un diplôme, ont de mauvaises conditions d'insertion aussi bien en termes de risques de chômage, de risques de précarité, que de niveau de rémunération. Inversement, les sortants de l'enseignement supérieur ont globalement de meilleures conditions d'insertion, sauf ceux qui sortent sans diplômes.

MR C'est une question peut-être superflue, mais ce niveau de qualification est-il corrélé au niveau social?

JR Oui. Il est certain que les populations qui sortent du système éducatif sans diplôme et à un niveau bas cumulent des difficultés scolaires et des difficultés sociales. Une série d'indices l'attestent : ils ont redoublé très tôt, ou appartiennent à des familles en difficulté.

MR Peut-on établir un rapport avec l'origine immigrée?

JR On a des informations à travers le pays d'origine des parents ; nous introduisons dans nos enquêtes des questions plus subjectives, sur le sentiment de discrimination. Il est vrai que c'est un problème. Un de nos derniers Bref traite ce sujet. On constate ainsi que ces populations en difficultés scolaire et sociale à la fois ont des situations objectives problématiques et le vivent subjectivement.

MR Vous décrivez à grands traits un paysage très contrasté, avec ces 15 % de jeunes gravement en échec. Est-ce que cela correspond à ces fameux 150 000 ou 60 000 jeunes - on ne sait jamais quel est le nombre exact - ?

JR Les deux chiffres sont corrects. Le second, les 60 000, correspond aux sortants de niveaux VI et V bis - rappelons tout de même que ce chiffre a énormément baissé au cours des années 1970-1980, mais qu'il s'est stabilisé depuis une dizaine d'années.

MR On n'arrive pas à résorber...

JR Il y a là un vrai problème, comme si l'on avait atteint un seuil. À cela on peut ensuite ajouter à peu près 100 000 jeunes qui sortent du système éducatif sans diplôme, cela à tous les niveaux : ils peuvent avoir enclenché une formation professionnelle, donc ce n'est pas rien, mais ils vont se distinguer des autres dans les conditions d'insertion, et le fait de ne pas avoir de diplôme sera un inconvénient. L'influence positive de la formation initiale sur l'insertion combine en effet plusieurs effets. Ainsi, les performances d'insertion sont meilleures pour ceux qui ont suivi des formations industrielles par rapport aux sortants des filières tertiaires, meilleures pour les diplômés par rapport aux non-diplômés et meilleures pour ceux qui ont eu un cursus professionnel plutôt que général. Ces variables se combinent pour expliquer les différences d'insertion, mais elles ne sont pas les seules ; jouent également des variables sociales qui conduisent à une concentration, notamment géographique, des difficultés. Cette population d'emblée en difficulté subit en plus des phénomènes de concentration.

MR C'est une territorialisation de la précarité?

JR Oui, et c'est un effet des politiques urbaines et sociales. Mais il faut faire attention. Quand on dit aujourd'hui 1 jeune sur 4 est au chômage, c'est faux ! Le taux de chômage est certes de 25 %, mais celui-ci se calcule au regard des actifs et non de l'ensemble des jeunes, ce qui ne tient pas compte de l'importance de la scolarisation. En fait, la part de chômage est inférieure à 10 %. Toutefois, ces valeurs sont très supérieures dans certaines couches de population et dans certains lieux, ce qui génère les difficultés que l'on connaît.

MR Mais quelle issue ? Parce que c'est devenu chronique... On ne peut pas dire que les gouvernements successifs n'essaient pas de régler la question.

JR Nos enquêtes montrent d'abord l'importance de la conjoncture sur la situation d'insertion des jeunes. Dès que la situation économique va mieux, les débutants vont mieux et ceux dont on dit qu'ils n'ont pas les qualités requises sont alors recrutés. Un des éléments essentiels est donc la croissance économique et la création d'emplois. La politique économique prime sur la politique de la jeunesse, d'autant que cette dernière est une catégorie très hétérogène. Vient ensuite une seconde variable, le mode de fonctionnement du marché du travail. Pour faire image, celui-ci fonctionne comme une série de files d'attente juxtaposées : effectivement, ceux qui ont de moindres chances se retrouvent systématiquement en bout de file, et bénéficieront plus tardivement et moins que les autres de la relance économique. Enfin, il y a des variables plus spécifiques qui expliquent la situation difficile de certains jeunes et qui exigent un traitement spécifique. C'est compliqué, coûteux, producteur d'effets relatifs mais nécessaire. Nos travaux poussent plutôt à imaginer des politiques ciblées que des politiques générales. Il y a en effet des jeunes qui arrivent avec insuffisamment de ressources scolaires et qui ont besoin d'un accompagnement spécifique. C'est l'objectif des dispositifs d'alternance, des stages, des actions d'accompagnement, de resocialisation, enfin tout un ensemble d'éléments que pratiquent les missions locales par exemple. Ça ne marche pas à tous les coups... Mais les politiques générales créent tout de suite des biais et ce ne sont pas toujours ceux qui en ont besoin qui en bénéficient.

MR C'est toujours les extrêmes qui sont problématiques. Mais les gamins qui sortent à 16 ans ou même avant et qui se retrouvent dehors, ils ne vont pas à la mission locale ceux-là, ils ne savent même pas que cela existe, et puis ils sont mineurs. Il doit y en avoir quelques milliers en dehors sans rien du tout, non?

JR Oui, sans doute, et les missions locales le constatent elles-mêmes. Ce serait intéressant d'ailleurs de les interroger là-dessus. Au cours des deux dernières décennies, les missions locales signalent qu'elles ont de moins en moins de temps pour s'occuper des questions d'emploi, parce qu'il y a tellement d'autres questions : de santé de logement, de vie sociale... Mais j'insiste quand même sur le fait que la norme aujourd'hui n'est pas celle-là.

MR C'est important de rétablir une juste vision. Mais ce que vous présentez montre qu'il y a une séparation plus grande peut-être entre ceux qui y arrivent, qui ont un parcours à peu près fluide, et les autres. Quand on dit qu'il existe des jeunesses, ce n'est pas un vain mot, et cela crée des tensions très violentes. Vous avez parlé de la société de la connaissance, est-ce qu'il n'y aurait pas quelque chose à trouver qui permettrait à ces jeunes-là, avant 18 ans par exemple, de faire la liaison, avec soit un retour à la formation, soit un accès à l'emploi ; et dans des conditions de sécurité, pour une continuité éducative?

JR On dispose également au Céreq d'un certain nombre de travaux sur la formation continue. On exploite d'autres sources que les enquêtes Génération, en particulier ce que l'on appelle les formulaires 24-83, que les entreprises remplissent annuellement. D'ailleurs, une partie de nos travaux ont fortement inspiré les débats entre les partenaires sociaux pour la loi sur la formation continue en 2004. Le diagnostic n'était pas très positif : on constatait en effet que la formation allait aux formés et que, au cours de la dernière décennie, les entreprises avaient plutôt moins investi dans la formation qu'elles ne le faisaient auparavant. On est ainsi dans une situation contradictoire : il y a un besoin affirmé d'une montée du niveau des qualifications, de diffusion de la formation tout au long de la vie, de diffusion de connaissances à l'ensemble de la population, et puis une réalité, le fait que la formation continue ne joue pas du tout le rôle de la deuxième chance.

MR C'est un enjeu politique au sens noble du terme, car, si l'on n'arrive pas à réconcilier les jeunes avec le reste de la société en leur montrant qu'ils sont inclus, il va être difficile de continuer à vivre en paix.

JR Depuis trente ans, on a eu des politiques publiques importantes, il y a eu des dispositifs qui ont mis l'accent sur l'accompagnement, l'accueil, la formation des moins qualifiés (depuis le plan consacré en 1982 aux jeunes de 16 à 18 ans sans qualification jusqu'aux dispositifs Trace2). C'est difficile, ceux qui travaillent dans ce domaine le savent bien, mais ce sont des pistes intéressantes à explorer. Tout ce qui favorise la relation avec les entreprises, les stages, l'apprentissage, est important à développer. En tendance, il y a en effet un avantage pour les personnes qui ont suivi des filières professionnelles ou qui ont fait des stages au sens réel du terme. Les sortant avec un CAP ou un BEP acquis en apprentissage ont plutôt des conditions d'insertion meilleures ; c'est moins net pour l'enseignement supérieur.

MR La question de l'apprentissage pose un problème : on a le sentiment, et je ne sais pas comment on pourrait résoudre ce problème, que part en apprentissage une certaine catégorie de la population qui s'oriente dans des branches professionnelles moins valorisées, moins valorisantes.

JR On le sait depuis des décennies, il y a au moins deux formes d'apprentissage. Il y a des situations dans lesquelles, effectivement, l'apprenti est là pour apprendre un métier - et il sera souvent recruté par son maître d'apprentissage. Et puis il y a un deuxième cas de figure, dans lequel l'apprenti n'est qu'une forme de salarié précaire et peu coûteux - ce qui ne produit évidemment pas les mêmes effets en termes d'insertion.

Deux parutions récentes de notre lettre d'information portent sur ce sujet. L'une évoque l'existence de trois univers d'apprentissage complètement différents : l'apprentissage traditionnel, encore inscrit dans une logique du métier, l'apprentissage dans les secteurs du bâtiment ou de la mécanique automobile, à visée professionnelle, enfin l'apprentissage du supérieur, dont on parle beaucoup ces dernières années, parce que c'est une nouveauté et que la forte montée du nombre d'apprentis en France lui est directement imputable. La difficulté aujourd'hui vient de l'éparpillement de ces situations, ce qui rend difficile la tenue d'un discours général sur l'apprentissage. Il en va de même pour les CAP et les BEP. Certains disent que ces diplômes sont finis car ils ne permettent pas d'accéder au marché du travail.

En fait, quand on regarde d'un peu près les résultats de nos enquêtes, on s'aperçoit qu'il y a des familles d'emplois très diverses à cet égard. On a par exemple des types d'emplois dans lesquels le CAP et le BEP continuent à jouer leur rôle : c'est le cas des professions réglementées, de la coiffure par exemple, ou des aides-soignantes, où le niveau CAP a du sens.

Dans d'autres cas au contraire, dans le domaine de la comptabilité par exemple, il n'y a plus de recrutements au niveau CAP. L'hétérogénéité des situations est importante et on ne la met pas assez en évidence. De même, on parle de la jeunesse en général, alors qu'on devrait parler de l'ancienneté.

Ce qui compte, c'est l'ancienneté sur le marché du travail, ce n'est pas l'âge. Il y a plus de ressemblance entre des débutants, qu'ils aient 16 ans ou 24 ans, qu'ils sortent du supérieur ou du secondaire, qu'entre des gens qui ont le même âge. Les débutants ont en effet des problèmes spécifiques, certes moins graves quand il s'agit de sortants de masters que lorsqu'il s'agit de sortants de CAP.?

Les politiques publiques doivent donc d'abord agir sur les premières années de vie active et sur les populations les plus en difficulté.

(1) Centre d'études et de recherches sur les qualifications ; pôle public d'expertise au service des acteurs de la formation et de l'emploi.

(2) Le programme Trace (Trajet d'accès à l'emploi) s'adresse aux jeunes de 16 à moins de 26 ans, de niveau VI et V bis, et en particulier aux jeunes issus des quartiers relevant de la politique de la ville et des zones de revitalisation rurale. Il a pour ambition de répondre aux difficultés et aux attentes des jeunes les plus éloignés de l'emploi par un accompagnement personnalisé et renforcé permettant la construction d'un parcours d'insertion individualisé sur une période pouvant durer dix-huit mois qui alterne des mesures d'emploi et des mesures de formation.

Diversité, n°146, page 131 (09/2006)

Diversité - interview : José Rose