Le réseau Canopé Le portail educ-revues
 
Diversité

III. Points de vue d'Europe

Autriche : "Learning for Precarity", les jeunes immigrants défavorisés

Diana REINERS, doctorante en anthropologie (Mag. phil.), université de Graz, Académie autrichienne des sciences, Vienne. diana.reiners@gmail.com

Quelques résultats d'un projet de recherche de l'académie des sciences autrichienne1 où sont analysées les incidences de la transformation de la société salariale sur les réalités de la vie quotidienne de jeunes défavorisés entre 16 et 25 ans. L'accent est mis sur les jeunes immigrants en rupture de formation ou faiblement qualifiés qui sont particulièrement touchés par les évolutions actuelles.

Nous nous sommes posé la question de savoir comment les manières de gérer l'expérience de la précarité conduisaient les jeunes à une reproduction ou à une consolidation de leur condition sociale structurelle de marginalisés. Ce qui apparaît comme une biographie "à risques" ou "par défaut d'intégration" attribuée à de présumés conflits ethniques résulte en fait de structures sociales d'exclusion et de la crise de la reproduction sociale. Les adolescents issus de l'immigration sont particulièrement menacés par des inégalités structurelles : le risque de pauvreté et de chômage qui pèse sur eux se situe clairement au-dessus de la moyenne, ils sont moins diplômés et disposent en conséquence de moindres revenus. La faiblesse de revenus conduit à une concentration des immigrants dans des quartiers défavorisés où la qualité de la vie et les infrastructures sont médiocres. La position sociale inférieure qui est attribuée aux immigrés par la dévalorisation de leur capital symbolique et culturel est le résultat d'un ethnocentrisme fondamentalement inscrit dans les États-nations. Cet ethnocentrisme, qui produit la condition marginalisée des "étrangers", ressort ensuite dans les discours populaires comme une mauvaise adaptation et une défaillance d'intégration de la part des immigrés.

LA PRECARITE DES JEUNES COMME CRISE DE LA REPRODUCTION SOCIALE

Olivier Galland a introduit dès 1984 le sujet "Jeunesse - précarité et entrées dans la vie". Le passage à l'âge adulte est de plus en plus indéterminé et les modalités de ce passage ont évolué. Ces changements sont le reflet d'une mutation sociale profonde. La radicalisation de ce développement, où les formes d'emploi "atypiques" des jeunes entrant sur le marché du travail semblent devenir typiques, approfondit le fossé entre le monde des adultes et la jeunesse contemporaine. Bien que les analyses sur la précarité des jeunes restent marginales dans la littérature scientifique, ces jeunes générations sont le plus fortement affectées par les transformations rapides du "nouvel esprit du capitalisme".

En Autriche, la transformation structurelle de la société salariale de l'ère industrielle vers la société tertiarisée contemporaine, accompagnée d'un taux de chômage croissant, a été entamée, avec quelques années de retard par rapport à d'autres pays européens, à partir de la fin des années 80. Une des raisons principales en est, qu'avant l'intégration de l'Autriche au marché unique européen (1994/1995), le secteur tertiaire et une grande partie de l'industrie étatique étaient largement protégés de la concurrence internationale. Les importantes transformations économiques que connaissent tous les pays post-industriels, dont le chômage de masse est la forme la plus visible, ont introduit la fragilisation du salariat.

Depuis la dernière décennie, l'on remarque cependant une tendance très nette à la hausse des formes d'emploi dits atypiques (contrats à temps partiel, contrats à durée déterminée, employés free lance, indépendants, employés sur projets, etc.). Les nouvelles formes de pseudo-indépendance (neue Selbständige, freie Dienstnehmer et Werkvertragsnehmerinnen) exposent tout particulièrement à la précarité les acteurs sociaux concernés. Ces nouvelles formes de travail répercutent les risques de la fluctuation conjoncturelle de la situation des commandes des entreprises aux employés semi-indépendants et créent une "zone grise" entre dépendance et indépendance, avec des heures de travail flexibilisées, des salaires fortement instables et insécurisés.

En Autriche, les 15 - 25 ans sont le plus fortement surreprésentés dans les emplois atypiques et le chômage : ils représentent 71 % des travailleurs intérimaires, un tiers de l'ensemble des employés free lance et un tiers des contrats à durée déterminée.

Rifkin (1995) a montré que le chômage de masse et l'augmentation de la précarisation des contrats de travail n'est pas la conséquence de la récession économique ou d'une crise de l'emploi, mais qu'ils sont, au contraire, dus à un découplage de la productivité et du volume de l'emploi dans un management économique exploitant le mieux possible la "ressource humaine" par un régime de stress et d'insécurité.

Avec la précarité et l'insécurité du travail, le risque d'une "vulnérabilité des masses" (Castel 1995), conjuré par les protections sociales et la reconnaissance du travail salarié comme statut social pendant les Trente Glorieuses, est de retour. L'analyse de Castel dépeint la nouvelle situation sociale de parties grandissantes de la population menacées par la vulnérabilité jusqu'à la désaffiliation comme une question où il en va de la cohésion d'une société.

La dévalorisation des diplômes a des implications particulièrement graves pour les jeunes générations. Bien que celles-ci soient en moyenne plus hautement dotées de capital scolaire que toutes les générations précédentes, leurs diplômes ne peuvent dorénavant plus être aussi facilement valorisés sur le marché du travail. L'inflation des diplômes produit un décalage entre les aspirations que les jeunes attachent à la valeur potentielle de leurs titres scolaires - dans lesquels ils ont investi - et les chances de valorisation espérées et imaginées sur le marché du travail comme dans l'espace social. Et cette inflation considérable contribue encore à accentuer le sentiment de crise et d'attentes sociales déçues chez les jeunes.

La précarité du statut social et de la reconnaissance de sa situation, caractéristique de la jeunesse, conduit à une situation de "salle d'attente pour départ incertain", un dispositif de prolongation d'un moratoire paradoxal dit passager, mais en réalité sans issue sur le marché du travail. La précarité économique et sociale renforce d'un côté la dépendance vis-à-vis de la famille d'origine (qui implique souvent un manque d'indépendance spatiale) ou des institutions sociales de l'État, ce qui accentue le contrôle et entrave les marges de manoeuvre. D'un autre côté, le manque de reconnaissance du statut d'inactif entraîne une précarité symbolique.

DISCRIMINATION STRUCTURELLE DES IMMIGRANTS

L'intégration des immigrés est entravée par de nombreux obstacles politiques, législatifs et sociaux institutionnalisant un statut inégal par rapport aux nationaux. En Autriche, la discrimination législative touche principalement les domaines à travers lesquels la reconnaissance et l'ascension sociale, et par conséquence l'intégration culturelle, peuvent être atteintes - notamment le droit au travail. L'autorisation de travail n'est pas délivrée aux émigrants eux-mêmes, en leurs noms propres, mais à l'employeur, ce qui conduit à une relation de dépendance extrême. De plus, cet état de faits crée un obstacle massif à la mobilité à l'extérieur de l'entreprise, puisque les salariés étrangers ne peuvent pas quitter l'entreprise (pas d'autorisation de travail) alors que les entreprises, elles, peuvent se débarrasser facilement de la main d'oeuvre étrangère.

Les immigrants (et leurs descendants) sont particulièrement touchés par les formes précaires de l'emploi. Ainsi, le nombre d'immigrants travaillant comme manoeuvres ou intérimaires se situe au-dessus de la moyenne, parce que les qualifications acquises à l'étranger ne sont souvent pas reconnues et que l'accès à des emplois qualifiés est bloqué. En conséquence, les ménages étrangers ne disposent que de 58 % du salaire moyen des ménages autrichiens. Les immigrants ont un risque de pauvreté double de celui des nationaux (28 % par rapport à 13 %). Et 18 % des immigrants sont manifestement pauvres, alors que parmi les Autrichiens, ce nombre n'est "que" de 6 %.

Des barrières politiques - comme la préférence nationale ou celle accordée à des personnes issues de l'Union européenne lors de l'attribution des places d'apprentissage - mènent à une sous représentation des immigrants dans les professions des classes moyennes. En conséquence, la ségrégation sur le marché du travail et l'accès compliqué aux couvertures sociales (comme il est lié aux contrats de travail classiques) exposent les immigrants à une précarisation de leurs conditions de vie, au dumping salarial et à des formes de travail non légalisées.

Les travailleurs immigrés remplissent donc les critères du salarié type des discours néolibéraux (faible coût, flexibilité, capacité d'adaptation), puisque la mise entre parenthèses, lors d'une perte de l'emploi, de leurs droits vitaux les expose à la dépendance totale vis-à-vis des conditions imposées par le patronat.

La discrimination de la génération des primo-arrivants se poursuit par l'entravement de la mobilité verticale de la prochaine génération : contrairement à d'autres pays européens, en Autriche, la deuxième génération ne peut que rarement s'élever au-dessus de la position sociale défavorisée de la génération de leurs parents.2

La concentration d'enfants allochtones et allophones dans certaines écoles primaires dans des quartiers défavorisés et les filières déclassées du secondaire a de graves répercussions sur l'orientation scolaire et professionnelle des jeunes. Le corps enseignant est dépassé pour transmettre une base solide en allemand tout en gardant un niveau élevé d'enseignement, qui, lui, dépend des connaissances de la langue véhiculaire. Il en résulte un succès scolaire faible des immigrants - même de ceux de la deuxième génération. Par ces discriminations structurelles, les jeunes immigrés sont le plus frappés par la concurrence sur le marché du travail et par le refoulement hors de la sphère productive des populations les moins qualifiées.

EXPERIENCES DE LA PRECARITE

Cependant, l'expérience du chômage s'avère souvent d'autant plus douloureuse pour les jeunes issus de l'immigration que les attentes d'une ascension sociale et économique ne sont dorénavant plus réalisables. Le travail et les valeurs, surtout masculines, qui lui sont attribuées représentent un élément clé de l'identité habituellement ancrée dans l'expérience collective des travailleurs étrangers (Gastarbeiter) - phénomène qui a dominé l'immigration en Allemagne et en Autriche jusqu'au début des années 90. Face à ces normes et attentes intériorisées, le chômage est vécu comme échec et défaillance individuels et marqué d'un sentiments de honte. Cette forte pression au succès expose les jeunes défavorisés encore davantage à l'exploitation, puisque, afin d'échapper à la honte sociale, ils cherchent à remplir davantage les exigences normatives.

Pour les jeunes (immigrés) issus des milieux les plus défavorisés, dont les générations aînées ont déjà été marquées par des expériences multiples de précarité, d'emplois changeants et instables ou de migration répétées, cet habitus de l'orientation vers le travail comme structure identitaire de la migration est rompu. Quand les deuxièmes "générations dupées" se rendent compte de leur marginalisation structurelle, elles portent souvent leur seul intérêt vers le succès monétaire momentané. Les tendances anomiques qui résultent de la marginalisation sociétale des "surnuméraires" sont de plus en plus visibles.

DES STRATEGIES PARADOXALES : "LEARNING FOR PRECARITY"

L'expérience ressentie d'échangeabilité et d'aléas peut conduire à des comportements à risques face au clivage radical entre l'importance du succès monétaire et les chances de participation. Ces chances désormais décroissantes peuvent être retracées à travers les stratégies (qui sont à peu près toutes des stratégies à risques) des jeunes avec lesquels nous avons travaillé3. Un exemple particulièrement saillant est celui d'un groupe de jeunes joueurs aux machines à sous, qui envisagent les jeux de hasard comme une façon comme une autre de gagner de l'argent pour maîtriser leurs problèmes financiers liés à l'absence d'un salaire régulier.

La machine à sous devient le symbole d'une économie devenue aléatoire. Dans une société dont la structure économique est de moins en moins définie par l'industrie et la production mais plutôt par des chemins moins tangibles comme le contrôle de services, de moyens de communication et de flux de capitaux, la spéculation devient une des stratégies de marché les plus importantes. Elle entre dans les pratiques quotidiennes : après la faillite du capitalisme rhénan, la maison d'enchères ou la machine à sous deviennent l'emblème du nouveau capitalisme radicalisé.

Messner et Rosenfeld (1994) ont montré le rapport entre déviance, individualisme structurel et orientation monétaire aux États-Unis, qui prend également de plus en plus d'ampleur dans les sociétés européennes. Si la responsabilité de la réussite ou de la faillite sociale et économique est individualisée, mais que l'ascension sociale reste limitée à une minorité de jeunes dotés en capitaux, les stratégies déviantes présentent alors des options d'action prometteuses pour une partie grandissante de jeunes sans perspectives.

Les récits des jeunes sur leurs expériences font apparaître des dimensions inattendues de la précarité. Les réalités de vie et les conditions de travail des jeunes défavorisés changent avec une rapidité vertigineuse - souvent, les jeunes avec qui nous avions travaillé avaient changé d'emploi en l'espace de quelques semaines entre deux entretiens. La perte de stabilité de ces histoires de vies en dérive trouve sa correspondance dans un attachement extrême au moment présent et une spontanéité face à l'écoulement du temps qui rendaient impossible une planification au-delà d'un jour.

Le prolongement d'un moratoire "d'insertion" signifie un prolongement de l'absence de reconnaissance sociale et positionnelle. Ainsi, l'expérience de la précarité multiforme et l'érosion de la reconnaissance ont des implications lourdes sur leurs identités sociales. Les conditions de la socialisation intergénérationnelle vers des orientations spécifiques du milieu se sont fondamentalement transformées.

LA CRISE DE LA REPRODUCTION SOCIALE ET DE LA "JUSTICE ENTRE LES GENERATIONS"

Les normes sociétales sont remises en cause par ceux-là mêmes auxquels la société refuse la reconnaissance (Reiners/ Malli/ Reckinger 2006). Ils constituent une sous-population particulièrement exposée aux dangers d'une délinquance plus ou moins grave et chronique.

Les stratégies des jeunes montrent de manière paradoxale que leurs efforts et leur recherche d'alternatives d'action et de gain d'argent les socialisent justement vers les orientations professionnelles précaires, flexibilisées, individualisées et aléatoires. Ainsi, leurs stratégies remplissent de manière sous-jacente les nouvelles normes salariales et le nouvel ordre social hégémonique. Ils présentent les traits d'un nouvel éthos, dans le sens des "micro modifications" dans lesquelles les transformations macro sociétales se reflètent. Face à l'insécurité et à la précarité de l'emploi qui entraînent une érosion du modèle d'intégration sociale développé pendant les Trente Glorieuses, les jeunes se trouvent de plus en plus souvent forcés de recourir à des formes de bricolage biographique continuel face à l'absence de travail salarié. Les processus qui s'inscrivent dans leurs propres stratégies d'action les rendent particulièrement vulnérables, soit en sujets s'autodisciplinant et se soumettant à des normes de performance extrêmes, soit en armée de réserve disqualifiée et, par là-même, obligée d'accepter les formes de travail les plus précarisées.

CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Nos résultats soulignent à quel point les changements néolibéraux du monde du travail affectent les réalités de vie d'adolescents défavorisés. Dans les témoignages et récits de vie des jeunes, les stratégies identitaires bricolées font sens de leurs situations peu propices -?sans toutefois mener à améliorer leur "déprivation" structurelle. Souvent, elles aggravent même leur situation. Les jeunes réinterprètent le rôle de "subissant" en "agissant", par une réinterprétation du chômage en "refus de travailler" au bénéfice des loisirs, par une réinterprétation de l'emploi précaire comme contrat sans obligation ni responsabilité, ou en se lançant dans l'économie parallèle.

Toutes ces stratégies peuvent, d'un côté, être lues comme indiquant l'impossibilité d'un attachement traditionnel des identités culturelles à la vie professionnelle ; de l'autre côté, elles montrent que la construction d'une identité culturelle originale à l'intérieur des structures sociales est la tâche essentielle que les jeunes au seuil de l'âge adulte doivent accomplir.

Les pratiques semblent refléter une socialisation paradoxale à la précarité que l'on peut qualifier en référence à Willis de Learning for precarity. Contrairement aux processus de reproduction des milieux sociaux et des classes par l'action culturelle décrits par Willis par la notion Learning to labour (1977), la socialisation dans une culture de la classe ouvrière (dominée) a fait place à une socialisation vers des positions sociales brouillées - mais la couche émergente du "précariat" ne possède ni culture ni conscience de classe communes.

Les stratégies que les jeunes défavorisés adoptent montrent que les mécanismes des discours néolibéraux s'inscrivent dans la pratique des acteurs sociaux comme techniques personnelles qui reflètent une façon de s'auto-gouverner au coeur de l'"entrepreneurial self" : la réflexion permanente et l'amélioration continue de la propre employabilité, la gestion et la commercialisation des propres ressources, la mise en jeu de logiques du marché capitalistes comme le risque, la spéculation, les affaires (en partie illégales), les jeux de hasard comme alternatives au salariat. Les stratégies, qui sont à la base des tentatives de sortir d'une situation sociale sans issue, ne transcendent pas les structures objectives mais s'inscrivent ainsi paradoxalement dans une logique déqualifiante, comme trajectoires "à risques" résultant d'un statut social de misère. Le retour d'un darwinisme social peu voilé et la norme, de moins en moins euphémisée, d'un survival of the fittest imposent une sorte de démoralisation des règles de jeu du monde social et risquent de pousser les individus les plus touchés par des marginalisations multiples vers la marginalité hors-la-loi.

Références bibliographiques

  • BOLTANSKI L., CHIAPELLO E. (1999) Le nouvel esprit du capitalisme, Paris.
  • BOURDIEU P. et al. (1993) La misère du monde, Paris.
  • BRÖCKLING U., KRASMANN S., LEMKE Th., (dir.) (2000) Gouvernementalität der Gegenwart. Studien zur Ökonomisierung des Sozialen, Frankfurt am Main.
  • CASTEL R. (1995) Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris.
  • CHAUVEL L. (1999) "Classes et générations. L'insuffisance des hypothèses de la théorie de la fin des classes sociales." In: Actuel Marx, 26, 37-52.
  • REINERS D., MALLI G., RECKINGER G. (2006) Bürgerschreck Punk. Lebenswelten einer unerwünschten Randgruppe, Wien.
  • SCHULTHEIS F., VUILLE M. (2007) "Salle d'attente pour départ incertain. Les jeunes face à l'épreuve de la précarité et de la flexibilité". In Vuille, Michel et al. (dir.) Entre flexibilité et précarité: Regards croisés sur la jeunesse, Paris.

Une bibliographie plus complète est disponible sur le site :

http://www.cndp.fr/vei


(1) Malli, Gerlinde/ Reiners, Diana/ Reckinger, Gilles: Müssen nur wollen. Eine kulturwissenschaftliche Bestandaufnahme sozialer Umbrüche in jugendlichen Lebenswelten, projet DOC-Team de l'Académie des Sciences Autrichienne, Vienne, 2005-2008. Le coeur de la recherche empirique est constitué par 60 entretiens qualitatifs compréhensifs (Bourdieu 1993) menés avec 40 adolescents dans la ville de Graz en Autriche. En préparation aux entretiens, nous avons effectué une phase intensive d'observation participante parmi différents groupements informels de jeunes en milieu urbain.

(2) 39  % des jeunes de nationalité étrangère travaillent comme manoeuvres. Seulement 18  % parviennent à atteindre le statut d'employé. En Allemagne, par contre, ils sont 48?% (Volf/ Bauböck 2001, Biffl 2001).

Diversité, n°154, page 163 (06/2008)

Diversité - Autriche : "Learning for Precarity", les jeunes immigrants défavorisés