En classe

Des matinées philosophiques dans un CE2

Nous publions des extraits du travail d'une année d'une enseignante de philosophie intervenante dans une école primaire. Journal de bord ? Témoignage intéressant semaine après semaine, avec ses hauts et ses bas...

DANS UN CE2

Voici en quelques lignes le bilan du premier "goûter philo" avec les enfants de CE2 de votre classe. Tout d'abord une impression très positive ; les enfants sont curieux et perspicaces, je les ai perçus "avides" de questionnement et soucieux de comprendre le monde qui les entoure. Ma seule réserve concerne la durée : au bout de trente minutes, certains avaient du mal à tenir en place ; peut-être faudra-t-il adapter avec souplesse la durée en fonction du thème, du groupe et de l'évolution des séances : 30, 40 ou 50 minutes.

Nous avons d'abord fait un tour de table pour nous présenter ; ensuite, j'ai très brièvement parlé de la philosophie et de son fondateur Socrate - le sens du questionnement -; puis j'ai lu avec eux quelques règles d'or que je leur ai proposées de partager. L'objectif de ces moments n'étant pas de faire avec eux des cours de communication austères et peu animés, mais d'allier le fond et la forme pour orienter les enfants vers les règles du bien-vivre ensemble. Ainsi, chaque règle sera l'occasion d'aborder les grandes thématiques philosophiques : la justice et l'injustice, la violence et la non-violence, la liberté et la dépendance, la guerre et la paix, le bien et le mal...

Cette première rencontre était avant tout une prise de contact, mais nous avons déjà commencé le travail philosophique. Partant de la première règle : "La parole, c'est comme un gâteau, ça se partage", les enfants ont pu visiter la notion de partage en partant de leurs propres représentations - ceci est un principe important, de partir de leurs représentations communes. Ce fut donc l'occasion pour chacun de parler du gâteau d'anniversaire. La question était : comment le partager ? Pour l'un, autant de parts égales que d'invités, pour l'autre le partage n'était pas évident car certains n'aimaient pas le gâteau au chocolat ! Les enfants, en confrontant leurs points de vue, en sont arrivés à l'idée que le partage juste n'est pas chose facile, et que la solution du partage, ce n'est pas forcément "tous pareils" ou "tous la même chose".

À ce moment- là, je les ai ramenés à la première règle - la parole, c'est comme le gâteau, ça se partage -, et j'ai pu y associer la notion de difficulté, avec l'introduction des notions d'effort et de volonté pour arriver progressivement à la notion de respect.

La séance s'achève, je fais un bilan avec les enfants : qu'avons-nous gagné à la réflexion ? La notion de partage sous-jacente à la question de justice, et la notion de difficulté : le partage exige un effort, il est donc contre-nature, aperçu de la distinction nature/culture.

Je relis la première règle et demande : avons-nous, pendant l'échange, partagé la parole ? Certains réalisent alors qu'ils sont enclins à la "coupure de parole". Ce bilan sur la manière dont s'est déroulée l'activité, tant sur la forme - la règle de communication a-t-elle été appliquée ? -, que sur le fond - quelles idées ont été explorées ? -, sera nécessaire à chaque fois, car il permet aux enfants de se distancier eux-mêmes de leurs propos, de leurs émotions et de leurs représentations : c'est à partir de là que peut se former leur esprit critique.

Je demande ensuite aux enfants s'ils sont désireux de poursuivre l'aventure philosophique. Tous acquiescent. Je leur propose ensuite une série de thèmes parmi lesquels ils choisiront le thème de la prochaine séance : la justice et l'injustice.

Je leur propose alors de réfléchir à des exemples de justice et d'injustice, l'essentiel étant de partir de leurs représentations du juste et de l'injuste.

Voilà pour l'essentiel : je pense que les enfants peuvent tirer profit de ce type de travail, si l'on se place dans une certaine durée et régularité. Dans la mesure où le travail philosophique permet de déraciner les pensées toutes faites et les préjugés, c'est un travail qui exige une certaine patience et une certaine lenteur. Maintenant, si vous jugez bon d'adapter à un moment donné le goûter philo à une priorité du moment, voire modifier la forme du débat, voire interrompre l'activité, je reste à votre service.

Voici les "règles d'or" proposées aux enfants :

  1. La parole, c'est comme un gâteau, ça se partage.
  2. J'écoute ce que tu as à me dire avec tout mon coeur et tout mon esprit.
  3. J'attends que tu aies fini de parler avant de prendre la parole à mon tour.
  4. Même si nous ne sommes pas d'accord, nous essayons de nous respecter.
  5. Je ne déforme pas ta parole pour imposer la mienne.
  6. Etre juste, c'est être non-violent, même si on ne pense pas pareil.

Cette liste n'étant ni officielle, ni exhaustive, je vous propose de l'enrichir, voire de la modifier tout au long de l'année. Il serait d'ailleurs intéressant que les enfants, en cours d'année, inscrivent eux-mêmes les règles qu'il auront déterminées, et en proposent des représentations diverses voire insolites (peinture, fabrication d'objet, écriture poétique, musique...) : ce serait l'occasion pour eux de créer un va et vient fécond entre l'image et le concept, autrement dit de revenir à une représentation du sens, non pas la représentation immédiate, commune du début, mais la représentation artistique nourrie du travail conceptuel. Cela leur permettrait de marquer concrètement leur réflexion, c'est-à-dire d'exprimer la distance acquise sur leurs préjugés, et ceci dans le "plaisir de l'expression". Mais c'est tout un programme... et c'est peut-être un peu ambitieux ou prématuré.

Le dernier point à souligner concerne l'appellation de l'activité : ce n'est pas un "goûter philo", d'ailleurs l'horaire ne s'y prête pas. Je propose donc : "Les matinées philosophiques".

DANS LE GROUPE DE CE2, LE MERCREDI 16 NOVEMBRE 2005

C'est le second rendez-vous avec les enfants de CE2 - M., A., E., C., T., C., T., F., K., N. Les enfants avaient choisi la dernière fois le thème de la justice, et avaient comme consigne de réfléchir à un exemple d'injustice. J'ai amené cette fois une boite à injustices et propose à chacun d'écrire sur un bout de papier son exemple. Ces derniers me proposent de l'écrire pour eux sous prétexte qu'ils ne savent pas écrire - ce dont je doute fort. Je refuse gentiment et les encourage à écrire leur idée avec leurs mots. Pendant que le stylo fait le tour de table - je n'en ai prévu qu'un -, les paroles s'échangent. Exercice difficile puisque je demande aux enfants de rester sur deux fronts en même temps. Ils s'y emploient avec une certaine ténacité. J'en profite donc pour explorer à nouveau la première "règle d'or" travaillée la fois précédente. Tous sauf A. qui était absente s'en souviennent : "La parole c'est comme le gâteau, ça se partage. "Que pensent-il de cette règle ? La majorité reconnaît l'avoir intégrée ou du moins l'avoir présente à l'esprit, même si c'est parfois difficile de la respecter. Pour C. cependant, le gâteau, c'est meilleur que la parole. Après un tour de table animé, je leur propose une autre difficulté, réfléchir au sens de la règle : être poli, partager la parole, d'accord, on sait qu'il faut le faire, mais pourquoi ? Là les réponses s'enchaînent toutes plus riches les unes que les autres : c'est "l'attention" qui domine. Progressivement, les enfants glissent d'exemples en notions, de notions en concepts. L'attention permet l'écoute, et l'écoute de l'autre. C'est important d'écouter même quand on n'est pas d'accord, il y a différence entre la vraie écoute et la fausse, la pseudo, le semblant et la vraie.

À ce moment-là, les enfants ont glissé sans que je les y conduise vers la deuxième "règle d'or" : "J'écoute ce que tu as à me dire avec tout mon coeur et tout mon esprit". Je constate alors avec eux - la moitié de la séance s'est déjà écoulée - que leurs échanges sont beaucoup plus réglés que la dernière fois. Ainsi, ils ont commencé à intégrer le souci de partage de la parole. Je le souligne et les en félicite. Je les invite maintenant à explorer la deuxième règle d'échange. Lecture commune. Pendant ce temps, le tour des petits papiers s'achève.

Arrêt sur l'écoute, et le coeur. On écoute d'abord avec ses oreilles, mais on a besoin d'éduquer son coeur pour aller à la rencontre de l'autre. Le coeur, ça fait parler F. qui sort de son silence : "Ce qu'on a dans le coeur qui n'est pas bien, on peut le sortir" Par quoi ? "par les mots", "ma soeur m'énerve et ça me fait mal au coeur"(F.). Pour A., "quand mes petites soeurs se battent, ça me fait mal au coeur... et puis elles me piquent mes jouets... Ça me fait mal d'être l'aînée". Camille lui répond alors "moi c'est l'inverse, ça me fait mal au coeur car maman n'arrive pas à me donner de petite soeur". A partir de là un dialogue "de coeur à coeur s'installe entre A. et C. sur la nécessité ou non d'avoir des frères et soeurs. Je constate que les liens fraternels sont très importants pour eux. Nous revenons alors sur le cas d'A.. "C'est normal que des petites soeurs se disputent, c'est en se confrontant qu'elles peuvent grandir. Et leurs disputes ne sont pas de ta responsabilité. Ce sont les parents qui sont responsables des enfants. "Nous nous arrêtons en chemin sur la notion de grandir. Qu'est-ce que grandir ? A. réalise alors qu'elle aussi a été petite. Toute la culpabilité qui l'habite semble s'évaporer comme rosée au soleil.

Le tour de table des petits papiers est achevé. Ceux-ci pliés sont disposés, anonymes dans la boite à injustices. Naturellement, les enfants vont explorer le "pas juste". "Ma soeur me pique mes jouets, c'est pas juste". "C'est pas juste, ou ça t'embête ?". "C'est pas juste et ça m'embête. "A partir d'exemples spontanés des enfants, je les invite à réfléchir sur la distinction entre "c'est pas juste" et "ça m'embête". Une personne emprisonnée à tort, la discrimination entre les blancs et les noirs, il y a des enfants qui n'ont pas assez à manger pour vivre...". En fait souvent quand on dit "c'est pas juste", on veut dire "ça m'embête".

À ce moment l'analyse s'approfondit chez les enfants, la réflexion se forme : T. s'exclame "Ce qui est pas juste, c'est qu'il y a des pauvres dans le monde". C. enchaîne : "la guerre, c'est pas juste !" T. renchérit : "le tonnerre c'est pas juste !". C. intervient : "Non, ce n'est pas la même chose, là c'est la nature". À cet instant précis, les enfants ont naturellement saisi une intuition du juste ou plutôt de l'injuste. La distinction homme/nature est posée. Je reprends avec eux l'exemple de la guerre. "Par qui la guerre est-elle faite ?". Tous en coeur répondent : "par les hommes". "Alors si la guerre est faite par les hommes et qu'elle est injuste, l'injustice est faite par... les hommes". La guerre naît dans le coeur de l'homme. L'injustice aussi. C. appuie l'argument : "Les blancs sont venus sur la terre des noirs !". J'évoque avec eux la notion de colonisation et d'apartheid. Toujours C. "Et il y a eu les sudistes et les nordistes ! Tout ça c'est des grandes injustices...".

Il ne nous reste que quelques minutes pour lire les petits papiers que nous décidons d'exploiter la prochaine fois. N. qui a évoqué le lien entre la justice et l'amour sera le "romantique" du groupe. Nous évoquerons cette thématique la prochaine fois.

Comme d'habitude nous prenons le temps d'un bilan sur la séance. D'après les enfants, la première règle - le partage de la parole - a été bien appliquée. Pour moi aussi et je les en félicite. D'après eux la deuxième règle ne l'a été que moyennement : "manque d'attention" d'après eux. Je les trouve tout à la fois lucides et sévères sur eux-mêmes. L'ensemble des enfants est satisfait de cet atelier, sauf K. qui est resté un peu en retrait. Je m'adresse à lui, il m'avoue être timide. Je lui réponds que ça n'est pas grave, que moi aussi j'étais une enfant timide, et que je l'aiderai à s'exprimer les prochaines fois. E. quant à elle regrette de n'être pas comme C. "romantique". Cette enfant semble avoir une image assez négative d'elle-même. La prochaine fois nous continuerons donc sur le même thème à partir de "la boite à injustices" remplie par les enfants : "On continue à y réfléchir chez nous ?" demande l'un d'entre eux. J'acquiesce.

Pour moi, c'est un atelier très réussi, les enfants gagnent en méthode et en profondeur. Dans les moments de tension conceptuelle, je suis très peu intervenue. Donc ça pense, dans une ambiance chaleureuse. Un vrai régal !

DANS LE GROUPE DE CE2, LE 30 NOVEMBRE 2005

C'est la suite de l'atelier précédent consacré au thème de la justice. Nous explorons d'abord toutes les représentations du juste et de l'injuste contenues dans la boite à injustices.

Co. : j'ai 6 papiers.
F. : rappel de la règle numéro 1
E. : 2ème règle. Même si ça nous plaît pas, il faut écouter, c'est bien, pas facile.
F. : plein dans le coeur, il faut le ressortir, j'essaye de le faire et ça me fait du bien.
E. : d'avoir écrit dans une boîte, ça fait ressortir le mal et ça fait du bien.
N. : l'amour !
Moi : avez-vous des choses à dire ?
A. : ça me fait du bien de partager ce qui me fait mal dans le coeur.
F. : moi, je sais ce qui me fait du mal.
T. : pas compris.

Retour à la boîte à injustices.

E. : les garçons, ils font les fous.
Moi : est-ce que tu peux t'adresser à eux, E. ?
E. : j'aimerais que vous arrêtiez !
A. : c'est pour nous faire plaisir.
T. : c'était quoi le thème ?
Co. : "juste/pas juste. Pas fini d'en parler de la justice !

L'atmosphère est quelque peu électrique, les enfants, peu concentrés, ont du mal à s'écouter.

Retour à la boîte à injustices. On se concentre. C'est quoi le poète ? Poésies rigolotes, ça fait rêver.

Moi : c'est celui qui donne du beau.
M. : Co. n'aime pas la poésie.

Retour aux représentations et amorce de la distinction "ça m'embête/ c'est pas juste".

E. : c'est différent.
Moi : c'est quoi la différence ?
F. : je sais la différence. Ca m'embête, ça m'énerve. C'est pas juste....
Moi : C'est difficile ?
F. : je le sens et j'arrive pas à l'expliquer.
Moi : voulez-vous aider F. à exprimer les choses ?
Co. : C'est injuste un monsieur en prison, s'il n'a rien fait.
Ca. : "C'est pas juste", tout le monde dit "c'est pas juste". Ca m'embête, ça m'embête à moi et pas aux autres, elle m'a volé mon jouet.

Rappel de la 2ème règle : c'est ça.

A. : quelqu'un fait une bêtise et tout le monde est collé, c'est injuste !
A. : T. a dit à M. : "tu me dois du chocolat parce que t'es noire. C'est injuste, il ne l'a pas respectée".
Moi : Injustice quand il y a différence ? L'injustice, ça concerne tout le monde ? Les hommes ont inventé les "droits de l'homme". La Déclaration universelle des droits de l'homme, tout le monde, dignité et respect.
A. : c'est bien
Un enfant : c'est pas juste la mort ?
T. : c'est obligé qu'on meure.
Moi : vous avez compris.

Bilan de l'atelier : très bien ; "vert" disent-il.

E. : ça ne m'a pas plu.
Co. : j'ai appris des tas de choses. T. renchérit.
Ca. : on a appris des tas de choses.
M. : vert !
Ca. : rouge parce qu'on a coupé la parole.

Pour ma part, cet atelier fut riche et profond, même si l'ordre fit défaut. Les enfants, probablement fatigués, eurent du mal à échanger entre eux, et à accéder aux idées en partant des exemples. Malgré tout, les pensées furent vivantes et le débat animé. Le simple fait que des choses soient verbalisées par les enfants me paraît tout à fait essentiel et bénéfique. Les enfants semblent soulagés après avoir formulé des pensées qu'ils jugent essentielles pour eux. Alors, même si la forme qu'on attend fait défaut, le simple fait que la parole circule librement me paraît chose précieuse. Il me semble cependant que le thème choisi ne devra plus excéder une séance.

Les enfants ont choisi comme thème du prochain atelier : les garçons et les filles.

DANS LE GROUPE DE CE2, LE MERCREDI 11 JANVIER 2006

Nouvel atelier avec le groupe dynamique et fort joyeux des CE2 composé de M., A., E., Co., Ca., F., T., K., N.. T. est absent aujourd'hui.

Rappel des règles et inauguration de nouvelles : Règle 3 : J'attends que tu aies fini de parler avant de prendre la parole à mon tour. Règle 4 : Même si nous ne sommes pas d'accord, nous essayons de nous respecter. Règle 5 : Je ne déforme pas ta parole pour imposer la mienne. Arrêt sur celle-ci : que signifie-t-elle ? Déformer ? M. et Ca. s'interrogent. Que fait-on lorsqu'on déforme un objet ? On le transforme. C'est le sens propre du mot. Au sens figuré ? E. a trouvé : déformer une parole c'est changer la parole. Oui, lui donner un autre sens. Ainsi si l'on déforme la parole de quelqu'un, on lui donne une autre intention et un autre sens. On fait souvent ça ? Oui répondent-ils en choeur, même sans s'en rendre compte. Il est donc bien important d'écouter ce que l'autre a à nous dire. K. reste interloqué. Je prends un exemple : imagine K. que je te gronde et que je te dise : K., tu n'es pas sage. Toi en y repensant tu diras : elle m'a dit que j'étais vraiment insupportable ! Alors, tu auras déformé ma parole.

Après cet intermède, nous attaquons le thème choisi : les filles et les garçons.

N. le poète : je trouve que c'est pas normal que les hommes avec leur zézette ils peuvent faire des bébés avec une seule femme et pas les femmes elles peuvent faire des bébés avec plusieurs hommes.

Nous ne comprenons pas bien la pensée de N.. Il y est question des graines....non dit Ca. on appelle ça des spermatozoïdes. E. renchérit sur les ovules. Nouveau mot : la fécondation. A. : j'ai un livre sur la fécondation et l'amour.

Il raconte : être amoureux, c'est être hypnotisé, être malade... Je sais tomber à vélo mais pas tomber amoureux. Sur ce A. mime, se lève et mime le sentiment amoureux. Il semble que pour chacun, sans nul doute, la procréation soit nécessairement liée à l'amour, au sentiment amoureux.

Moi : c'est quoi tomber amoureux ?
N. : C'est aimer quelqu'un.
F. : Moi je suis amoureux de Ca. Rires.
Moi : pourquoi cela vous fait-il rire ?
Un enfant : parce que Ca. n'a pas envie.
Co. : Au début non, tu n'es pas amoureux et puis après tu ne peux pas résister.
Moi : Alors l'amour, ça n'est pas le coup de foudre ?
Un enfant : C'est quoi le coup de foudre ? A. notre comédienne se lève et va mimer le coup de foudre.
M. : C'est quand ils se séparent.
E. : Moi je connais l'histoire de papa et maman. Papa est tombé amoureux. Au début maman n'était pas amoureuse.

Agitations. Rappel de la règle 4 pour T. et F. qui n'écoutent plus les autres.

N. (notre poète) : Moi, je suis tombé amoureux de trois filles.
Moi : trois en même temps ?
N. : non quand même !
Co. : Faudrait juste en choisir une.
Moi : en France peut-on se marier avec plusieurs personnes à la fois ?
Un enfant : Oui si on divorce.
Moi : donc pas à la fois. Définition de la polygamie.
Moi : Pourquoi n'a-t-on pas le droit ?
Débat sur la fidélité. Distinction polygamie et adultère (sans le mot)
N. : C'est comme Genièvre et Lancelot. Elle est la femme du roi Arthur, mais elle aime Lancelot.

Débat sur le mariage : distinction posée entre le mariage civil et le mariage religieux. L'obligation du mariage civil avant le mariage religieux semble être inconnue par les enfants. De plus ils identifient le mariage religieux au mariage "à l'église" et semblent ignorer l'existence d'autres mariages religieux (juif, protestant, musulman, bouddhiste....)

Débat sur les homosexuels : Comment font-ils des bébés ? Demande un enfant ? Question du mariage et de l'adoption. D'après les enfants, les homosexuels devraient pouvoir se marier et adopter des enfants. D'après Ca., comme en Angleterre.

Bilan de l'atelier par les enfants et moi-même : de nombreuses questions de société abordées : amour, mariage, adoption, homosexualité, le tout dans un climat d'échange, d'écoute et de joie. Le temps nous a manqué -l'atelier a duré environ 40 minutes.

Choix du futur thème voté - parmi 6 thèmes proposés- :
A la majorité : mercredi 2 février : "L'amour et l'amitié".
Mercredi 22 février : "Les petits et les grands".
Mercredi 8 mars : "Le courage et la peur".
(...)

Diotime, n°45 (07/2010)

Diotime - Des matinées philosophiques dans un CE2