Editorial

Editorial du n°44

Michel Tozzi

Dans ce numéro

On trouvera dans ce numéro un exemple de la diversité des nouvelles pratiques philosophiques, chère à notre revue.

Dans la cité, le café philo tient depuis 18 ans en France une place qui ne faiblit pas, dans ses dimensions à la fois philosophique, démocratique et conviviale. Nous continuons à explorer la relation profonde entre théâtre et philosophie : ici la philosophie est mise à l'épreuve du théâtre dans une perspective nietzschéenne, comme corps de la pensée. L'instauration d'un véritable programme de philosophie dans la formation des infirmières et infirmiers atteste par ailleurs de la dimension éthique des métiers du soin, et de la vitalité de la réflexion sur la bioéthique : ici la philosophie est à l'épreuve d'une réflexion professionnalisante...

À l'école, nous donnons des exemples de pratiques à des niveaux d'études où la philosophie n'est pas institutionnalisée :

  • l'école primaire, où l'on peut articuler la réflexion philosophique sur l'étude de photographies ;
  • le collège, où des professeurs d'histoire et géographie se lancent dans l'aventure, appuyés par le Centre de documentation et d'information de l'établissement ;
  • le lycée professionnel, où l'on fait le point sur les expérimentations officielles menées ces dernières années : la philosophie et ses enseignants s'y mettent à l'épreuve d'élèves souvent critiques vis-à-vis de l'école, appelant au renouvellement des méthodes pédagogiques...

Ces nouvelles pratiques impliquent des formations adaptées : quelle formation pour les enseignants novices de l'école primaire, qui la plupart n'ont fait de philosophie qu'en classe terminale, comment les préparer aux difficultés rencontrées sur le terrain pour faire philosopher les élèves ? Plus généralement, comment former un adulte à l'animation d'une discussion réflexive avec des exigences intellectuelles, par exemple au dialogue socratique ?

La recherche est nécessaire pour accompagner ces innovations, les impulser, les analyser, élaborer des dispositifs et du matériel didactique, penser la formation. Un groupe de recherche est en cours. De même, il faut s'atteler - c'est l'objet d'un autre groupe de travail pour l'Unesco - à la question cruciale de la progressivité dans un cursus, formuler les questions pertinentes sur le sujet et proposer des pistes régulatrices pour l'action et les institutions.

Les comparaisons internationales sont enrichissantes, car il y a beaucoup d'expériences passées ou en cours dans le monde : le Luxembourg vient par exemple d'institutionnaliser la démarche philosophique dans son système éducatif par un cours d'éducation morale et sociale (EMS). On constate d'ailleurs souvent une articulation entre philosophie, démocratie et développement d'une conscience morale. Il y a de la philosophie avec les enfants en Iran... On peut travailler en classe l'écriture, et pas seulement l'oral avec la discussion...

Une nouvelle interface

A partir du prochain numéro, notre revue Diotime va intégrer le portail Des revues pour l'enseignement. L'interface sera plus conviviale. Elle autorisera les mêmes recherches (par mots, auteurs, thèmes, pays), les articles s'ouvriront dans le même navigateur et le même onglet, ce qui évitera les problèmes d'affichage que l'on a pu rencontrer jusqu'à présent.

Les articles, après avoir été corrigés et ajustés au cahier des charges par le rédacteur en chef et par notre partenaire les éditions Alcofribas Nasier, doivent être traités (transformés au format XML, puis HTML) et mis en ligne. Il faut également répondre aux courriels des lecteurs (et des auteurs) et assurer la maintenance du serveur. Ces dernières tâches sont assurées par le CRDP de Montpellier. Elles ont un coût.

Comme tous les services publics, le CRDP doit faire face à une forte contraction de ses moyens. Il se trouve donc dans l'obligation de rendre payant l'accès à la revue.

Le prix de l'abonnement est volontairement fixé à un niveau très bas. Pour 14 euros d'abonnement annuel, on pourra accéder aux quatre numéros à paraître dans les douze mois qui suivent ainsi qu'à l'ensemble des numéros déjà parus. L'abonné pourra ainsi consulter une véritable banque de données sur les thèmes traités par la revue.

Il sera également possible d'acheter la version électronique d'un seul numéro (5 euros) et même d'un seul article (1 euro).

L'abandon de la gratuité ne se fait pas de gaieté de coeur, elle est rendue nécessaire par les circonstances, l'essentiel nous paraissant être le maintien de la revue qui, depuis plus de dix ans, a largement fait la preuve, notamment dans ses domaines de prédilection bien connus de ses lecteurs, de son utilité pour la progression de l'enseignement de la philosophie.

Diotime, n°44 (04/2010)

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